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Dans son édito du 01/04/2026, Paul Sugy revient sur la perquisition à la mairie de Paris.

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00:00La politique tous les matins avec vous Paul Sugy.
00:03Deux jours après l'installation d'Emmanuel Grégoire, successeur d'Anne Hidalgo,
00:07la mairie de Paris a été perquisitionnée.
00:09Oui Romain, effectivement le parquet national financier, la juridiction financière en France,
00:13s'intéresse aux conditions dans lesquelles ont été attribués un marché public,
00:17une société, celle de Thierry Reboul, on connaît, c'était celui qui avait déjà supervisé
00:21les cérémonies des Jeux Olympiques de Paris en 2024.
00:23Et donc il avait été aussi mis en charge de la cérémonie de commémoration
00:28des 10 ans des attentats de Paris du 13 novembre,
00:30un marché public d'environ 1,5 million d'euros si les informations du canard enchaîné sont exactes.
00:35Et donc les juges financiers soupçonnent un marché public frauduleux
00:38qui n'aurait pas été conclu dans les règles du droit.
00:41Si ces soupçons sont avérés, on rappelle à ce stade que bien sûr
00:44toutes les personnes éventuellement mises en cause à la mairie sont pour leur présumer innocentes,
00:48ça ne serait que la confirmation supplémentaire que la mairie de Paris
00:51est parfois le temple de petits arrangements entre amis,
00:53de marchés avantageux conclus dans l'intérêt de quelques copains
00:56et sur le dos du contribuable.
00:58On se rappelle qu'après Jacques Chirac,
01:00la gauche voulait moraliser la vie publique parisienne
01:02après l'affaire des emplois fictifs.
01:04Pour le moment, ce n'est pas encore gagné.
01:05Ce qui est surprenant, c'est que l'on apprenne
01:07qu'il y a des soupçons de marchés publics frauduleux
01:10quelques jours après la campagne, comme par hasard.
01:13Oui, c'est ça qui est étrange,
01:14d'autant que le parquet national financier, a priori,
01:18a précisé que son enquête pour favoritisme et prise illégale d'intérêt
01:20est ouverte depuis le 6 février dernier,
01:23c'est-à-dire un mois et demi avant les élections municipales,
01:26élection auxquelles la candidature d'Emmanuel Grégoire
01:27fait office de candidature sortante,
01:29puisqu'il était adjoint d'Anne Hidalgo et soutenu par elle.
01:32Donc le calendrier de la perquisition
01:33et avec elle de la médiatisation de cette affaire
01:36ne laisse pas l'interroger.
01:37Alors, qu'on s'entende, je suis rarement enthousiaste
01:39à l'idée qu'une campagne politique soit polluée
01:41par des affaires en cours, surtout quand elles ne sont pas jugées,
01:44et d'autant moins quand on voit le plaisir
01:45qu'ont certains magistrats du parquet
01:47à venir s'immiscer dans le débat politique.
01:49Mais là, dans la mesure où cette campagne parisienne
01:51était déjà très centrée sur des soupçons, là encore,
01:53de corruption qui pesait sur une autre corrida,
01:56Trachida Dati, dans l'affaire Carlos Ghosn
01:57ou celle de l'argent de GDF Suzez,
02:00peut-être qu'il était plus honnête de savoir
02:02que dans le même temps, il y avait un autre corrida
02:04qui pouvait éventuellement être soupçonné,
02:05ou en tout cas dont l'équipe municipale précédente
02:07était soupçonnée pour sa gestion de la ville de Paris.
02:10Et surtout, quand on revient sur le calendrier
02:11de la médiatisation des affaires gérées
02:13par le parquet national financier,
02:15qu'on le compare par exemple avec celui de l'affaire Fillon,
02:17on se rend compte que cette juridiction
02:18est très prompte à verser dans la transparence,
02:20mais c'est soit juste avant les élections
02:22quand c'est un candidat de droite,
02:23soit juste après quand le candidat est de gauche.
02:25En clair, est-ce que vous pensez que ça aurait joué
02:27dans l'élection si on l'avait su avant ?
02:29On ne saura jamais complètement,
02:30mais quand même, le problème soulevé
02:32par l'attribution de ce marché public
02:33n'est pas anecdotique.
02:35Paris est devenu un objet politique non identifié
02:38dont on ne comprend plus toujours très bien
02:39l'utilité pour ceux qui habitent dans cette ville,
02:42tellement la ville elle-même sert à bien d'autres choses
02:44que ce à quoi sert d'ordinaire une collectivité locale.
02:47On voit un volume mirifique de subventions associatives
02:50ou de marcher pour des événements comme celui-ci,
02:53absolument délirant.
02:54Et on ne découvre pas avec cette affaire,
02:56mais c'en est la nouvelle confirmation
02:57que le tout se pratique dans une parfaite consanguinité idéologique,
03:01culturelle, parfois même amicale.
03:03Au fond, Paris est une ville qui semble droit sortie
03:05d'un livre de Philippe Muray sur l'Homo Festivus.
03:07On fait la fête, on ne sait pas très bien pourquoi ni pour qui,
03:10mais on la fait tout le temps.
03:10et souriez, c'est avec votre argent.
03:12Sous-titrage Société Radio-Canada
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