00:00Ça y est, on a encore trouvé un nouveau candidat pour 2027, Bernard Cazeneuve, ancien Premier ministre, ancien ministre de
00:06l'Intérieur, sous François Hollande.
00:08Il assume de se préparer pour 2027, Paul.
00:10Oui, alors c'est vrai, vous avez raison, il n'est pas le seul, mais en attendant, il se prépare
00:13quand même.
00:13Et on voit bien le signal qu'il veut envoyer en choisissant le Figaro pour faire cette annonce de candidature.
00:18Candidature certes au centre-gauche, mais aussi ferme sur les questions régaliennes.
00:22Il rappelle qu'il a été au gouvernement au moment des attentats et surtout qu'il a quitté le Parti
00:25Socialiste
00:26lors des accords électoraux avec la France Insoumise, profitant au passage de ces opportunités
00:30pour montrer sa différence avec François Hollande qui, lui, s'est fait élire à la faveur de ces mêmes accords
00:35électoraux.
00:35Bernard Cazeneuve, en résumé, c'est la gauche anti-LFI, anti-Mélenchon,
00:39qui espère ramener dans son giron tous ceux que les outrances mélenchonistes auraient éloignés de la gauche,
00:43quitte à renvoyer même dos à dos les deux extrêmes, extrême droite et extrême gauche,
00:47en assumant de les tenir tous les deux à même distance.
00:49Ce qui est intéressant, c'est qu'au fond, il semble vouloir proposer en France une espèce de social-démocratie
00:54à la danoise,
00:54c'est-à-dire dépensière, enfin pardon, il faut dire humaniste sur la solidarité nationale,
00:59la redistribution sociale, mais en même temps consciente aussi du problème migratoire
01:03et déterminée à le régler.
01:05Il déclare notamment dans l'interview qu'il donne au Figaro ce matin
01:07que la gauche de gouvernement peut régler mieux que d'autres et de façon plus humaine la question migratoire
01:12en expliquant qu'au moment où il prétend s'y être attelé lorsqu'il était au gouvernement,
01:17il avait face à lui toute l'extrême gauche qui lui reprochait la manière dont il gérait notamment les migrants
01:22à Calais.
01:22– Paul Sugy, il est également incisif sur un angle mort à gauche, le déficit public.
01:27– Oui, alors ça c'est assez intéressant, il reproche au rédacteur du programme socialiste
01:32de ne pas accorder suffisamment d'importance à cette question en déclarant
01:36« On ne peut pas être libre si on est confronté au mur de la dette et à un déficit
01:39de 5% ou supérieur à 5%
01:41et on ne peut pas être crédible en proposant des mesures sans passer par le rétablissement des comptes publics. »
01:47Alors, comme sur l'immigration, on n'attend pas nécessairement grand-chose de concret de la part de Bernard Cazeneuve
01:51qui a déjà exercé le pouvoir et qui ne nous avait pas surpris à l'époque par sa capacité à
01:55révolutionner
01:56ni la politique régalienne ni celle budgétaire.
01:58Mais le simple fait que l'intention soit là montre bien qu'il y a un basculement dans l'opinion
02:03et qu'un prétendant sérieux à l'Élysée, même à gauche, ne peut pas prétendre s'emparer du pouvoir
02:08sans briser le tabou.
02:10L'opinion au fond est bien consciente du problème de la dette et du déficit
02:14et les murs finalement pour que les candidats lui disent la vérité.
02:17– Bon, en revanche, il commence à y avoir beaucoup de candidatures à gauche.
02:20– On commence à être encombré, France Hollande bien sûr,
02:23Manuel Valls nous a dit qu'il prend le temps de réfléchir et qu'il se décidera à l'automne,
02:26Raquel Guzman évidemment, Carole Delga continue de s'interroger,
02:28les écologistes, François Ruffin, bref, la gauche sans la France insoumise
02:32multiplie les déclarations de candidatures.
02:33La règle est toujours la même, elle est très simple,
02:35moins il y a d'électeurs, plus il y a de candidats.
02:37Au Parti Socialiste, on se demande s'il n'y aura d'ailleurs pas bientôt
02:40plus de candidats que même d'électeurs.
02:43Au fond, il y aurait aussi une réflexion philosophique à en tirer
02:45sur peut-être la médiocrité que renvoient les hommes d'État,
02:48à savoir que si tout le monde se sent la possibilité d'accéder à la fonction suprême,
02:52cela montre bien qu'il y a peut-être une dévaluation de l'idée même
02:54que l'on s'en fait dans l'opinion.
02:56Au fond, chacun se dit finalement, si c'est ça être président de la République,
02:59pourquoi pas moi ?
03:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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