00:00Bah oui, c'était une idée des Républicains qui avaient déposé en leur temps un texte qui avait été adopté
00:04au Sénat
00:05et donc qu'ils avaient reproposé aux députés à l'occasion de leur niche parlementaire en janvier.
00:09À la demande de plusieurs professions, notamment on le sait les boulangers, les fleuristes,
00:13la droite voulait rendre possible ces dérogations à l'interdiction de travailler le 1er mai,
00:17jour de faire du travail qui est sacro-saint aux yeux de la CGT,
00:20même si je constate que de moins en moins de monde prend la peine ce jour-là
00:23d'aller se faire griller une merguez avec Sophie Binet dans les cortèges.
00:26Mais cette histoire est intéressante parce que c'est une réforme qui est très symbolique
00:30et qui matérialise maintenant par son échec, au fond, toute l'impuissance et la quardise peut-être
00:34de ce gouvernement Lecornu dont on se demande de plus en plus à quoi il peut bien servir.
00:38L'initiative des Républicains était soutenue, a-t-on appris dans l'intervalle,
00:42par 74% des Français, près de 3 Français sur 4.
00:46Dans le même temps, le Rassemblement National, qui est en pleine opération séduction avec le patronat
00:50et qui ne bouge jamais, il faut bien le dire, une opportunité de se placer du côté de l'opinion
00:54majoritaire,
00:54s'est déclarée favorable à la mesure.
00:56Et quant au pouvoir macroniste, on peut penser qu'elle est au cœur de son ADN,
01:00faire sauter les vaudors, fluidifier le marché du travail.
01:03On a fini par l'oublier, mais c'est quand même pour ça qu'on a élu le président de
01:06la République.
01:06Donc le centre et la droite ont fait ce tour de passe-passe parlementaire
01:09qui aurait permis d'accélérer la mise en œuvre de la mesure.
01:11Et au moment de convoquer une commission mixte paritaire pour transformer l'essai,
01:15Sébastien Lecornu a donc reculé.
01:17Entre-temps, les syndicats ont exprimé leur colère.
01:19Et quelle colère, ils l'ont exprimé par une lettre romaine.
01:22Une simple lettre à en-tête signée par les fédérations syndicales des salariés.
01:25Pas une seule manifestation, pas un blocage, pas une grève,
01:29pas même un abribus cassé quelque part en France.
01:31Une lettre.
01:32Et ça suffit pour convaincre Sébastien Lecornu de lancer des pourparlers,
01:36hier toute la journée, et de prétexter ensuite d'attendre la fin de ses discussions
01:38avec son ministre pour prendre la décision,
01:41ce qui lui permet opportunément de reporter au mieux à l'année prochaine
01:44la mise en œuvre de la mesure.
01:46Et quand je dis au mieux, c'est que l'on imagine mal qu'en pleine guerre budgétaire,
01:50il trouve cette fois-ci le confort politique suffisant pour pouvoir faire passer la mesure.
01:54Et puis il faudrait se découvrir d'ici là un courage que l'on peine désormais à lui soupçonner.
01:58Pour vous, c'est un recul coupable ?
02:00Disons que l'image est terrible.
02:01Sébastien Lecornu s'était à coquiner avec les socialistes pour faire voter un budget
02:05qui t'a passé par pertes et profits, l'essentiel des réformes du début du quinquennat.
02:08Et cette fois-ci, il bénéficie d'une majorité de droite
02:11autour d'un texte consensuel dans l'opinion,
02:13mais il fait volte-face et préfère ne pas prendre le risque d'agacer
02:17les vieilles centrales syndicales en perte de vitesse et de crédit dans le pays.
02:21Tous les arguments qui avaient été convoqués à l'automne pour renoncer à la réforme des retraites
02:25étaient cette fois-ci valables pour faire évoluer le droit du travail sur le 1er mai.
02:29C'est une proposition d'initiative parlementaire,
02:31soutenue par une large majorité des électeurs
02:33et sur laquelle se dégageait une majorité de députés.
02:36Le pire dans l'histoire, c'est qu'il fait même passer finalement Gabriel Attal pour disruptif,
02:40qui lui peut se draper dans le fait qu'il avait poussé cette réforme jusqu'au bout
02:44avec son groupe parlementaire,
02:45et donc lui préparer aussi le chemin pour une candidature en 2027
02:49qui se voudra de nouveau une candidature de rupture.
02:52Au fond, en renonçant à cette réforme,
02:54et allez, je suis gentil, plutôt cette réforme en réalité,
02:56Sébastien Lecornu ajoute un point d'interrogation définitif
02:59à cette question existentielle qui nous étreint,
03:01au moins depuis que ce gouvernement est aux commandes,
03:03et qui sont parvenus à faire passer bon en mal en le budget.
03:07C'est-à-dire, finalement, qu'est-ce qu'ils foutent ?
03:09Et la question corollaire, non moins urgente,
03:11c'est quand est-ce que ça se termine ?
03:13C'est-à-dire, finalement, qu'est-ce que ça se termine ?
03:15C'est-à-dire, finalement, qu'est-ce que ça se termine ?
03:18C'est-à-dire, finalement, qu'est-ce que ça se termine ?
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