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00:01Le carrefour de l'info sur Arabel.
00:06Et notre invitée aujourd'hui, Lydia Boutiwebelé, députée PS fédérale, membre de la commission des relations extérieures au Parlement fédéral.
00:14Bonjour.
00:15Bonjour.
00:16Alors nous allons revenir avec vous sur pas mal de crises internationales majeures qui font malheureusement l'actualité.
00:22Les tensions autour de l'Iran, la guerre entre la Russie et l'Ukraine, la situation dramatique aussi à l
00:27'est de la RDC.
00:28Merci d'être avec nous. Première question, si vous voulez, d'une manière générale, en tant que membre de la
00:34commission des relations extérieures,
00:36comment vous vous analysez aujourd'hui l'état du monde marqué par ces plusieurs conflits majeurs ?
00:42Alors nous sommes en train de vivre une période qui est très préoccupante parce que l'ordre mondial est vraiment
00:48bouleversé
00:49avec tous ces conflits importants qui se déroulent en même temps dans le monde.
00:52Donc quand vous regardez la carte du monde, dans plusieurs endroits, que ce soit en Afrique, que ce soit au
00:59Moyen-Orient, que ce soit en Ukraine,
01:01Afrique australe, il y a des conflits sévères et des millions de vies sont marquées par ces conflits.
01:08Donc je pense particulièrement à l'est de la RDC où les populations souffrent depuis plus de 30 ans.
01:14Je pense à Gaza où les populations vivent dans une prison à ciel ouvert.
01:19Je pense également aux terrestres palestiniens, au Soudan qui est ravagé par l'une des plus grandes crises humanitaires.
01:26Je pense à l'Afghanistan, particulièrement aux femmes afghanes qui sont dans une extrême souffrance.
01:31Je pense à l'Iran qui est victime d'un théâtre de conflits imposés par les États-Unis et Israël,
01:40et bien sûr à l'Ukraine. Et dans toutes ces guerres, ce sont les populations civiles qui sont les plus
01:45grandes victimes, et surtout les femmes.
01:46Vous savez qu'au siècle passé, quand il y avait un conflit armé, les victimes, c'était les armées qui
01:52étaient victimes.
01:53C'était d'armée en armée. Mais depuis plus d'un siècle maintenant, 90% des personnes victimes des conflits
01:59sont les civils,
02:00et surtout les femmes et les enfants.
02:01Est-ce que vous pensez que la communauté internationale est assez suffisamment organisée aujourd'hui pour essayer ou tenter de
02:09répondre à toutes ces crises simultanées ?
02:11La communauté internationale est bien sûr organisée, parce qu'on a quand même l'ONU qui est là.
02:18On a le Conseil de sécurité qui est là pour sanctionner, pour prendre des mesures, pour envoyer des forces de
02:24paix, pour envoyer des forces armées.
02:25Mais on voit la limite de la communauté internationale quand il y a des grandes puissances qui ne parviennent pas
02:31à se mettre d'accord.
02:32Et c'est pour ça qu'on doit renforcer la coopération internationale et redonner la place centrale à la diplomatie.
02:39Alors, on revient à l'actualité immédiate, si vous le voulez bien.
02:44Depuis fin février, j'y arrive. Le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran a franchi un nouveau
02:49cap.
02:50Comment vous analysez cette escalade militaire brutale au Moyen-Orient ?
02:55Cette situation est très inquiétante.
02:58D'abord, je voudrais adresser toute ma solidarité au peuple iranien, aux femmes qui sont en train de souffrir.
03:07Je pense également à toutes ces personnes qui sont en prison et toutes les personnes qui ont déjà été condamnées
03:11à mort par ce régime autoritaire d'Emola
03:14que nous ne devons absolument jamais soutenir et jamais appuyer.
03:20On voit que le Moyen-Orient est une région qui est très fragile.
03:23Et aujourd'hui, clairement, Donald Trump et Netanyahou ont choisi l'escalade.
03:27Et ils prennent la responsabilité d'ouvrir un nouveau front militaire en Iran.
03:31Et ils veulent déclarer la guerre dans une région qui est déjà à feu et à sang.
03:36C'est une décision qui est extrêmement grave.
03:38Et la priorité doit être la désescalade et le retour urgent à la paix et au dialogue.
03:44Les États-Unis et Israël affirment vouloir empêcher l'Iran, notamment, d'obtenir cette fameuse arme nucléaire.
03:50Est-ce que, selon vous, c'est la véritable raison de cette intervention ?
03:54L'argument nucléaire est surtout utilisé comme argument de communication.
03:58D'ailleurs, je me rappelle, l'année passée, le même Trump avait fait une grande communication en disant qu'il
04:04avait détruit l'arme nucléaire.
04:05Donc, le même qui a détruit l'arme, le même revendique maintenant une guerre pour, soi-disant, neutraliser cette arme
04:15nucléaire.
04:16C'est de la pure communication pour s'excuser d'un conflit qu'il a occasionné et créé.
04:23Parce que M. Trump et M. Netanyahou ont choisi l'escalade militaire.
04:27Ils parlent de prévention, mais c'est eux qui ont décidé de frapper et de déclencher cette guerre.
04:32Et rappelons-le, cette guerre est faite sans aucune autorisation internationale.
04:39Le Conseil de sécurité n'a pas marqué son accord.
04:42Le Congrès américain, non plus, n'a pas marqué son accord.
04:45Et ça nous pose de vrais problèmes de légalité et de légitimité et, bien sûr, de responsabilité.
04:53Alors, si on laisse ces deux bons hommes décider tout seuls de ce qui va se passer,
04:58eh bien, aucun pays dans le monde n'est à l'abri.
05:01Donc, chacun pourra décider de déclarer la guerre à un autre pays pour ses intérêts économiques ou bien géopolitiques
05:08ou pour des ressources comme le gaz, le pétrole et d'autres choses.
05:11Sur le terrain, on l'a vu, l'Iran a tout de suite riposté avec des frappes de missiles et
05:15de drones
05:15contre des bases américaines, des alliés régionaux.
05:19Est-ce que vous craignez un embrasement régional ?
05:21Je pense à ces pays de golf qui sont touchés aussi par ça.
05:24L'embrasement est déjà là, l'escalade a déjà commencé, je ne crains pas.
05:29On l'a vu, on a vu la riposte iranienne, on a vu au Liban.
05:32On voit vraiment que les pays du Golfe sont en train de se monter.
05:37Et lorsque les frappes militaires se multiplient,
05:41eh bien, le risque d'escalade devient de plus en plus élevé.
05:45Et c'est précisément pour ça qu'on doit respecter le droit international.
05:49Les règles du droit international, ce n'est pas juste pour faire joli sur un papier.
05:54Elles existent parce que l'histoire nous l'a déjà montré
05:57à quel point l'absence de règles peut conduire à des guerres
06:00qui seront imprévisibles et surtout qui seront incontrôlables.
06:04Et les grandes victimes, comme je le dis toujours,
06:06eh bien, ce sera toujours les femmes et les enfants.
06:09De manière générale, quel rôle peut jouer l'Union européenne
06:11dans la désescalade et d'une manière plus particulière ?
06:14Comment notre pays, la Belgique, peut adopter une position plus claire
06:18et plus active sur le dossier ?
06:19Bien, moi, je vais vous dire, l'Union européenne doit prendre ses responsabilités.
06:23Je vais vous expliquer pourquoi je dis que l'Union européenne
06:25doit prendre ses responsabilités.
06:27Aujourd'hui, beaucoup de citoyens se disent, en tout cas,
06:30que l'Union européenne a une politique de deux poids, deux mesures,
06:34de la manière dont elle gère certaines crises internationales.
06:38On l'a vu dans le conflit qui oppose l'Ukraine à la Russie,
06:44eh bien, l'Union européenne s'est tenue aux côtés de l'Ukraine.
06:48Et cette position de l'Union européenne est légitime et elle est nécessaire.
06:53Parce que, vous savez que c'est 2,3 millions d'Ukrainiens
06:56qui sont déjà partis de l'Ukraine depuis 2022.
06:59C'est horrible, et je vous le disais, le dénominateur commun,
07:04je parle beaucoup des femmes, pourquoi ?
07:06Parce que ce sont les plus grandes victimes.
07:08Et dans tous ces conflits, le corps des femmes est utilisé comme champ de bataille.
07:13Le viol est utilisé comme arme de guerre.
07:16Et dans tous ces conflits, eh bien, c'est l'élément qui réunit tous ces conflits, les femmes.
07:21Eh bien, aujourd'hui, on se rend compte que, quand il s'agit de l'Ukraine,
07:25l'Union européenne est très active.
07:27Ils sont en train de discuter du 20e paquet de sanctions pour la Russie.
07:31Mais alors, pour les autres conflits, je suis en train de chercher la position de l'Union européenne.
07:35Donc, M. Detaniaou, M. Trump décident de bombarder impunément l'Iran
07:40sans aucune autorisation des Nations unies.
07:44L'Union européenne ne dit rien.
07:46À l'est de la République démocratique du Congo, les populations souffrent depuis 30 ans.
07:50Nous attendons que l'Union européenne prononce des sanctions claires
07:54contre M. Kagame et tous les seigneurs de guerre.
07:56On n'entend toujours rien.
07:58À Gaza, en Palestine, on voit comment l'armée israélienne
08:01est en train de torturer le peuple palestinien.
08:04Une famine organisée, une prison à ciel ouvert.
08:08Des femmes qui accouchent par césarienne, sans médicaments.
08:12Les structures de santé qui sont détruites, vraiment, de manière délibérée.
08:18Moi, j'attends toujours que l'Union européenne prononce des sanctions
08:21contre M. Netaniaou.
08:23Et on voit vraiment le deux poids, deux mesures.
08:25Et dans tout ça, la Belgique doit avoir une position qui est claire.
08:29La Belgique, c'est vrai que c'est un petit pays,
08:31mais la Belgique peut peser au sein de l'OTAN et au sein de l'Union européenne
08:35pour que nous puissions prendre une position claire
08:38vis-à-vis de tous ces seigneurs de guerre
08:42qui sont en train de violer impunément le droit international.
08:45Alors, ce conflit au Moyen-Orient a déjà des conséquences économiques,
08:49notamment sur le prix du pétrole et l'économie mondiale.
08:53Quelles pourraient être les répercussions sur l'Europe ?
08:55Et beaucoup de concitoyens et de concitoyennes s'interrogent.
08:58Est-ce que le prix va flamber à la pompe quand j'irai faire mon plein d'essence ?
09:01Ah mais ça c'est clair, le prix du gaz et du pétrole va flamber.
09:08Qui seront les premières victimes ?
09:10Ce seront les pauvres citoyens belges qui n'ont rien demandé,
09:13qui n'ont pas demandé à Netanyahou et à Trump d'aller bombarder en Iran.
09:17Ce sera la même chose que pendant la crise ukrainienne.
09:22Mais là, c'est pour ça que Paul Magnet, tout à l'heure,
09:24va introduire un texte pour demander qu'on puisse geler la montée du prix de l'énergie
09:30pour que nos pauvres citoyens belges puissent quand même vivre une vie décente
09:35et que la Belgique puisse se positionner et puisse prendre des mesures pour protéger sa population.
09:40Encore une question sur ce conflit au Moyen-Orient.
09:43Avant de marquer une petite pause,
09:44est-ce que vous pensez que la diplomatie internationale a encore une petite chance,
09:48disons, de relancer des négociations avec l'Iran
09:51et d'entrevrir peut-être la voie vers la paix ?
09:54Vous savez, avec les frappes qui ont été imposées par les deux comparses,
09:59comme M. Trump et M. Netanyahou,
10:01ils ont délibérément choisi la guerre plutôt que la paix et la négociation.
10:05Mais si la communauté internationale se mobilise vraiment pour imposer la désescalade,
10:10il reste encore une place pour ramener les personnes
10:15que le peuple iranien aura choisi pour diriger.
10:19Parce que l'avenir du peuple iranien ne dépend ni de Washington ni de Tel Aviv.
10:25Ce sont les Iraniens qui vont le choisir eux-mêmes.
10:28Mais il faut que la communauté internationale puisse s'imposer
10:31pour qu'on puisse passer au dialogue et à la négociation.
10:34Alors, ne bougez surtout pas.
10:36On se retrouve dans quelques instants pour revenir notamment sur une autre guerre,
10:40celle qui oppose l'Ukraine et la Russie.
10:41et puis sur la situation aussi dramatique dans l'Est de la République démocratique du Congo.
10:47A tout de suite.
10:51Le carrefour de l'info sur Arabel
10:56Et on retrouve notre invitée Lydia Mouti-Mébélé qui est députée PS fédérale,
11:01membre de la Commission des relations extérieures au Parlement fédéral.
11:04Et on enchaîne avec, après avoir évoqué le conflit en ce moment au Moyen-Orient,
11:10la guerre en Ukraine et en Russie qui dure depuis maintenant 4 ans.
11:15Comment vous voyez cette évolution de ce conflit qui semble s'éterniser aujourd'hui ?
11:21Chaque jour, malheureusement, ce sont des civils qui payent le prix fort.
11:24Je vous ai dit, depuis 2022, il y a 2,5 millions de personnes qui ont fui l'Ukraine.
11:29Tandis que Vladimir Poutine refuse tout compromis
11:32et veut remodeler l'Europe par la force.
11:37Même la raison de ce conflit est complètement fallacieux.
11:40Il prétend vouloir protéger les populations russophones dans le Bombas.
11:43On sait que c'est faux.
11:45Il veut juste reprendre le contrôle de ce territoire qui est riche de minerais.
11:50Et la communauté internationale doit non seulement soutenir l'Ukraine,
11:54mais aussi faire pression pour que des négociations réelles
11:58puissent prendre place
12:02avant que ce conflit devienne totalement ingérable
12:05et ne déstabilise toute la région.
12:08Vous parlez tout à l'heure de stratégie européenne de poids de mesure, on l'a vu.
12:12Pensez-vous qu'avec la Russie, c'est la bonne ?
12:15Pardon ?
12:16La stratégie européenne vis-à-vis de la Russie.
12:18Je pense que c'est la bonne.
12:19Je pense qu'il faut continuer à les sanctionner
12:23tant qu'ils ne voudront pas dialoguer.
12:27Mais il faut toujours tout faire pour que nous puissions arriver au dialogue.
12:32Parce que cette brutalité de Poutine
12:35commence à rendre la situation incontrôlable.
12:40Et surtout, l'Europe doit continuer à soutenir l'Ukraine,
12:44mais aussi pousser à des négociations réelles
12:48pour que ce conflit ne puisse pas s'éterniser
12:50et déstabiliser toute la région.
12:52Pour la Belgique, est-ce qu'elle peut jouer un rôle
12:54à son petit niveau dans la recherche d'une solution diplomatique ?
12:57La Belgique a toujours de la place
12:59pour jouer un rôle dans la solution diplomatique
13:02parce qu'elle est membre de l'Union européenne,
13:05très écoutée à l'Union européenne.
13:07Et elle est aussi membre de l'OTAN.
13:09Et donc, elle peut toujours pousser toutes les parties
13:11à revenir à la table de négociation.
13:14La Belgique doit toujours...
13:15Parce que je pense que la force de la Belgique, c'est le compromis.
13:19Et donc, notre rôle en tant qu'État
13:22où on est très fort en termes de compromis,
13:24regardez nos gouvernements, c'est toujours des coalitions.
13:26Donc, on sait amener des gens au compromis.
13:29Et c'est le rôle qu'on doit avoir.
13:31Pousser les gens à s'asseoir à une table de négociation
13:34et à trouver un réel compromis
13:36pour arriver à une désescalade militaire
13:38et surtout protéger les populations civiles.
13:40Troisième et dernier axe de notre entretien,
13:43si vous le voulez bien, tout de suite,
13:44la situation dramatique en République démocratique du Congo,
13:48notamment à l'est du pays.
13:50Comment est-ce que vous pourrez décrire aujourd'hui
13:51la gravité de cette crise humanitaire ?
13:55Imaginez-vous, depuis 30 ans,
13:5712 millions de morts.
13:5912 millions de morts, c'est comme si toute la Belgique
14:00disparaissait en un coup.
14:0330 ans, plus de 1 million de femmes violées.
14:0630 ans, 30 millions de déplacés dans tout le pays.
14:10Ça veut dire que trois fois,
14:12la Belgique qui se déplace un peu partout en Europe,
14:1630 ans, une crise humanitaire sans précédent.
14:19Et surtout, la particularité de ce conflit,
14:23c'est que les forces rebelles, le M23,
14:27qui sont instrumentalisées et dirigées par M. Kagame,
14:34violent, tuent impunément.
14:37Je vous donne un exemple.
14:39Il y a 26 ans,
14:4116 femmes ont été violées,
14:43ensuite enterrées vivantes.
14:45Et aujourd'hui, leurs bourreaux
14:46n'ont jamais été punés.
14:49C'est l'impunité qui règne dans cette région.
14:52Pourquoi le viol est utilisé comme arme de guerre ?
14:54C'est pour déshumaniser la femme.
14:57C'est pour déstructurer le lien familial.
15:00C'est pour pousser les familles à fuir les villages
15:04et remplacer ces familles congolaises
15:07par une nouvelle population
15:08afin de piller les minerais dans le sous-sol congolais
15:12et les vendre à nous, Européens,
15:16pour nos smartphones et nos ventures électriques.
15:18Alors, on sait que vous êtes particulièrement engagé dans ce dossier.
15:22Pourquoi vous estimez que cette guerre reste trop peu médiatisée
15:25au niveau international et en particulier chez nous ici ?
15:28Eh bien, les médias n'en parlent pas
15:31parce que c'est dérangeant
15:33dans la mesure où on sait par exemple
15:36que l'Union Européenne a un contrat avec le Rwanda
15:40pour les ressources rares.
15:42Excusez-moi, mais comment ça se fait
15:45que l'Union Européenne a une entente avec le Rwanda
15:51pour la commercialisation des ressources rares
15:54qui ne se trouvent pas dans le sous-sol rwandais ?
15:59Donc, ce sont des vies qui sont brisées chaque jour
16:02pour notre mode de vie occidental.
16:06Donc, on n'a pas envie d'en parler
16:07parce qu'on sait que nous sommes les grands clients
16:09de batteries électriques, de téléphones portables
16:13et que nous sommes assis
16:15derrière le sang des Congolais,
16:18derrière des vies brisées.
16:19C'est pour ça qu'on n'en parle pas.
16:20Vous avez évoqué l'Union Européenne
16:21et il y a également la Belgique
16:23en raison de son histoire avec le Congo.
16:25Est-ce que notre pays a une responsabilité
16:27quelque part particulière dans ce dossier ?
16:30Je trouve que notre pays ne va pas assez loin
16:32depuis que je demande à la Belgique
16:34de sanctionner sévèrement M. Paul Kagame.
16:38Vous savez que c'est le Rwanda
16:39qui a rompu ses relations diplomatiques
16:42avec la Belgique.
16:43Ce n'est pas la Belgique qui l'a fait.
16:45Le ministre des Affaires étrangères
16:47a toujours estimé que M. Kagame
16:49était quelqu'un de fréquentable.
16:51Alors que tout le monde sait que
16:53c'est le Rwanda qui est à la base
16:57de ce conflit qui perdure à l'est de la RDC.
17:00Il n'y a jamais eu de sanction,
17:02même pas de gel des avoirs
17:05des autorités rwandaises ici en Belgique,
17:07même pas de refus de visa
17:09aux enfants des autorités rwandaises
17:11qui viennent étudier ici en Belgique.
17:13Je pense que la Belgique pourrait aller plus loin
17:15dans les sanctions,
17:16mais il n'y a pas de volonté politique.
17:17Enfin, quelles mesures, disons, urgentes
17:19devraient être prises pour,
17:21c'est le plus urgent,
17:22protéger les populations civiles
17:24dans l'est de la RDC ?
17:25Eh bien, il faudrait sanctionner lourdement
17:28M. Kagame, son armée,
17:30les seigneurs de guerre,
17:32gelés les avoirs,
17:33comme on l'a fait pour les russophones,
17:36pour les russes, pardon,
17:38au niveau de l'Union européenne,
17:39quand ils ont décidé d'attaquer l'Ukraine.
17:41Eh bien, le même type de sanctions
17:42qui ont été prononcées contre la Russie,
17:46eh bien, ce serait intéressant
17:48qu'on puisse également prononcer
17:49les mêmes sanctions
17:49contre M. Paul Kagame
17:51et les seigneurs de guerre
17:52qui tuent, violent et pillent
17:54les populations congolaises
17:55depuis 30 ans.
17:56Alors, avant de nous quitter,
17:57peut-être une dernière chose,
17:58si vous avez un message
18:00à faire passer
18:01en ces temps compliqués
18:02et difficiles,
18:03on l'a vu,
18:03avec des conflits majeurs,
18:05notamment en Iran,
18:07dans les territoires palestiniens,
18:09en Ukraine,
18:10en RDC,
18:11un espoir de paix,
18:12malgré tout.
18:13D'abord, nous sommes,
18:14je commence par le Moyen-Orient,
18:16parce que nous sommes
18:16dans une période
18:17qui est très importante
18:18pour la communauté musulmane,
18:20c'est le Ramadan.
18:21Je suis en train de penser
18:22à toutes ces familles
18:23qui n'ont même pas l'occasion
18:24de se réunir
18:25pour rompre le jeûne.
18:27Ici, en Belgique,
18:28vous savez,
18:29la rupture du jeûne,
18:29ce n'est plus un événement religieux,
18:32c'est vraiment un événement
18:33de culture,
18:34culturel,
18:34c'est un événement de partage,
18:36ça nous permet
18:37de nous réunir
18:38avec nos frères musulmans
18:41qui célèbrent le Ramadan
18:42pour parler,
18:43pour discuter,
18:44pour se réunir en famille
18:46et pour briser l'isolement.
18:47Et je pense à toutes ces familles
18:49qui n'ont pas l'occasion
18:50de le faire.
18:50Et j'aimerais vraiment
18:52lancer un message
18:54à toutes les personnes
18:56qui ont le pouvoir
18:57de mettre fin à ces conflits.
18:58J'aimerais en tout cas
18:59que les enfants
19:00du monde entier
19:01puissent célébrer en paix
19:03le Ramadan
19:04et passer des moments
19:06de communion
19:07en famille
19:08et c'est très important.
19:10Et pour les populations
19:11qui sont à l'est
19:12de la RDC,
19:13surtout pour les femmes
19:14au travers du monde,
19:15on est dans le mois de mars,
19:17on parle des femmes partout.
19:18Vous savez que
19:20si les femmes
19:21étaient mises à profit
19:22dans les négociations
19:24de paix,
19:25je pense qu'on arriverait
19:26plus facilement
19:27à la paix.
19:28Parce que dans notre caractère,
19:30nous sommes des personnes
19:30qui aimons
19:31la conciliation
19:32et le dialogue.
19:34Je pense qu'en tant que femme,
19:36on est porteuse
19:37d'un message
19:39de paix.
19:40C'est pour ça
19:40que le corps des femmes
19:41est utilisé
19:42comme arme de guerre
19:43dans tous les conflits
19:44parce qu'on sait
19:45que c'est la femme
19:46qui amène la vie,
19:47c'est la femme
19:47qui amène la paix.
19:48Donc, j'espère
19:50qu'on pourra
19:51beaucoup plus travailler
19:52avec les femmes
19:53comme actrices
19:54de changement
19:54et de paix.
19:55Voilà, c'était
19:56dans la conclusion
19:56de Lydia Moutoué-Bélé.
19:58Je rappelle que vous êtes
19:58députée PS fédérale
19:59et membre de la Commission
20:00des relations extérieures
20:02du Parlement fédéral.
20:03Merci pour votre éclairage.
20:04Merci à vous.
20:05On se retrouve
20:06dans quelques instants
20:06pour la deuxième partie
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