Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 semaine
Ce vendredi 6 mars, dans sa chronique, Annalisa Cappellini a abordé les risques pour l'Europe de s'impliquer dans le conflit, avec Chypre qui a été la cible de plusieurs frappes de missiles depuis le début de la guerre. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00On parle de Chypre ce matin, Alisa Capellini, Chypre qui fait partie de l'Union Européenne,
00:04qui a été la cible de plusieurs tirs de missiles depuis le début de la guerre, c'est cet dernier
00:07jour.
00:08Est-ce que l'Europe, c'est peut-être le risque, va être mêlée à ce conflit ?
00:12Oui, c'est tout le risque. D'ailleurs, c'est le seul sujet sur lequel les Européens sont d'accord
00:15pour l'instant.
00:16Il faut à tout prix protéger Chypre. C'est d'ailleurs ce que font déjà certains États européens,
00:22à commencer par la France qui a choisi de déployer le porte-avions char de Gaulle en Méditerranée.
00:27Les Italiens, eux, ils disent envoyer une force composite en Méditerranée.
00:30Les Grecs, bien sûr, les voisins, ils ont mobilisé leur navire de guerre.
00:34Les Néerlandais aussi, ils vont envoyer une de leurs frégates qui a un point fort,
00:38c'est l'interception de missiles et de drones qui va être particulièrement utile dans ce cas-là.
00:43Et puis l'Espagne, l'Espagne, vous savez, qui refuse depuis le début du conflit d'être mêlée à ce
00:49conflit,
00:49qui a refusé à Donald Trump l'utilisation des aéroports espagnols.
00:53Et bien, même l'Espagne choisit de rentrer là-dedans et l'annonce le déploiement d'une de ces frégates
00:58autour des côtes chypriotes.
00:59Donc, est-ce qu'il y a une vraie menace pour l'Europe ? A priori, ce sont plutôt les
01:03Britanniques qui sont visées.
01:04Oui, c'est vrai, la base est la cible, la base britannique d'Acro-Thierry, qui est située à l
01:11'ouest de l'île.
01:12C'est une base extrêmement importante, c'est la base plus importante de la Royal Air Force en dehors du
01:17Royaume-Uni.
01:18Il y en a une autre sur l'île, c'est la base d'Ekelia, qui est un peu plus
01:22à l'ouest, à l'est.
01:23Mais voilà, en tout cas, Chypre, vous le voyez, avec ses deux bases, est vraiment la porte d'entrée vers
01:28le Moyen-Orient pour les Britanniques,
01:31qui d'ailleurs, y stationnent 3 500 soldats.
01:34Et les Britanniques, eux, oui, ils sont visés, puisqu'ils fournissent une aide logistique aux États-Unis.
01:39Et en même temps, c'est vrai qu'il y a une vraie menace pour les Européens.
01:43D'ailleurs, les Iraniens n'arrêtent pas de le répéter, les pays de l'Union Européenne vont payer le prix,
01:47tôt ou tard,
01:48s'ils restent silencieux, face à l'attaque américano-israélienne.
01:53C'est une déclaration d'hier du porte-parole du ministre des Affaires étrangères iranien.
01:57D'où la prudence de Kirster Mer, il y a quelques jours, qui ne voulait pas mettre à disposition ses
02:01bases, on comprend pourquoi.
02:02Frapper le territoire européen, c'est aussi une manière de forcer l'Union, finalement, à s'impliquer dans le conflit,
02:07Annalisa.
02:08On voit, c'est ce qu'essaye de faire l'Iran ces derniers jours, c'est étendre le conflit, impliquer
02:12des pays qui, a priori, n'y sont pas impliqués,
02:15pour essayer d'avoir un peu plus de portée, d'où les frappes, par exemple, sur la région de Nakicheva,
02:21en Azerbaïdjan, hier.
02:22Là, l'Iran cherche plutôt une intervention diplomatique de l'Union Européenne.
02:26C'est vrai que si le territoire européen est visé, évidemment, beaucoup plus naturellement, les Européens vont essayer de faire
02:33jouer les armes diplomatiques
02:34pour arriver à une négociation, à une pause, au moins, dans le conflit, qui permettrait à l'Iran de souffler
02:40un peu.
02:40Donc, frapper Chypre est vraiment un appel du pied aux Européens.
02:43N'oubliez pas que ce conflit vous concerne aussi, d'autant plus que Chypre occupe en ce moment la présidence
02:49tournante de l'Union,
02:50et donc c'est tout un symbole aussi.
02:52D'ailleurs, la mobilisation des Européens pour protéger Chypre ne plaît pas à la Turquie, dont on a parlé hier.
02:58Oui, c'est vrai, la Grèce et la Turquie, qui sont pourtant deux membres de l'OTAN, sont en conflit
03:02depuis très longtemps au sujet de Chypre,
03:05qui est de facto divisée en deux, puisque la Turquie occupe le nord-est de Chypre depuis 1974,
03:11avec ce qu'elle appelle la République turque de Chypre du Nord.
03:14D'où cette question, qui doit défendre Chypre ? L'Union Européenne et donc les Grecs, ou les Turcs ?
03:18Ici, il y a vraiment deux lignes.
03:20Il y a la ligne d'Athènes qui dit que les Européens, et notamment la Grèce, peuvent défendre tout seul
03:24Chypre,
03:25sans demander l'avis de la Turquie, puisque ce déploiement-là vise seulement à protéger les habitants, tous les habitants
03:31de l'île.
03:31Et puis, il y a la ligne d'Ankara, évidemment, qui s'y oppose et qui dit que les Chypre
03:35turcs, avec le soutien de la patrie,
03:37donc évidemment de la Turquie, sont capables d'assurer leur propre sécurité et ne dépendent de personne d'autre.
03:43Donc, vous voyez, il y a une crainte qui se rajoute à tous les autres en ce moment chez les
03:47Européens,
03:47c'est que cette situation finisse aussi par raviver les tensions toujours présentes à Chypre, entre les Grecs et les
03:53Turcs.
03:53L'Europe va-t-elle s'impliquer au fil des jours ?
03:56On en parlera aussi à 7h20, Nélisa, avec Claude France-Arnoux, ancienne ambassadrice de Belgique,
04:02qui sera sur ce plateau dans le monde qui bouge.
04:04L'interview...
Commentaires

Recommandations