00:02Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:07Il est 7h14, c'est à la une, notre portefeuille bientôt touché, comme l'écrit le journal Le Parisien ce
00:12matin.
00:12Bah oui, les conséquences du conflit au Moyen-Orient risquent de nous toucher, de nous impacter avec le prix du
00:20pétrole qui a déjà bondi.
00:21Celui du gaz également qui est en train de bondir.
00:24Le coût du fret maritime qui va peser sur les importations, parce qu'il y a tellement de choses qui
00:29nous viennent d'Asie notamment.
00:31Et puis il y a aussi l'agriculture blé, maïs, céréales, il y a des hausses à craindre.
00:36Nous sommes avec Quentin Le Guillou, qui est secrétaire général des jeunes agriculteurs et agriculteurs en Nord et Loire.
00:42Bonjour Quentin Le Guillou.
00:46Bonjour.
00:46Oui, je le disais, effectivement, l'agriculture qui risque d'être touchée aussi, notamment parce que là, va venir la
00:57saison des engrais, notamment dans certaines régions.
01:01Et vous, vous êtes en Nord et Loire, donc évidemment ce sont les céréaliers.
01:05Et le coût des engrais va augmenter probablement parce qu'il y a une hausse combinée des prix du gaz
01:11et du pétrole, c'est ça ?
01:14C'est même déjà en cours.
01:16C'est déjà en cours.
01:17Ah oui, je vais même vous prendre un exemple.
01:20Aujourd'hui, pour avoir de l'engrais, on va prendre la solution azotée.
01:25C'est un engrais bien spécifique qu'on apporte, c'est un engrais liquide qu'on apporte sur les blés,
01:30les colzas, etc.
01:31Aujourd'hui, elle est en stock.
01:33On a suffisamment de stocks qui sont dans les ports de Rouen.
01:36Jeudi, on a reçu des prix, moi j'ai vu des prix jeudi à autour de 380 euros de la
01:42tonne.
01:43Déjà, on est à peu près 150 euros, plus cher que d'habitude.
01:47Parce qu'en fait, les engrais se basent sur le baril, sur le prix du baril du pétrole et sur
01:53le prix du gaz.
01:55A comparaison, le prix du baril était à peu près à 60-65 dollars baril.
02:03Au moment du Covid, on était à peu près au même niveau et on achetait les engrais 220.
02:07Là, aujourd'hui, on les achetait 380.
02:10Vous voyez déjà ce gap qu'on a.
02:13Et puis, lundi, quand j'ai vu que tout ça dans le week-end était en train d'accélérer,
02:18moi, il me refallait un camion d'engrais.
02:20J'ai appelé pour dire qu'il faudrait me relivrer.
02:23Et là, on m'a dit que tout est fermé, on ne peut pas te donner de prix.
02:26Et puis, hier, ils m'ont rappelé pour me donner un prix qui est aujourd'hui à 425 euros.
02:31Donc là, on s'est pris 45 euros exactement en 4-5 jours,
02:35alors que l'engrais est le même et il n'a pas bougé de Rouen.
02:38Il est toujours à Rouen.
02:40Donc aujourd'hui, ça spécule.
02:41On va me dire que c'est l'offre et la demande, il n'y a pas de problème.
02:43Mais il faut un minimum de bon sens quand même.
02:46Je pense qu'aujourd'hui, les agriculteurs sont couverts à 70% de leurs besoins.
02:51On a besoin de quelques petits camions pour finir.
02:53Je ne suis pas sûr qu'on ait besoin de spéculer sur tous ces marchés et tous ces produits.
02:57Mais Quentin Le Guillaume, ce que vous dénoncez, c'est la spéculation de certains
03:01parce qu'il n'y a pas encore de conséquences directes dans l'approvisionnement.
03:06Et puis, vous l'avez dit, il y a des réserves sur le pétrole, par exemple, sur l'essence.
03:09On en a parlé avec les gens qui vont aujourd'hui déjà faire la queue pour faire le plein.
03:16Et les prix ont augmenté parfois alors qu'on a des réserves.
03:20Tout à fait, tout à fait.
03:21Je suis dans le même cas en train d'essayer de vouloir parce que moi, j'ai besoin pour mes
03:25tracteurs
03:26parce que je vais faire les semis de betterave, des semis de lin, des semis de maïs.
03:30Et donc, je suis à la recherche de 5000 litres de GNR, de gasoil non routier.
03:36Et là, on m'annonce avoir pris quasiment 40%.
03:3940% en cinq jours.
03:41Alors que ce gasoil non routier est moins stocké à Gennevilliers, aux portes de Paris.
03:45Et c'est le même qu'il y a cinq jours.
03:47Je n'ai pas de nouveau pétrolier d'arrivée en France.
03:49Donc, il faut arrêter de nous prendre pour des bonnes poires à chaque fois.
03:54Et donc, moi, le gouvernement veut encadrer tout ça et veut pouvoir accompagner tout ça.
03:59Moi, j'appelle la ministre à accélérer ce sujet-là, à détaxer et à ouvrir les produits de matière azotée.
04:06Parce qu'en face de ça, nous, le blé, le colza et le maïs, quand on a vu la guerre
04:11en Iran,
04:11on s'est dit que ça va exploser, les prix vont augmenter.
04:13Et aujourd'hui, rien ne se passe.
04:15Les prix ont légèrement pris et finalement, en redescendu, rien ne bouge.
04:19Donc, les matières agricoles ne vont pas augmenter.
04:23Par contre, tout ce qui est gaz et pétrole, dont l'agriculture a besoin, c'est en train de flamber.
04:26Alors, voilà.
04:27Donc, il y a une réunion à Bercy aujourd'hui, autour des carburants.
04:32Vous vous dites à la ministre de l'Agriculture, vous l'interpellez ce matin pour qu'elle fasse une réunion.
04:38Qu'est-ce que vous lui dites à Annie Gennevard, si elle nous écoute ?
04:40Aujourd'hui, Madame Gennevard, avec Bercy et M. Lecornu, ont la possibilité d'abaisser les taxes sur tous les produits
04:48azotés
04:48qui rentreraient toutes les taxes à l'importation.
04:51Aujourd'hui, on sait qu'il y a des taxes sur les produits azotés au niveau Trinité Tobago, au niveau
04:56du Nigeria,
04:57au niveau de l'Algérie, du Maroc, au niveau aussi des États-Unis.
05:01On est en état de guerre, si on veut, internationale.
05:05Nous, on a besoin de finir de produire notre année.
05:07On aura six mois après pour la prochaine campagne.
05:10Je pense que là, sur deux ou trois mois, elle peut être en possibilité d'abaisser les taxes
05:14pour essayer de faire rentrer et d'essayer d'aller chercher quelques euros qui pourraient soulager les auditeurs.
05:20Et Quentin Leguillou, pour les auditeurs qui ne sont pas au courant,
05:24ils se disent peut-être, est-ce qu'on peut se passer aujourd'hui d'engrais, par exemple, dans les
05:29champs ?
05:30Est-ce que ça, c'est jouable ou diminué, en fait, les doses, Quentin Leguillou ?
05:34Alors, c'est déjà des choses qu'on fait.
05:36Moi, je vois, je suis installé depuis 2016.
05:38J'ai drastiquement réduit mes apports parce qu'aujourd'hui, ça devient un coût.
05:43Ce qu'il en est, c'est qu'on a des rendements qui stagnent, voire des rendements qui sont à
05:47la baisse.
05:48Moi, je suis à peu près à moins de 10% de rendement depuis ma moyenne olympique,
05:52ma moyenne annuelle sur cinq ans.
05:55Elle est en baisse depuis cinq, dix ans.
05:57C'est en train de baisser.
05:57On a des rendements qui sont en train de baisser et surtout la qualité.
06:00Donc, aujourd'hui, faire sans engrais, on peut.
06:03Par contre, c'est réduire.
06:04Diviser par deux ou par trois nos rendements.
06:06Moi, je suis en agriculture conventionnelle, donc je ne suis pas en bio.
06:09L'agriculteur bio, lui, peut anticiper, peut pallier en apportant des engrais organiques.
06:15Et malheureusement, aujourd'hui, les engrais organiques sont eux aussi en train de prendre.
06:19Engrais organiques, c'est les effluents d'élevage, les viandes de poules.
06:24Même ça, aujourd'hui, c'est en train de prendre quelques euros supplémentaires
06:27parce que c'est l'offre et la demande.
06:28Donc, on peut limiter.
06:31Par contre, on ne peut pas s'en passer.
06:33N'importe quelle agriculture a besoin, un minimum, d'apport d'engrais.
06:36Merci beaucoup pour toutes ces explications,
06:39Quentin Guillaume, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs en Heure-et-Loire.
06:43Merci d'avoir répondu à nos questions sur Sud Radio.
06:45Il est 7h20.
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