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  • il y a 3 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:02Avec Rudy Saada sur Europe 1 Evo, deux chroniqueurs du jour.
00:06Rudy avec vous aujourd'hui, l'ancien juge d'instruction Georges Fenech
00:09et le chroniqueur politique Jean-Michel Salvatore.
00:12Soyez les bienvenus à tous les deux dans ce studio.
00:1512 millions de personnes étaient devant leur écran hier soir à 20h
00:19pour suivre l'allocution du président Macron.
00:21Je le disais il y a quelques instants, c'est 3 millions de plus que pour les voeux de fin
00:25décembre dernier.
00:26C'est avec une certaine gravité que le président s'est adressé aux Français.
00:30La République islamique d'Iran porte la responsabilité première de cette situation.
00:35C'est elle qui a développé un programme nucléaire dangereux et des capacités balistiques inédites.
00:40Compte tenu de tout cela et des négociations qui ne progressaient plus,
00:44les États-Unis d'Amérique et Israël ont décidé de lancer des opérations militaires.
00:48Elles ont été conduites en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver.
00:53Il reste que l'histoire ne pleure jamais, les bourreaux de leur peuple et aucun ne sera regretté.
00:59Avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, nous avons clairement dit qu'un arrêt au plus vite des frappes est
01:04souhaitable
01:05et qu'une paix durable dans la région ne se fera que par la reprise de négociations diplomatiques.
01:11Georges Fenech, que retenez-vous de cette intervention, 7 minutes à peu près,
01:20que retenez-vous sur le fond mais également sur la forme ?
01:23– Alors sur la forme, sur la forme, moi j'ai entendu un président de la République
01:29dans le rôle plus, sans vouloir être désobligeant,
01:33plus d'un commentateur ou d'un spectateur que d'un acteur.
01:40Qu'est-ce qu'il nous dit ? La faute à première, c'est l'Iran, ils ont réagi en
01:46dehors du cadre.
01:47Tout ça, on le sait, si vous voulez, on le sait.
01:49Moi ce qui m'importait du président de la République, c'est de savoir maintenant que fait la France,
01:53comment la France et l'Europe reprennent un rôle dans ce qui est un conflit mondial aujourd'hui,
01:59puisqu'il s'étend régionalement, etc.
02:02Je ne l'ai pas entendu cela.
02:03Si, j'ai entendu quand même, pour être objectif, sécurisation de nos compatriotes,
02:08qui sont sur ces territoires frappés aujourd'hui,
02:12sécurisation du territoire national avec sans doute une montée en puissance,
02:15la force sentinelle, la protection accrue des lieux de culte, etc.
02:18C'est très bien.
02:20Mais pour le reste, voilà, on est engagé par un traité avec les Émirats très bien,
02:25on va leur prêter aide et assistance,
02:28mais on sent très bien qu'on est en dehors du jeu, quoi.
02:31Et ça, je trouve que ça fait mal.
02:33Mais est-ce que cette arrivée du Charles de Gaulle en Méditerranée,
02:35ce n'est pas une manière de dire qu'on existe, qu'on est là,
02:38et qu'on fait notre partie du travail,
02:41c'est-à-dire protéger l'Union Européenne, c'est-à-dire Chypre ?
02:44On va voir, on va voir comment tout cela va s'intégrer,
02:47le Charles de Gaulle, quand même, s'intégrer dans l'armada américaine,
02:51il n'y aura qu'un seul commandement unifié,
02:52il ne peut pas y avoir deux commandements, vous comprenez ?
02:55Donc je crois qu'on arrive à un petit peu, un temps en retard,
02:57mais le président l'a dit lui-même, de son propre aveu,
03:00il n'était pas prévenu, il n'était pas informé,
03:02on ne lui a pas demandé son avis.
03:04Encore une raison de déplorer que nous sommes à côté de l'histoire.
03:07Jean-Michel Savator.
03:08Moi, je serais peut-être un peu moins sévère.
03:12C'est vrai que la première réaction du président dimanche
03:15était confondante,
03:16quand il a dit que la France n'était ni informée, ni impliquée
03:19par les opérations américaines et israéliennes.
03:22Et là, j'ai trouvé que son propos était très prudent,
03:28millimétré,
03:28mais j'ai quand même trouvé qu'il a dit des choses,
03:31tout en essayant de rester le plus loin possible
03:36de ce conflit qui n'est quand même pas le nôtre.
03:39Et moi, je trouve qu'il a pris quand même des initiatives
03:41qui sont assez fortes.
03:42Bon, le Charles de Gaulle, évidemment,
03:44et là, bien sûr qu'il y a un risque,
03:46il va y avoir le Charles de Gaulle qui va arriver
03:47avec les 40 rafales,
03:49mais imaginez que le Charles de Gaulle soit attaqué,
03:51on sera impliqué dans des opérations militaires.
03:54Ça, c'est la première initiative
03:55que moi, je trouve plutôt bienvenue.
03:57Le fait de dire,
03:58on a des accords internationaux,
04:01notamment avec les Émirats arabes
04:02à qui on a vendu des rafales,
04:03et donc on doit honoser ces accords.
04:05Moi, je pense que c'est évidemment le bon sens.
04:09Il a pris aussi une troisième initiative
04:11qui est aussi importante sur le pétrole,
04:13quand il a dit
04:14la France est prête éventuellement,
04:16enfin, pas éventuellement,
04:17la France est prête à participer
04:19à des opérations de sécurisation
04:21du détroit d'Ormuz,
04:22parce qu'on voit bien
04:22que là, le détroit d'Ormuz est bloqué
04:24et que lorsqu'on bloque
04:26le détroit d'Ormuz,
04:27on bloque finalement le pétrole
04:30et on fait monter les cours.
04:31Donc, vous voyez,
04:32je trouve que quand même, Georges...
04:34Alors, vous êtes dans le ton,
04:35finalement, de la classe politique.
04:36On en parle juste après
04:38une petite pause.
04:39Oui, j'ai une critique à faire,
04:40ce qui vient de trop.
04:41Eh bien, ça sera après la pause.
04:42Vous recevez bien avec nous
04:43la suite d'Europe 1 Info
04:44avec Rudy Saada,
04:45c'est Chroniqueur,
04:45dans un instant,
04:4613h28 sur Europe 1.
04:47Partement.
04:4913h, 14h, Europe 1 Info.
04:51Il est 13h33 sur Europe 1,
04:52vous écoutez Rudy Saada
04:53et ses deux chroniqueurs,
04:54Jean-Michel Salvatore
04:55et Georges Fenech.
04:56Et nous étions en train
04:57de commenter
04:58l'intervention présidentielle
05:00un peu plus de 7 minutes,
05:02une intervention qui a été saluée
05:04par la classe politique.
05:06Mais juste avant la pause,
05:07Georges Fenech,
05:08vous aviez une critique à émettre.
05:11Très amicalement,
05:12je voudrais dire...
05:13Non pas à Emmanuel Macron,
05:14mais à Jean-Michel Salvatore.
05:15À Jean-Michel Salvatore.
05:16Je voudrais lui dire
05:16que je suis d'accord
05:17sur l'ensemble des souhaits.
05:19Attendez,
05:19sauf sur un point
05:20quand vous le dites,
05:22c'est un conflit
05:23qui ne nous concerne pas,
05:24qui ne nous touche pas.
05:25Je suis désolé,
05:26l'Iran,
05:26ça fait 40 ans
05:27que l'Iran nous mène
05:28une guerre asymétrique
05:29en France,
05:30sur nos territoires.
05:32Faut-il vous rappeler
05:32le Hezbollah,
05:33les attentats,
05:34Georges Ibrahim Abdallah,
05:36le Drakkar,
05:37combien de dizaines
05:38de militaires morts,
05:39etc.
05:40Ça ne vient pas de nulle part.
05:42Le FPLP
05:42et d'autres organismes
05:44qui étaient effectivement
05:45des organisations terroristes
05:47financées par l'Iran.
05:48Donc,
05:49vous ne pouvez pas dire
05:50l'Iran ne nous touche pas.
05:51Et l'Iran est une menace.
05:52Est une menace
05:53non seulement régionale
05:54pour Israël,
05:55mais si l'Iran
05:56obtenait
05:57la bombe atomique,
05:58c'est une menace
05:59mondiale.
06:00D'ailleurs,
06:00le président de la République
06:01le dit aussi
06:02dans son commentaire
06:03que là,
06:03j'approuve,
06:04c'est qu'il s'agit bien
06:05d'un régime
06:06qu'il faut effectivement
06:08contenir,
06:09qu'il faut éviter
06:10à tout prix
06:10qu'il puisse disposer
06:12toujours des missiles
06:13balistiques
06:14et d'acquérir
06:15et d'acquérir
06:15l'arme nucléaire.
06:16Donc,
06:16vous ne pouvez pas dire
06:17que ça ne nous concerne pas.
06:18Je suis d'accord.
06:18C'est Jean-Michel Salaam.
06:20Non,
06:20c'est nous aussi.
06:21Vous avez raison.
06:22C'est vrai qu'on ne peut pas dire
06:23que ça ne nous concerne pas
06:24parce que,
06:25pour toutes les raisons
06:25que vous avez énoncées,
06:26évidemment que ça nous concerne.
06:28Mais ce que je veux dire par là,
06:29si vous voulez,
06:29c'est que nous ne sommes pas
06:30partie prenante
06:31dans ce conflit
06:32parce que,
06:33tout simplement,
06:33parce que nous n'en avons
06:35pas les moyens.
06:37Et c'est surtout ça
06:38que je voulais dire.
06:39ou la volonté.
06:41Mais c'est vrai
06:42qu'au jour d'aujourd'hui,
06:46on ne peut pas dire autre chose
06:47que ça n'est pas notre guerre.
06:50Et donc,
06:51d'un côté,
06:52on doit participer
06:53à notre place
06:54en fonction des intérêts
06:55qu'on a à défendre,
06:56notamment les accords
06:58avec les Émirats arabes unis,
07:01le pétrole, etc.
07:02Mais sans se laisser entraîner
07:04dans ce que Mitterrand
07:05appelait la logique de guerre
07:06parce que,
07:07finalement,
07:08on n'est pas prêt
07:08et on n'en a pas
07:09les moyens.
07:11Cela dit,
07:11je modère un petit peu
07:12aussi ce que je disais
07:13sur Macron.
07:14Il y a une chose
07:14qui m'a quand même
07:15un petit peu choqué
07:17dans ce qu'il a dit.
07:18C'est toujours
07:19cette espèce de maniement
07:20dû en même temps.
07:21C'est-à-dire que,
07:21d'un côté,
07:22on dit
07:23qu'on ne regrettera pas
07:24les bourreaux.
07:25Là,
07:25il parlait de Khamenei.
07:27Mais d'un autre côté,
07:28l'État de droit
07:30n'est pas respecté.
07:31Donc, oui,
07:31c'est l'un ou l'autre.
07:33Ça ne peut pas être
07:33l'un et l'autre.
07:35Qu'est-ce qu'il nous dit
07:36qu'il nous dit
07:37que pour engager
07:37une action militaire
07:38sur le plan international,
07:40il faut avoir
07:41un mandat de l'ONU ?
07:42On est bien d'accord.
07:43Mais est-ce que là,
07:44c'est une action militaire,
07:46est-ce que ça n'est pas
07:46un acte,
07:47moi je l'aperçois
07:48comme ça,
07:49un acte de légitime
07:51défense préventive ?
07:52Vous avez un pays
07:53qui,
07:54dans sa charte,
07:55c'est la destruction
07:56de l'État d'Israël.
07:56Vous avez un pays
07:57qui avance vers
07:57l'âme nucléaire.
07:58Et vous allez demander
07:59l'autorisation
08:00à toute l'organisation
08:02lusienne,
08:03aux Français,
08:03aux Britanniques,
08:04est-ce que je peux empêcher
08:05le drame mondial
08:08qui risque de se produire ?
08:09C'est un acte
08:10de défense légitime.
08:11Je suis d'accord.
08:13Je me faisais l'interprète
08:14de ce qu'a dit Macron.
08:15Je ne suis pas son porte-parole.
08:19De ce point de vue-là,
08:20je suis tout à fait d'accord.
08:21Mais c'est vrai
08:22que quand on écoute Trump,
08:23on est un petit peu perturbé
08:25quand il essaye
08:26de nous expliquer
08:27quelles sont ses...
08:29Ses motivations.
08:30Ses motivations,
08:31parce qu'à certains moments,
08:33il a effectivement dit
08:34que les Iraniens
08:35étaient sur le point
08:36d'avoir la bombe
08:37et qu'il l'aurait peut-être
08:39eu dans un mois,
08:41ce que personne
08:41ne croit vraiment plausible.
08:44C'est vrai
08:44qu'il a beaucoup évolué
08:45dans son explication
08:46et dans ses mobiles
08:47de guerre,
08:48même si,
08:50au fond,
08:51si vous voulez,
08:52la raison principale
08:54et essentielle
08:54de cette guerre,
08:56c'est d'empêcher
08:57les Iraniens
08:58d'avoir une bombe atomique
08:59dont ils se serviront
09:00de toute façon.
09:01Ils l'ont toujours dit.
09:02Bien sûr.
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