Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00et de la guerre entre la Russie et l'Ukraine qui, hélas, va fêter ses 4 ans le 24 février, ça fera 4 ans,
00:08que la guerre a été déclarée entre la Russie et l'Ukraine.
00:12Emmanuel Macron a déclaré vouloir que la reprise du dialogue avec Vladimir Poutine soit bien organisée avec les Européens, je cite,
00:20mais sans trop d'interlocuteurs, ça veut dire en gros, si je traduis, exit les Etats-Unis.
00:25Oui, je vous vois soupirer, il a rajouté, je vous donne la parole tout de suite, Xina Federova,
00:31je sais que vous n'avez pas aimé, et vous n'allez pas aimer, notre géographie ne va pas changer,
00:34que cela nous plaise ou non, la Russie sera toujours là demain, et elle se trouve à nos portes, a-t-il estimé.
00:39Je voulais avoir votre réaction.
00:42Oui, déjà, il me semble que c'est comme l'Europe en train de se réveiller et apprendre que la Russie reste toujours là,
00:49et en fait, c'était toujours le cas, et ça restreint.
00:54Je pense que sans interlocuteurs, trop d'interlocuteurs, s'ils parlent des Etats-Unis,
01:00c'est un peu, comment dire, c'est un peu étonnant, parce qu'aujourd'hui, c'est grâce aux Etats-Unis,
01:08grâce à Donald Trump, qu'on a repris les dialogues avec la Russie,
01:11qu'il y a une discussion autour de la paix,
01:15et donc l'Union Européenne qui est toujours cherchée des faits stratégiques de la Russie,
01:20aujourd'hui, et Macron aussi, sont obligés d'accepter le fait que la Russie continue à avancer,
01:28que la Russie est en train de gagner sur les tyrans,
01:30que les objectifs qui étaient pour l'Union Européenne ne sont pas à temps,
01:34et probablement ne vont jamais être réussis.
01:37Donc, évidemment, qu'il y a un dialogue avec la Russie qui est nécessaire,
01:40mais imposer une idée sans trop d'interlocuteurs,
01:43on peut aussi penser à la Chine et à tout le sud global,
01:46en fait, la Russie ne reste pas isolée,
01:48et la Russie, de la pointe de vue de la Russie,
01:50elle est prête de négocier avec la France,
01:52sans aucun problème, et avec l'Europe.
01:54Mais à mon avis, ce que Emmanuel Macron va essayer de faire,
01:57c'est représenter l'Europe,
01:58c'est tous ces pays européens qui sont,
02:01depuis le début, contre la Russie, dans beaucoup de sens,
02:03qui sont en train de continuer d'imposer des sanctions contre la Russie.
02:08Donc, le message qu'il a envoyé à la Russie est toujours le même,
02:12qu'il n'y a pas en paix, mais plutôt en guerre,
02:15il y a des pressions que l'Union Européenne va continuer de faire.
02:18Mais, pour être un peu positif, c'est quand même une bonne chose
02:22que cette conversation existe,
02:25et qu'apparemment, il y a déjà les contacts techniques
02:28contre la Russie et la France.
02:29Voilà, c'est ce qui a été dit, ils ont été confirmés.
02:32En tout cas, Dimitri Peskov, le porte-parole du Kremlin,
02:34a réagi, c'était ce matin, à la demande de cette reprise du dialogue.
02:39Des contacts ont effectivement eu lieu,
02:41ce que nous pouvons confirmer,
02:43et qui, si souhaités et nécessaires,
02:45faciliteront assez rapidement l'établissement d'un dialogue au plus haut niveau.
02:51Jusqu'à présent, nous n'avons reçu aucune indication
02:54quant à l'existence de cette volonté,
02:55bien que nous ayons pris note de la déclaration de M. Macron
02:59concernant la nécessité d'établir des relations avec la Russie.
03:05Nous apprécions ces déclarations.
03:07Nous avons dit depuis longtemps qu'abaisser nos relations à un état nul
03:10était illogique, contre-productif et préjudiciable à toutes les parties,
03:14et la Russie a toujours été favorable au maintien du dialogue.
03:17C'est ce que vous aviez dit, Xenia Fedorova,
03:22ça va plutôt dans le bon sens, Emmanuel Macron a rajouté quand même
03:24« La Russie ne veut pas la paix ».
03:26Alors, vous nous dites régulièrement à ce micro
03:28que ce sont les Européens qui ne veulent pas la paix.
03:30Je ne sais pas que moi, si on regarde
03:32le Premier ministre de Hongrie,
03:35de Slovaquie,
03:36ils sont en train de répéter la même chose,
03:38et eux, ils sont dans l'Union Européenne,
03:39ils disent que c'est l'Union Européenne
03:41qui ne veut pas la paix avec la Russie.
03:43Si on regarde le contexte,
03:45et si on regarde ce qui est passé depuis 2022,
03:47en fait, il y a eu des tentatives d'un accord de paix
03:49qui était interrompue déjà par le Royaume-Uni,
03:54Boris Johnson en 2022,
03:55mais aussi, rappelez-vous cette visite aux États-Unis
03:59de Zelensky, avec le soutien de tous les dirigeants européens
04:03qu'il a amené là-bas pour un seul objectif,
04:05en fait, de ne pas laisser être soumis
04:08sur la pression des États-Unis.
04:10Et la pression des États-Unis,
04:12à part d'un tiré de Donald Trump
04:15comme les terres rares, comme les ressources,
04:18vous savez, l'accord qui était signé entre Donald Trump et Zelensky,
04:21mais c'est aussi, en fait, un accord de paix,
04:23parce que Donald Trump veut bien ajouter l'Ukraine
04:26sur la liste des pays
04:27où il a contribué
04:29pour la fin de la guerre.
04:31Et donc, ils sont venus avec Zelensky
04:34pour les soutenir, pour les encourager,
04:36et c'est toujours le cas.
04:37Aujourd'hui, on parle de cette reprise des dialogues
04:40avec la Russie,
04:41mais on voit que la France veut quand même
04:43passer les mirages, les avions des chasses,
04:47à l'Ukraine.
04:47Quel message ça donne, le fait ?
04:49Renforcer l'Ukraine toujours,
04:51c'est, à mon avis, un signal
04:53qu'ils ne sont pas vraiment prêts pour la vraie paix.
04:56Ou alors pour une paix qui ne conviendra pas forcément
04:58enfin, à la Russie ?
05:00Pour une paix qui plutôt convient à l'Union Européenne,
05:03parce que l'Union Européenne a investi
05:05énormément d'argent et aussi les armements
05:08à l'Ukraine,
05:09et aujourd'hui, ils sont en train de perdre la face
05:11avec la situation de la réalité,
05:14les situations sur les terrains.
05:15Avant de parler des armements,
05:16la réaction de Sébastien Ligné ?
05:18En effet, il y a quand même une question de...
05:20On peut se féliciter du fait que les Européens
05:22et la France soient potentiellement de retour
05:24à la table des négociations,
05:25mais il ne faudrait pas non plus oublier
05:26que ce sont les Européens eux-mêmes
05:28qui se sont exclus de cette table de négociation
05:30avec des prises de parole,
05:33parce que la question de la constance géopolitique,
05:35c'est important dans des dossiers comme cela.
05:36Elle est où, la constance d'Emmanuel Macron
05:38quand il nous a répété pendant des années
05:40que Vladimir Poutine était un ogre,
05:43qu'il fallait arrêter de discuter avec la Russie,
05:45qu'il fallait infliger une défaite à la Russie,
05:48et qu'aujourd'hui, il nous explique que,
05:49bon, en fait, finalement, c'est de nouveau un acteur
05:52et c'est de nouveau un homme avec qui on peut discuter.
05:54Tout cela n'est pas très constant.
05:55Donc, évidemment que ça heurte la position des Européens.
05:59Et ensuite, le deuxième point, où Zénie a raison,
06:01c'est qu'Emmanuel Macron, il le fait aussi
06:03pour ses propres intérêts politiques personnels.
06:06Je veux dire, Emmanuel Macron, on l'a vu
06:08dans toute la séquence lunettes teintées à Davos et compagnie.
06:13C'est un homme qui, depuis quelques semaines,
06:15a un regain de popularité
06:17et il se pense de nouveau important sur la scène internationale.
06:21Je pense qu'il est extrêmement ravi
06:22de cette nouvelle position et de cette nouvelle popularité.
06:25Et il tente de capitaliser là-dessus.
06:27Il se dit, bon, si c'est le moment pour Emmanuel Macron
06:29de se remettre au premier plan de la photo
06:32et de retaper du point sur la table
06:34de manière un petit peu artificielle, je pense,
06:36il le fera.
06:36Donc, il y a deux choses.
06:37En effet, l'Europe, très bien qu'elle revienne
06:39à la table de négociation,
06:40mais il faut aussi parfois faire son propre examen de conscience.
06:43Parce qu'à aucun moment donné,
06:46ni la Russie, ni Vladimir Poutine, ni Donald Trump
06:49ont exclu les Européens des négociations.
06:52Ils se sont exclus eux-mêmes.
06:54Et puis, on a été relégués au second plan quand même
06:55par les Américains.
06:57Mais pourquoi ?
06:58C'est très important ce que vous dites.
06:59Pourquoi les Américains ont pris une place
07:01de premier plan sur ce conflit-là ?
07:03Mais parce que les Européens n'ont pas su tenir cette place-là.
07:07Si les Européens avaient, dès le début de la guerre,
07:09tenu une position cohérente,
07:11une position qui amenait vers la paix,
07:13eh bien, les Américains n'auraient pas eu la place
07:15qu'ils ont aujourd'hui dans ces négociations.
07:17Parce qu'en effet, l'Europe, par sa position géopolitique,
07:20même géographique par rapport à l'Ukraine,
07:23était, au principe, de base,
07:25le premier partenaire de négociation.
07:27Mais ils ont refusé ce costume-là.
07:29Et ils l'ont laissé aux Américains.
07:30– Exactement, je suis complètement d'accord.
07:32Et aussi, il ne faut pas oublier que le narratif
07:34qu'on attend aujourd'hui,
07:35c'est l'Ukraine qui protège l'Europe.
07:38Mais en fait, c'est à cause de l'Ukraine
07:39que l'Europe est extrêmement affiblie,
07:42économiquement affiblie.
07:43Pas de dialogue avec la Russie,
07:45pas de gaz, bon marché.
07:47Donc l'économie est en train de...
07:49Bon, je ne vais pas se fondre,
07:50mais en tous les cas, c'est très compliqué.
07:52Et en fait, le seul, on peut dire,
07:55bonne chose qui s'est révélée,
07:57c'est la dépendance totale de l'Europe,
08:00des États-Unis.
08:02C'est la seule chose qui est sortie de ces conflits.
08:04Mais après, toutes les actions de l'Union européenne
08:06étaient un peu suicidaires.
08:08– Suicidaire, pardon.
08:08– Pardon, suicidaire, vis-à-vis,
08:10pour l'économie déjà,
08:12vis-à-vis de ces conflits,
08:13à la place de se mettre en tant qu'immédiateurs
08:15plutôt neutres
08:16et trouver un moyen d'arrêter ces conflits
08:19qui étaient déjà à commencer par les Américains
08:22à l'époque.
08:23On dit souvent que c'est une guerre par procuration.
08:26Le Maïdan, 2014.
08:28Les États-Unis ont vraiment contribué
08:29à tout ce qui est passé depuis 2014.
08:32Mais aujourd'hui, oui, l'Europe a décidé
08:34de jouer un rôle,
08:36probablement sous l'influence
08:37de cette Amérique atlantiste sous Biden.
08:41et s'est trouvé complètement seul.
08:43Complètement seul, avec beaucoup d'ambition,
08:45mais sans les moyens de répondre
08:47à ce qu'ils ont fait,
08:48d'assumer les conséquences de leurs actions.
08:51– Oui, mais je me souviens quand même,
08:52je le trouve assez sévère tous les deux,
08:53parce que je me souviens quand même
08:54qu'Emmanuel Macron avait essayé
08:55de garder le contact avec Vladimir Poutine
08:57assez longtemps, justement,
08:59et qu'il avait...
09:01Et que d'ailleurs, les autres alliés européens
09:03lui s'y étaient opposés.
09:06– Oui, mais du jour au lendemain,
09:07il a cessé.
09:08C'est ça, c'est ça, tout le problème.
09:09On parlait de constance géopolitique.
09:10Emmanuel Macron, en effet, au départ,
09:12il était même allé à Moscou,
09:13on avait l'impression...
09:14– Et il avait poursuivi,
09:15il avait dit, il faut remettre
09:16Vladimir Poutine dans le jeu.
09:18– Mais comment on passe
09:18de cette séquence initiale
09:20où Emmanuel Macron s'impose
09:21comme un partenaire de négociation
09:22avec Vladimir Poutine
09:23à quelques mois plus tard,
09:24où il nous explique
09:25que Vladimir Poutine est un ogre
09:26et qu'il faut arrêter
09:27de discuter avec la Russie ?
09:28C'est ça, le problème.
09:29C'est le changement de pied constant
09:30d'un homme qui a une colonne vertébrale
09:33assez difficilement descriptible,
09:36si vous voulez.
09:37– C'est mieux que ça, en fait.
09:38Emmanuel Macron a décidé
09:39de profiter,
09:41d'utiliser ces conflits ukrainiens
09:43pour les communications
09:44qui est la vraie menace
09:46pour la France.
09:47Aujourd'hui, c'est la Russie,
09:48ce qui n'est pas le cas,
09:49à mon avis, du tout.
09:50Et en fait, il a essayé
09:51d'expliquer et justifier
09:53certaines actions,
09:54certains actes de lui-même
09:57et de son gouvernement
09:58dans le champ des géopolitiques
10:01par cette agression russe,
10:04comme on dit.
10:04Mais en fait,
10:05c'est complètement faux.
10:06Ce n'est pas la menace existentielle
10:08pour la France du tout.
10:09– Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations