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  • il y a 8 minutes
Avec Stéphane Simon, producteur et journaliste et auteur de "Les derniers jours de Samuel Paty" (Plon, 2023)

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##LA_VERITE_EN_FACE

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquili.
00:05Il y a 9h32, bonjour à vous et bienvenue Stéphane Simon.
00:09Vous êtes notre invité, Stéphane, je vous redis bonjour, ravi de vous avoir.
00:14Moi aussi.
00:15Producteur, journaliste, auteur des derniers jours de Samuel Paty, publié chez Plon.
00:22Nous allons évoquer le jugement au procès en appel de l'assassinat de Samuel Paty.
00:28Le jugement qui a été rendu lundi.
00:31La question qui est posée, c'est est-il scandaleux ce jugement ?
00:35Trois des quatre accusés ont vu leurs peines allégées.
00:39Le rendu est plus subtil, on va rentrer dans le détail avec vous.
00:44Et au fond, à l'issue du verdict de cette cour d'assises spéciale en appel de Paris,
00:49à l'exception de l'un des quatre, c'est Abdelhakim Sifrioui,
00:54ce militant islamiste impliqué dans la campagne de haine en ligne,
00:59qui a visé le professeur assassiné.
01:01Il s'est vu infliger ses quinze ans de réclusion criminelle.
01:04Une peine qui est maintenue à l'identique de la première instance en décembre 2024.
01:08Évidemment, beaucoup de réactions depuis.
01:10Je sais bien qu'elles ont été un peu effacées, si je puis dire, de l'actualité de la une,
01:13parce qu'il y a la guerre, le conflit au Proche-Orient et au Moyen-Orient.
01:18Une chape de plomb nous est tombée sur la tête, a déploré Bernadette Lamère en colère de Samuel Paty.
01:23Stéphane Simon, avec vous, pour poser, pour planter le décor, poser le débat,
01:27en quoi ce jugement, on va dire, a-t-il pu choquer ?
01:32Il a choqué parce qu'il nous éclaire sur une dimension que les gens ne peuvent pas comprendre et accepter,
01:38c'est-à-dire le côté roulette russe de la justice.
01:42Vous voyez, en première instance, nous avions des avocats généraux qui avaient demandé des peines dans un premier temps,
01:49on va dire, qui étaient ce qu'elles étaient, mais qui avaient été alourdies par les magistrats.
01:57Et puis là, en deuxième instance, en appel, nous avons là pour le coup des réquisitions des avocats généraux très
02:04sévères
02:05qui ne sont pas suivies par les jurés professionnels.
02:08Donc tout ça fait que je comprends le grand désarroi de la famille Paty qui a l'impression,
02:15et Bernadette Paty, la première, l'a dit, qui a l'impression que la cour a abandonné son fils.
02:20Alors il y a quatre condamnés dans ce procès en appel.
02:25On va dire, ce sont des profils différents, ils sont condamnés pour des raisons différentes.
02:29Je vous laisse dérouler, vous connaissez cela mieux que quiconque.
02:34Il y en a deux qui ont eu leurs peines allégées.
02:36Oui, alors il y a un côté roulette russe, je le disais, dans ce procès Paty.
02:44Témoins, par exemple, ces deux copains d'Abdoula Kanzorov,
02:49ce sont les deux fidèles compains du criminel, de l'assassin de Samuel Palti, Abdoula Kanzorov.
02:56Ces deux garçons, il y en a un qui a servi de chauffeur,
03:00c'est avec sa voiture que les trois garçons sont allés chercher une arme à feu et ensuite des couteaux.
03:07Et puis, il a déposé le criminel devant le collège du Bois d'Aulme à Conflans-Saint-Henorin.
03:15Et bien lui, Naïm Aboudaoud, a vu sa peine passer de 16 ans à 6 ans.
03:20C'est-à-dire qu'il est dehors, virtuellement.
03:22Peut-être aujourd'hui ou demain, il sort.
03:25Et puis l'autre, c'est un copain tchétchène d'Abdoula Kanzorov.
03:30Son nom, c'est Azim Expitarov.
03:33Et bien lui, il a déployé tout ce qu'il savait pour trouver une arme à feu.
03:38Ils sont très proactifs.
03:40Ils sont très proactifs.
03:41Mais alors, les jurés professionnels ont certainement été émus par leur jeune âge.
03:48Ils avaient à l'époque des faits 18 et 19 ans.
03:50Et puis, il se trouve qu'ils ont dit depuis le début qu'ils ne savaient pas quel était le
03:55projet de Abdoula Kanzorov.
03:57Alors quand même, on peut se dire, aller chercher des armes à feu, aller chercher des couteaux,
04:01sans poser la moindre question.
04:03C'est encourager une certaine forme d'irresponsabilité, si vous voulez,
04:07que de se dire que l'aveuglement de ces deux jeunes en faisait quelque part une excuse.
04:13Or, c'est ce qui s'est passé.
04:15Parce que là, les magistrats professionnels ont dégradé la qualification judiciaire.
04:19C'est-à-dire qu'ils étaient mis en examen pour association de malfaiteurs à caractère terroriste.
04:25Et c'est devenu simplement une association de malfaiteurs.
04:27Du coup, ils risquaient moitié moins.
04:29Donc la dégradation de la peine, si je puis dire, qui était prononcée en première instance,
04:34est motivée, c'est ce que vous disiez à l'instant, par le jeune âge, une sorte de forme de
04:38compassion.
04:39Il y a d'une part l'aveuglement, c'est-à-dire les deux garçons ne sont pas idéologisés,
04:44et ils ne savaient pas exactement ce qu'allait faire Abdoula Kanzorov.
04:48Enfin, on n'a pas trouvé trace, je dirais, de preuves qui permettent d'assurer
04:53qu'ils savaient ce qu'allait faire Abdoula Kanzorov.
04:56Et puis, ils étaient très jeunes au moment des faits.
04:58Mais vous savez, d'une manière générale, je trouve que la justice française,
05:01elle est toujours bonne mère ou bonne fille.
05:03C'est-à-dire qu'elle a toujours une certaine propension à trouver des excuses
05:10à l'examen des faits, alors que parfois, il faudrait qu'elle soit exemplaire.
05:14Dans cette affaire à Paty, le résultat, le verdict était très attendu,
05:19notamment par la communauté des professeurs,
05:21parce que ça fixe quelque part le coût de la vie d'un prof.
05:24Oui, on va revenir là-dessus sur comment réagit la communauté enseignante
05:29et également la maman en colère de Samuel Paty.
05:34Il y a les deux autres profils.
05:35Alors, les deux autres profils, c'est intéressant,
05:39et c'est là où l'essentiel est sauf.
05:41L'essentiel est sauf parce que...
05:43Pour le coup, oui.
05:44Oui, c'est-à-dire qu'il est établi, une bonne fois pour toutes,
05:47que, si vous voulez, ce qu'on appelle la fatwa numérique,
05:50c'est-à-dire le fait de désigner une cible,
05:52de l'exposer, de l'assigner à la vindicte,
05:55relève, dans ce dossier, d'un processus terroriste.
05:58Donc ça, c'est important.
05:59Vous ne pourrez plus, à l'avenir, désigner quelqu'un sur les réseaux sociaux,
06:04dire des insanités sur lui,
06:06donner son adresse, son nom, etc.
06:09Bref, poser une cible dans son dos,
06:11sans que ce soit considéré comme une espèce de fatwa numérique
06:14et comme une oeuvre dont la finalité est d'attirer des ennuis,
06:20la foudre sur cette personne.
06:22Donc cette qualification terroriste de départ est maintenue.
06:25Alors, il y a un des deux qui voit sa peine légèrement baisser.
06:30Oui, alors, on passe en fait de 13 ans à 10 ans.
06:34C'est le père de famille.
06:35Le père de famille, Brahim Shnina.
06:37C'est un parent d'élève.
06:38C'est un parent d'élève.
06:39C'est lui qui se laisse embarquer par sa fille,
06:42qui ment sur le cours de Samuel Paty,
06:44puisqu'elle n'y était pas.
06:45Et elle va dire que si elle s'est fait exclure de l'école,
06:47ce n'est pas pour des problèmes d'indiscipline,
06:48c'est parce qu'elle n'a pas voulu assumer,
06:51de regarder les caricatures du prophète.
06:53Et son père va, du coup, se mettre dans une colère terrible
06:58et il va commencer à faire des vidéos.
07:00Mais quand même, il faut retenir que c'est lui
07:02qui donne le nom de Samuel Paty.
07:04C'est lui qui donne le collège du Bois d'Aulme
07:07comme étant le lieu d'exercice du professeur.
07:09Et c'est lui, et c'est ça qui est très grave,
07:11qui va passer une minute vingt-et-un,
07:14une minute vingt-et-une,
07:15avec le fameux Abdullah Konzorov,
07:18c'est-à-dire l'assassin.
07:19Et curieusement, c'est vrai que,
07:22si vous voulez, on peut comprendre
07:23que comme il a reconnu les faits,
07:25qu'il a fait amende honorable,
07:27qu'il n'a cessé de présenter des excuses
07:29dont on ne sait pas si elles sont sincères ou pas,
07:31mais en tout cas, il s'est mis dans la posture d'un repentant.
07:34Et je pense que les magistrats ont été sensibles à ça.
07:38De l'autre côté...
07:39Oui, oui, repentance, mais pardonnez-moi,
07:40à l'époque des faits,
07:41il était extrêmement, on va dire,
07:44remonté et sûr de son affaire.
07:46Bien sûr, à aucun moment...
07:47Puis il y a une repentance après.
07:49À aucun moment, pendant les onze jours de drame
07:52qui se jouent en octobre 2020,
07:55à aucun moment, il va suspecter sa fille
07:57d'avoir dit une énormité.
07:59Au contraire, il est sûr de lui,
08:01il monte la communauté islamisée
08:04avec des arguments fallacieux contre le professeur,
08:07sans jamais se poser la question de savoir
08:09si tout ça est vrai ou pas.
08:11Mais néanmoins,
08:12les magistrats ont abaissé sa peine.
08:14Alors, celui qui voit sa peine,
08:16lui, absolument pas diminuer,
08:18c'est le faux imam,
08:20le faux chef des imams,
08:22celui qui s'est présenté comme le chef des imams
08:24et qui est Abdelhakim Seffrioui,
08:25qui est en fait un militant islamiste fiché S,
08:28très connu des services de police à l'époque,
08:31et qui va avoir le rôle, je dirais,
08:34d'idéologue dans cette affaire.
08:36Et c'est lui qui va conseiller Brahim Shnina
08:39pour faire ses vidéos,
08:41d'aller porter plainte à la police, etc.
08:43C'est lui qui va secouer Brahim Shnina, évidemment.
08:46Et lui, je dirais que si sa peine a été confirmée,
08:49c'est surtout à cause de l'avocat Francis Willemain,
08:52qui était à ses côtés,
08:54et qui a voulu complètement,
08:57comment dirais-je,
08:58faire de son client accuser une victime d'un système.
09:01Et ses outrances,
09:02ça je crois que c'est un des enseignements du procès quand même,
09:05c'est que les outrances en matière de plaidoiries,
09:08ça ne paye pas devant les magistrats professionnels.
09:11Ils ne s'en sont pas laissés compter.
09:12Ils ont trouvé cet homme qui a essayé de faire le procès
09:15d'une France islamophobe,
09:17qui a été...
09:18Ça a choqué, ça.
09:19Et c'était épouvantable.
09:21Mettez-vous à la place de la famille,
09:22encore une fois, de Samuel Paty,
09:25cette famille qui a entendu des horreurs,
09:27que leur fils aurait été islamophobe,
09:31discriminant, les élèves, etc.
09:33Il nous avait juré, d'ailleurs, cet avocat,
09:36d'apporter toutes les preuves à ce qu'il disait.
09:39Mais il n'a rien apporté du tout, bien sûr.
09:40Vous pensez que cet avocat est allé au-delà
09:43de ce que doit être le rôle de tout avocat.
09:47Chaque coupable a droit à une défense.
09:50C'est le principe même de la justice.
09:52Mais lui, il dépasse peut-être son rôle.
09:55D'abord, un avocat, c'est au service de son client.
09:57La force est de reconnaître qu'il a desservi son client.
09:59Donc ça, c'est la première des choses.
10:01Un avocat doit, je dirais,
10:04rester dans les limites d'un dossier.
10:06Or, là, on savait, dès le début,
10:09qu'on travaillait sur les mêmes procès verbaux,
10:11sur le même dossier juridique,
10:13qu'en première instance.
10:14Donc, arriver en disant qu'il allait faire une démonstration
10:18qui aurait échappé à la vigilance
10:19de cinq semaines de procès en première instance,
10:22c'était une forfanterie
10:23qui s'est retournée totalement contre lui.
10:26Et heureusement...
10:27C'est assez rare, oui.
10:28C'est assez rare de voir un avocat s'engager autant
10:30qui presque serait une sorte de militant de son client.
10:36Absolument.
10:36On a dit, d'ailleurs, qu'il était proche, finalement,
10:38des idées des frères musulmans.
10:40Et donc, il était vraiment au service d'une idéologie.
10:45En tout cas, s'il a voulu faire de son client un radicalisé,
10:50alors qu'il n'y avait pas besoin d'apporter la preuve de cela,
10:53il a réussi à le faire.
10:54Et les magistrats lui ont fait payer.
10:56Pour aller au bout de la mécanique de la justice,
11:01Abdelhakim Seffrioui,
11:02dont les avocats,
11:03enfin, l'avocat en question,
11:04demandait l'acquittement.
11:06Il va se pourvoir en cassation ?
11:07Oui.
11:08Oui, oui, il va se pourvoir en cassation.
11:10Alors, vous savez,
11:11quand vous allez en cassation,
11:13ça ne veut pas dire que vous allez...
11:14Ce n'est pas automatique.
11:15Il faut apporter la démonstration
11:17qu'il y a eu des irrégularités de procédure.
11:20Or...
11:20C'est sur la procédure, oui.
11:21Voilà.
11:21Et ce n'est pas forcément éligible.
11:24Ah non, ce n'est pas forcément éligible.
11:25Ce n'est pas mécanique.
11:27Ceci étant,
11:29je dirais,
11:31encore une fois,
11:31que ce procès aura été extrêmement pénible.
11:34et je voudrais avoir une pensée
11:35pour la famille de Samuel Paty
11:37parce que voilà bien une famille
11:38qui aura connu l'abomination du crime.
11:42Quand même,
11:43un professeur décapité,
11:44ça ne s'est jamais vu
11:45dans l'histoire de la Vème République.
11:47C'est quelque chose...
11:49C'est une horreur absolue.
11:50C'est monstrueux.
11:50Il y a eu une période de mensonges.
11:52Puis ensuite,
11:53il y a eu cinq semaines de procès
11:54en tout début 2025.
11:57Et puis,
11:58il y aura encore...
12:00Il y a eu encore cinq semaines de procès
12:02où ils ont entendu des horreurs
12:03comme si de rien n'était,
12:04comme si l'enquête n'avait pas eu lieu.
12:06C'est quand même une sacrée épreuve
12:08qu'on leur a fait subir.
12:10Je comprends les mots de détresse
12:11de Mme Bernadette Paty
12:13qui s'exprimait pour la première fois
12:14cette semaine.
12:15Oui, Stéphane Simon,
12:16il y a votre livre
12:17Les Derniers Jours de Samuel Paty,
12:19un film qui va sortir aussi
12:21intitulé L'Abandon,
12:23qui est fondé sur votre essai,
12:26votre récit.
12:27C'est très librement inspiré.
12:28C'est surtout passé par la moulinette
12:30d'un réalisateur exceptionnel
12:32qui s'appelle Vincent Garin
12:33qui est très, je dirais,
12:35qui est très habitué
12:36à travailler des matières judiciaires
12:37et à faire vivre une affaire.
12:39Il a fait notamment
12:41le mensonge avec Daniel Auteuil
12:42sur une affaire très connue.
12:45Il a fait Maurice Agnolet,
12:47Agnès Leroux,
12:47ça s'appelait au nom d'Agnès aussi.
12:48Puis il a fait l'affaire
12:49avec Philippe Torretton.
12:51Il a fait Outreau.
12:54C'est quelqu'un
12:54qui s'est très, très bien travaillé
12:56et qui va permettre,
12:57parce que j'ai eu la chance
12:58de voir le film.
12:59Vous l'avez vu ?
12:59Oui, je l'ai vu plusieurs fois.
13:00J'en suis sorti à chaque fois
13:01bouleversé.
13:02On va y revenir.
13:03On va y revenir.
13:04On va y revenir également
13:05notamment sur les derniers jours
13:06de Samuel Paty,
13:07votre livre paru chez Plan.
13:09Pourquoi ?
13:09Parce qu'au fond,
13:10vous racontez les derniers jours,
13:12les douze jours qui précèdent...
13:14Onze jours.
13:14Les onze jours,
13:15soyons précis.
13:15Les onze jours qui précèdent
13:17cet abominable assassinat.
13:20Et vous racontez aussi
13:22les dysfonctionnements
13:23de la société au jour.
13:24Est-ce qu'il a été protégé,
13:25Samuel Paty ?
13:27Est-ce qu'il n'a pas été aussi
13:30partiellement abandonné
13:31après ce crime épouvantable ?
13:33Le mot « l'abandon »,
13:35c'est celui du film
13:36et c'est celui aussi
13:37qu'a utilisé Bernadette Paty.
13:39La vérité en face,
13:400826 300 300,
13:41vous nous appelez
13:41si vous voulez réagir
13:43à ce récit extrêmement poignant
13:45que nous fait Stéphane Simon.
13:47A tout de suite
13:48pour la suite de notre débat.
13:50Le Grand Matin Sud Radio,
13:51la vérité en face,
13:54Jean-François Aquili.
13:550826 300 300,
13:56la vérité en face,
13:58nous consacrons ce débat
13:59avec vous,
13:59Stéphane Simon,
14:01sur ce jugement
14:03au procès en appel
14:04de l'assassinat
14:05de Samuel Paty.
14:06Ces peines
14:07qui ont fait réagir
14:08trois des quatre accusés
14:09qui ont vu leurs peines allégées,
14:10vous avez expliqué cela
14:12dans le détail.
14:13Et puis,
14:14il y a les derniers jours
14:14de Samuel Paty,
14:15les 11 jours
14:16qui précèdent
14:17cet atroce assassinat
14:19de ce professeur.
14:21Vous les évoquez
14:22dans ce livre
14:22paru chez Plon.
14:24Nous nous sommes dit
14:25hors micro,
14:26vous êtes un fils des ducs.
14:27C'est comme moi,
14:28en partageant ça tous les deux.
14:29Fils de prof.
14:29Voilà,
14:30on est des fils de prof.
14:31Évidemment,
14:32éminemment,
14:32ce qui s'est produit ce soir-là
14:34nous a bouleversés.
14:35Elle a bouleversé
14:36toute la France.
14:37Moi,
14:37je disais en préface
14:38de ce livre
14:39que la tête de Samuel Paty
14:40était tombée au pied
14:41de mon arbre généalogique.
14:42C'est une métaphore
14:43pour dire que,
14:44évidemment,
14:45c'est un drame
14:45qui m'a bouleversé
14:46à titre personnel.
14:47Fils,
14:48petit-fils,
14:48arrière-petit-fils
14:49de professeur.
14:50J'ai vu
14:52l'importance
14:53de nos parents
14:54dans ce processus
14:56d'ascenseur social
14:57qu'est l'école,
14:58etc.
14:58Et puis,
14:59je me suis dit
15:00un jour,
15:00en voyant dans mon téléphone portable
15:02la tête de cet enseignant,
15:04de ce professeur
15:04d'histoire-géographie,
15:05je me suis dit
15:06comment la République
15:07a pu
15:08en arriver là.
15:10Comment,
15:10après,
15:11moins d'un siècle
15:12après que mes grands-parents
15:13aient été
15:13en Vendée,
15:15des hussards noirs
15:15de la République,
15:17ils ont toujours été
15:18respectés,
15:19ils ont toujours été
15:20appréciés.
15:21et j'ai vu à la fin
15:22des petits Vendéens
15:23qui amenaient
15:24des tas de choses
15:25à mes grands-parents.
15:26Mais comment,
15:2890 ans plus tard,
15:29vous vous retrouvez
15:30avec un professeur
15:31dont la tête roule
15:31dans le caniveau.
15:32C'est une abjection absolue.
15:34Cette affaire,
15:34Samuel Paty,
15:35elle doit être regardée
15:36pour ce qu'elle est.
15:37C'est un fait de civilisation.
15:38Il s'est passé
15:39le 16 octobre 2020
15:40quelque chose
15:41d'inexpiable.
15:43C'est un abanjon
15:44institutionnel,
15:45vous dites.
15:46Il n'a pas été protégé.
15:47On doit arrêter
15:50de se voiler la face.
15:51Je pense que le film
15:52qui arrive bientôt
15:56permettra de comprendre
15:57puisqu'il donne à voir
15:58enfin,
15:59grâce au talent
16:00de Vincent Garin,
16:01qu'il donne à voir
16:02l'incarnation
16:04de ces 11 derniers jours.
16:05On voit enfin
16:06en chair et en os
16:07se passer le drame
16:08devant nos yeux.
16:09Et sans parti pris.
16:11C'est un travail méthodique
16:12qu'il a fait
16:12à la lumière des procès
16:14et à la lumière
16:15des jugements
16:16et des enquêtes.
16:17Il a remis en scène
16:19tout ce qui s'est passé
16:20parce que le drame
16:21de cette affaire Patti,
16:22c'est qu'il y a eu
16:23des consignes de discrétion
16:24données à tout le monde.
16:25Personne n'a parlé
16:25les premiers temps.
16:26Il n'y avait que des journalistes
16:27qui extrapolaient
16:28ce qui s'était passé.
16:29Mais la réalité,
16:30elle était dans
16:31les procès verbaux.
16:32Et elle a eu lieu
16:33aussi dans les grandes explications
16:34qui ont été permises
16:36par les procès.
16:36Et ça,
16:37il fallait qu'enfin
16:38on raconte...
16:39Tout le monde connaît
16:40le nom de Samuel Patti
16:41maintenant.
16:42On a même discuté
16:43de son entrée au Panthéon.
16:44Mais il fallait
16:46raconter enfin
16:46son histoire.
16:48Et notamment,
16:48ce que fait ce film,
16:50c'est raconter
16:51les onze derniers jours
16:52de Samuel Patti,
16:53c'est-à-dire
16:54la mécanique à l'œuvre
16:55qui fait qu'on n'a pas
16:57protégé
16:57un des serviteurs
16:58de la République
16:59et qu'on a laissé
17:00cet homme seul.
17:02Seul.
17:03Seul face
17:04à celui
17:06qui va
17:06au fond
17:07l'assassiner
17:08de façon atroce,
17:09épouvantable.
17:10Et symboliquement même,
17:12c'est un défi
17:13à ce qu'est
17:14la République aujourd'hui.
17:15vous qui avez écrit
17:16les derniers jours
17:16de Samuel Patti,
17:17qui avez vu et revu,
17:18vous l'aviez dit
17:19avant la pause,
17:20l'abandon.
17:20J'imagine qu'il y a
17:22une forme de terreur
17:24à avoir presque
17:25mis en image
17:26ce récit que vous faites
17:27dans le détail.
17:28Je ne dirais pas
17:29une terreur
17:30parce que c'est un film,
17:31si vous voulez,
17:31on connaît la fin.
17:33Donc,
17:34on n'est pas surpris.
17:35Mais en revanche,
17:36c'est un numéro
17:36de Virtuose du réalisateur
17:37parce qu'il arrive
17:38à vous embarquer
17:39dans cette histoire
17:40que vous connaissez.
17:41et c'est un film
17:43qui nous appelle chacun
17:45à réfléchir
17:47et à se faire
17:47nous-mêmes une conviction.
17:48Et ce film est devenu
17:49absolument indispensable
17:50surtout depuis
17:52que l'on voit
17:52les hésitations
17:54de la justice.
17:55On voit que
17:56c'est de la roulette russe
17:57la justice
17:57et qu'un échelon,
18:01une instance
18:02nous dit blanc
18:02et l'autre nous dit gris.
18:04Il est temps
18:05que chacun se fasse
18:06son opinion
18:06sur cette affaire
18:07et que chacun
18:08connaisse vraiment.
18:09parce que vous savez,
18:10il y a quelque chose
18:11qui a concouru
18:12je dirais
18:12à rendre absolument
18:13indispensable ce film.
18:15C'est aussi tous ces professeurs
18:16qui sont obligés
18:16je dirais
18:18une fois par an
18:18de faire
18:19une minute de silence
18:21en l'hommage
18:22de ce professeur.
18:23Mais comment
18:23ils racontent ça ?
18:24On ne leur donne pas
18:25de consignes
18:26à l'éducation nationale
18:27pour raconter
18:28sa belle pathie.
18:29Ben voilà,
18:29il y a un film
18:30au moins qui permettra
18:31à tous ces professeurs
18:32de bien comprendre
18:34de quoi il s'agissait.
18:34Vous estimez
18:36depuis ce drame
18:37Stéphane Simon
18:38que la mémoire
18:40de Samuel Paty
18:41a pu être abîmée.
18:43C'est-à-dire
18:44qu'aujourd'hui
18:45malheureusement
18:46ce que je vais vous dire
18:46est terrible
18:47mais malheureusement
18:48quand un élève
18:48indiscipliné
18:49menace ses professeurs
18:51il faut quand même
18:51savoir qu'il y a
18:52plusieurs dizaines
18:52de milliers
18:53d'agressions
18:54sur des professeurs
18:55chaque année
18:56en France
18:56et bien
18:57ils ont maintenant
18:58à leur disposition
18:59cet élément
19:00de langage terrible
19:01qui est de dire
19:01je vais te faire
19:02une Samuel Paty
19:03rendez-vous compte
19:04voilà ce qu'est devenue
19:05la mémoire
19:06de Samuel Paty
19:07un argument
19:08de menace
19:09sur des professeurs
19:10et il faut y réfléchir
19:12c'est très grave
19:13il faut montrer autre chose
19:14vous savez
19:15Samuel Paty
19:15c'est un peu le professeur
19:16que tous nous avons eu
19:18c'est-à-dire ce professeur
19:19qui nous a touchés au cœur
19:20et qui nous a permis
19:21de progresser
19:22lui c'était l'histoire
19:22géographie
19:23sa passion
19:24et il fait partie
19:25de ces professeurs
19:26qui chaque année
19:27permettaient
19:28à des jeunes
19:29de s'ouvrir
19:30à ces matières essentielles
19:32qui permettent
19:33à l'individu
19:34de s'élever
19:34et c'est en ça
19:37que ce professeur
19:38est un professeur
19:39comme les autres
19:40d'un mot encore
19:41pour conclure
19:42Stéphane Simon
19:43peut-être une pensée
19:44à la famille
19:45j'imagine aussi
19:46quand elle a appris
19:48la famille
19:49le jugement
19:50en appel
19:51terrible
19:52ça a été un moment terrible
19:53terrible
19:53Gaëlle Paty
19:55était évidemment
19:56au procès
19:57elle était effondrée
19:58sa sœur Mickaël
19:59que j'ai vue
20:00à la sortie
20:01du palais de justice
20:02j'ai vu
20:03l'armure
20:04de cette combattante
20:06qui est extrêmement
20:06courageuse
20:07depuis le premier jour
20:08j'ai vu l'armure
20:09se fendre
20:10j'ai vu son cœur
20:11et ses larmes
20:12et je peux vous dire
20:13que ça m'a déchiré
20:15et puis cette femme
20:15extraordinaire
20:16Bernadette Paty
20:17qui n'avait pas parlé
20:18depuis le début
20:20de cette affaire
20:20qui n'avait pas dit
20:21un seul mot
20:22elle a pris la parole
20:24mardi matin
20:25pour dire sa colère
20:27c'est quand même
20:27un sacré calvaire
20:28qu'ils ont vécu
20:29jamais on réparera ça
20:32Stéphane Simon
20:33je rappelle
20:34les derniers jours
20:35de Samuel Paty
20:37publié chez Plon
20:39et ce film
20:40qui va sortir en salle
20:41l'abandon
20:42dont vous nous
20:45conseillez
20:45d'aller voir
20:48il faut y aller
20:49merci à vous Stéphane Simon
20:50merci
20:51et bonjour à vous
20:53Valia Expert
20:54bonjour
20:54bonjour à vous
20:55vous pouvez vous installer
20:55oui je suis en train
20:56de m'installer
20:57je suis là
20:58je suis avec vous
20:59beaucoup de choses
21:00aujourd'hui
21:00c'est la journée mondiale
21:02de l'obésité
21:03figurez-vous
21:04l'obésité
21:04qui est une maladie
21:05on va en parler
21:06dans c'est quoi le problème
21:08avec le docteur
21:09Jean-Michel Cohen
21:10et puis
21:11on va revenir évidemment
21:13sur l'allocution
21:14du président de la république
21:15hier
21:15il envoie le Charles de Gaulle
21:17en Méditerranée
21:17est-ce que vous avez peur
21:19que la France s'engage
21:20dans la guerre
21:21on va parler
21:22de la surpopulation carcérale
21:24qui est absolument
21:26endémique en France
21:27et puis cette étude
21:29en 2035
21:3050% des élèves
21:31de 6ème
21:32seront dans le privé
21:33ça pose quand même
21:34un certain nombre
21:35de questions
21:36voilà
21:36tous ces sujets
21:37avec vous dans un instant
21:38bonne émission
21:39merci
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