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  • il y a 3 semaines
Rudy Saada, accompagné de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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00:0113h-14h, Europe Info.
00:03Europe Info, la suite à 13h47 avec Baurudisada et votre chroniqueur Michel Fayadé et Ivar Youfol.
00:08Et alors que les bombes continuent de pleuvoir de part et d'autre, la question de l'après se pose
00:14en Iran.
00:14Donald Trump dit qu'il avait trois noms en tête pour prendre la suite, mais la question c'est quelle
00:19suite ?
00:20Je propose d'écouter Emmanuel Razavi, grand reporter franco-iranien spécialiste du Moyen-Orient.
00:25Lui est partagé entre peur et espérance, il était l'invité de Dimitri Pavlenko, c'était ce matin sur Europe
00:321.
00:32C'est un mélange si vous voulez à la fois d'espérance et puis en fait de peur.
00:36Ça dépend encore une fois évidemment des villes, des endroits.
00:39Il y a une chose qui est sûre, c'est que la majeure partie des gens se réjouissaient de la
00:44mort du guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei.
00:49Pour autant, il ne faut pas s'emballer parce qu'on ne connaît pas l'issue de toute façon de
00:52ce qui va se passer.
00:53Vous avez 31 provinces en fait en Iran, il y a des provinces comme le Balochistan iranien ou l'Azerbaïdjan
01:01iranien qui commencent à être touchés depuis un petit moment par une crise alimentaire.
01:08Évidemment tout le monde a à l'esprit qu'il peut y avoir aussi une situation qui bascule, malgré encore
01:12une fois, je le souligne, l'espérance, surtout l'espérance que ça aille vite et que le régime tombe.
01:18Voilà Emmanuel Razavi ce matin au micro de Dimitri Pavenko.
01:22Effectivement la question de la suite se pose peut-être déjà un peu tôt.
01:27Michel Fayad, est-ce qu'on va aller selon vous vers une démocratie comme le demande une partie, une grande
01:33partie du peuple iranien ou vers une molarchie light ?
01:37C'est une solution qui irait bien à Donald Trump, qui serait un petit peu analogue à celle du Venezuela
01:44où on a un régime qui n'a pas totalement été changé mais qui est beaucoup plus docile aux Etats
01:49-Unis.
01:50Oui, vous avez raison d'évoquer les deux scénarios.
01:52Le scénario souhaitable, bien sûr, c'est la chute complète de la République islamique d'Iran.
01:57Elle va dépendre en fait de la rapidité et du timing de cette guerre israélo-américaine.
02:01En 48 heures, il y a quand même eu l'élimination d'éléments clés du régime, le guide suprême, son
02:07fils qui était son potentiel successeur, le chef de l'armée, le chef des gardiens de la révolution, le chef
02:12du conseil de défense, des personnages clés qui ont été tués.
02:15Si ce rythme-là se poursuit, alors la République islamique tombera.
02:19Et à ce moment-là, les scénarios pourront s'ouvrir vers peut-être un conseil de transition avec Reza Pahlavi,
02:25peut-être, par contre, peut-être plus de problèmes s'il y avait les Moudjahidines du peuple qui sont des
02:30islamo-gauchistes avec une gourou à leur tête qui sont armés, qui créeraient des problèmes.
02:35Peut-être les Kurdes qui tenteront quelque chose aussi avec leurs armes, les Balouchs qui sont proches du Pakistan qui
02:40pourraient tenter quelque chose,
02:41les Irakiens chiites qui pourraient intervenir également au sud auprès de cette population arabophone au sud-ouest de l'Iran.
02:50Et par contre, effectivement, il y a l'autre scénario qui voudrait que les choses s'enlisent ou bien que
02:55Donald Trump essaye de se retirer, d'arrêter tout.
02:58Et dans ce cas-là, oui, la République islamique pourrait évoluer, peut-être sans guide, peut-être avec un guide,
03:04mais elle serait dangereuse parce que vous savez,
03:06quelqu'un qui avance démasqué, au moins on sait qu'il est notre ennemi, mais celui qui avance masqué, parce
03:12qu'ils ne changeront pas d'idéologie,
03:13ils ne changeront pas d'objectif, ils sont encore plus dangereux.
03:16Donc en fait, il faut bien se méfier de ce qu'on appelle les réformateurs, parce que les réformateurs sont
03:22en réalité des conservateurs masqués.
03:25Yvan Rioufol, est-ce que vous pensez que Donald Trump, à un moment, pour des raisons d'ailleurs de politique
03:29intérieure,
03:30on sait que sa base, Maga, met la pression pour qu'il arrête le plus rapidement possible cette intervention en
03:36Iran ?
03:37Est-ce que Donald Trump peut lâcher le peuple iranien ?
03:40Donald Trump a pris un risque considérable, un risque considérable naturellement pour tous les soldats qui sont au front,
03:46et un risque considérable pour sa propre survie politique.
03:49C'est-à-dire que s'il perd, il perd tout.
03:52Mais alors j'imagine naturellement qu'avec les Israéliens, ils ont envisagé toutes les hypothèses,
03:56mais quoi qu'il arrive, Donald Trump est également prisonnier de sa propre idéologie Maga,
04:02qui était d'abord de ne pas susciter de guerre, là il est en contradiction malgré tout avec ses promesses
04:07initiales,
04:08et surtout de ne pas intervenir militairement sur terre.
04:11Et donc il n'y aura en effet pas de soldats américains qui seront envoyés, pas plus qu'il n
04:15'y en avait eu au Venezuela,
04:16il n'y aura pas de soldats américains, ni israéliens j'imagine, envoyés en Iran.
04:20Donc s'il s'oblige à gagner cette guerre, il s'est donné 30 jours maximum,
04:24cela veut dire que si dans les prochains jours il n'y a pas des résultats concrets,
04:28et si dans les prochains jours la solution ne viendra que du peuple iranien lui-même.
04:33C'est le peuple iranien qui décidera s'il veut une monarchie, une démocratie,
04:36ou s'il veut à nouveau la tyrannie des mollas dans le fond.
04:38Parce qu'on peut très bien, il y a 10% je crois ou 15% du peuple iranien
04:43qui applaudit encore malgré tout et qui pleure à la mort de l'Ayatollah.
04:46Et donc c'est un pari très risqué, c'est un pari risqué qui est à souligner,
04:51que je trouve d'ailleurs assez spectaculaire et assez admirable,
04:54dans la mesure où on est habitué nous en Occident et singulièrement en France
04:58à cohabiter avec des hommes politiques qui ont peur de leur ombre.
05:02Là il y a malgré tout une volonté politique très personnelle d'un président
05:07de s'impliquer dans la défense, dans la libération.
05:10Encore une fois, ce n'est pas simplement des intérêts américains comme je l'entends dire,
05:13c'est dans la libération d'un peuple opprimé.
05:16Et c'est pour cela que je trouve que toute la bien-pensance,
05:19tout ce camp du bien, tous ces progressistes devraient applaudir
05:22effectivement à cette initiative prise par les États-Unis et Israël
05:25de tenter de libérer un peuple pour qu'il retrouve sa souveraineté.
05:30J'entends par exemple des bêtises à droite dire
05:32qu'on ne viole pas un pays souverain parlant de l'Iran des Ayatollahs,
05:37enfin l'Iran des Ayatollahs interdit précisément au peuple souverain
05:39d'avoir à se prononcer sur son propre destin.
05:42Donc c'est effectivement une quête de souveraineté,
05:44une quête de respectabilité, une quête démocratique qui est ouverte
05:48et qui me fait dire au bout du compte que le peuple iranien
05:52dont on a vu le courage inouï ces dernières années
05:54et encore très récemment, même en janvier dernier,
05:58que ce peuple iranien est tout à fait capable d'abord de mettre à bas
06:02les gardiens de la révolution si on arrive à les désarmer, les pasidji,
06:06et puis de susciter au cœur de la société civile iranienne
06:09celui qui les représentera. Il semblerait en effet que ce soit pour l'instant
06:13le fils du chat qui ait les préférences.
06:16– Alors l'Iran, en tout cas la république islamique et les Mollahs,
06:21est dans une fuite en avant militaire, elle continue de cibler plusieurs pays,
06:27Israël évidemment, mais également Dubaï, Bahreïn, le Koweït,
06:30les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite, l'Irak.
06:32Je propose d'écouter à ce propos l'analyse de Pierre Lelouch,
06:36l'ancien ministre spécialiste des questions internationales,
06:38il était l'invité de Laurence Ferrari ce matin sur CNews et Europe 1.
06:42– Il reste beaucoup, beaucoup de matériel. En Iran, on parle de 2500 missiles à longue portée,
06:472000 kilomètres, largement de quoi, naturellement, atteindre toute la région,
06:51sans compter des milliers de missiles à courte portée,
06:54ils arrosent avec des drones, avec lesquels ils arrosent leurs voisins arabes,
06:59avec l'idée qu'en pressant sur les Arabes,
07:02les Arabes vont ensuite demander à Trump d'arrêter les frais,
07:05parce qu'eux-mêmes sont en danger, parce que ces pays-là sont extrêmement faibles.
07:09On parle de pétro-monarchie, qui a 150 000 personnes,
07:122 millions de travailleurs immigrés, mais tout ça,
07:15c'est des fortunes basées sur du sable.
07:17Les Iraniens le savent bien, ils les méprisent,
07:19mais là, ils vont essayer de leur faire peur, suffisamment peur,
07:21pour qu'ils demandent l'arrêt des opérations américaines.
07:23– Voilà, donc Pierre Lelouch ce matin, au micro de Laurence Ferrari.
07:27Michel Fayad, comment interpréter ces frappes,
07:31qui ont l'air désordonnées d'un régime iranien,
07:35qui a l'air de jeter toutes ses forces dans la bataille ?
07:40Est-ce que, stratégiquement, ce n'est pas du suicide aussi
07:43de se mettre tous les pays de la région à dos,
07:47en les agressant de manière extrêmement vive ?
07:50On n'est pas sur des frappes symboliques,
07:52c'est plusieurs centaines de drones,
07:54plusieurs centaines de missiles sur Dubaï,
07:56ou encore sur l'Arabie saoudite.
07:58– Je pense que c'est un pari que la République islamique d'Iran
08:00est en train de faire, parce que soit, effectivement,
08:02tout le monde se rallie contre elle,
08:04et dans ce cas-là, un peu comme, vous vous souvenez,
08:05la coalition en 90-91 contre Saddam Hussein,
08:09donc tout le monde se rallie pour faire chuter la République islamique d'Iran.
08:12Mais l'autre pari que je pense qu'ils sont en train de faire,
08:15c'est qu'ils ne sont pas en mesure réellement
08:16de faire du mal aux États-Unis et à Israël
08:18en termes de bombardements,
08:20malgré, bien sûr, ce qui a déjà coûté à Israël
08:23et au peuple israélien.
08:24Mais en fait, ils peuvent faire beaucoup de mal aux pays arabes,
08:26et dans ce cas, ils espèrent que les pays arabes,
08:28à ce moment-là, eux, demanderont aux Américains d'arrêter.
08:31C'est ce qu'ils espèrent, peut-être.
08:33Oui, parce qu'en fait, les pays arabes du Golfe
08:34ont quand même aussi un lobby présent aux États-Unis.
08:37Au début de la guerre, ils ne voulaient pas de cette guerre.
08:39Puis ensuite, vous avez vu, le premier jour,
08:40ils étaient assez neutres.
08:41Puis ils se sont fait frapper, ils ont commencé à réagir.
08:43Mais là, s'ils se sont frappés durement,
08:45soit ils réagissent de manière dure,
08:47ils se rallient avec Israël et les États-Unis,
08:48soit ils disent aux États-Unis, s'il vous plaît, arrêtez.
08:50Moi, je ne crois pas à cette idée de s'il vous plaît, arrêtez.
08:52Mais je pense que les Iraniens,
08:54je ne vois pas d'autres raisons
08:57qui pourraient penser que c'était peut-être cette raison-là, vous voyez.
09:00Alors, on ne parle pas d'un pays qui est allié de l'Iran
09:04et qui se fait extrêmement discret.
09:05C'est la Russie, Yvan Rioufol.
09:07On n'entend pas Vladimir Poutine.
09:09Et la Russie continue maintenant à bombarder tranquillement
09:12sans que les regards, maintenant, ne se tournent vers elle.
09:15Et donc, la Russie a tout intérêt, malgré tout,
09:16même si, effectivement, l'Iran est son allié,
09:19a tout intérêt à poursuivre cette guerre
09:20car elle détourne les regards.
09:22Et d'ailleurs, il est à remarquer que le président de la République,
09:24s'il a un discours très belliciste
09:27et très arrogant vis-à-vis de Poutine, par exemple,
09:30n'a plus du tout le même vis-à-vis des ayatollahs iraniens.
09:34Et on peut le regretter.
09:35Je le regrette d'ailleurs.
09:36J'aimerais que le président de la République
09:38se fasse remarquer davantage sur son raidissement
09:41face à ce régime épouvantable, ce régime tyrannique.
09:45Or, pour l'instant, encore une fois,
09:47on le voit marcher à reculons, si je puis dire,
09:50et prendre le train en marche.
09:52Parce que, malgré tout, et c'est bien là le fond du problème,
09:55si Donald Trump gagne, et il peut gagner avec Israël,
09:59ceux qui lui auront dit qu'il allait à sa perte
10:03auront l'air malins.
10:04Merci, Yvan Rioufol.
10:05Merci, Michèle Fayad, et merci à vous.
10:08Merci, Réli.
10:10Géraldine Hamon aussi, c'est pas grave.
10:11Aujourd'hui, sur les prénoms, c'est une catastrophe.
10:14À demain, Rudy.
10:15C'était Rudy Saada sur Europe.
10:16Vous pouvez m'appeler comme vous voulez, là.
10:17Vous avez le droit.
10:18C'était Rudy Saada sur Europe.
10:19Et dans un instant, les enfants de repas en Blyne Roche.
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