00:0013h-14h, Europe Info.
00:03La suite à 13h48 sur Europe 1 avec vous, Kelly Mathias, Sébastien Ligné et Xenia Fedorova.
00:08On va parler de la guerre entre l'Ukraine et la Russie.
00:10Écoutez Dimitri Medvedev, le vice-président de la Russie,
00:13qui estimait que l'Europe avait échoué à mettre en échec la Russie.
00:16Il donnait une interview, c'était le week-end dernier, à plusieurs médias.
00:20L'Europe m'a beaucoup surpris car par ses propres actions,
00:24elle sape les fondements même de son existence.
00:26C'est tout simplement incroyable.
00:29L'Europe peut ne pas apprécier le système politique russe et les dirigeants russes.
00:33C'est normal, elle a le droit d'avoir son opinion.
00:36Mais quand pour atteindre certains objectifs politiques personnels ou étroits,
00:40elle détruit les fondements de son propre bien-être économique,
00:44juste pour punir la Russie, c'est stupéfiant.
00:48Xenia Fedorova, le constat est sévère de la part de Dimitri Medvedev.
00:52Quand on parle de l'Europe,
00:54en fait, l'opinion des dirigeants russes,
00:59je pense qu'ils sont tous unis dans la compréhension
01:02que l'Europe a joué un rôle crucial dans ces conflits,
01:06encourageant Zelensky et l'Ukraine de continuer de s'ébattre.
01:10Ce qui a amené, en fait, à la place de signer un accord plus tôt,
01:14un accord qui pouvait éviter tous ces morts et dégâts,
01:18en fait, ça a amené l'Ukraine à aller jusqu'à aujourd'hui,
01:22où la Russie continue à avancer sur les tyrans.
01:26Et en fait, le point crucial aujourd'hui sur la table,
01:30c'est la question territoriale et la question des garanties de sécurité.
01:34Donc, je pense que là,
01:37c'est clair que l'Union européenne continue à essayer de jouer un rôle major,
01:42mais aujourd'hui, elle se trouve un peu à côté de cette négociation
01:45entre Donald Trump et Vladimir Poutine, entre les Américains et les Russes et les Ukrainiens,
01:50seulement parce qu'ils ne peuvent pas amener quelque chose
01:52qui peut profiter à la paix.
01:56Et chaque fois, on écoute aussi Vladimir Zelensky,
02:00qui dit que la question territoriale, c'est hors question
02:03qu'on rentre d'en basse aux Russes.
02:06En fait, ça montre aussi à quel point ils ne sont pas prêts
02:08à trouver un compromis.
02:11On peut comprendre aussi l'avis, le point de vue ukrainien ?
02:13Non, on ne peut pas.
02:13Non, à ce point-là, je pense qu'on ne peut plus comprendre
02:17le point de vue de Zelensky et son équipe,
02:19parce que si on regarde, le peuple ukrainien veut que cette guerre arrête.
02:24La meilleure, la plus vite façon de l'arrêter,
02:26c'est de trouver ses compromis autour de Donbass.
02:28Oui, mais c'est une défaite dans ces cas-là.
02:31Ça veut dire qu'ils acceptent la défaite et la perte de territoire.
02:34Je pense qu'aujourd'hui, une victoire, c'est déjà avoir un accord d'épée.
02:38Parce que s'il n'y a pas un accord d'épée,
02:39est-ce que vous pensez vraiment que l'Ukraine peut gagner contre la Russie ?
02:43Si on regarde la réalité des terrains, ce n'est plus le cas.
02:46Aujourd'hui, ce n'est plus le cas.
02:48Et il y a encore des missiles et des drones qui pleuvent, là ?
02:50Bien sûr, il y aura encore des drones.
02:53Par exemple, si l'Union européenne continue à sponsoriser cette guerre,
02:57va continuer à fournir des armements,
02:59il y aura encore des drones qui vont aller jusqu'à Lévi-Russes, évidemment.
03:05Mais sur les terrains en Donbass, éventuellement, la Russie va reprendre Donbass.
03:09Et en fait, c'est exactement pour ça qu'il bat aujourd'hui.
03:12Il peut éviter, à mon avis, ces dégâts.
03:14C'était déjà le cas en 2022.
03:16Souvenez-vous, Boris Johnson qui a demandé de continuer
03:21quand il a eu ses propres intérêts financiers, selon le gardien,
03:25où il a travaillé avec les complexes militaires industriels.
03:29Donc, aujourd'hui, il y a un moyen d'arrêter cette guerre.
03:33C'est de trouver un compromis.
03:34Et si Vladimir Zelensky continue de dire non,
03:36je ne pense pas qu'il aura une paix.
03:38Et pour moi, je pense que c'est encore une fois un échec de diplomatie,
03:42un échec des équipes aussi à tour de Zelensky.
03:47On va voir ce qui se passe là demain et après-demain,
03:49puisque, pour parler, le deuxième cycle de négociations va reprendre à Abu Dhabi.
03:54Et c'est bien qu'il y ait des négociations sur place.
03:56On a l'impression quand même que le ton change vis-à-vis des Russes.
04:00Je ne sais pas si vous avez vu, mais le Kremlin,
04:01qui a salué l'appel du président de la FIFA, Gianni Fantino,
04:06qui a appelé à lever la suspension de la Russie dans les compétitions internationales.
04:11Pour la Russie, c'était toujours quelque chose d'assez injuste
04:14quand vous faites annuler les athlètes.
04:18Depuis le 2022, les athlètes russes n'avaient pas le droit de jouer.
04:20Les athlètes, les représentants de la culture russe, par exemple le ballet.
04:24Donc là, le ton change.
04:25Le ton change déjà depuis le moment où Donald Trump a décidé
04:29d'avoir un dialogue avec la Russie.
04:31En fait, c'est depuis ces moments-là que ça commence à changer.
04:35Ce qui ne change encore pas, c'est cette position de l'Union Européenne.
04:39Même aujourd'hui, avec Merz qui dit qu'il faut quand même qu'on parle avec la Russie,
04:45avec Macron qui commence à dire qu'on doit éventuellement parler avec Vladimir Poutine,
04:48ça change aussi.
04:49Pourquoi ça change ?
04:50Parce que finalement, ce n'est plus impossible de cacher la réalité des terrains.
04:54Et la réalité, c'est ça.
04:56Et la Russie reste toujours dans la continuité européenne.
04:59Et pour continuer, pour avoir une bonne structure de sécurité,
05:04il faut avoir un accord avec la Russie.
05:07Sébastien Ligné.
05:08Là où Xénia a raison, c'est qu'en fait, dans un conflit,
05:11vous avez toujours un gagnant et un perdant.
05:13C'est comme ça.
05:13On peut voir ça comme une analyse binaire,
05:15mais en réalité, historiquement, c'est toujours comme ça que ça se passe.
05:17Et donc, pour avoir une négociation sur un accord de paix,
05:20une sortie de crise et une sortie de guerre,
05:22il faut qu'un camp accepte la défaite.
05:24Obligatoirement.
05:25Le problème, c'est que le camp européen et le camp ukrainien,
05:27pour des raisons qui peuvent parfois se comprendre,
05:30refusent de comprendre qu'ils sont le camp des perdants.
05:34Quand on a entendu des dirigeants européens dire
05:36qu'il fallait infliger une défaite stratégique
05:39ou une défaite symbolique à la Russie,
05:42ils nient le postulat de base de ce conflit.
05:46Donc, en effet, si on regarde la situation concrètement sur le terrain
05:49et le fait que ce sont les Russes qui avancent,
05:52ce sont les Ukrainiens qui reculent,
05:53ce sont les Russes qui sont en passe de remporter ce conflit,
05:57alors les Ukrainiens, s'ils sont le camp des perdants,
05:59ils doivent accepter de lâcher des choses.
06:01Et donc, d'où on en revient à la question de
06:03est-ce qu'il faut accepter de lâcher des territoires ?
06:06En effet, je suis d'accord avec Zénia,
06:07on peut se draper dans, encore une fois, la morale, l'égo,
06:11l'aspect patriotique.
06:12En effet, mais à un moment donné,
06:13il y a une réalité géostratégique militaire qui va s'imposer.
06:17Vous avez des territoires sur le terrain
06:19qui sont perdus aujourd'hui
06:21et qui ne seront jamais récupérés militairement par les Ukrainiens,
06:25sauf si des armées européennes
06:27viennent directement aider les armées ukrainiennes sur le front.
06:29Mais là, on passe dans un tout autre conflit.
06:32Et là, certains territoires sont...
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