- il y a 2 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.
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00:00Il y a d'autres négociations qui se jouent en ce moment à Genève.
00:02Il y a la guerre et la paix, il y a ce qui se passe entre les Iraniens et les
00:07Américains,
00:07qualifié de ni guerre ni paix par le président de l'Iran.
00:11Alors comment sortir du flou et faut-il sortir du flou ?
00:16Nouvelle tentative de négociation, les troisième session de Pourparler indirect en Suisse.
00:21On fait le point avant d'en parler pour bien comprendre le contexte avec Matisse Lang.
00:26Complexe oui, car les deux parties ne souhaitent pas discuter de la même chose.
00:29Washington, par exemple, souhaite à tout prix aborder la question du programme balistique iranien,
00:34axe principal de la stratégie militaire du pays.
00:38Hier, lors de son discours sur l'état de l'Union,
00:40Donald Trump accusait l'Iran d'avoir développé des missiles pouvant menacer l'Europe
00:44et d'autres qui pourraient bientôt atteindre les Etats-Unis.
00:47L'Iran, lui, ne veut pas en parler.
00:49Même chose sur le soutien de Téhéran à des groupes armés hostiles à Israël,
00:53les proxys comme le Hamas, le Hezbollah ou les Houthis.
00:55Washington veut mettre le sujet sur la table, hors de question pour Téhéran.
01:00L'Iran peut l'occasion donc sur plusieurs sujets.
01:03C'est un gros problème, a prévenu avant la rencontre Marco Rubio,
01:06le chef de la diplomatie américaine,
01:08regrettant que seul le programme nucléaire de Téhéran soit au menu des discussions.
01:12Malgré ces divergences,
01:13c'est alors que les Etats-Unis font toujours planer la menace d'une intervention militaire.
01:17L'Iran assure de son côté qu'un accord est à portée de main.
01:20Abbas Arachi, chef de la diplomatie, invoque une opportunité historique.
01:23– Xenia Federova, est-ce qu'on pourrait résumer ce qui se joue aujourd'hui à Genève
01:30en disant, avec cette formule,
01:32c'est l'art du deal qui est représenté par Steve Buitkov
01:35versus l'art de la négociation.
01:38Abbas Arachi, le négociateur iranien qui est prétendument redoutable,
01:44est-ce que c'est ça qui se joue ?
01:45Deal versus négociation ?
01:48– Moi, c'est sûr, quand on pense à Donald Trump,
01:51ce qu'il préfère, c'est toujours avoir un deal.
01:54Quelque chose qu'il peut amener et dire,
01:56voilà, c'est une autre victoire pour les Etats-Unis,
01:59sous son leadership.
02:03Vous savez, moi, je vois que Donald Trump se trouve un peu dans une situation d'impasse,
02:09parce que la négociation n'avance pas.
02:11On verra ce qui se passe aujourd'hui à Genève,
02:13mais c'est clair qu'il y a un Iran assez dur sur certaines conditions.
02:18Selon Politico, les conseillers de Donald Trump disent qu'il est prêt
02:25de faire une intervention militaire.
02:27Sauf qu'ils préfèrent que ce soit Israël qui tape le premier.
02:32Pourquoi ? Parce que selon Politico et certains médias américains,
02:37les MAGA, les électorats de Donald Trump,
02:41sont favorables à un changement de régime en Iran,
02:44mais ils ne sont pas favorables des pertes éventuelles potentielles américaines sur le terrain.
02:52Donc, c'est une situation un peu compliquée pour Donald Trump,
02:55parce que s'il commence une guerre avec Iran,
02:57il fait ça aux premières,
02:59ça peut être vu pas dans une très bonne lumière, en fait,
03:05parmi ceux qui le soutiennent.
03:09Donc, soit ça doit être Israël,
03:11et dans ces cas, les États-Unis vont s'investir dans ces conflits,
03:16ils peuvent jouer un petit peu avec l'électorat.
03:18Mais je pense qu'aujourd'hui, encore,
03:20Donald Trump cherche une façon de sortir de cette situation
03:23sans vraiment aller en guerre avec Iran.
03:26Mais il ne peut pas non plus se déjuger.
03:29Et il a mis des lignes rouges sur ces négociations
03:31qui sont très claires, Victor Ayrault.
03:33– Oui, alors, le point central, c'est de dire
03:36qu'il ne faut surtout pas que l'Iran se dote de l'arme nucléaire.
03:39Ça, Donald Trump a été très ferme sur ce point-là.
03:42C'est effectivement le seul point où il a été sans ambiguïté.
03:46Pour le reste, il dit, effectivement, je négocierai, etc.
03:48Il a commencé, ça c'est la méthode Trump,
03:50il commence d'abord par envoyer les armadas,
03:52il commence d'abord par mettre le pistolet sur la table,
03:54et ensuite, il dit, bon, maintenant que je vous ai démontré
03:56que c'était moi le plus fort,
03:57commençons à discuter.
03:58– Oui, mais il a dit, voilà, on va parler du nucléaire,
04:01on va parler des armes,
04:01on va parler évidemment de la répression.
04:05Il y a plein de choses que les Téhérans,
04:07que les Iraniens refusent.
04:08– Oui, mais le souci, c'est que là,
04:10on n'est pas face au Venezuela.
04:11Il ne faut pas, comment dire,
04:13l'Iran a des capacités de répondre aux États-Unis
04:16qu'on ne doit pas sous-estimer,
04:17et que Donald Trump ne sous-estime pas.
04:19Il ne faut pas considérer que c'est un pays inférieur
04:21qui ne saura pas se défendre en cas d'attaque
04:23ou en cas de montée des tensions.
04:25Donc, Donald Trump le sait pertinemment,
04:26il sait que d'ailleurs personne n'a intérêt
04:28à ce qu'une guerre éclate dans la région.
04:31Donc, et en même temps, tout le monde a intérêt,
04:33sauf le régime des Mola, évidemment,
04:35à renverser le régime,
04:36sauf que c'est beaucoup plus compliqué
04:38à faire qu'à dire.
04:40Donald Trump n'a pas aussi intérêt,
04:41Xenia en parlait hier,
04:43à répliquer le schéma irakien,
04:45qui est de dire, on va déclencher une guerre
04:46pour des motifs qui ne sont pas,
04:48qui sont un peu flous,
04:49voire qui seraient mensongers.
04:50C'était le cas pour l'Irak,
04:51Colin Powell qui brandit une fiole en disant
04:53ils ont l'arme, alors qu'il n'en avait pas,
04:55que ça a été démontré plus tard,
04:57ça, ça a été une tâche indélébile
04:58dans l'histoire américaine,
04:59qui est de dire, il provoque des guerres
05:01en prétextant des choses qui ne sont pas avérées.
05:03Donc, Donald Trump a tout cela en tête
05:06et en plus, oui, l'approche des mid-termes
05:08dans quelques mois,
05:10le fait qu'il a tout misé sur le fait de dire
05:12je suis le candidat de l'América first
05:14et je ne serai pas le président
05:15de l'interventionnisme dans le monde,
05:17le gendarme du monde, c'est fini.
05:19Là, son mandat est en train de prendre
05:20une toute autre tournure depuis quelques mois,
05:22puisqu'il s'occupe des affaires mondiales
05:23un petit peu partout.
05:25Donald Trump est pris entre deux feux
05:26sur ces questions-là.
05:28Et c'est la méthode Trump de dire
05:29à la fois je négocie
05:30et en même temps je montre les gros bras.
05:32Nous, on a une conception très française de la chose.
05:33Soit on va au conflit,
05:35soit on négocie.
05:36Les Américains le voient tout à fait différemment.
05:37On peut faire les deux en même temps.
05:39Simplement, on gonfle les bras,
05:40on gonfle les muscles devant l'adversaire
05:42pour dire, bon, je négocie avec vous,
05:44mais n'oubliez pas que c'est moi le plus fort.
05:45Et les Iraniens alors,
05:46Ksenia Federova,
05:47est-ce qu'ils pourraient choisir la guerre
05:48plutôt que la capitulation, entre guillemets,
05:50face à Donald Trump ?
05:51Moi c'est sûr qu'ils ne peuvent pas choisir
05:53les conditions qui vont automatiquement
05:56mener à une capitulation des régimes.
05:58Par exemple, arrêter le programme nucléaire,
06:01c'est un peu comme la capitulation.
06:05Parce que le peuple iranien
06:06qui vit déjà sous sanction depuis des années,
06:09la situation économique est difficile.
06:11Et si ce programme est arrêté,
06:13pour eux, c'est l'échec de cet régime.
06:16Donc je pense qu'il y a autour de ça
06:18il y a des négociations.
06:19Après, il ne faut pas oublier aussi
06:21les acteurs majeurs dans les régions
06:22qui sont contre l'intervention des Etats-Unis.
06:25On parle des Arabes saoudites,
06:26on parle des Qatar,
06:27mais on parle aussi de la Chine et la Russie
06:29qui peut-être, pas officiellement ou ouvertement,
06:32mais quand même,
06:33jouent une rôle importante,
06:34qui sont les allées d'Iran,
06:36qui sont participées dans l'exercice militaire récemment.
06:40Et donc je pense qu'il y a beaucoup de choses sur la table.
06:43Donald Trump fait beaucoup d'attention,
06:45mais avec certaines pressions de la part d'Israël,
06:48je pense que finalement,
06:50ils seront un peu obligés d'y aller.
06:52Les questions restent,
06:54est-ce que ça sera les frappes tactiques,
06:55ou finalement,
06:56une vraie intervention qui va mener en guerre
06:59et qui est déstabilisante dans les régions.
07:00On continue d'en parler,
07:01et des répercussions que cela pourrait avoir avec vous,
07:03deux,
07:03Xenia Fedorova et Victor Hérault.
07:05On marque juste une très courte pause.
07:07Restez bien avec nous.
07:07Ne bougez pas,
07:08Europe 1 Info revient,
07:09il est 13h44 sur Europe 1.
07:24A tout de suite.
07:25Et on continue de parler des négociations
07:28avec l'Iran,
07:29entre Etats-Unis et Iran,
07:31aujourd'hui à Genève.
07:33Écoutez Marco Rubio,
07:33le secrétaire d'Etat américain,
07:35qui a déclaré lors d'une conférence de presse
07:37qu'il espérait que c'est pour parler avec l'Iran,
07:39soit productif.
07:41Nous espérons que des progrès pourront être réalisés
07:43par la voie diplomatique,
07:44car c'est la préférence du président.
07:46Je qualifierai donc cette journée
07:48comme une série de discussions
07:49qui, je l'espère, seront productives.
07:51Nous devons discuter d'autres sujets
07:52que le seul programme nucléaire,
07:53mais si nous ne parvenons même pas
07:55à progresser sur le dossier,
07:56il sera difficile d'avancer
07:57sur celui des missiles balistiques également.
08:00Beaucoup de commentateurs,
08:01d'un côté comme de l'autre,
08:02disent Xenia Fedorova
08:03que ces négociations servent aussi
08:05à gagner du temps.
08:05Mais gagner du temps, pourquoi ?
08:08Je ne pense pas.
08:09Franchement,
08:09je ne pense pas que les négociations
08:12sont là pour gagner le temps.
08:14Je pense que les négociations,
08:16c'est vraiment pour essayer
08:17de trouver une sortie.
08:19En fait, il faut regarder
08:21pourquoi on a recommencé
08:22de parler d'Iran.
08:23Après les dernières frappes tactiques,
08:26selon Donald Trump,
08:27les sites nucléaires iraniens
08:30étaient détruits,
08:31étaient assez contents
08:32avec les résultats.
08:33Donc, encore une fois,
08:34on a revenu vers Iran
08:36parce qu'il y a eu une tentative
08:38de changement de régime
08:40avec les manifestations.
08:42Qui ont repris, d'ailleurs,
08:43courageusement.
08:43Exactement.
08:44Et en fait, on voit
08:45qu'il ne s'est pas marché.
08:46Encore une fois,
08:47pour changer les régimes
08:48en errant,
08:50c'est quand même...
08:51Les régimes sont très
08:53bien installés
08:54et résistent
08:55depuis des années
08:57des tentatives
08:57de cet renforcement.
08:59on sait très bien
09:00qu'il y a les ressignements,
09:01les CIA et les autres
09:02qui travaillent
09:03pour ces changements
09:04et ça ne marche pas toujours.
09:06Donc, aujourd'hui,
09:07Donald Trump,
09:07je pense qu'il s'est investi
09:08un peu pour dire
09:09on va changer les régimes.
09:11Ça n'est pas marché.
09:12Ils sont revenus
09:13un peu à l'arrière
09:14sur les questions nucléaires.
09:15Après, il a touché aussi
09:16les questions
09:17des missiles balistiques,
09:19etc.
09:19Et en fait,
09:20aujourd'hui,
09:21l'impasse parce que,
09:22comme vous avez dit,
09:23c'est difficile pour lui
09:24de rien faire.
09:26mais il ne peut pas aussi
09:27aller dans une grande guerre
09:28et des grands échecs.
09:30Donc, je pense qu'aujourd'hui,
09:32Steve Whitcoff va essayer
09:34de faire
09:35le impossible,
09:37c'est-à-dire
09:37convaincre les Iraniens
09:40d'accepter
09:41certaines conditions.
09:42Après, je pense,
09:43s'ils trouvent un deal,
09:45les Iraniens vont communiquer
09:47une chose,
09:47les Américains vont communiquer
09:48une autre chose.
09:49Je pense que...
09:50Mais tous les deux côtés
09:51vont dire...
09:52Mais ils seront d'accord,
09:53en fait.
09:53Je pense qu'entre eux,
09:54oui,
09:55pour le public,
09:56ça sera un peu différent,
09:57mais on peut encore éviter
09:59une guerre.
10:01La grande question,
10:02la grande question,
10:03pour moi,
10:04c'est vraiment
10:05comment ça sera accepté
10:07par Israël.
10:08Parce que,
10:08dans les intérêts d'Israël,
10:09c'est quand même
10:10aller jusqu'à la fin,
10:13c'est-à-dire
10:14un changement de régime
10:16et les frappes.
10:17Donc,
10:18on verra dans quelques jours,
10:20parce qu'on voit
10:20que beaucoup de médias
10:21ont recommencé à parler
10:22des frappes imminentes,
10:24immédiat,
10:25dans quelques jours.
10:25Oui,
10:26dans les jours qui viennent.
10:27Exactement.
10:28Mais pour moi,
10:29encore une fois,
10:29je pense que
10:31les meilleures solutions
10:32pour Donald Trump,
10:33c'est de trouver un accord
10:35et ne pas aller
10:36dans une guerre
10:38avec Iran,
10:38parce que ça peut
10:39être contre-productif
10:41pour lui
10:41et pour les électorats
10:44de Donald Trump,
10:45des magas.
10:45En tout cas,
10:46c'est pour ça
10:46qu'on en parle longuement
10:47aujourd'hui,
10:48parce que la tension
10:49monte quand même.
10:50Victor Hérault.
10:50Ce qui me surprend
10:51très rapidement
10:52sur la déclaration
10:53de Marco Rubio,
10:54dans la déclaration
10:55de Marco Rubio,
10:56c'est que nous avons eu
10:57des discussions,
10:58des négociations
10:59qui, je l'espère,
11:00seront productives.
11:01Normalement,
11:01lorsqu'on sort de journées
11:02de discussion et de négociations,
11:04on sait si la journée
11:04a été productive ou pas.
11:06On sait si on a avancé
11:07sur des détails,
11:08on sait si on s'est mis
11:08d'accord sur des choses.
11:10Là, j'ai l'impression
11:10quand même que
11:11j'espère qu'elles seront
11:13productives,
11:14veut dire,
11:14ben non,
11:15elles ne l'ont pas été.
11:16Sinon, on n'a pas besoin
11:17de dire ça.
11:17Donc, soit...
11:18Oui, mais ils continuent,
11:19ces négociations continuent.
11:20Oui, mais...
11:21Elles ne sont pas abouties.
11:22Nous avons eu des discussions
11:23et j'espère que ça servira
11:25à quelque chose.
11:26Normalement,
11:27soit les discussions ont servi,
11:28soit elles n'ont pas servi.
11:29Donc, lorsqu'il sort en disant
11:30j'espère que ce sera productif,
11:32dans le sous-texte,
11:32moi j'entends,
11:33jusqu'ici,
11:34ça n'a pas trop avancé.
11:35C'est ça que j'entends.
11:36Mais d'où cette troisième session
11:37pour parler.
11:38D'où la troisième session.
11:39Mais oui, mais encore une fois,
11:40les deux parties,
11:41que sont les Etats-Unis
11:42et l'Iran,
11:43sont tellement campés
11:44sur leur position
11:45et ont tellement
11:46des intérêts divergents
11:47que je vois mal
11:48comment tout ça
11:48pourrait avancer.
11:49Évidemment,
11:50je ne souhaite pas la guerre non plus.
11:51J'aimerais qu'il y ait
11:52un deal,
11:53un accord,
11:53en tous les cas,
11:54que ça se règle à l'amiable.
11:56Mais ça n'a pas l'air
11:57d'avancer dans ce sens-là.
11:58Et j'ajoute,
11:59là je sors un petit peu du sujet,
12:00enfin je l'élargis,
12:01mais que si jamais il y a frappe,
12:02si jamais il y a guerre
12:03et si jamais les Etats-Unis
12:03font tomber le régime,
12:05se pose encore et toujours
12:06la question,
12:06toujours la même question
12:07avec les Etats-Unis
12:08lorsqu'ils interviennent
12:08quelque part dans le monde,
12:09la question du régime d'après.
12:11Les Etats-Unis sont très forts
12:12pour faire tomber les choses,
12:13pour reconstruire ensuite
12:14et faire quelque chose
12:14de durable et de démocratique.
12:16C'est toujours un petit peu
12:16compliqué les concernants.
12:18Et pensez au peuple iranien aussi.
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