- il y a 23 heures
Dans ce nouveau numéro du Samedi Politique, Élise Blaise reçoit le criminologue Xavier Raufer pour analyser une question brûlante : la montée de la violence politique en France.
Deux semaines après la mort de Quentin Deranque, jeune militant tué à Lyon par des militants d’extrême-gauche, le débat dépasse le fait divers. À moins d’un an et demi de l’élection présidentielle, la France entre-t-elle dans une phase de radicalisation politique ?
La violence d’extrême-gauche est-elle en progression ? Existe-t-il une asymétrie dans le traitement médiatique et politique des violences dites d’"extrême-droite" et d’"extrême-gauche" ? Quels précédents historiques peut-on identifier — de Mai 68, aux violences des black blocs pendant les rassemblements des Gilets Jaunes en passant par les années 80 ?
Au cours de cet entretien, sont évoquées les déclarations de Jean-Luc Mélenchon, Marion Maréchal, Marine Le Pen, Gérald Darmanin ou encore Mathilde Panot, ainsi que la question du rapport à la violence dans les mouvements politiques contemporains.
La France est-elle à l’aube d’une période de tensions accrues ? Le climat politique actuel peut-il peser sur la présidentielle à venir ? Et l’État gère-t-il équitablement toutes les formes de radicalité ? Quel danger pour la "démocratie" ?
Une analyse factuelle et historique pour comprendre les enjeux sécuritaires et politiques d’une période à hauts risques.
Deux semaines après la mort de Quentin Deranque, jeune militant tué à Lyon par des militants d’extrême-gauche, le débat dépasse le fait divers. À moins d’un an et demi de l’élection présidentielle, la France entre-t-elle dans une phase de radicalisation politique ?
La violence d’extrême-gauche est-elle en progression ? Existe-t-il une asymétrie dans le traitement médiatique et politique des violences dites d’"extrême-droite" et d’"extrême-gauche" ? Quels précédents historiques peut-on identifier — de Mai 68, aux violences des black blocs pendant les rassemblements des Gilets Jaunes en passant par les années 80 ?
Au cours de cet entretien, sont évoquées les déclarations de Jean-Luc Mélenchon, Marion Maréchal, Marine Le Pen, Gérald Darmanin ou encore Mathilde Panot, ainsi que la question du rapport à la violence dans les mouvements politiques contemporains.
La France est-elle à l’aube d’une période de tensions accrues ? Le climat politique actuel peut-il peser sur la présidentielle à venir ? Et l’État gère-t-il équitablement toutes les formes de radicalité ? Quel danger pour la "démocratie" ?
Une analyse factuelle et historique pour comprendre les enjeux sécuritaires et politiques d’une période à hauts risques.
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00:15Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro du samedi politique.
00:20Cette semaine nous allons nous intéresser à la violence en politique.
00:24Nous sommes à peu près deux semaines après l'assassinat de Quentin Deranque
00:27par des militants d'extrême gauche à Lyon.
00:30Et l'heure est désormais à l'analyse, à moins d'un an et demi de l'élection présidentielle.
00:34Doit-on redouter une explosion de la violence sur l'échiquier politique ?
00:39Cette violence gêne-t-elle le pouvoir en place ou au contraire le renforce-t-elle ?
00:43C'est ce que nous allons voir dans quelques instants.
00:45Mais avant toute chose, n'oubliez pas chers amis que j'ai besoin de vous pour le succès de cette
00:49émission.
00:49Alors pensez bien sûr à cliquer sur le fameux petit pouce en l'air,
00:52ça vous prend une seconde et ça nous aide considérablement.
00:55Pensez bien sûr à relayer cette vidéo et puis évidemment,
00:58petit commentaire juste en dessous.
00:59A tout de suite, c'est parti.
01:11Et à mes côtés cette semaine, Xavier Roffer.
01:13Bonjour monsieur.
01:14Bonjour.
01:15Merci beaucoup d'être avec nous.
01:16Alors une fois n'est pas coutume, vous n'allez pas parler de l'affaire Epstein aujourd'hui à mes
01:20côtés.
01:20On va au contraire s'intéresser à la politique française et à la violence qu'il anime ces derniers temps.
01:26Pour autant, vous avez publié votre dernier ouvrage sur l'affaire Epstein et c'est toujours disponible sur la boutique
01:31de TVL.
01:32Alors bien sûr, pour rappel, vous êtes criminologue, directeur d'études au pôle sécurité-défense du CNAM.
01:39Ma première question, Xavier Roffer, on l'a vu, Emmanuel Macron est en fin de mandat, sa popularité est cataclysmique.
01:46Je crois qu'il est en dessous des 20% sur une cote de popularité qui doit s'appuyer sur
01:51des chiffres un peu originaux.
01:53L'ERN est donné au deuxième tour de l'élection présidentielle.
01:57On voit qu'il y a de plus en plus d'affrontements sur l'échiquier politique.
02:01Ça a commencé d'ailleurs au sein de l'Assemblée nationale avec des affrontements dans les propos, j'allais dire.
02:07Et on a le sentiment que le climax est arrivé il y a deux semaines à Lyon avec cet affrontement
02:13qui s'est matérialisé par le décès de Quentin Deranque,
02:17ce militant patriote de 23 ans.
02:20Pour vous, cette affaire, j'allais dire, de quoi est-elle le nom ?
02:25D'abord, merci, merci chère Élise de me permettre de parler d'autre chose que de la crapule Epstein, Epstein,
02:32whatever.
02:33Et parce qu'effectivement, quand on a publié un livre sur le sujet deux ans avant où tout était dit,
02:39on l'a réédité sans qu'il n'y ait besoin de changer une ligne.
02:42Et simplement parce qu'à l'époque, les grands médias regardaient ailleurs.
02:46Donc, on va en venir à une autre forme de problème, celui qu'on aborde aujourd'hui,
02:52où pendant exactement la même période, les mêmes médias ont également regardé ailleurs,
02:57ce qui semblait être devenu chez eux une sorte d'habitude.
02:59L'idée d'informer les gens ne les effleure même plus.
03:02Ils sont là pour faire passer la propagande du système qui les nourrit.
03:05Et en dehors de ça, ils ne font pas grand-chose.
03:07Maintenant, ce qui se passe à l'heure actuelle relève d'une impérissie totale de l'appareil d'État dans
03:17sa forme actuelle.
03:19Rappel, parce que c'est très important de le savoir,
03:22si on consulte uniquement les dernières dépêches de l'AFP, on ne comprend rien à rien.
03:26L'appareil d'État, la machine étatique française est la plus ancienne, la plus solide et la plus éprouvée du
03:34monde occidental.
03:34Nous avons un appareil d'État qui a sept siècles minimum d'existence.
03:40Sous Philippe le Bel, il y avait déjà, à leur époque c'était des moines,
03:43qui grattaient des arrêtés et des décrets.
03:46Et donc, songez que par exemple, l'appareil d'État sous sa forme actuelle allemand date à peine plus d
03:52'un siècle.
03:53Même chose pour l'Italie que pour les autres pays formant l'Union européenne.
04:00La Belgique, c'est très récent aussi.
04:02Les Pays-Bas aussi, l'Angleterre devenue la Grande-Bretagne et puis l'Espagne, c'est le XVIIe siècle.
04:10Donc, on a une machine étatique, elle vaut ce qu'elle vaut, elle est solide.
04:14Elle est comme toutes les vieilles gens, à savoir qu'elle est un peu arthritique, quoi.
04:17Ça ne va pas toujours très vite et ça ne cavale pas beaucoup.
04:21Mais quand même, cet appareil d'État, il faut le connaître et il faut savoir le prendre en main.
04:26Depuis la présidence de Sarkozy, régulièrement, au sommet, l'appareil d'État est tenu par des gens qui n'ont
04:35pas trop idée de la manière dont ça marche.
04:39Mitterrand, je considère cet individu comme tout sauf sympathique, mais il savait, il connaissait l'histoire.
04:46Il savait sur quel bouton appuyer pour faire marcher l'essuie-glace et sur quel bouton appuyer pour faire fonctionner
04:52le klaxon.
04:53Alors que les nouveaux, et surtout Macron, c'est n'importe quoi.
04:56On a vu au début du premier quinquennat de M. Macron, avec l'affaire de l'individu qui servait à
05:07régler ses petits problèmes et qui barbousait en douce.
05:09Benalla ?
05:10Voilà.
05:11On a vu avec ça que c'était la preuve concrète que M. Macron ne savait pas comment fonctionne l
05:17'appareil d'État français.
05:18Les chefs d'État et les chefs de gouvernement en France ont l'interdiction de barbouser.
05:24Même le général de Gaulle, après l'affaire Argout, etc., il y a des gens du renseignement français qui sont
05:31venus lui dire
05:31non, ça ne peut pas continuer comme ça, et donc rendez-nous les clés, on va faire ça très bien.
05:37Mais le roi, le souverain ne peut pas être mêlé à ses affaires comme celle-là, parce que inévitablement, ça
05:46finit par partir en sucette.
05:48Et une fois que ça part en sucette, c'est les renseignements qui sont obligés de rattraper, d'éponger le
05:54lait renversé, de ramasser la poterie cassée par terre, etc.
05:58Et ça prend du temps.
05:58– Vous croyez qu'après l'affaire Benalla, justement, quelqu'un est allé voir Emmanuel Macron en lui disant que
06:02ça ne fonctionnait pas comme ça ?
06:03– Ah mais dix fois, bien entendu. Il avait à l'époque auprès de lui la coordination du renseignement, dirigée
06:11par des gens extrêmement compétents,
06:13et qui, avec toute la politesse en pareil cas, lui dire peut-être que faire attention, c'est pas comme
06:18ça que ça se passe, etc.
06:19– Et naturellement, il n'y a rien compris, il n'en a eu aucun compte, il a dit tout
06:23ça c'est des vieux schnocs,
06:24moi je vais faire ça à la Silicon Valley, etc. Vous allez voir, start-up nation, et vous allez voir
06:30ce que vous allez voir.
06:32Résultat, l'appareil d'État est parti en sucette là aussi.
06:38Le corps diplomatique a été ravagé, nous avions là aussi le plus…
06:43Et pour cause, vous avez l'appareil d'État le plus ancien d'Europe, vous avez la diplomatie la plus
06:47ancienne d'Europe.
06:48– Bien sûr.
06:49– Voilà, donc les gens ont une certaine sagesse, il faut des fois les bousculer parce qu'ils ne sont
06:53pas forcément très rapides là aussi.
06:55Mais bon, il y a une espèce de culture collective, de sagesse collective,
07:00qui a été complètement envoyée, dérivée à volo sous le président Macron.
07:07Et il est incapable, non seulement il est incapable d'assurer la sécurité du pays aux destinées desquelles il préside,
07:14mais en plus il s'en fout, quoi.
07:16C'est pas son truc, je vais vous citer un exemple.
07:19Tout ce que fait l'Europe n'est pas grandiose, mais il y a quand même des directives européennes qui
07:25tombent sous le sens,
07:26par exemple les directives informatiques qui visent à unifier les comportements,
07:32à unifier les précautions au niveau des près de 500 millions d'habitants de l'Union européenne.
07:38C'est la sagesse même parce que, autrement, comment font les bandits ?
07:42S'ils ne peuvent pas entrer ici, ils entrent là.
07:44À partir du moment où la barrière, où la muraille n'est pas permanente
07:50et n'entoure pas toute la zone en question, ils se faufilent autrement.
07:54Eh bien, à l'heure actuelle, la France est pratiquement un des derniers pays en Europe
08:00à ne pas appliquer cette directive qui s'appelle,
08:02alors c'est de la bureaucratie europoïde, donc on ne va pas insister trop,
08:06qui s'appelle NIS-NIS-2.
08:08Pourquoi ? Parce qu'elle interdit de fliquer tous les systèmes de communication,
08:14vous savez, les réseaux sociaux et tout ce qui touche à l'Internet et au numérique.
08:20Et le gouvernement de M. Macron et M. Macron,
08:24cyniquement, alors que les piratages les plus affreux se président,
08:28vous voyez que le fichier central des comptes bancaires, le FICOBA,
08:32a été piraté il n'y a même pas deux semaines et que…
08:35Alors les gens qui nous dirigent, ils ont des euphémismes.
08:38Quand on a accédé au fichier, tu parles, on s'est fait piquer 1,2 million, non ?
08:43Et donc il y a des gens qui vont être soumis à des sentages informatiques.
08:46Alors pourquoi tout ça est possible ?
08:48Pourquoi on a piraté les fichiers des flics aussi ?
08:51C'est-à-dire le ministère de l'Intérieur, la plateforme du ministère de l'Intérieur.
08:57Pourquoi ? Parce qu'on n'applique pas le protocole européen NIS-2.
09:01Et pourquoi ne l'applique-t-on pas ?
09:04Parce que cyniquement et de façon quasiment dictatoriale,
09:09la présidence de la République et le domestique qu'ils ont mis comme Premier ministre,
09:13là, ne veut pas le faire parce que ça interdirait au renseignement intérieur,
09:18là aussi cyniquement détourné de sa mission, de fliquer tout le monde
09:22en allant voir sur tous les réseaux sociaux, d'ouvrir tous les comptes sur Internet
09:26et de lire toutes les correspondances entre citoyens français.
09:30Même la Belgique a appliqué NIS-2 et pas la France.
09:34Je résume pour être sûre de bien avoir compris, Xavier Roffer.
09:37Concrètement, pour une fois, il y a une directive européenne que la France n'applique pas.
09:40Elle ne l'applique pas parce qu'elle ne veut pas cesser de continuer à espionner ses citoyens.
09:44Voilà, ses propres citoyens, exactement.
09:46Très bien.
09:46C'est ça. Alors, on sait d'où ça vient.
09:49C'est la stratégie néolibérale.
09:52C'est la stratégie de M. Starmer, enfin, du futur ex-M. Starmer,
09:56parce qu'avec les coûts qu'il prend électro-allemand en ce moment,
09:58ça ne va pas durer aussi longtemps que les contributions directes.
10:01Et puis que M. Merz s'applique en Allemagne, etc.
10:04Et donc, c'est la stratégie néolibérale du pouvoir par le haut,
10:07de tenir les gens par le contrôle de grandes plateformes
10:10et de gouverner par la peur en disant,
10:12les Russes vont nous attaquer ou les Chinois ou Dieu sait trop qui.
10:14Et donc, voilà, c'est ça qui se passe.
10:16Alors, si je peux me permettre, Xavier Ruffeur,
10:18ce qu'on comprend, pardon, avec ce que vous nous expliquez,
10:20c'est qu'on n'a pas tant, face à nous, des politiques
10:23qui ne comprennent pas comment l'État fonctionne
10:25et qui ne savent pas s'en servir.
10:26On a des politiques qui s'en servent volontairement
10:29à des fins particulières
10:31et qui laissent partir à volo, comme vous le dites,
10:33d'autres secteurs, typiquement la sécurité des citoyens.
10:37C'est en partie quand même de l'impéritie
10:39parce que ce n'est pas des grands génies, vous voyez.
10:42Donc, ils sont à moitié conscients de la manière dont ça fonctionne,
10:45mais chaque fois qu'ils le peuvent et cyniquement,
10:47ils laissent faire ou ils ne font pas.
10:49Donc, ce n'est pas des Machiavel
10:54avec un quotient intellectuel de 2000
10:56qui cyniquement feraient des politiques comme ça cyniques,
11:01qui prépareraient des activités négatives.
11:04C'est que, un, ils ne savent pas faire et deux, ils s'en foutent.
11:08Donc, au confluent de ça, la loi,
11:11l'entrée dans Nice 2, le fait d'appliquer Nice 2
11:14aux droits français en votant la loi qu'il faut
11:17est repoussée de mois en mois.
11:19Pourquoi ? Parce que tant qu'ils peuvent,
11:20ils ont accès comme ça.
11:22Et en bon, là aussi, néolibéraux qu'ils sont,
11:26ils n'ont qu'un seul ennemi qui est la droite nationale.
11:28C'est la seule qui s'oppose à leur projet.
11:30Alors, les petits Raphaël Arnaud et consorts,
11:32tout ça, c'est des mercenaires à leur service.
11:35Ils lâchent leur chien quand ils ont besoin de le faire.
11:37Ils s'en servent pour pourrir le dialogue social.
11:40Ils s'en servent pour handicaper leurs adversaires.
11:42Et à l'heure actuelle, la jeune garde,
11:47alors on parlera tout à l'heure de ce que c'est
11:49que la jeune garde des trotskistes et tout ça,
11:52mais ces gens-là sont autant, au moins,
11:54les mercenaires de la Macronie
11:55que les mercenaires de M. Mélenchon.
11:57Ils servent à tout le monde.
11:59Peut-être qu'on peut justement écouter tout de suite
12:01Jean-Luc Mélenchon évoquer cette jeune garde
12:03puisqu'il a pris la parole lors d'un meeting
12:05qui s'appelait « Le moment politique »,
12:06quelques jours seulement après l'assassinat
12:07de Quentin Deranc à Lyon.
12:09On va l'écouter.
12:10Nous sommes à Lyon, mesdames, messieurs.
12:13À Lyon, où il y a eu 102 cas d'attaque
12:17par l'extrême droite,
12:18soit de gens dans la rue,
12:19soit d'autres groupes.
12:21Et c'est à Lyon qu'est né le groupe.
12:23La jeune garde, je vais en parler dans un instant.
12:26Non pas par je ne sais quelle trouvaille théorique
12:29de quelques personnes,
12:30mais comme une manière de s'organiser
12:32pour empêcher l'extrême droite de continuer à frapper.
12:36Sur les 102 cas,
12:3870% d'entre eux n'ont jamais été réglés
12:41par une action de justice.
12:43D'après Europol,
12:45118 personnes arrêtées en France en 10 ans
12:48pour crimes liés au terrorisme d'extrême droite.
12:53118 !
12:55Depuis 2017,
12:57il y a eu 20 projets d'attentats d'extrême droite
13:01qui ont été déjoués.
13:02Les services de renseignement de notre pays
13:05ont à plusieurs reprises
13:06alerté les pouvoirs publics
13:08en disant que le principal danger
13:10venait de ces groupes
13:11qui par provocation voulaient attaquer des mosquées
13:14ou assassiner des dirigeants politiques
13:17et en particulier ceux de LFI
13:19comme ce fut mon cas.
13:27Alors je pense qu'il y a beaucoup de choses à commenter
13:29après cette intervention de Jean-Luc Mélenchon.
13:31Alors lui, on a le sentiment qu'il assume tout
13:34et que reculer c'est mourir.
13:35Donc on est quelques jours après l'assassinat
13:38d'un jeune homme de 23 ans
13:40par la nébuleuse
13:42autour de son mouvement des insoumis.
13:44Et pour autant,
13:45il explique que la violence est de la violence légitime
13:48et de la légitime défense quelque part.
13:51Enfin, je trouve que c'est assez surprenant
13:53de voir combien il assume globalement
13:56que la politique continue jusqu'à la violence.
13:59– Il ne sait rien faire d'autre.
14:00C'est un militant trotskiste recyclé
14:04bien ou mal dans la politique un peu grand public comme ça
14:09et il continue à mettre en place
14:11les réflexes qu'il a acquis quand il était jeune militant.
14:14Alors, qu'est-ce que c'est pour bien comprendre ?
14:18En 1938, lors de son exil à Mexico,
14:22Léon Trotsky, chassé par Staline
14:25de ce qui était alors l'Union soviétique,
14:27crée la quatrième internationale.
14:30Dès le départ, c'est l'avortement du siècle,
14:34pour ne pas dire l'avortement du millénaire.
14:36En France, le Parti communiste français existe,
14:40il est tenu par les éléments favorables à Staline.
14:42À l'époque, ça s'appelle
14:44Parti communiste-section française
14:46de la troisième internationale,
14:48la SFIC, Parti communiste SFIC.
14:50Ça ne deviendra Parti communiste français
14:52qu'après la Deuxième Guerre mondiale.
14:54Et donc, ils tiennent bien les ouvriers d'usines.
14:57Et donc, à côté, Végète, deux, trois petits groupes
14:59qui se rallient à Trotsky.
15:01Dès le départ, ce n'est pas grand-chose.
15:03Et donc, vous avez ces quelques dizaines
15:06de militants à chaque fois
15:08qui sont complètement tenus à l'écart
15:10de toutes les institutions politiques et syndicales
15:13de ce qu'on appelait à l'époque la classe ouvrière.
15:16Et donc, comment ils existent ?
15:18Ils existent en s'infiltrant à droite, à gauche.
15:20Ils existent en magouillant.
15:21Ils existent en provoquant.
15:23Et donc, dès le départ,
15:25ces groupes de quelques dizaines d'individus
15:28survivent et n'arrivent à faire illusion,
15:30se donnent à eux-mêmes le sentiment d'exister
15:32avec quelque chose qui leur permet d'avoir l'air forts
15:35alors qu'ils sont très faibles,
15:37c'est leur service d'ordre.
15:38Alors, vous avez des gaillards
15:40qui s'entraînent,
15:42qui ont une forme de fonctionnement paramilitaire
15:44et que ce soit la secte,
15:47la secte, la secte, l'ambertiste,
15:49tout ce que vous voulez, lutte ouvrière et tout ça.
15:52Alors, ils ont des services d'ordre en dehors de ça.
15:54Ils font des petits bulletins.
15:55En dehors de ça, de temps en temps,
15:57pour se donner aussi le sentiment d'exister,
15:59ils se présentent aux élections.
16:01Et c'est la pauvre Arlette, la guillée,
16:03qui éternellement fait, je ne sais pas, 3-4% des voix
16:05et qui annonnent toujours les mêmes sottises
16:08parce qu'ils n'ont aucune imagination.
16:10Ils appliquent les idées de Trotsky en 1938.
16:14Alors, voilà, donc ça ne va pas loin.
16:15Et leur seule stratégie, c'est la provocation.
16:18Que fait M. Mélenchon ?
16:19C'est de la provocation.
16:21Le lien de la France insoumise
16:24avec la secte trotskiste dite l'ambertiste
16:27dure jusqu'à aujourd'hui même
16:29puisque cette secte-là a conservé
16:31sous le nom de partis ouvriers indépendants.
16:34Alors, ils ont un local en haut de la rue du Faubourg-Saint-Denis
16:37dans le dixième arrondissement
16:38et quand LFI fait des réunions,
16:40c'est là qu'elle l'est fait.
16:41Vous avez une espèce d'association permanente
16:45entre des sectes trotskistes,
16:47dont celle-là en priorité et LFI.
16:50L'échec politique continue à perpétuité
16:54puisque là, je viens de regarder hier un article à Toulouse,
16:58vous avez trois candidatures trotskistes
17:00de trois sectes différentes,
17:02plus un qui est sur la liste LFI.
17:05Donc, voilà où on en est.
17:06Alors, ça ne va pas très loin.
17:08Vous avez des gens qui sont,
17:09comme ils sont faibles,
17:10comme ils sont isolés,
17:12comme ils sont dirigés par des gourous,
17:14comme les gens de la base,
17:16de ces petits groupes-là,
17:17obéissent aveuglément à leurs gourous,
17:18comme à LFI,
17:19on obéit aveuglement à M. Mélenchon
17:22où on se fait virer,
17:23toujours les mêmes habitudes,
17:25les mêmes pratiques,
17:26les mêmes réflexes.
17:27Eh bien, ça permet toutes les provocations.
17:29Donc, ce sont des éléments provocateurs
17:32et la seule raison pour laquelle
17:34ça s'amplifie ces dernières années,
17:36c'est que l'appareil d'État
17:38ne fait rien de ce qu'il faudrait
17:40qu'il fasse préventivement
17:42ou correctivement
17:43à propos de ces problèmes-là.
17:45Voilà, c'est tout.
17:46C'est parce que, d'abord,
17:48M. Macron ne sait pas trop
17:50ce qu'il faut faire en pareil cas.
17:51La preuve, il convoque des réunions.
17:52Alors, les gens qui sont violents,
17:53qu'est-ce qu'il faut faire ?
17:54Et puis, en plus de ça,
17:55il n'a pas trop envie de le faire
17:56parce qu'on ne sait jamais,
17:58des fois que la droite nationale
17:59arrive au pouvoir,
18:00on aura besoin d'éléments provocateurs.
18:02Et de qui se servira-t-on ?
18:05Eh bien, toujours les mêmes.
18:06C'est-à-dire les petits groupuscules
18:08trotskistes ou anarchistes
18:10perclus de gens drogués,
18:12de gens malhonnêtes,
18:13de voleurs,
18:14de mythomanes,
18:15et donc,
18:16envers lesquels la provocation
18:19étaient une sorte d'habitude.
18:23On peut les utiliser.
18:25Voilà.
18:26Donc, entendons-nous bien.
18:28Il y a exactement,
18:31pratiquement les mêmes
18:32à l'extrême de l'extrême droite.
18:35Il y a des poivreaux,
18:37il y a des mythomanes,
18:38il y a tout ce qu'on veut.
18:39Mais la différence,
18:41c'est qu'ils ne servent pas de milice
18:43aux partis importants
18:46de la droite nationale.
18:47ils ne sont pas bénis par elle,
18:51ils ne sont pas reconnus par elle,
18:53ils sont tenus en marge.
18:54Bon, c'est une sorte de…
18:57Voilà, c'est comme
18:57les moustiques en été
18:59ou quoi que ce soit.
19:00On essaye de faire ce qu'on peut
19:02pour s'en protéger.
19:03Des fois, ils font une grosse bêtise
19:05et tout le monde est consterné.
19:06Mais ça n'est pas un élément
19:08de la stratégie de la droite nationale
19:09que ses propres extrêmes, voyez-vous.
19:12Alors que là, oui.
19:13Alors, ce qui est intéressant,
19:14c'est qu'à chaque fois,
19:15et là, on l'a vu tout particulièrement
19:18après ce qui s'est passé à Lyon,
19:20pour ne pas parler
19:22de la violence d'extrême-gauche,
19:23il a fallu parler,
19:25justement,
19:25comme on vient de l'esquisser,
19:28de la violence d'extrême-droite.
19:30Je vous propose d'écouter tout de suite
19:31l'interview de Marion Maréchal.
19:34En fait, statistiquement,
19:35la violence d'extrême-droite
19:36est dérisoire
19:37par rapport à la violence d'extrême-gauche.
19:38Mais il y a des mains, vous le savez.
19:39Je vous donne…
19:40Non, mais elle est dérisoire.
19:41Je veux dire,
19:41ça n'existe pas statistiquement.
19:42Essayer de faire une équivalence
19:44entre la menace
19:44que représenterait
19:45des groupuscules d'ultra-droite
19:46dans notre pays
19:47et la violence d'extrême-gauche,
19:48je vous le dis,
19:49on peut ne pas être d'accord,
19:49Apeline de Malherme.
19:50Moi, je considère
19:51que c'est un mensonge.
19:58Est-ce que vous partagez ce point de vue ?
20:01– En tant que criminologue,
20:02je serais plus nuancé.
20:03À savoir qu'effectivement,
20:04il y a des éléments dangereux,
20:07capables de tout,
20:08des mythomanes,
20:09des gens qui s'associent
20:11en pensant qu'ils peuvent pratiquer
20:14des actes de violence,
20:15soit pour se défouler,
20:16soit en pensant
20:17qu'ils vont déclencher un processus
20:19et qu'après ça,
20:19ça sera la révolution.
20:20Vous voyez ?
20:21Ça, ça arrive dans l'esprit
20:23de tous les gens
20:23qui sont faibles et isolés
20:25et des fois animés
20:27de mauvaises intentions.
20:29Mais ces actes-là
20:31sont rejetés par la droite nationale.
20:34Il n'y a pas
20:34une espèce de partage des rôles
20:36comme c'est le cas,
20:37par exemple,
20:38chez les frères musulmans
20:39où il y a des gens
20:39en costume cravate
20:40qui disent
20:40« Mais pourquoi tant de haine ?
20:42La démocratie,
20:43nous sommes des démocrates musulmans »
20:45alors qu'à l'autre côté,
20:46il y a le Hamas
20:46qui représente l'autre option.
20:48Vous voyez ?
20:48Avec un jeu d'échange
20:49entre l'un et l'autre.
20:50Ça n'est pas le cas.
20:51Donc, effectivement,
20:55quand on compte,
20:56Europol, chaque année,
20:57fait la liste
20:58de tous les attentats
21:01entrepris, réussis,
21:02ou loupés, etc.,
21:03commis sur le sol
21:04de l'Union européenne.
21:05On s'aperçoit
21:06que les attentats,
21:08c'est-à-dire l'activité,
21:08à proprement parler,
21:10terroriste,
21:11sur les quatre dernières années,
21:13il y a dû y avoir
21:14cinq actes
21:15pour toute l'Europe.
21:16C'est-à-dire que c'est statistiquement dérisoire.
21:18C'est-à-dire que les actes concrets,
21:20dans une société de liberté,
21:23les gens ont le droit de parler.
21:24Les gens ont le droit de parler
21:25dans certaines limites.
21:27Donc, on ne parle pas de fantasmes,
21:29on ne parle pas de propos de bistrot,
21:31de comptoir,
21:32on parle d'actes réellement
21:35entrepris ou réussis,
21:36c'est-à-dire poser une bombe
21:38devant, je ne sais pas,
21:39une mosquée,
21:39une synagogue ou n'importe quoi.
21:41Et les actes entrepris réellement
21:43par l'extrême de l'extrême droite,
21:46je ne suis pas trop…
21:47De même que pour la gauche,
21:48ultra-gauche,
21:49ça désigne un courant politique précis.
21:51Et à l'heure actuelle,
21:52tout le monde dit ultra-gauche
21:53parce qu'il résonne en perroquet.
21:55Donc, il y en a un qui dit un truc
21:56et tout le monde le dit
21:57dans les médias.
21:58Mais l'ultra-gauche,
21:59c'est autre chose.
21:59C'est ce qu'on appelle
22:00le communisme des conseils.
22:01Et ce sont des gens
22:02qui ont des idées farfelues,
22:04dirons-nous,
22:05mais ils ne sont pas violents.
22:07Donc, il y a une partie radicale
22:09de l'extrême gauche
22:09qui est différente
22:10de ce qu'on appelle l'ultra-gauche.
22:12C'est important
22:12parce que le fait de résoudre
22:16quelques problèmes,
22:17que ce soit dans la société humaine,
22:19que ce soit chez le garagiste,
22:21que ce soit chez le médecin,
22:22que ce soit dans la vie politique,
22:24passe par deux stades.
22:26D'abord, le fait de faire un diagnostic
22:28et après ça,
22:28le fait d'appliquer un traitement.
22:30Si le diagnostic n'est pas bon
22:31parce qu'on n'emploie pas les bons mots,
22:33si vous allez voir le médecin
22:34et s'il vous dit
22:35que vous avez un panari
22:36alors que vous avez un cancer
22:37ou vice-versa,
22:38on ne va pas loin.
22:39Ou alors,
22:40à la fin,
22:40le patient meurt.
22:41Mais donc,
22:42il faut faire attention
22:42aux termes qu'on emploie.
22:44Et donc,
22:44il y a effectivement
22:46des gens violents,
22:47on l'a vu,
22:47il y en a qui ont été arrêtés.
22:49Il y a un type,
22:49là,
22:50hier,
22:50en 2025,
22:52qui a tué son voisin turc.
22:54Alors,
22:55il était saoul comme une bourrique,
22:56quoi, d'abord,
22:57premièrement.
22:58Et puis,
22:58deuxièmement,
22:58il a fait ça tout seul.
22:59Mais ça faisait des mois
23:01qu'il écrivait sur,
23:03je ne sais pas,
23:05un réseau social quelconque
23:06qu'il détestait les gens
23:09venus de l'autre côté
23:09de la Méditerranée,
23:10qu'on allait voir ce qu'on allait voir.
23:12Ces choses-là existent concrètement.
23:14Mais remarquez
23:15le double niveau de réaction
23:17du gouvernement actuel.
23:20pour l'individu en question,
23:22on a mobilisé
23:22le parquet antiterroriste
23:24alors qu'il était seul.
23:26Évidemment,
23:27les gens qui souffrent
23:28d'une forme ou une autre
23:29de pathologie,
23:30la définition du délire
23:33ou de la pathologie mentale,
23:34c'est que ça frappe
23:35des individus isolés.
23:36On ne peut pas être schizophrène
23:38à plusieurs
23:38ou paranoïaque en bande,
23:40quoi.
23:40On est seul.
23:41Donc,
23:41l'individu en question
23:42était tout ça.
23:43Il avait des idées
23:44ultra extrêmes,
23:45etc.
23:46Mais pour lui,
23:47on a mobilisé
23:47le parquet national antiterroriste
23:49alors qu'il était seul.
23:52Toute action de bande,
23:55si vous voulez,
23:57en droit,
23:57s'appelle une action
23:58collective et concertée.
24:00Les mots sont très importants,
24:01c'est collective et concertée.
24:02Par exemple,
24:04s'agissant d'actes non violents,
24:06mais la grève en droit,
24:07c'est une action collective
24:08et concertée du travail.
24:10Un individu tout seul,
24:11ça s'appelle
24:12rupture unilatérale de contrat.
24:14Eh bien là,
24:14vous avez un individu
24:15qui devient fou,
24:17qui a trop bu.
24:18On a la liste
24:19de ce que l'individu
24:20en question avait sifflé
24:21avant de passer à l'acte
24:22sur son voisin.
24:23C'est impressionnant quand même.
24:24Il avait beaucoup bu
24:25d'alcool.
24:27Donc,
24:28ces histoires-là existent.
24:30Mais,
24:30il faut bien faire
24:31la différence
24:32entre des gens
24:33qui,
24:34comme on dit
24:35très familièrement,
24:36pètent un plomb
24:36ou une durite
24:37et puis qui sortent
24:38le fusil de chasse
24:39et qui vont tuer
24:39leurs voisins
24:40et une action collective
24:43et concertée
24:44qui consiste
24:44à créer
24:45une milice armée
24:46comme l'est
24:47la jeune garde
24:49et puis qui,
24:50après ça,
24:52est aspirée
24:53et affiliée
24:53par des gens
24:54comme Mélenchon
24:56qui s'en servent
24:56comme service d'ordre.
24:58Ce n'est pas nouveau.
24:59La secte trotskiste
25:00en question,
25:01les Lambertistes,
25:01avaient déjà fait
25:02le service d'ordre
25:02de Mitterrand candidat
25:04en 1980-80
25:05avec son chef historique
25:08Pierre Boussel
25:09dit Lambert.
25:10Voilà.
25:10Donc,
25:11ce n'est pas nouveau.
25:12Ils font ça.
25:13Mélenchon
25:14en bontrotskiste,
25:14il fait comme les copains
25:15de la génération d'avant
25:16et il prend des gens
25:17pour faire son service d'ordre.
25:18Et,
25:19naturellement,
25:20il les encourage
25:20et il les pousse
25:21et chaque fois
25:22qu'il y a une contrariété politique,
25:24que font ces gens-là
25:26historiquement
25:26depuis 1978 ?
25:28Ils répondent
25:28par la provocation.
25:29Voilà.
25:30Mais,
25:31là où je diverge un peu
25:33de ce que j'entends
25:35dans la voie
25:37de dirigeants politiques
25:39ou de droite
25:40ou de journalistes politiques
25:42de droite,
25:43il n'y a pas…
25:44Oui,
25:44il faut s'en inquiéter
25:45tactiquement.
25:46Quand il y a du lait
25:48qui boue sur le feu,
25:49il faut le surveiller
25:51parce qu'autrement,
25:51il va déborder.
25:52Mais s'il déborde,
25:54ce n'est pas non plus
25:54la mort du petit cheval.
25:55C'est quelque chose
25:56qu'on peut contrôler.
25:58Alors,
25:59les trotskistes,
25:59on les laisse faire
26:00et c'est le rôle
26:01de ce qui s'appelait
26:02dans le temps
26:02les renseignements généraux,
26:04les renseignements
26:04territoriales,
26:05de ne pas les laisser faire,
26:06c'est-à-dire
26:09gentiment,
26:09par avertissement.
26:10Alors,
26:11s'ils fréquentent
26:11M. Mélenchon,
26:12il faut aller voir
26:13M. Mélenchon.
26:13Vous savez,
26:14ça pose un problème.
26:15Regardez,
26:15ils vont faire un jour
26:15une grosse bêtise,
26:16ça va vous retomber dessus.
26:17Chose qu'historiquement,
26:19la police de renseignement
26:20en France faisait très bien,
26:22séculairement.
26:23Je vais vous raconter
26:23une histoire
26:24que les gens connaissent peu.
26:28dans la Troisième République,
26:30avant la Première Guerre mondiale,
26:31il y a eu un préfet de police
26:33pendant deux ans,
26:34je crois,
26:34qui s'appelait
26:35Louis Andrieux.
26:37Et il a fait deux choses
26:38extraordinaires dans sa vie,
26:39M. Andrieux.
26:40D'abord,
26:40il a fait un enfant
26:41qui s'appelle Louis Aragon,
26:43c'est-à-dire,
26:43c'est le chantre,
26:46voilà,
26:47l'écrivain,
26:48le poète,
26:49etc.
26:49Et puis,
26:50deuxièmement,
26:50il a été préfet de police,
26:51mais ce n'est pas tout.
26:52Quand il a sorti de son poste,
26:54il a écrit
26:54Les souvenirs d'un préfet de police.
26:56Ça doit remonter à 1890
26:58ou quelque chose comme ça.
26:59Il raconte
27:00comment ils infiltraient
27:01les anarchistes.
27:02Et à l'époque,
27:02il n'y avait pas encore
27:03de parti communiste.
27:04Le parti communiste
27:04est créé en 1920
27:06en France au Congrès de Tours,
27:07décembre 1920.
27:08Mais il y avait déjà
27:09des socialistes
27:10et dans les socialistes,
27:11il y en avait
27:11qui étaient poussés
27:12à la violence,
27:13etc.
27:13Il raconte
27:14comment ils les infiltraient.
27:15Comment,
27:16de même,
27:17car c'est la République,
27:18Ratzok,
27:19à l'époque radicale socialiste,
27:20comment ils infiltraient
27:20les monarchistes
27:21et les bonapartistes.
27:22Alors,
27:23il était drôle,
27:23Louis Andrieux,
27:24il disait,
27:24bon,
27:26financer,
27:27corrompre
27:28et payer en douce
27:31un anarchiste
27:31ou un socialiste,
27:33ça ne nous coûte pas très cher.
27:34Mais en revanche,
27:35les gens de la bonne société,
27:36les bonapartistes
27:37et les monarchistes,
27:37ils nous coûtent plus de fric
27:38parce qu'ils ont
27:39des prétentions plus importantes,
27:40ils ont un rôle social
27:41plus important.
27:42Donc,
27:43le fait de les soudoyer
27:44et de les payer,
27:45ça ne nous coûte plus cher.
27:46Donc,
27:46on fait ça
27:47s'agissant des éléments dangereux
27:49comme l'étaient
27:49les anarchistes
27:50à la fin du XIXe siècle.
27:52C'est-à-dire qu'ils posaient
27:54des bombes,
27:54des fois aussi,
27:55vous savez,
27:56à l'époque,
27:56et puis ils avaient
27:57des activités.
27:58les anarchistes
27:59dits illégalistes,
28:01la bande à bonos,
28:02ils attaquaient des banques,
28:03etc.
28:03Donc,
28:03il fallait infiltrer,
28:04il fallait connaître tout ça.
28:05On sait faire ça
28:06depuis,
28:07en gros,
28:07un siècle et demi.
28:08Si on le fait bien,
28:10avec un peu de doigté,
28:12ça ne dépasse pas
28:13une certaine limite.
28:14Vous n'avez pas
28:14de milice armée.
28:15Alors,
28:15évidemment,
28:16quand vous avez
28:17des petits crétins
28:18comme Raphaël Arnaud,
28:19les gosses de riches,
28:20ils se croient tout permis,
28:21alors on les laisse faire,
28:22ils continuent.
28:23Vous savez,
28:23c'est la base
28:24de la criminologie.
28:25Les criminels
28:26ne s'arrêtent
28:26que quand on les arrête.
28:28Eh bien,
28:28les trotskistes,
28:29pareil,
28:29à un moment donné,
28:30il faut leur taper
28:31sur les doigts
28:31pour qu'ils continuent
28:33à coller des affiches
28:34pour Mme Laguillet.
28:36Ce n'est pas grave,
28:37ça peut le faire
28:38pendant un siècle.
28:39Elle ne fera jamais
28:40plus d'un pourcent
28:40des voix,
28:41la pauvre,
28:42ou succession.
28:44Est-ce que vous avez
28:45le sentiment
28:45que nous vivons
28:47à l'heure actuelle,
28:48ces derniers mois,
28:49j'entends,
28:50une recrudescence
28:51de cette violence ?
28:52Est-ce que,
28:52si on remonte
28:53à un siècle,
28:54on va dire,
28:55peut-être même moins
28:55à une cinquantaine d'années ?
28:56On pense à mai 68,
28:58on pense aux années 80.
28:59Ce n'est pas vous faire offense
29:00que de dire
29:00que vous observez
29:01tout cela depuis fort longtemps
29:03avec des angles
29:04parfois différents.
29:05Alors,
29:05si vous voulez,
29:06chère Élise,
29:06quand j'étais jeune,
29:07j'ai même fait plus
29:08qu'observer,
29:09voyez-vous.
29:09Je ne voulais pas
29:10le dire moi-même.
29:11Alors,
29:11je le dis moi-même,
29:13je peux vous dire
29:14qu'à la fin des années 60,
29:15c'était exactement aussi violent
29:16qu'aujourd'hui,
29:17qu'une fois,
29:18on a été…
29:19alors,
29:19il y a prescription.
29:20Alors,
29:21on peut tous permettre,
29:22dites-le aussi.
29:23On avait été caresser
29:24les côtelettes de trotskistes
29:26dans la région de Rouen
29:27et puis,
29:28il y en a un,
29:29il y a une fracture du crâne.
29:30Ça arrive,
29:30de même qu'on a eu
29:31des militants
29:32qui ont eu des…
29:33l'un a dû être très pané
29:34parce qu'il avait eu aussi
29:35une grave fracture du crâne
29:37et tout.
29:38Donc,
29:38c'était exactement aussi violent
29:39qu'aujourd'hui,
29:40contre les mêmes,
29:40c'était déjà les trotskistes.
29:42Voilà,
29:42ou les maoïstes à l'époque,
29:44mais les maoïstes,
29:44c'était des gosses de riches
29:45encore plus riches
29:46donc ils sont vite retournés
29:47dans le giron de papa-maman.
29:48– Ils ne voulaient pas
29:49se faire fracasser le crâne.
29:50– Voilà,
29:50alors ils ont commencé
29:51à bêler ensemble
29:52les coups de télé de nos voix
29:53qui montent des usines
29:55et puis après ça,
29:55ils sont rentrés chez papa
29:56faire banquier
29:57ou quoi que ce soit
29:58et ça s'est beaucoup mieux passé.
29:59Donc,
29:59ils sont sortis de la scène,
30:01restent les trotskistes
30:02et restent les anards,
30:04alors travestis en éco-activistes
30:08ou tout ce que vous voulez
30:09parce qu'il faut être un peu sexy
30:11donc de temps en temps,
30:12il faut prendre des trucs à la mode
30:13pour arriver à séduire
30:17les éléments du groupuscule
30:18que vous avez autour du gourou
30:19mais tout ça va pas très loin.
30:21Et si on a un appareil d'État
30:23qui est bien géré,
30:24si on a un ministre de l'intérieur
30:25qui au lieu de raconter
30:27n'importe quoi,
30:30M. Nuliez,
30:31il nie tout quoi.
30:32Par exemple,
30:34je vais prendre un cas précis
30:35qui est aussi une forme d'anarchie quoi.
30:38Le fait de refus d'obtempérer
30:40sur la route,
30:41il y a un agent de police
30:42qui vous fait signe
30:43de vous arrêter
30:43et de vous venir à côté de lui,
30:45vous l'écrasez.
30:46Donc ça,
30:47ça a augmenté
30:47de 11% entre 2024 et 2025.
30:51Les cas constatés
30:53et rapportés par la police.
30:54Et vous avez M. Nuliez
30:55qui dit
30:55non, non,
30:56on ne peut pas parler d'échec.
30:57Alors, ça va bien,
30:58il y en a 11% de plus.
30:59– Comme Emmanuel Macron,
31:00on ne peut pas parler d'échec,
31:01mais ça n'a pas marché.
31:02– Oui, oui, voilà, c'est ça.
31:03Alors, il y a un langage
31:04des narques pour exprimer ça.
31:06Alors, écoutez bien,
31:07ça s'exprime de la manière suivante.
31:09Quand c'est à moitié planté,
31:11voilà,
31:11on dit,
31:13comment dire,
31:13il y a une marge de progression.
31:16et quand c'est totalement fracassé
31:18par terre en mille miettes,
31:19on dit résultat contrasté.
31:20Voilà.
31:21Faites bien attention
31:22au langage des narques.
31:23C'est les mots,
31:24les euphémistes
31:25qui servent à exprimer l'échec,
31:26qui sont toujours
31:27extrêmement habilement
31:28et savamment dit
31:29dans des termes précieux.
31:31Donc,
31:31le type qui vient
31:32de M. Tavares,
31:34la Stellantis,
31:35la 22 milliards,
31:36c'est résultat contrasté.
31:38– C'est très contrasté.
31:39– Très contrasté.
31:40– Vous venez de parler
31:41de Laurent Nunez.
31:43Juste avant lui,
31:43c'était quelqu'un
31:44qui est cher à vos yeux aussi,
31:46Gérald Darmenin.
31:47– Ah, monsieur Darmenin.
31:47– Qui est désormais
31:48au ministère de la Justice.
31:50Je vous propose de l'écouter justement.
31:51Lui,
31:51il a très clairement ciblé
31:52l'extrême gauche
31:53après cette affaire de Lyon.
31:54– Les mots chargés
31:56comme des revolvers
31:57de la France insomise.
31:58Il y a la plupart
31:59des dirigeants, manifestement.
32:00On savait déjà
32:01qu'ils frôlaient,
32:02pour ne pas dire
32:02qu'ils dépassaient à une jaune
32:03de l'antisémitisme.
32:04Mais oui,
32:06appel à la violence
32:06et l'avion ce qui tue.
32:07Ce n'est pas la police
32:08qui tue en France,
32:09c'est bien des comportements
32:10d'ultra-gauche.
32:11– Ce qu'il y a de bien
32:19avec monsieur Darmenin,
32:20c'est qu'il est très bon
32:21à l'oral,
32:21mais on ne le voit pas
32:23pour l'action concrète.
32:24C'est-à-dire qu'il nous a dit
32:26qu'il fallait être sévère
32:27comme ministre de la Justice
32:28et qu'il fallait mettre
32:30plus de gens en prison
32:30et les garder mieux.
32:32Simplement,
32:32l'été 2025,
32:33il a fait libérer
32:34des centaines de prisonniers
32:35en douce comme ça,
32:36sans le dire à personne,
32:37dans un silence de cathédrale
32:39pour éviter qu'il y ait
32:40des émeutes dans les prisons.
32:41Donc,
32:42il y a,
32:42en vertu des grands principes
32:44Darmenin
32:44et en vertu des grands sentiments
32:45Darmenin,
32:46donc,
32:47il parle beaucoup,
32:48il a des propos,
32:49il faut,
32:50il doit,
32:52monsieur Darmenin,
32:53va,
32:53mais concrètement,
32:55qu'est-ce qui bouge
32:55sur le terrain ?
32:56Pas grand-chose.
32:57– Il n'est peut-être pas au courant
32:58qu'il est ministre ?
32:59– Si,
33:00mais il est au courant
33:02du fait
33:02qu'il a envie
33:03de survivre politiquement,
33:04donc,
33:06il en fait,
33:07il en dit beaucoup
33:08et il en fait quand même
33:09beaucoup moins.
33:10Comme ministre de l'Intérieur,
33:12je vous rappelle
33:13simplement une chose,
33:14c'est que pendant que
33:15monsieur Darmenin,
33:16ministre de l'Intérieur,
33:17nous chantait
33:17qu'il luttait à mort
33:18contre la drogue,
33:19là encore,
33:20on vient apprendre
33:21que depuis à peu près
33:22une décennie,
33:23c'est-à-dire que ça comprend
33:27les méfaits
33:27de monsieur Hollande,
33:29plus les méfaits
33:30de monsieur Macron,
33:31monsieur Darmenin
33:32étant dans cette boucle-là
33:33depuis le départ,
33:34la consommation,
33:35l'usage
33:36de stupéfiants chimiques
33:38en France,
33:38extasie,
33:39MDMA,
33:40etc.,
33:40augmentait de près
33:41de 500%.
33:42Voilà,
33:43donc,
33:43ils parlent,
33:43ils bavardent
33:44et pendant ce temps-là,
33:45sur le terrain,
33:46ça s'aggrave,
33:47voyez-vous.
33:47Donc,
33:48c'est bien de parler,
33:49mais je préférerais l'inverse.
33:51Je préférerais les gens
33:52qui ne parlent pas
33:53et qui font.
33:53Et à la fin,
33:54on constate que sur le terrain,
33:55ça a vraiment diminué.
33:56Ça,
33:57c'est de la vraie politique.
33:58Le fait de bavasser
33:59pour dire,
34:00mais vous allez voir
34:01ce que vous allez voir
34:01et demain,
34:02on rase gratis.
34:03Et donc,
34:04monsieur Nunez,
34:05là,
34:05il a dit,
34:05non,
34:06non,
34:06on ne peut pas parler
34:07des déchets
34:08et dès demain,
34:10nous appliquerons
34:10une grande politique
34:11de fermeté,
34:12c'est-à-dire négation
34:13de ce qui se passe vraiment
34:14et promesse illusoire
34:15pour amuser la galerie.
34:16Voilà,
34:16c'est le tandem.
34:18On se rappelle,
34:18au début du quinquennat,
34:20le premier quinquennat
34:20d'Emmanuel Macron,
34:22cette affaire
34:22des gilets jaunes,
34:23évidemment,
34:23avec cette mobilisation
34:24très importante,
34:25notamment au bout
34:26d'un certain temps
34:26dans Paris.
34:27On se rappelle
34:28que de très nombreux
34:30rendez-vous,
34:30les samedis,
34:32ont été chahutés
34:33par les interventions
34:34de Black Bloc,
34:35donc qui sont aussi
34:36des militants
34:36qu'on peut considérer
34:37comme étant
34:37d'extrême-gauche.
34:38Et c'est les mêmes.
34:39Et je crois que,
34:41déjà en votre compagnie,
34:42on avait évoqué
34:43le fait qu'ils étaient
34:44connus de la part
34:45des renseignements généraux
34:46et que malgré cela,
34:48ils n'étaient jamais
34:49empêchés de nuire.
34:50Non,
34:51parce que c'est ce qui permet
34:52de pourrir
34:53le dialogue social.
34:55C'est-à-dire
34:56que le courant
35:00auquel
35:01M. Macron
35:02a voué sa vie,
35:04le courant néolibéral,
35:06il est contre
35:06tout ce qui est collectif.
35:07Alors,
35:08on pourrit le collectif,
35:09vous voyez.
35:09On envoie
35:10des petits anarchistes
35:11perturber
35:13les manifestations.
35:15On se connaît,
35:16ils disent,
35:17vous savez que je ne suis pas
35:17un fanatique de la CGT,
35:19mais il y a un mouvement social,
35:20il y a un développement
35:22du courant social,
35:22il doit y avoir
35:23un dialogue social,
35:24parce que quand il n'y a
35:25pas de dialogue,
35:25c'est la guerre,
35:26voyez-vous,
35:27donc personne,
35:28vraiment,
35:28dans ce pays,
35:29a envie de la guerre civile,
35:30donc il faut dialoguer.
35:32Comment tu vois ça ?
35:33Moi,
35:33je vois ça de telle façon,
35:34tu veux quoi ?
35:35Moi,
35:35j'ai besoin de ci,
35:36etc.
35:36La vie est faite comme ça,
35:38même en famille.
35:40Et pour qu'on puisse prendre
35:41des décisions par le haut,
35:42pour qu'on puisse décider de tout
35:44à partir de grandes plateformes numériques,
35:46en écrasant tout ce qui est en dessous,
35:48décider,
35:49sans avoir consulté les paysans
35:51qu'on va abattre tous leurs bestiaux,
35:52et ainsi de suite.
35:54Christophe Gilles,
35:55décrit ça très bien.
35:57Et donc,
35:57chaque fois que ce gouvernement
35:59utilise la violence,
36:01c'est contre ceux qui représentent
36:03quelque chose d'enraciné,
36:06de local ou de patriotique.
36:08C'est leur opposition,
36:09parce que tout ça doit être dilué,
36:11et tout doit obéir au niveau français,
36:14aux grandes plateformes contrôlées
36:15par le sommet de quelques ministères,
36:17et lesquels sont aux ordres
36:20du Führer von der Leyen à Bruxelles.
36:23Voilà.
36:24C'est comme ça que ça doit marcher.
36:26On a quand même le sentiment,
36:27si on prend les Black Blocs,
36:28si on prend aussi certains éléments
36:31que vous nous avez donnés juste avant,
36:33que globalement,
36:33l'extrême-centre n'a pas grand problème
36:35à s'allier dans certaines circonstances
36:38avec cette extrême-gauche.
36:39Et je vous propose d'écouter justement
36:41Marine Le Pen qui évoquait cette question,
36:43et on va voir quelles conséquences
36:44ça peut avoir justement
36:45sur les violences politiques.
36:47Dans le même temps,
36:48Emmanuel Macron a expliqué il y a quelques mois
36:50que la France insoumise
36:51était un parti anti-républicain,
36:55antisémite,
36:56antiparlementaire, etc.
36:58Et vous voyez bien que sur le terrain,
37:00quand il s'agit des élections,
37:02on passe par-dessus la jambe
37:04tous ces principes.
37:11Alors c'est vrai que lors des dernières élections législatives,
37:14on avait assisté quelques mois auparavant
37:16à des grands cris d'orfraie du gouvernement
37:18à l'égard de la France insoumise.
37:20Et puis les élections législatives sont arrivées
37:22et tout le monde a appelé à faire le fameux barrage
37:26au Rassemblement national.
37:28Est-ce que ça, c'est pas aussi un problème
37:30sur le plan philosophique ?
37:32Est-ce que ça donne pas non plus l'impression
37:34aux militants que globalement
37:37c'est open bar contre les patriotes ?
37:40– Il faut, il faut, je veux dire,
37:42c'est pas la peine de s'indigner
37:44du fait que votre chat soit végétarien
37:47ou plus exactement mange que de la viande
37:49et que les oiseaux volent, quoi.
37:51C'est-à-dire que le courant politique
37:52incarné par M. Macron a une pratique constante.
37:57Ces théories-là et ces pratiques
37:59et ces façons de faire ont été définies
38:02dès avant la Première Guerre mondiale.
38:04La première réunion du courant néolibéral
38:08se passe à l'été 1938 en France
38:12dans le 7e arrondissement au musée social.
38:15Et donc, dès le départ,
38:17il y a une idée double.
38:18C'est que le gouvernement est mieux assuré
38:20par des experts que par des masses de gens
38:23dont on ne sait pas trop ce qu'ils veulent.
38:25Dès cette époque-là,
38:26l'homme en hommage de qui la réunion en question
38:30était nommé, qui s'appelait M. Walter Lippmann,
38:32un Américain, professeur américain,
38:34a dit qu'il fallait maintenir la population à sa place
38:37pour éviter que les gens au pouvoir
38:40ne soient piétinés ou encornés
38:43par le troupeau des bêtes sauvages.
38:46C'est comme ça qu'ils considèrent la démocratie.
38:48Alors, un gouvernement d'experts.
38:50Et là, il y a une dissociation complète
38:53entre ce que les gens disent
38:54pour apaiser, dormir braves gens,
38:56et puis ce qu'ils font, c'est-à-dire l'inverse.
38:58C'est-à-dire que s'il y a un moment donné
39:01tactiquement, parce qu'il y a quand même
39:02eu un mort, ils doivent dire
39:04oh là là, c'est pas bien, etc.
39:06Mais dans le fond, non, tout va dans le même sens.
39:08Et les courants d'extrême-gauche
39:10ou, au contraire,
39:13dictatoriaux, qui leur permettent
39:14de faire avancer leurs idées,
39:16ils les supportent très bien.
39:18Un des doctrinaires du courant
39:20néolibéral, Friedrich Hayek,
39:22à un moment où Pinochet prenait le pouvoir
39:25au Chili, a dit
39:26oui, oui, non, une dictature libérale,
39:28c'est mieux qu'une démocratie qui ne l'est pas.
39:30Voilà, donc, s'il faut passer par Pinochet
39:32ou par Raphaël Arnaud,
39:34ça leur va très bien du moment
39:35que ça fait avancer
39:36leur façon de voir les choses
39:38et leur doctrine politique,
39:40qui est à la base,
39:41dans le domaine du business,
39:43c'est un bête mercantilisme,
39:44vous savez, c'est l'argent qui décide de tout,
39:46mais, alors, pour que ça se passe bien,
39:48il faut un gouvernement d'experts
39:51qui assure la fluidité
39:52des échanges économiques et financiers
39:54et qui, pour le reste,
39:56maintient la population de la base
39:57dans son état de troupeau
39:58destiné à être exploité
40:00et livré à toutes les violences.
40:02Là où ils habitent,
40:03les gens en question,
40:03ils ne risquent pas d'être violentés,
40:04je vous assure.
40:05– Oui, ça, c'est certain.
40:06On a le sentiment, globalement,
40:08que tout cela est très cynique,
40:09finalement, très pragmatique,
40:12j'allais dire,
40:13et très peu idéologique.
40:14– C'est une doctrine,
40:16c'est une doctrine, voilà.
40:17Il ne faut pas oublier que,
40:18alors, au XIXe siècle,
40:20le courant libéral,
40:21au sens classique du terme,
40:23Frédéric Bastia, etc.,
40:25était à peu près hégémonique
40:27à travers le monde.
40:28C'est la période
40:28de la première mondialisation.
40:30Et puis, pour les libéraux,
40:33ce qui s'est passé
40:33après la Première Guerre mondiale
40:35a été l'horreur absolue.
40:37L'Union soviétique,
40:39qui n'est pas vraiment libérale,
40:40l'Italie de Mussolini,
40:41qui n'est pas libérale,
40:43le Troisième Reich,
40:44l'arrivée au pouvoir de Franco
40:45en Espagne
40:46et ainsi de suite
40:47dans les trois quarts
40:48des pays de l'Europe centrale,
40:50le fait que les Hongrois aussi
40:52puissent,
40:53dans les Balkans et tout,
40:54les Oustachis en Croatie, etc.
40:57Tout ce qui est arrivé
40:58après la Première Guerre mondiale
41:00était violemment hostile
41:02ou contraire
41:03à la pratique du libéralisme.
41:05Voilà.
41:06Pour les libéraux purssants,
41:08ce sont les deux faces
41:09de la même pièce.
41:10Tout ça sont diverses formes
41:12du péché absolu
41:13dans l'oridier
41:14qui est le collectivisme,
41:16le fait que la société
41:17passe avant
41:18l'être humain individuel.
41:20Si vous faites ça,
41:21à la fin,
41:22ça bascule du côté communiste
41:24ou ça bascule du côté fasciste.
41:25Voilà, c'est ça.
41:26Et donc,
41:27dès 1938,
41:28la réunion,
41:29je vous parle,
41:29avait pour objet
41:30de voir comment
41:31un courant libéral
41:32pouvait s'opposer à ça.
41:34Eh bien,
41:34la manière,
41:35c'est gouvernement d'experts
41:37et le fait
41:38de créer vers le sommet
41:40des sénacles
41:41de pouvoir non élus,
41:42des cours constitutionnels
41:44et autres
41:44qui sont destinés
41:46à baptiser
41:47l'ennemi absolu.
41:48C'est entré
41:49dans le vocabulaire commun.
41:50Ça a été créé
41:51à cette époque
41:51qu'on appelle
41:52le populisme
41:52en dehors,
41:53c'est-à-dire le fait
41:54que le peuple puisse dire
41:55c'est pas ça que je veux
41:56ou c'est ça que je veux.
41:57Alors,
41:57à l'heure actuelle,
41:58en France,
41:58en réalité,
42:00au bout du compte,
42:01vous avez
42:02la lutte finale
42:04au bout du compte
42:05entre deux courants.
42:06Un courant qui dit
42:07oui mais non,
42:08dans une démocratie,
42:09c'est le peuple qui décide,
42:10on lui propose
42:10et lui dispose.
42:11Et puis les autres
42:12qui disent
42:12oulala c'est un troupeau
42:13de bêtes sauvages
42:14et donc il faut
42:15que ce soit des experts
42:16et des comités
42:17vers le sommet.
42:17Vous avez vu
42:18ce qui s'est passé
42:19en Roumanie,
42:19c'est une cour constitutionnelle
42:20qui a destiné
42:21que tout ça
42:21n'allait pas du tout
42:22et que le…
42:23Alors,
42:24par la suite,
42:24naturellement,
42:25il n'a pas été possible
42:26de trouver
42:27quelques preuves
42:28que ce soit
42:29d'un contrôle
42:30de l'opposition
42:31de droite nationale
42:32en Roumanie
42:33par la Russie
42:34ou quoi que ce soit
42:34de semblable,
42:35sur TikTok
42:36ou partout ailleurs,
42:37mais sur le moment
42:38et vite,
42:38on crée un climat
42:39de panique morale
42:40en disant,
42:41ah mon Dieu,
42:41non, non, non,
42:41ils n'ont pas le droit
42:42de se présenter.
42:42– C'est même l'inverse
42:42puisqu'après,
42:43il a été découvert
42:43que c'était le gouvernement
42:44plutôt centriste
42:45qui avait essayé
42:46de manipuler l'élection.
42:47– En tout cas,
42:48ceux qu'on accusait
42:49n'étaient pas
42:50ceux qui étaient les coupables.
42:52Donc, c'est ça,
42:54je veux dire,
42:54ça ne sert à rien
42:55de s'en indigner,
42:56c'est leur façon de faire,
42:57une fois de plus,
42:58que le fait qu'un poisson
42:59vive dans l'eau,
42:59c'est n'y a pas lieu
43:00de dire,
43:00mais c'est un scandale,
43:01ils sont mouillés,
43:02etc.
43:02Non, ce n'est pas ça
43:03le sujet.
43:04Le sujet,
43:04c'est de dire,
43:05voilà,
43:05le diagnostic doit être fait
43:07en disant,
43:07il y a un courant,
43:08voilà son comportement constant
43:10et j'observe une chose,
43:11c'est que même en Angleterre
43:12à l'heure actuelle,
43:13l'année dernière,
43:14en 2025,
43:15il y a un livre
43:16qui a été publié,
43:18petit,
43:21pratique à lire,
43:22bien fait,
43:22etc.,
43:23de 120 pages
43:24sur le courant néolibéral
43:26représenté successivement
43:27par M. Johnson
43:28qui était grimé
43:29en conservateur
43:30et par M. Starmer
43:31qui fait semblant
43:32d'être travailliste,
43:33tout ça n'existe plus,
43:34c'est la,
43:34le néolibéralisme,
43:36c'est la bombe à neutrons
43:37appliquée à la politique,
43:38c'est-à-dire que les bâtiments
43:39restent en place
43:39mais tout ce qui est vivant
43:40à l'intérieur meurt,
43:42voilà,
43:42donc à partir de ce moment-là,
43:43vous avez des gens,
43:46le Brexit,
43:47qu'est-ce que c'était ?
43:48C'était,
43:49on veut mener notre politique
43:50pour pas qu'on nous oblige
43:51à avoir des étrangers
43:52qui débarquent sur nos côtes
43:54tous les matins.
43:55Arrive après le Brexit
43:56M. Boris Johnson,
43:57c'est sous M. Boris Johnson
43:58qu'il y a eu
43:59trois fois plus de migrants
44:01qui sont arrivés
44:02en Angleterre.
44:03Donc à la fin,
44:03les gens,
44:04pardonnez-moi,
44:05mais se rendent compte
44:05qu'ils se sont fait couillonner là
44:06et en conséquence de quoi ?
44:08Ils commencent à reculer
44:09en disant,
44:09mais voilà,
44:10c'est ce qu'on appelait en France
44:11l'UMPS,
44:12que ce soit l'UMP,
44:14les Républicains
44:14ou le PS,
44:15c'est la même chose
44:16à des nuances vraies.
44:17Eh bien là,
44:17à l'heure actuelle,
44:18la lutte ne se passe pas
44:19entre des partis politiques
44:20qui sont en train de mourir
44:21et de disparaître
44:22mais entre un courant
44:23qui est pour le pouvoir démocratique
44:26tel qu'il a été,
44:27le peuple souverain,
44:28tout ce que vous voulez,
44:29créé après 1789
44:30ou des gens
44:31qui ont mis la main là-dessus
44:32et qui disent,
44:33oui non,
44:33on va s'occuper de tout ça
44:34parce que vous n'êtes pas
44:35assez savants et cultivés
44:36et puis vous êtes
44:37trop émotionnels,
44:38etc.,
44:39on va faire ça beaucoup mieux.
44:40Alors vous avez vu le travail,
44:42dans les domaines
44:43dont je m'occupe,
44:44le pouvoir des experts
44:45et des savants
44:46de M. Macron
44:47et autour de lui,
44:48c'est une horreur quoi,
44:49ça n'a jamais été aussi mal.
44:50C'est-à-dire que l'insécurité
44:53est croissante et permanente
44:55et puis en plus,
44:55de plus en plus d'armes à feu,
44:58de plus en plus de morts,
44:59alors à la fin,
45:00ils trichent quoi.
45:01En décembre 2025,
45:05les premiers chiffres
45:06du ministère de l'Intérieur
45:07sur le nombre d'homicides
45:09commis en France
45:09qui sortent en 2025,
45:13décembre 2025,
45:14c'est voilà,
45:14l'année dernière,
45:15il y a eu 1268 homicides
45:17et puis brutalement,
45:19on se rend compte
45:20qu'on a passé le chiffre
45:23violemment symbolique
45:23des 1000 morts
45:24d'homicides,
45:25d'assassinats
45:25par an en France,
45:26alors quand le système
45:29de statistique
45:30du ministère de l'Intérieur
45:31délivre les chiffres
45:33corrigés un mois après,
45:34en janvier,
45:35il n'y en a plus que 996,
45:36vous voyez,
45:37parce qu'on est au-dessous de 1000.
45:38Alors personne n'y croit
45:39mais ils sont capables
45:40de mentir,
45:40de tricher
45:41parce que c'est pour lutter
45:42contre le populisme
45:43donc tout est bon.
45:44Et puis bien entendu,
45:45Mme von der Leyen,
45:46là,
45:46elle approuve
45:47et elle dit
45:48que c'est la bonne voie,
45:49qu'il ne faut pas
45:49laisser ces gens-là.
45:51M. Thierry Breton
45:52l'a dit,
45:53il l'a dit
45:55en parlant de l'AFD,
45:57il a dit
45:57on l'a fait en Roumanie,
45:59on va le refaire en Allemagne.
46:00Donc c'est clair,
46:01il s'agit de casser les reins
46:02à tout ce qui n'est pas
46:04le mondialisme.
46:05Alors justement,
46:06ça c'est très intéressant,
46:07je vous propose à prénom
46:08d'écouter,
46:09je suis sûre,
46:09une élue que vous appréciez beaucoup,
46:11c'est Mathilde Panot
46:12et vous allez être ravie
46:13de l'écouter.
46:15Merci aux antifascistiques,
46:16les antifascistes
46:17et nous en sommes.
46:18Nous, la France insoumise,
46:19nous sommes antifascistes.
46:21L'antifascisme,
46:22c'est d'abord
46:22la résistance au fascisme
46:23et de dire
46:24que nous n'accepterons jamais
46:25dans notre pays
46:26que le fascisme
46:27prenne le pouvoir
46:29légalement par les urnes,
46:31ce que veut faire
46:31Marine Le Pen
46:32entourée de tous
46:33ces groupuscules
46:34d'extrême droite
46:34qui pullulent autour d'elle.
46:42Au-delà de l'aspect
46:44un peu pathétique,
46:46c'est quand même
46:46assez inquiétant.
46:47Non, ce n'est pas inquiétant
46:49parce que c'est des trotskistes
46:50donc ils vont se planter.
46:52Moi, je vous dis,
46:52je ne suis pas inquiet
46:53une seconde
46:53parce que chaque fois
46:55qu'ils arrivent
46:57au moment
46:57où ils vont réaliser
46:59quelque chose,
47:00il y a en eux
47:02profondément
47:02un instinct de mort
47:03politique
47:04qui est si bien
47:05enraciné
47:06qu'ils se plantent
47:07toujours avant
47:07la dernière marche.
47:08c'est-à-dire que chaque fois
47:09qu'un groupe trotskiste
47:10va approcher
47:11les 1% dans les sondages,
47:13ils font une scission.
47:14Vous aviez à un moment donné,
47:15ben oui,
47:16non, non, je ne plaisante pas,
47:17à l'heure actuelle,
47:19vous aviez du temps
47:19de Besancenot
47:20qui était un mec
47:21un peu sympa,
47:22présentable sur une affiche
47:24qui n'était pas
47:24le comploteur
47:27avec une tête de fou,
47:28etc.,
47:29qui avait auparavant
47:30ses prédécesseurs,
47:32inquiétant.
47:32Alors, il avait
47:33une bonne bouille
47:33donc à un moment donné,
47:34le NPA,
47:35nouveau parti anticapitaliste,
47:37alors les trotskistes,
47:38ils ne peuvent pas
47:39se réclamer de grand-chose
47:41donc ils sont anti,
47:42voilà,
47:42donc ils étaient anticapitalistes
47:43à l'époque
47:44et donc ils ont réussi
47:46à dépasser
47:46les quelques pourcents
47:48immédiatement.
47:48Il y a eu,
47:49non pas une,
47:49mais une cascade de scissions.
47:51À l'heure actuelle,
47:52il y a la scission
47:53qui s'appelle
47:53le NPA
47:55slash révolutionnaire,
47:57il y a
47:57révolution permanente,
47:59il y en a encore
47:59deux autres branches
48:01du NPA.
48:02Tout ça,
48:03c'est quelques centaines
48:04d'individus
48:04alors qu'ils vibrionnent,
48:05vous savez,
48:06on va regarder
48:07dans un microscope,
48:09vous avez des petits microbes
48:10ou des petits virus
48:11qui sont comme ça
48:12mais ça ne va jamais
48:13très loin.
48:14Donc je pense
48:15qu'ils vont se planter,
48:16je pense que ça
48:17c'est la première marche
48:18parce que chaque fois
48:18qu'il leur arrive quelque chose,
48:20ils ne réagissent
48:21que dans l'excès
48:22et la provocation.
48:24Mélenchon,
48:24oui,
48:25c'est bien,
48:25alors là,
48:26elle est anti,
48:26alors maintenant,
48:27ils ne sont plus anticapitalistes,
48:28ils sont antifascistes
48:29et ça leur permet
48:30de se mettre
48:32dans une posture
48:32mais c'est quoi
48:34un fasciste ?
48:35Il y a un courant historique
48:38qui est connu,
48:38qui est défini,
48:39qui est balisé
48:40mais ce n'est pas ça.
48:42Pour la pauvre Mathilde
48:44qui a dû avoir des soucis
48:45avec son papa
48:46quand elle était petite,
48:48le fasciste,
48:49c'est le papa
48:49qui rentre dans la chambre
48:50et qui dit
48:51Mathilde,
48:51tu ranges ton coffre à jouets,
48:52quoi,
48:52c'est ça.
48:53c'est-à-dire que c'est
48:53tous ceux
48:54qui les empêchent
48:54de faire tout ce
48:55qui leur passe
48:55par la tête
48:56et donc,
48:57c'est le concept
48:59de fascisme
49:00par les gens
49:01de NPA,
49:02c'est typiquement
49:02freudien,
49:03quoi,
49:05l'ambertiste
49:06ou trotskiste,
49:07etc.
49:08On est là-dedans,
49:09donc des fascistes,
49:11Bayrou est un fasciste
49:12parce que,
49:13je ne sais pas,
49:13il a dit
49:14qu'il fallait traverser
49:14au feu rouge
49:15et pas au feu vert.
49:16– Il y a ses enfants
49:17dans le hors-contrat
49:18et ça,
49:18c'est terrible.
49:18– Oui,
49:19c'est pas à Ségolène Royal
49:20que ça arriverait.
49:21– Non,
49:22évidemment.
49:22– Surtout pas.
49:23– Alors,
49:24il y a deux aspects
49:25dans ce que dit
49:26Mathilde Panot,
49:27vous avez sans doute raison,
49:28du moins,
49:29sur la possibilité
49:30que l'extrême-gauche
49:32et Mathilde Panot
49:33échouent à s'imposer
49:35lors de l'élection présidentielle.
49:36– Ah,
49:36mais ça ne rate jamais,
49:37quoi.
49:37– Pour autant,
49:38ce qu'elle dit,
49:39c'est que si,
49:40par les urnes,
49:42le mouvement de Marine Le Pen
49:44arrivait à s'imposer,
49:46nous lutterons.
49:47– Ben oui,
49:48qu'ils essayent.
49:51Parce que,
49:51je veux dire,
49:53ça relève de la simple police,
49:55quoi.
49:56Il y a quelques centaines
49:57de gens,
49:57toujours les mêmes,
49:58sous les différents noms.
49:58– Oui,
49:58mais qui tiendra la police
49:59à ce moment-là ?
50:01– Par hypothèse,
50:03si la droite nationale
50:04arrive au pouvoir,
50:04c'est elle.
50:05– On parle justement
50:06très souvent
50:07de cet état profond,
50:10notamment aux États-Unis.
50:11On en parle aussi en France.
50:12Finalement,
50:13si Marine Le Pen est élue,
50:14elle n'aura pas le temps
50:15d'avoir modifié
50:15toute la fonction publique
50:16avant d'arriver.
50:18– Alors,
50:19il y a deux choses différentes.
50:21Il y a ce qui relève
50:22des sénacles du sommet,
50:25Conseil constitutionnel,
50:26Conseil social,
50:26etc.
50:27Là,
50:27vous avez parfaitement raison.
50:29En dehors de ça,
50:30vous avez une direction générale
50:32de la police
50:32et une direction générale
50:33de la gendarmerie
50:34qui sont séculairement habituées
50:35à obéir aux ordres
50:37et vous leur dites
50:38qu'il faut maintenir l'ordre.
50:39Mais,
50:40ça paraît tellement évident
50:42et ça se passera comme ça,
50:44je peux vous le dire.
50:45D'autant plus que,
50:47comme ceux à qui,
50:48à ce moment-là,
50:49on dira,
50:50dans le respect absolu du droit,
50:51en vigueur,
50:52naturellement,
50:53de mettre fin aux excès
50:54et aux exactions,
50:56ça fait des années
50:57qu'ils sont,
50:58comment dire,
51:00vitupérés
51:01par les militants
51:02d'extrême-gauche.
51:03Tout le monde déteste
51:05la police
51:05dans les manifs,
51:06etc.
51:07Donc,
51:08je crois que,
51:09côté gendarmerie
51:10et côté police,
51:11ils le feront
51:14sans désespoir particulier.
51:16Voilà.
51:18C'est simple,
51:19c'est une opération
51:19de simple police.
51:20C'est quelques dizaines
51:22d'individus
51:22par département
51:23à qui il suffit de dire,
51:24voilà,
51:25tenez-vous tranquille.
51:26Or else,
51:27ou autrement,
51:27il va vous arriver
51:28des choses déplaisantes.
51:30Pareil pour la justice,
51:31il y en aura,
51:32je ne sais pas,
51:32de 100 qui démissionneront
51:33et puis les autres,
51:34ils feront le job, quoi.
51:35L'appareil d'État,
51:36en France,
51:36il est solide,
51:37il est séculaire.
51:38Et donc,
51:39s'il ne fonctionne pas
51:40à l'heure actuelle,
51:41ne signifie pas
51:42qu'il ne va pas fonctionner
51:43dans l'avenir.
51:44Et donc,
51:45la capacité,
51:47vous savez,
51:49dissolvante
51:51du néolibéralisme,
51:52elle ne s'étend pas
51:53aux gens
51:54qui ont le concret
51:55de la réalité
51:55sous leurs yeux.
51:57Ceux que,
51:58quand vous êtes étudiant
52:00dans une fac
52:01de lettres
52:02ou de sociologie,
52:04vous pouvez devenir
52:05trotskiste,
52:05vous êtes sur le terrain
52:07d'une usine,
52:07vous ne devenez pas
52:08trotskiste parce que
52:09c'est dur
52:10et qu'il faut gagner sa vie
52:11et que vous êtes
52:12dans la réalité des choses.
52:14Voilà.
52:14Donc,
52:15je pense que
52:16ce côté dissolvant
52:17a atteint,
52:18effectivement,
52:19alors,
52:19bien entendu,
52:20les milieux du spectacle
52:21parce que les milieux
52:22du spectacle,
52:23ils sont dans le spectacle,
52:24vous comprenez,
52:24et que la réalité des choses
52:26ne leur apparaît pas vraiment,
52:27ils ne l'éprouvent pas.
52:28ils sont dans une espèce
52:29de monde fictif
52:30et illusoire
52:31où eux-mêmes,
52:32d'un rôle à l'autre,
52:33changent de personnalité,
52:34changent de ceci,
52:35un jour ils chantent ceci,
52:36un jour ils chantent cela,
52:37un jour ils incarnent un tel,
52:39un jour ils...
52:40Donc,
52:40à ce niveau-là,
52:41c'est normal
52:42de ne pas être
52:42dans la réalité des choses.
52:43Mais sur le terrain,
52:45voilà,
52:47même Mao Tse Tung l'a dit,
52:49l'œil du paysan
52:50voit juste.
52:51Voilà,
52:51c'est ça qui se passe.
52:52Et donc,
52:53ce côté dissolvant,
52:54oui,
52:55mais l'ossature
52:56de l'appareil d'État
52:59et notamment
53:00de ce dont
53:01l'appareil d'État
53:03a besoin
53:03pour faire respecter
53:05son autorité légitime,
53:08eh bien,
53:09obéira
53:09à 98%
53:12quand on lui demandera
53:13de le faire.
53:14Évidemment,
53:14si on leur demande
53:15de prendre tous ces gens
53:16et puis de les jeter
53:17du haut des falaises
53:18à être tas,
53:18ils ne le feront pas
53:19parce que ça détend
53:20et outrepasse leurs consignes.
53:22Mais dans le respect
53:23des articles du Code
53:24et sous l'autorité
53:27de magistrats
53:29qui leur donneront
53:30l'ordre,
53:31ce n'est pas par hasard
53:31que la police
53:32s'appelle police judiciaire.
53:34À partir de ce moment-là,
53:35si c'est fait légalement
53:36et légitimement,
53:37je ne suis pas persuadé
53:39que tous les CRS
53:41et tous les policiers
53:44et tous les gendarmes
53:46courront s'inscrire
53:47à la jeune garde
53:48pour lutter
53:49contre le péril extrémiste.
53:52Ce n'est pas comme ça
53:52que ça se passe.
53:53Donc, simplement,
53:55la seule chose,
53:56c'est que…
53:56Alors, il y a longtemps de ça,
53:58quand j'étais petit,
53:58il y avait des piles électriques
54:00qui s'appelaient…
54:03La pile Vonder ne suce
54:04que si l'on s'en sert.
54:06Alors, l'appareil d'État
54:07à l'heure actuelle,
54:07ça suce quand on ne s'en sert pas.
54:09Vous voyez ?
54:09C'est le contraire.
54:10Et donc, si on ne s'en sert pas,
54:11si on ne fait rien,
54:12les choses se délitent.
54:13Mais à partir du moment
54:14où, selon des traditions éprouvées
54:17avec des méthodes
54:18que tout le monde connaît
54:19et qu'il n'y a pas
54:20un commissaire de police
54:21ou un officier de gendarmerie
54:22qui ne les connaisse pas,
54:24à partir de ce moment-là,
54:25le fait de rétablir l'ordre,
54:26c'est-à-dire éviter
54:27qu'on lâche les gens
54:28dans les rues
54:29ou alors qu'on laisse
54:30des espèces de zones
54:33hors contrôle s'instaurer
54:34dans certaines banlieues
54:35où on ne met plus les pieds
54:37parce que le préfet dit
54:37« Oh, il y a eu des élections,
54:39il n'y a pas la peine
54:39qu'il y ait des émeutes, etc. »
54:41À partir du moment
54:42où, normalement,
54:43l'ordre républicain est maintenu
54:45et qu'on ne fait pas
54:46qu'en parler comme M. Darmanin,
54:48mais on le fait vraiment,
54:49à partir de ce moment-là,
54:51eh bien, vous verrez,
54:52ça s'apaisera à 90 %.
54:54– Eh bien, plein d'espoir
54:56pour une fois, Xavier Ruffeur.
54:57– Non, non,
54:58mais je sais comment ça fonctionne.
55:00J'ai longtemps été enseignant
55:02à l'École des Officiers
55:04de la Gendarmerie Nationale,
55:05j'en connais plein.
55:06Vous savez, c'est l'appareil d'État
55:08dans sa variante régalienne,
55:10aussi bien qu'à l'école militaire,
55:12à l'école de guerre,
55:13je les connais,
55:13je vois ce que c'est.
55:14Eh bien, ce sont des gens
55:16qui ont entre eux,
55:19séculairement, multiséculairement,
55:20vous savez quelle est
55:21la plus vieille nationalisation
55:23de l'histoire du monde occidental ?
55:25C'est l'armée française.
55:281405,
55:28les premières compagnies d'ordonnances.
55:30La première fois
55:31que des barons, des ducs,
55:32se font prendre une partie
55:33de leur troupe
55:34qui est mise directement
55:34au service du roi.
55:35L'armée française,
55:37dans sa plus ancienne formation,
55:39elle remonte à 1405.
55:41Vous vous rendez compte
55:42l'intériorité ?
55:43Eh bien,
55:44tous ceux qui sont passés
55:45par ce moule-là,
55:46tous ceux qui sont passés
55:47par le moule policier,
55:48la police française,
55:50la lieutenance de police
55:52sous Louis XIV,
55:54c'est la plus vieille police d'Europe.
55:55On a une antériorité extraordinaire
55:58et là-dedans,
55:58tous les gens qui ont sucé
56:00le lait de ces institutions-là,
56:01ils ont en eux quelque chose
56:04qui fait que,
56:05d'ordinaire et le plus souvent,
56:07eh bien,
56:07l'appareil d'État
56:08reste en place
56:09et fonctionne.
56:10La France,
56:11c'est plus qu'une nation,
56:12c'est un État
56:13qui a créé une nation.
56:15Vous voyez,
56:15l'Italie,
56:16elle a une forme.
56:17C'est une péninsule.
56:19Alors,
56:19il y a une barrière de montagne
56:20et de l'autre côté,
56:21c'est l'Italie.
56:21L'Espagne,
56:22elle a une forme.
56:23Il y a une barrière de montagne
56:24et puis de l'autre côté,
56:25voilà,
56:25pour l'essentiel,
56:26c'est une nation.
56:27La France,
56:28elle n'avait pas de forme
56:29prédestinée.
56:31Où ça commence,
56:32où ça se termine ?
56:33Eh bien,
56:33c'est l'État
56:34qui a créé la nation
56:35en France.
56:35Et donc,
56:36l'appareil d'État,
56:37il est au centre de tout
56:38et d'ordinaire,
56:40même après les pires catastrophes,
56:42il fonctionne
56:42et j'ai la certitude
56:43qu'à Epsilon près,
56:45il fonctionnera
56:46le coup d'après.
56:48Merci beaucoup,
56:49Xavier Roffer,
56:49de nous avoir permis
56:50de comprendre tout cela.
56:51Merci à tous
56:52de nous avoir suivis.
56:53J'espère que cette émission
56:54vous a plu.
56:55N'oubliez pas,
56:55si vous ne l'avez pas déjà fait,
56:56le petit coup de pouce,
56:57bien sûr,
56:57vos commentaires
56:58que je lis chaque semaine
56:59avec plaisir.
57:00Je vous dis
57:01à la semaine prochaine.
57:02En attendant,
57:03portez-vous bien.
57:04À bientôt.
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