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  • il y a 3 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Bon, on passe à un autre sujet. Vous savez que le texte sur la fin de vie est de retour
00:03à l'Assemblée nationale.
00:04Ce texte qui a été rejeté par le Sénat, là il arrive en deuxième lecture.
00:10Et en fait, j'allais dire par le jeu des institutions, on revient au texte initial à l'Assemblée nationale.
00:16Donc c'est le texte d'origine qui va être étudié et examiné par les députés.
00:21Écoutez, Philippe Juvin, le député Les Républicains des Hauts-de-Seine,
00:24qui a critiqué les critères, entre guillemets, choisis pour l'accès au droit à l'aide à mourir.
00:31Il était sur Sud Radio ce matin.
00:32On nous avait vendu une loi qui s'appliquerait aux gens en fin de vie.
00:37En réalité, les critères qui sont dans la loi sont des critères extrêmement larges
00:41qui pourront concerner des patients qui ont plusieurs années à vivre.
00:45Par exemple, la loi dit qu'il faudra souffrir d'une maladie grave, incurable à un stade avancé,
00:51un cancer avec des métastases.
00:53Et pourtant, on peut vivre des années aujourd'hui avec les nouvelles thérapeutiques ciblées.
00:56Donc ce n'est pas une loi de fin de vie.
00:58Et puis moi, je vais vous dire une chose très simple.
00:59Je suis médecin et je ne veux pas, quand j'entre dans une chambre en blouse blanche,
01:03que le patient ait à se poser la question de la nature de ma venue.
01:07Alors évidemment, chacun a sa sensibilité, son histoire aussi vis-à-vis de ce sujet
01:13qui dépasse les clivages politiques d'ailleurs, on le sait.
01:17Et les parlementaires ont une certaine liberté d'expression sur ce sujet.
01:21Mais quand même, est-ce qu'on ne peut pas se demander, est-ce que la société était prête
01:25pour ce genre de débat très clivant ?
01:28Est-ce qu'il fallait absolument faire cette loi ?
01:30Ça dépend selon qui, de quelle position vous placez.
01:34Pour Emmanuel Macron, oui, je pense que lui, il a plutôt envie d'avoir une loi sociétale
01:38avant de partir, de pouvoir accrocher ça à son bilan.
01:41On en est là, c'est aussi pour ça qu'il a voulu accélérer le calendrier.
01:45Après, moi, ce que je constate quand même, c'est que, évidemment, chacun peut avoir
01:48sa propre opinion sur le sujet.
01:50Les histoires personnelles, finalement, font que vous avez un avis ou un autre.
01:53Ce que je constate quand même, quand j'écoute Philippe Juvin, qu'on vient d'entendre,
01:57qui a un discours quand même très établi, très construit, qui sait de quoi il parle.
02:00Il est médecin, qui a des arguments très intéressants.
02:03Et quand j'entends hier Éric Coquerel, dans le grand rendez-vous sur CNews et Europe 1,
02:07promoteur, lui, de cette loi pour l'euthanasie, quand on lui expose le fait qu'il pourrait
02:12y avoir, effectivement, des excès, des dérives, il semble balayer ça d'un revers
02:16de la main comme si ça n'existait pas.
02:18Et je trouve que cette légèreté, moi, m'indispose et c'est assez inconfortable à écouter
02:23parce que c'est un sujet suffisamment grave pour qu'on puisse envisager, en effet,
02:27les problèmes tels qu'ils peuvent se poser, tels qu'ils se sont posés dans d'autres
02:30pays, c'est-à-dire au Canada, en Belgique, aux Pays-Bas.
02:33On a vu ce que cette loi a entraîné comme dérive.
02:36Il me semble légitime, normal, de questionner si notre loi à nous ne va pas amener les
02:40mêmes dérives.
02:41Or, le texte tel qu'il revient de l'Assemblée, tel qu'il va être examiné à l'Assemblée,
02:45est un des plus permissifs au monde et donc, oui, ça m'inquiète beaucoup.
02:49Oui, donc c'est justifié de pouvoir en débattre, au moins.
02:51Yvan Riaufol.
02:51Oui, je remarque, en effet, que l'idéologie progressiste, c'est tout de même celle-ci
02:55qui, davantage que les autres, défend cette euthanasie, a gagné.
03:00Elle a gagné avec des effets pervers parce que cela va mettre, effectivement,
03:03les plus faibles et les plus vulnérables en état encore plus faible et plus vulnérable
03:10à partir du moment où on leur fera comprendre qu'ils sont à une charge indue pour la société.
03:15Je vous fais remarquer que ceux qui se réjouissent le plus,
03:18celles qui se réjouissent le plus, effectivement, de cette loi à venir,
03:22ce sont les mutuelles ou les complémentaires de santé
03:25qui, effectivement, voient à quel point un homme ou une femme en fin de vie
03:29coûtent, en effet, aux mutuelles ou à la collectivité.
03:33Et donc, il y a ce calcul.
03:35Je ne me résous pas, pardon, à un tel cynisme, quand même.
03:37Je suis désolé, mais ce cynisme existe.
03:39On est dans une société matérialiste qui compte ses sous
03:42et, en même temps, dans un hôpital qui manque de lits
03:45et qui montrerait, effectivement, qu'il serait, effectivement,
03:48de bonne facture pour le malade en fin de vie
03:51que de pouvoir décaniller un peu plus rapidement
03:53s'il avait bien la gentillesse de se faire faire une piqûre.
03:56Moi, je vois cela comme ça.
03:57Je vois cela comme étant une loi fondamentalement inégalitaire
04:00qui va placer les plus vulnérables en position de vulnérabilité encore accentuée.
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