00:00Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barraud a déclaré que l'ambassadeur américain en France
00:05s'était convoqué ce soir au quai d'Orsay. Écoutez Jean-Noël Barraud sur France Inter, c'était hier.
00:10Nous allons convoquer l'ambassadeur des Etats-Unis en France puisque l'ambassade des Etats-Unis en France
00:16a fait un commentaire sur ce drame dont je vous rappelais tout à l'heure qu'il concerne la communauté
00:20nationale.
00:21Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame qui endeuille une famille française
00:27à des fins politiques. Nous n'avons aucune leçon, s'agissant de la violence en particulier,
00:34à recevoir de l'international réactionnaire et les analyses de la vie politique,
00:40de la place qui occupe la violence et des violences plus généralement.
00:44Nous nous les servons nous-mêmes avec assez de verve et nous ne permettons pas que d'autres nous les
00:49servent.
00:49Alors l'administration Trump qui a fait référence aux violences d'ultra-gauche et qui a dénoncé ces violences en
00:56France.
00:56Convocation de l'ambassadeur.
00:59Ce fut déjà le cas, la réaction véhémente d'Emmanuel Macron contre Georgia Meloni
01:05qui elle aussi avait eu le malheur de faire un tweet sur la mort de Quentin Durand
01:09en disant que toute l'Europe était attristée par cette mort.
01:13Réponse qui n'a pas tardé d'Emmanuel Macron, assez ferme d'ailleurs à l'encontre de Georgia Meloni.
01:18Pourquoi cette autant de véhémence de la part des macronistes ?
01:22Je ne sais pas si vous avez entendu, mais quand même il faut s'arrêter un instant sur la formule
01:25employée par Jean-Noël Barrault
01:26qui parle de l'international réactionnaire encore pour qualifier donc les Etats-Unis et l'Italie.
01:32Deux pays qui, jusqu'à preuve du contraire, sont nos alliés.
01:35Donc voilà comment nous traitons nos alliés.
01:36De surcroît, les commentaires...
01:38Les Etats-Unis en ce moment c'est un peu plus tendu quand même.
01:40J'ose espérer que ça reste quand même nos alliés, on fait partie de l'OTAN tous les deux.
01:43Bon, il faut quand même rappeler que le commentaire américain et le commentaire italien ne tombent pas du ciel.
01:48C'est-à-dire que les Américains ont eux-mêmes été très fortement concernés par la violence d'extrême gauche.
01:53On ne va pas rappeler ici l'assassinat de Charlie Kirk, le mouvement anti-FPA qui est désormais considéré comme
01:58terroriste aux Etats-Unis.
01:59Et en Italie, on a appris que Raphaël Arnaud était allé à Rome,
02:03qu'il y a des histoires assez obscures sur des violences qui ont été commises au moment où il était
02:07là,
02:07sans forcément qu'ils soient impliqués, mais des antifas visiblement.
02:11On rappelle aussi que Georgia Meloni a simplement apporté sa compassion et a dit que c'était une blessure pour
02:16l'Europe.
02:16Est-ce que ça nécessite, ce commentaire de la part de la diplomatie française,
02:20est-ce que ça nécessite de convoquer l'ambassadeur américain en France ?
02:23Je fais juste un parallèle parce qu'évidemment on voit bien que c'est à géométrie variable.
02:27Après les émeutes, on y revient, quand l'Algérie, le régime algérien,
02:31a fait un commentaire public pour dire à la France de prendre soin et de protéger ses ressortissants,
02:37c'est ce qui avait été dit de la part de l'Algérie après la mort de Naël,
02:40l'ambassadeur d'Algérie en France n'a pas été convoqué.
02:43Donc il y a vraiment un deux poids deux mesures,
02:44on voit que l'outil diplomatique, l'organe diplomatique en France est désormais utilisé à des fins politiques,
02:49et je trouve ça déplorable.
02:50Et des fins politiques, j'allais dire intérieures.
02:51Est-ce que l'objectif n'est pas de dire, de mettre un signe égal entre les violences commises par,
02:57on va dire, l'ultra-gauche et les violences commises par l'ultra-droite ?
03:01Évidemment, dans les discours d'Emmanuel Macron, pour l'instant, c'est exactement ça qui ressort.
03:04Demain, il y a une réunion qui sera organisée à l'Elysée, où il va être question des groupes violents.
03:08Je pense qu'on va aller plus sur l'ultra-droite.
03:09Il avait demandé aux extrêmes, au pluriel, de faire le ménage dans leur part.
03:13Et simplement, juste parce qu'il y a aussi un compte, et je vous invite vraiment à le regarder,
03:15qui s'appelle French Response sur les réseaux sociaux,
03:18qui est un compte animé par le Quai d'Orsay.
03:20Dans ce compte, ils ont quand même pointé le nombre d'homicides par habitant des États-Unis,
03:24en comparaison avec celui de la France,
03:25comme s'il fallait minimiser ce qui était arrivé.
03:27Donc on est vraiment au-delà même de l'ignominie,
03:29de la part d'un organe diplomatique dont on attend un peu mieux.
03:33– Yvan Riaufol, quel regard vous portez sur cette provocation ?
03:35– Moi, je pense que le ressort est à rechercher,
03:36peut-être même au cœur même de l'intimité du président de la République,
03:39qui ne supporte pas la contradiction,
03:41et qui est prêt, lui aussi, à monter aux extrêmes dès qu'il est contredit.
03:44Ça, c'est la première chose.
03:44Et je pense que cette faille psychologique que l'on a vue chez lui,
03:48une faille de son égo, qui est brisée dans ces cas-là,
03:52peut expliquer également la prise de position de son porte-parole,
03:56parce que son ministre des Affaires étrangères n'est que la voix de son maître.
03:58Et puis la deuxième chose, c'est que les États-Unis, aujourd'hui,
04:02sont en train de porter la fin d'un système.
04:05Et la fin d'un système se voit à travers, notamment,
04:08la panique qui gagne ce que l'on a appelé le camp du bien,
04:10le progressisme, la social-démocratie en France et ailleurs.
04:13Et on voit que les États-Unis, dans le fond,
04:15sont en train de porter une attention attentive,
04:18une attention familière à toute cette voix d'un peuple
04:21qui commence à se réveiller, de ce peuple oublié,
04:23qui jusqu'alors a été considéré comme étant innommable
04:26et proche et catalogué d'extrême droite.
04:29Et qu'au contraire, aujourd'hui,
04:30cette grande révolution démocratique qui est poussée par les États-Unis,
04:33à travers cette révolution dite du bon sens,
04:35arrive aujourd'hui en France,
04:37est en train d'ébranler toute la structure
04:41dont on a décrit,
04:42de ce système politique qui ne tient plus que par des partis
04:45qui ne représentent plus rien.
04:46Et qu'au contraire,
04:48qui laisse émerger une irritation grandissante
04:50grandissante de cette population française
04:52qui, jusqu'alors, était sommée de se taire.
04:55Et je vois que les États-Unis notamment,
04:58mais également l'Italie,
05:00deviennent les porte-parole,
05:01en tout cas les garde-fous,
05:03de cette opinion qui se révulse.
05:06Et je pense que c'est ce que voit Emmanuel Macron
05:08qui essaye effectivement de diaboliser,
05:10d'autant plus, non seulement ces Français qui se réveillent,
05:12mais ceux qui les soutiennent,
05:13les États-Unis ou l'Italie de Giorgia Meloni.
05:17– Deux nouvelles sur le front de l'étranger,
05:20de l'actualité internationale
05:21que j'aimerais aborder avec vous.
05:23Déjà, les émeutes au Mexique
05:24après la mort d'un baron de la drogue,
05:26je ne sais pas si vous avez vu ça,
05:27mais tout le Mexique est sur le qui-vive.
05:30Il y a des écoles fermées,
05:31des vols annulés,
05:32ça touche une bonne partie du pays,
05:34de mémoire je crois, 32 États.
05:36Une opération militaire a tué
05:37l'un des plus gros narcotrafiquants,
05:40pardon, El Mancho,
05:42dans une opération qui a été soutenue
05:44par les États-Unis d'ailleurs,
05:45avec l'aide du renseignement américain.
05:47Je voudrais juste avoir votre regard
05:49sur cette situation.
05:51Thomas Bonnet.
05:51– Ça montre la puissance des cartels au Mexique.
05:54J'ai vu des images passées
05:55de narcotrafiquants au Mexique,
05:57suréquipés, c'est-à-dire que,
06:00de premier abord,
06:01vous vous dites que ce sont des militaires.
06:02Non, en fait, ce sont des narcotrafiquants.
06:03Donc on se rend compte
06:03à quel point leur puissance financière
06:05est désormais une puissance presque militaire.
06:08Donc en effet, on imagine le danger
06:09et la difficulté pour l'État.
06:12On parle parfois de la France
06:13qui est très en voie de mexicanisation.
06:14– Mais j'allais dire, on en est loin quand même.
06:16– On est encore loin,
06:16mais attention parce qu'il faut se rappeler
06:18qu'il y avait une délégation
06:19de magistrats mexicains
06:21qui étaient venus en France
06:22et qui avaient alerté justement
06:23en disant « Attention,
06:24si vous ne prenez pas les dispositions maintenant,
06:26vous risquez ensuite
06:27d'arriver sur le même chemin que nous. »
06:28On est encore loin, c'est vrai,
06:29mais d'où l'intérêt…
06:30– On veut des images là,
06:31de ce qui se passe, de ces émeutes.
06:32– D'où l'intérêt de frapper fort maintenant
06:34contre le narcotrafic
06:34pour éviter évidemment
06:35d'avoir ces images-là.
06:36Et puis pareil,
06:37quand on voit les images au Mexique,
06:39on relativise peut-être un peu
06:40les méthodes de Bukele au Salvador
06:42parce qu'on se dit
06:43que quand vous avez face à vous
06:44des individus si armés, si puissants,
06:47effectivement, il faut des mesures radicales.
06:48Et elles sont sans doute
06:49trop radicales au Salvador,
06:50mais ça permet de comprendre
06:51un peu l'étendue des dégâts là-bas.
06:53– Yvan Yuffol.
06:53– Oui, je n'ai pas grand-chose à rajouter
06:55sinon que le Mexique rappelle
06:57quelle est la puissance,
06:58quelles sont la puissance
06:59des cartels de la drogue
07:00qui effectivement se sont immisées
07:01au cœur même de la société civile
07:03au point de devenir des États dans l'État
07:04et peut-être même des États
07:05plus puissants
07:07que l'État fédéral,
07:09que l'État officiel,
07:10si je puis dire.
07:11Naturellement,
07:11on parle beaucoup de mexicanisation
07:13de la France
07:14quand on vient en alerte
07:15sur l'implantation
07:16de ces mêmes cartels
07:17au cœur de la contre-société.
07:19On en est quand même loin,
07:21mais l'histoire s'écrit
07:22tellement vite aujourd'hui
07:23qu'il faut prendre garde
07:24en effet de ce qui se passe aujourd'hui
07:25à travers cette solidarité
07:27parce que c'est une solidarité
07:28d'une partie de la société civile
07:29vis-à-vis de ces grands trafiquants
07:31qui visiblement
07:32avaient réussi
07:33par des actions sociales.
07:35On peut imaginer,
07:36enfin je ne connais pas bien
07:37ce sujet-là,
07:38mais enfin on peut imaginer
07:38que ce soit cela
07:39qui justifie
07:40que toute une partie
07:41de la population mexicaine
07:44proteste
07:44de l'arrestation
07:45d'un gros bonnet.
07:46Et donc cela met encore
07:48en relief effectivement
07:49la grande difficulté
07:50qu'il va avoir
07:51l'État français
07:54à lutter
07:56contre ces narcotrafiques
07:57qui viennent
07:58et qui s'implantent
07:59avec l'aval
07:59d'une partie
08:00de la population locale.
08:01Ce n'est pas forcément
08:02le choix aussi.
08:03Parfois,
08:03c'est l'aval
08:03ou parfois
08:04elle n'a pas le choix.
08:04C'est très intéressant
08:05le fait de cet aspect-là
08:07de l'adhésion
08:07d'une partie
08:08de la population
08:08parce que c'est précisément
08:09ce qui joue
08:10dans beaucoup
08:10de nos territoires.
08:11Vous avez par exemple
08:12des distributions
08:12de fournitures scolaires
08:13aujourd'hui
08:13par des narcotrafiquants,
08:15des jeux gonflables
08:16qui avaient été installés
08:17dans les quartiers.
08:17Il faut avoir des manèges,
08:18etc.
08:19Il y a des peluches
08:20pour les enfants.
08:21Il se substitue
08:21à l'autorité de l'État
08:22dans certains endroits.
08:23En effet,
08:23le risque ensuite
08:24c'est que quand vous voulez
08:25intervenir,
08:25vous avez face à vous
08:26une population
08:27qui vous rejette
08:28parce qu'ils sont pris
08:29fait et cause
08:29pour les narcotrafiquants.
08:31Merci Thomas Bonnet
08:31et Yvan Riouffel
08:32d'avoir participé
08:33à ce débat
08:33dans Europe 1.
08:35Dans un instant,
08:36les enfants d'Europe 1.
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