00:00Soyez le bienvenu. Bon, les faits ne sont pas très riants, mais il y a du courage.
00:05Il y a du courage parce qu'ils osent en parler et ils ont bien fait d'ailleurs.
00:07Je parle de Théo et de sa mère. Vous savez, depuis ce matin sur Europe 1, on en parle, on leur donne la parole.
00:13Alors Théo est un étudiant de 19 ans à Lyon. Il a été violemment agressé à trois reprises par une bande de jeunes.
00:20Mais alors, jeunes, ils sont mineurs en fait. Ils sont âgés de 14 à 16 ans.
00:24Ils habitent tous dans le 7e arrondissement de Lyon.
00:27Il a été agressé à plusieurs reprises, je le disais. Dernièrement, donc le 31 janvier, des coups dans la tête pour un téléphone portable.
00:34Violent, les coups dans la tête. C'est une agression assez sauvage.
00:38Et sa mère et lui ont décidé de médiatiser l'affaire, ce qui est courageux.
00:43Alors, je précise quand même que des images de caméras de surveillance ont pu être récupérées
00:46et ont permis d'interpeller cinq individus sur les 14 mineurs de la même bande.
00:51Ils étaient tous un petit peu connus, on va en parler.
00:53Et puis, ils vont être déférés. C'est ce que la mère de Théo nous a dit.
00:58Écoutez-la, elle s'appelle Florence.
01:00Et elle a dénoncé le manque de fermeté face à ces jeunes qui ont agressé son fils.
01:03Elle était ce matin sur Europe 1.
01:05Celui qui gentiment s'est amusé à faire du trampoline sur la tête de mon fils,
01:09il a 15 ans, il a 25 chefs d'accusation.
01:12Donc, 25 connus quand même, parce qu'il y en a bien qui sont passés à travers.
01:16Et donc, une pour torture.
01:17Comment cet enfant peut être dehors pour la torture ?
01:20La police est totalement...
01:22Ils ne savent plus quoi faire, en fait.
01:23Ils les croisent, ils nous disent qu'on ne fait que de les croiser.
01:25On sait que c'est eux, on n'a rien, on n'a pas d'image.
01:28Alors, je vais revenir sur deux, trois phrases, expression qu'elle a.
01:32La police ne sait plus quoi faire.
01:36Quel aveu d'impuissance ?
01:37C'est un aveu d'impuissance absolument incroyable.
01:39Ça montre l'échec de l'État et l'impérissie de l'État
01:42qui est plus capable de protéger ses concitoyens
01:44et surtout ses jeunes au nom d'un État de droit,
01:48au nom d'un accompagnement.
01:51L'État de droit, c'est génial.
01:53Sauf quand vous libérez quelqu'un qui est connu pour 25 faits de délinquance,
01:57notamment pour des faits de torture.
01:58À 15 ans.
02:00L'État de droit, à un moment donné, il montre quand même ses limites.
02:03Et l'État montre ses limites, en tout cas dans cette affaire.
02:05Moi, j'ai regardé, j'ai eu accès aux vidéos.
02:08Elles sont absolument choquantes.
02:10On est un des coups de pied dans la tête.
02:12On a des coups qui auraient pu être mortels.
02:14Heureusement, ils ne l'ont pas été.
02:16Et puis surtout, c'est le caractère récidiviste qui est extrêmement choquant.
02:19C'est quasiment trois agressions en cinq mois.
02:22Des agressions, encore une fois, extrêmement violentes
02:25qui montrent toute la violence de cette jeunesse
02:29qui est complètement ensauvagée, surtout qui est complètement désinhibée.
02:31C'est-à-dire que quand à la première infraction,
02:35à la première agression, il n'y a pas d'effet dissuasif ensuite,
02:38évidemment, vous recommencez.
02:40J'ai lu en détail, notamment l'article du Figaro qui détaille cette affaire,
02:45les jeunes sont encore en train d'utiliser la carte de Théo
02:49pour aller s'acheter des McDo, pour aller s'acheter des Burger King.
02:52Ils commandent sur Uber Eats avec les tickets restaurant de Théo.
02:55Voilà aujourd'hui la réalité d'être un jeune.
02:58Il a dû quitter son appartement d'étudiant pour aller revivre chez ses parents.
03:04L'affaire, elle est absolument rocambolesque.
03:07Elle est complètement lunaire.
03:10Et on a quand même l'impression que l'État est plutôt du côté,
03:13dans cette affaire, de ceux qui sont violents, de la victime.
03:16Florence, la maman de Théo, dénonce un manque de financement.
03:19On est victime, dit-elle, de notre gouvernement qui ne met pas les moyens.
03:22Est-ce que c'est juste une affaire de moyens et d'argent ?
03:24Non, je ne pense pas que ce soit qu'une affaire de moyens.
03:25Je pense que c'est une question d'autorité.
03:27On voit dans toutes les strates de la population qu'il y a un effondrement absolu de l'autorité.
03:32On l'a vu à Pau, avec ce garçon qui menace un directeur,
03:35ce garçon garçonnet même de 7 ans, qui menace un directeur, avec un couteau.
03:40À sa narration mère, une professeure qui est plantée,
03:43qui est poignardée par un gamin de 14 ans qui avait prévenu quelques heures avant qu'il allait la planter.
03:49Voilà, le problème, c'est qu'on n'a aucun protocole qui est mis en place.
03:54Et surtout, on n'a aucune autorité, on n'a aucun effet dissuasif.
03:57C'est ce que je vous dis, quand vous êtes un gamin, pour le coup un barbare, de 15-16 ans,
04:02et que vous vous en prenez à plusieurs reprises, que vous avez 25 infractions qui sont connues dans votre fiche de police,
04:09notamment pour des faits de torture,
04:11on voit bien que l'échec de l'État, ça a été d'éviter la dissuasion.
04:15Et parce qu'au bout de 25 fois, évidemment que vous allez continuer une 26e, une 27e et une 28e fois.
04:20En Suède, le gouvernement a fait savoir qu'il était prêt à abaisser l'âge de la responsabilité pénale à 13 ans,
04:28contre 15 actuellement, aujourd'hui en Suède, à partir du 1er juillet, pour une période de 5 ans.
04:34La mesure est très controversée, notamment par les experts,
04:36mais qu'en pensez-vous ? Est-ce qu'en France, on devrait abaisser la majorité pénale ?
04:40Oui, il y a cette question de la majorité pénale, il y a cette question de l'excuse de minorité.
04:44Je pense que c'est des débats qui sont intéressants, mais je ne pense pas que ce soit le cœur du sujet.
04:47Je ne pense pas que le principal axe sur ce genre de fait de société, ce soit seulement l'axe sécuritaire.
04:52Et d'ailleurs, on entend depuis quelques jours qu'il faut lutter contre la prolifération des armes blanches,
04:57mettre des détecteurs de métaux dans tous les collèges et les lycées de France.
04:59Je ne suis pas sûr qu'on arrive à rendre le cerveau de nos jeunes civilisés avec des mesures aussi sécuritaires.
05:07Donc bien sûr qu'on peut aller sur certaines choses.
05:09Et d'ailleurs, je pense que c'était intéressant de le voir dans la loi de Gabriel Attal sur la justice des mineurs,
05:13loi qui a été censurée par le Conseil constitutionnel, parce qu'il y a une décision qui était absolument déconnectée.
05:18Je vous rappelle que le Conseil constitutionnel, pour censurer un certain nombre de lois,
05:22qui rendaient plus répressive la justice, c'est basé sur des lois de 1906, 1912 et de l'ordonnance de 1945.
05:29Sauf qu'ils n'ont pas compris que nos jeunes en 2025 et 2026, ce ne sont plus les jeunes de 1906, 1912 et 1945.
05:35Je pense que c'est d'abord l'autorité.
05:37Et puis surtout, vous savez, on s'était beaucoup moqué de Gabriel Attal quand il avait voulu instaurer des cours d'empathie.
05:41Et je pense que c'est malheureusement ça le problème de la jeunesse que l'on voit aujourd'hui.
05:46C'est qu'il y a un manque d'empathie, une désinhibition, c'est-à-dire une perte des valeurs, une perte du respect d'autrui.
05:53Et donc là, c'est plus des problèmes psy.
05:54Oui, bien sûr. Moi, je pense que c'est beaucoup plus des problèmes psy.
05:56Et puis, c'est des questions de respect des valeurs qui font une société, qui font une civilisation.
06:01C'est-à-dire que quand on n'a plus aucun respect pour la vie et qu'on est fasciné par la mort, il y a peut-être un sujet.
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