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Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement national de la Somme, était l'invité du Face-à-Face sur RMC et BFMTV ce mardi 24 mars 2026.
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00:01Il est 8h28 sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy.
00:05Bonjour Madame de Belherbe.
00:06Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes député RN de la Somme, vous êtes membre de la
00:10Commission des Finances,
00:10vous êtes ce qu'on appelle le monsieur économie du RN.
00:13On va revenir bien sûr sur les municipales et sur ce nouvel équilibre au fond dans les mairies de France.
00:20Mais je voudrais d'abord vous interroger sur les prix du carburant.
00:23Il n'y aura pas d'aide directe mais ce sont les premières aides tout de même annoncées par le
00:27gouvernement.
00:28Hier Sébastien Lecornu annonce un soutien à la trésorerie des entreprises de transport et de pêche
00:34avec notamment un report des charges et de la fiscalité et puis une demande vis-à-vis des raffineurs
00:40pour augmenter la production et ainsi espérer baisser les prix. Quelle est votre réaction ?
00:45Écoutez tout ça est complètement surréaliste. On est en dehors de la réalité.
00:49Ce ne sont pas des aides, c'est des reports. Il faudra payer.
00:52Or aujourd'hui les transporteurs, les pêcheurs, les agriculteurs, le BTP ont des problèmes de marge
00:56puisque le carburant coûte beaucoup plus cher tout simplement.
00:59La matière brute en particulier, les produits raffinés ensuite.
01:02Donc moi je ne vois pas comment un certain nombre de secteurs qui sont déjà en grande tension,
01:06notamment la pêche mais aussi le transport, qui a une grande concurrence au sein de l'Europe, on le sait.
01:11Il y a déjà peu maintenant de transporteurs français,
01:14notamment le transport de marchandises a été très attaqué par l'Europe de l'Est.
01:18C'est très compliqué pour nos transporteurs de résister.
01:21Et puis alors sur le raffinage, j'avoue que je suis tombé de ma chaise.
01:23Alors pourquoi ? Parce qu'il faut savoir que depuis les années 2000, notre capacité de raffinage s'est complètement
01:27effondrée.
01:28Les gouvernements ont volontairement transféré les raffineries, soit vers la Russie,
01:33enfin ont laissé la Russie prendre l'ascendance sur un certain nombre de raffinages,
01:36notamment le gazole, mais donc aussi ensuite les pays du Golfe.
01:39Et on avait eu un débat cet automne avec M. Bérou, vous savez, sur la politique énergétique.
01:44Le Rassemblement National avait été les seuls, objectivement et sincèrement,
01:47à demander la réouverture ou le déploiement de capacités de raffinage,
01:51soit en France ou au moins en Europe, pour qu'on soit souverain.
01:54On en a six. On a tout de même six raffineries en France.
01:57La conséquence, c'est qu'on produit environ 50 millions de tonnes d'équivalent pétrole en produits raffinés en France.
02:03On en importe 25.
02:05Donc c'est quand même une grande dépendance, excusez-moi.
02:09Et en plus, c'est un peu déséquilibré.
02:11Parce qu'en fait, quand vous raffinez un produit pétrolier,
02:14vous n'en faites pas ce que vous voulez.
02:15À partir d'une tonne de pétrole, vous pouvez faire tant de gazole, tant d'essence, tant de mazout.
02:19Et donc, comme on surconsomme du gazole dans notre parc automobile,
02:24même le raffinerie ne suffise pas à produire le gazole,
02:27même à due proportion du nombre de raffineries qu'on a.
02:28Donc on doit sur-importer du gazole.
02:30C'est pour ça qu'aujourd'hui, le gazole est plus cher dans les stations-service que l'essence.
02:35Parce que vous savez, pendant longtemps, le gazole était moins cher.
02:37C'est un argument de vente.
02:38D'ailleurs, le gouvernement français, c'est ça.
02:40C'est un argument de vente pour un certain nombre même d'automobiles.
02:43Et notamment dans le parc professionnel.
02:46Absolument.
02:46Mais il y avait pire que ça.
02:47C'est que le gouvernement avait incité les Françaises et les Français à acheter des voitures gazole.
02:52Il y avait un avantage fiscal.
02:53Jusqu'à Ségolène Royal, à peu près, Emmanuel Macron, 2015-2017.
02:57Or, une fois qu'on a dit aux Français de s'équiper,
02:59une voiture, ça ne dure pas 5 ans pour une classe moyenne.
03:02Ça dure, classe populaire, je n'en parle même pas.
03:04Ça dure 10, 20 ans.
03:06Donc en fait, les gens sont prisonniers avec le gazole que le gouvernement a conseillé d'acheter.
03:09Et non seulement ils sont surtaxés, mais en plus, on doit importer ce gazole qui nous coûte très cher.
03:14Donc la seule solution, c'est baisser les taxes.
03:16La seule solution pour vous, c'est de baisser les taxes ?
03:17Il n'y a aucune autre solution.
03:18Là, je recevais ce matin sur RMC le représentant des raffineries de pétrole.
03:22Il disait qu'on peut augmenter peut-être de quelques pourcentages de notre production.
03:26Il y a une des raffineries qui sera peut-être prête, sa grave en chon, à augmenter de 10%.
03:33Mais du côté total, par exemple, le principal raffineur sur le sol français,
03:36ils ont dit qu'il n'y aura pas d'augmentation de production parce qu'ils sont déjà au maximum
03:40de la production.
03:42Donc il faut baisser les taxes.
03:43Il faut absolument baisser les taxes.
03:45Et l'autre solution qui existe, qui coûte rien, c'est ce qu'on appelle les certificats d'économie d
03:50'énergie.
03:51Vous savez que le Rassemblement National avait vraiment dénoncé, avec Jordan Mardella et Marine Le Pen,
03:55l'augmentation de 2 à 4 milliards des certificats d'énergie.
03:58Qu'est-ce que c'est ? C'est une quasi-taxe que versent les pétroliers et les énergéticiens sur
04:03les produits carbonés
04:04qui doit alimenter une caisse qui, sous-disant, fait des travaux d'économie d'énergie.
04:08Ça représente aujourd'hui 15 centimes, entre 15 et 17 centimes sur un litre.
04:12Donc celle-là, on peut au moins la reporter ?
04:15Il faudrait la enlever, parce que ce ne sont même pas les finances de l'État, là.
04:18Et en fait, ça ne financera pas un certain nombre de mécanismes, sous-disant d'économie d'énergie,
04:23qui ont été très critiquées par la Cour des Comptes.
04:24Il y a un rapport de la Cour des Comptes à la demande, d'ailleurs, du Rassemblement National à la
04:27Commission Finance.
04:28On peut qualifier ça d'entreprise mafieuse, aujourd'hui.
04:31Vous avez des milliards, plusieurs milliards d'euros.
04:33Qui est une entreprise mafieuse ?
04:35L'espèce de mécanisme qu'ils ont créé.
04:37Si vous voulez, c'est une taxe privée.
04:38Je ne sais pas si vous vous souvenez, sous l'ancien régime, il y avait ce qu'on appelait les
04:40fermes générales.
04:41En fait, c'était des acteurs privés qui levaient des taxes.
04:44Et c'était évidemment haïs par les Français, ils avaient bien raison.
04:46On a recréé une espèce de ferme générale.
04:47Donc vous avez des milliards d'euros qui sont levés par des machins privés,
04:51et qui après se reversent sans entre eux, avec beaucoup de détournement d'argent.
04:55Et moi j'invite vraiment une fois de plus, je suis un peu lanceur d'alerte là-dessus,
04:58il faut s'intéresser à ce scandale, parce que ce sont des milliards d'euros
05:01qui sont quasiment détournés chaque année, en tout cas qui ne sont pas du tout pour les économies d'énergie,
05:05en tout cas 15 centimes par litre.
05:06Il faut foutre ça à la poubelle immédiatement, on récupérera cette marge.
05:10Alors il faudra contrôler que ce soit bien répercuté.
05:12Parce que comme les gens ne savent pas que ça existe,
05:14je n'ai pas envie que les pétroliers se le mettent dans la poche.
05:15Jean-Philippe Tanguy, les résultats des élections dimanche soir,
05:20vous avez, vous le RN, gagné de nombreuses villes moyennes.
05:25Vous avez échoué aux portes de Marseille, de Toulon, qui devait être la vitrine du RN.
05:30Et ce matin, ça m'a particulièrement intéressée, j'ai reçu sur RMC le nouveau maire de Clermont-Ferrand.
05:35A Clermont-Ferrand, le RN a fait 3%.
05:38C'est une ville qui est passée à droite, après avoir été à gauche depuis 1919,
05:45et ils sont passés à droite, mais la droite classique, la droite LR,
05:48ils n'ont absolument pas eu besoin de vous.
05:50Est-ce que cette France-là n'est pas en train complètement de vous échapper ?
05:54Non, enfin pas du tout.
05:55En l'occurrence Clermont-Ferrand, il y a eu effectivement au deuxième tour un grand transfert de voix
05:58de notre candidat.
05:59Qui vous a siphonné, littéralement.
06:00Non, mais au premier tour, il y avait un bon score du RN.
06:03Mais nos électeurs, vous savez, ils sont rationnels.
06:05Nos électeurs, à la plupart du temps, ils sont rationnels.
06:07S'ils voient qu'il y a une possibilité, comment dire, d'améliorer leur situation
06:10ou d'éviter le pire avec la gauche, il peut y avoir des transferts.
06:13D'ailleurs, c'est pour ça que nos scores de deuxième tour, parfois, sont plus difficiles
06:16dans les endroits.
06:17Mais les transferts, ils marchent dans ce sens-là.
06:18C'est-à-dire qu'au fond, on voit bien, quand c'est un candidat de la droite classique,
06:25LR en l'occurrence, en effet, il est, dans ces moments-là,
06:30l'électeur RN, visiblement, se dit, au fond, je vais aller vers le candidat de droite.
06:34C'est pas le cas de l'autre côté. Vous avez eu, et c'est notamment le cas à Toulon,
06:38un véritable barrage, mais depuis la droite classique.
06:41Vous savez, pour faire quand même, comme a fait Laure Lavalette, presque 48% des voix,
06:45il y a eu des transferts de vote.
06:47Mais pas suffisamment.
06:47Regardez, à Marseille, Mme Vassal passe de 15% à 5%.
06:51Donc, on a exactement 10 points de transfert.
06:52Est-ce que la droite classique n'est pas en train de reprendre du poil de la vette ?
06:55Non, pas du tout. Sincèrement, pas du tout.
06:56De toute façon, c'est les électeurs qui sont libres.
06:57C'est les Françaises et les Français qui sont libres.
06:58Les électeurs n'appartiennent à personne.
07:00On ne va pas se comporter comme ceux qu'on combat.
07:02Mais je ne crois pas du tout, Mme de Melle.
07:04Je pense que le problème de la droite, c'est qu'elle n'a pas le courage,
07:06parce qu'on dit la droite la plus bête du monde.
07:08C'est la droite la plus lâche du monde.
07:10Elle n'a pas le courage de fusionner, surtout avec un certain nombre de candidats à l'Assemblée nationale,
07:15pour respecter les électeurs, parce qu'ils veulent être défendus, ils veulent être représentés.
07:19C'est normal de vouloir avoir des représentants quand on vote.
07:21C'est d'ailleurs très bizarre, cette attitude de refus de la représentation des électeurs.
07:25Nous, on a proposé, par exemple à Nîmes ou ailleurs,
07:27non pas que la droite se retire, ou à Marseille d'ailleurs,
07:30mais qu'elle fusionne avec nous, parce qu'on considère que les électeurs de droite classiques
07:35doivent être représentés comme tout le monde.
07:37Et donc ce qui est dommage, c'est cette volonté de retirer les listes.
07:40Je pense qu'en plus, ça affaiblit la démocratie.
07:42Ce n'est pas normal de dire aux gens, vous n'existez pas.
07:44Tous les électeurs doivent être représentés.
07:46Et je n'ai pas compris, enfin si j'ai compris, parce que j'en viens,
07:48l'attitude de la droite, l'ancienne UMP, c'est vraiment des lâches.
07:53C'est des gens qui ne veulent pas en fait arriver à leurs objectifs,
07:55qui préfèrent que la gauche gouverne encore un peu,
07:58pour récupérer le magot, magot qu'ils n'ont pas,
08:00parce que les électeurs les délaissent.
08:02Tout ça est un peu pitoyable.
08:03Jean-Philippe Tanguy, vous dites que c'est pitoyable,
08:05mais quand on regarde, au fond, le seul très grand maire que vous ayez eu,
08:09il n'est pas RN.
08:11Il y a Louis Allioux quand même.
08:12C'est Éric Ciottini.
08:12Alors, il y a Louis Allioux, permettez-moi, je n'aime pas trop cette expression.
08:16Mais je veux dire, honnêtement, là, tout le monde parle de Nice.
08:20Mais Nice, ce n'est pas le RN ?
08:21Bon, c'est quand même les électeurs.
08:23Je pense qu'il y a beaucoup d'électeurs RN,
08:24et Éric Ciotti le sait très bien, il y a beaucoup d'élus.
08:27Il le sait tellement bien qu'il n'avait pas mis l'étiquette RN,
08:32et il ne l'a quasiment pas revendiquée pendant toute sa campagne.
08:35Vous savez que c'est les municipales, il y a Louis Allioux non plus,
08:38tout le monde sait qu'il est vice-président du RN,
08:39il a voulu se présenter comme président du RN.
08:42Ni Marine Le Pen, ni Jordan Bardella n'ont été à Nice pendant la campagne.
08:46Moi, j'avais fait les appes maritimes pendant deux jours,
08:48et on n'a parlé que d'Éric Ciotti.
08:50Je pense que ça, c'est un mauvais procès, sincèrement, qu'on nous fait.
08:53Par ailleurs, le nombre de mairies RN passe de 13 à presque 70.
08:59Tout à fait.
09:00Donc, c'est une implantation très importante.
09:02Le nombre de départements couverts passe d'une cinquantaine à 84 de mémoire.
09:06Donc, c'est vraiment une implantation nouvelle.
09:09En plus, je ne crois pas que ce soit ce que vous pensez,
09:11il n'y a pas de petites et de grandes mairies.
09:12Il y a des Françaises et des Français qui sont dans des mairies.
09:14Tout à fait.
09:14Il y a aussi une sociologie.
09:17Il y a un nombre d'habitants et il y a des catégories,
09:18mais il n'y a pas de petites ou de grandes mairies.
09:21On est d'accord là-dessus.
09:21Mais vous savez ce qui est aussi inquiétant, au-delà du rassemblement national ?
09:25C'est ce fossé, vraiment, entre les métropoles et le reste de la France.
09:28Moi qui m'inquiète.
09:29Parce que le but de la politique, ce n'est pas de gagner pour gagner.
09:32C'est de gouverner.
09:33C'est de porter des projets et c'est que les gens vivent ensemble.
09:35Or, aujourd'hui, franchement,
09:37qu'est-ce que les picards qui votent très majoritairement pour le RN, par exemple,
09:41ou le bassin minier, a à dire aujourd'hui à un Parisien
09:44qui vote à presque 70% pour la gauche ?
09:47Vous dites qu'il y a deux Frances désormais ?
09:50Là, ça devient visible à l'œil nu.
09:55Il faut qu'on retrouve collectivement toutes les forces politiques,
09:58toutes les forces démocratiques, des chemins pour se parler.
10:00Je vais vous interroger sur les...
10:01Parfois même, ils se combattent l'un et l'autre.
10:03Parfois, j'ai l'impression que la Picardie vote contre Paris
10:05et que Paris vote contre la Picardie.
10:07Et ça, c'est très inquiétant.
10:08À Nice, je vous repose la question, pardon,
10:10mais est-ce que vous revendiquez la victoire à Nice comme une victoire RN ?
10:13Comme une coalition RN-UDR.
10:16Laurent Wauquiez, ce matin, chez nos confrères d'RTL, a dit
10:20« Quand j'écoute Edouard Philippe, je me dis que je peux travailler avec lui,
10:24avec Sarah Knafow aussi. »
10:26Dès maintenant, les LR doivent voir comment se rassembler,
10:30les idées et ensuite avec qui ?
10:31Jusqu'à Sarah Knafow.
10:33Donc, ça veut dire que ça s'arrête juste au bord de chez vous, quoi.
10:38Non, mais tant mieux.
10:39Nous, on n'a aucun projet présidentiel à porter avec M. Philippe,
10:42enfin, l'homme des gilets jaunes.
10:43Et avec Sarah Knafow ?
10:44Je reviendrai, il n'y a pas de problème.
10:45On parlait des...
10:46Mais c'est M. Philippe qui est susceptible de gagner,
10:48ce n'est pas Sarah Knafow.
10:50On parlait du prix du carburant,
10:51la plus grande révolte fiscale,
10:53parce qu'ils avaient taxé l'énergie, le fioul, le gaz,
10:56les moyens de vivre.
10:56Les gilets jaunes.
11:07ont explosé ensuite l'injustice fiscale
11:10avec la suppression de l'ISF
11:13pour justement justifier la hausse des taxes sur le carburant.
11:17Donc, M. Philippe, on n'a rien à faire avec cet individu.
11:20Et avec Laurent Wauquiez ?
11:21Mais Laurent Wauquiez, malheureusement, il n'est plus de droite, quoi.
11:24Il est totalement macronisé.
11:26Franchement, s'il y en a deux qu'on voyait tout le temps ensemble,
11:28qui étaient inséparables,
11:30c'était Éric Ciotti et Laurent Wauquiez.
11:31Je ne suis pas sûre qu'ils aient profondément changé l'un l'autre.
11:33Ils ont juste changé de stratégie.
11:35Mais fondamentalement, vous êtes proche d'Éric Ciotti,
11:37il a longtemps été l'ami de Laurent Wauquiez.
11:39Oui, mais je pense que Laurent Wauquiez a beaucoup déçu.
11:41Notamment, moi, je ne pensais pas que ce serait M. Wauquiez
11:43qui serait l'agent de facilitation du vote du budget
11:46à l'Assemblée nationale,
11:48avec l'année dernière plus de 20 milliards de hausse d'impôt,
11:51cette année 10 milliards,
11:52un déficit qui part complètement dans le décor,
11:54et sur tous les sujets.
11:55Et M. Wauquiez a refusé toutes les fusions avec le RN.
11:58Mais j'allère que moi, les électeurs,
11:59ça sert de Sarah Knofou, peut-être Sarah Knofou elle-même,
12:02parce que là, ce que fait Wauquiez, c'est vraiment...
12:04Enfin, c'est cousu de fil blanc, c'est énorme,
12:05c'est une corde, c'est même plus un fil.
12:07Mais c'est très bien qu'il n'y aura pas de primaire
12:08entre Edouard Philippe et Sarah Knofou,
12:10ça n'a aucun sens, ça n'existe pas.
12:12Donc, en fait, il veut s'attribuer la popularité de Sarah Knofou
12:15pour la primaire qu'il va faire avec Edouard Philippe.
12:17Donc, il y aura peut-être une primaire
12:18entre les centristes, peut-être jusqu'à Grébé Réalatale,
12:21et M. Wauquiez.
12:22C'est un baiser de Judas à Sarah Knofou pour vous.
12:23Mais bien sûr, mais c'est exactement du grand Wauquiez.
12:25Je veux dire, sur la place de Paris,
12:27vous savez, moi, je ne suis pas un faux cul,
12:28sur la place de Paris, Laurent Wauquiez est vu
12:29comme le Machiavel aux petits pieds de tout Paris.
12:32Voilà, donc, c'est vraiment ridicule.
12:34Moi, vraiment, j'alerte les électeurs de Sarah Knofou.
12:36Il essaie de vous séduire,
12:37il essaie de faire croire que vous pouvez être dans la primaire,
12:40alors qu'il sait très bien que ni Edouard Philippe,
12:42ni Xavier Bertrand, ni Gérard Laché,
12:45bref, tous les chefs à plumes de LR
12:47n'accepteront jamais d'avoir une primaire avec Sarah Knofou.
12:50C'est normal, puisque Sarah Knofou,
12:51sur un certain nombre d'opposition,
12:53elle est même plus dure que le RN dans la vision des LR,
12:56je veux dire, évidemment.
12:56Bon, donc tout ça n'est pas sérieux.
12:58Et moi, j'ai un peu un coup de gueule à le faire là-dessus,
13:01parce que j'écoutais M. Wauquiez en venant avant chez vous.
13:03C'est vraiment ce cynisme à deux balles.
13:05Je ne le supporte pas.
13:06C'est-à-dire ?
13:06C'est-à-dire, il ment volontairement.
13:08Il sait très bien que Sarah Knofou ne sera pas dans la primaire
13:11avec Bertrand et compagnie.
13:13et juste, il est en train de mentir à leurs électeurs
13:15pour se prendre le petit magot électoral,
13:17les 4-5% de Mme Knofou.
13:20Moi, je trouve ça écœurant,
13:21parce que c'est mentir aux électeurs,
13:23c'est manipuler les électeurs sciemment.
13:25On peut parfois se tromper involontairement.
13:27On peut faire des erreurs involontaires.
13:29Je pense à la mémoire de Lionel Jospin.
13:30Nul n'est parfait, mais c'était un homme intègre.
13:33Ce n'est pas un mec qui mentait aux électeurs.
13:35On peut se tromper, moi je ne peux pas non plus,
13:36tout le monde peut se tromper.
13:37Mais là, M. Wauquiez, il ne se trompe pas.
13:39C'est ça ce que vous essayez de dire.
13:43C'est vraiment des manipulations à deux balles.
13:45C'est dire, on va faire croire aux électeurs de Mme Knofou
13:47qu'on va les mettre dans la primaire.
13:48On va les ridiculiser, on va les prendre.
13:51C'est de la manipulation.
13:52Et vous, vous lui dites quoi à Sarah Knofou ?
13:54Je lui dis de ne pas se laisser avoir par Laurent Wauquiez.
13:57Et c'est de travailler au grand rassemblement.
13:59Mais est-ce que vous pourriez, au fond, rassembler ?
14:00C'est-à-dire, si je comprends bien,
14:03au fond, elle basculerait du côté de Laurent Wauquiez.
14:06C'est ce qu'il espère, ou en tout cas,
14:07ce qu'il fait mine d'espérer,
14:10si je vous écoute bien.
14:11Mais au fond, est-ce que ça veut dire
14:13que vous, vous préféreriez qu'elle reste de votre côté ?
14:16Mais le problème de la démarche de Sarah Knofou
14:19et d'Éric Zemmour surtout,
14:20c'est qu'ils n'ont existé que pour diviser
14:21et affaiblir le rassemblement national.
14:23À la première sortie politique d'Éric Zemmour,
14:26quand il a lancé sa campagne présidentielle,
14:28il avait nommément cité la fin du rassemblement national
14:31et la fin de Marine Le Pen.
14:33Donc c'est une candidature qui n'est là que pour diviser.
14:35C'est ce que nous expliquons depuis la création de Reconquête.
14:37Tout le monde est libre de se présenter,
14:39tout le monde est libre de faire des propositions,
14:40mais au mieux, M. Zemmour ne sert qu'à diviser,
14:42au pire, par un certain nombre d'énormités de provocations qu'il fait,
14:46il donne des arguments à la gauche
14:47pour rester au pouvoir ou au macronisme.
14:49Jean-Philippe Tanguy, Marine Le Pen est en Hongrie,
14:52elle est à l'Assemblée des Patriotes pour l'Europe,
14:56à l'invitation du Premier ministre hongrois, Victor Orban.
14:59Dans le contexte actuel international,
15:04est-ce que vraiment on a envie d'être ami avec les amis de la Russie ?
15:08Je pense que M. Orban est ami avec les Hongrois.
15:10M. Orban, c'est un pays qui défend sa souveraineté
15:14dans une situation extrêmement difficile.
15:17La Hongrie est un pays isolé géographiquement.
15:19Par exemple, au niveau du pétrole et du gaz,
15:21ils n'ont pas accès à la mer comme nous.
15:23Alors, c'est sûr, parfois, j'ai l'impression que vous savez,
15:25certains jouent un peu comme les jeux vidéo.
15:27Ils pensent qu'il suffit de prendre des décisions sur un bout de table
15:30pour changer les choses.
15:31La Hongrie, ils sont dépendants d'un certain nombre de choses qui viennent de Russie.
15:33C'est plus difficile pour eux que pour le Grand Ouest.
15:37Mais ça veut dire que le courage est à géométrie variable ?
15:38Non, ce n'est pas le courage, c'est la réalité.
15:39Je pense que si les dirigeants français...
15:40Donc, en fait, face à la réalité, la question du courage n'a pas d'intérêt.
15:44En fait, les intérêts sont plus élevés que la question du courage ?
15:48C'est la réalité.
15:49Vous savez très bien que le gaz russe, par exemple, il passe encore en Ukraine.
15:51Les Ukrainiens, ils étaient en guerre contre la Russie.
15:54Alors, c'est notamment justement...
15:55Ils avaient un péage, vous savez, sur le gaz.
15:58Donc, la réalité, et ce n'est pas ce que vous dites vous,
16:00mais ce n'est pas tout blanc, tout noir.
16:02Il se trouve qu'historiquement, la Hongrie est dépendante de la Russie
16:04et qu'elle ne peut pas sortir de cette dépendance d'un claquement de doigts
16:06comme le peu la France, qui a des ports où on peut transformer le gaz liquide.
16:09Alors, il y a une chose qui est la question de la dépendance.
16:11Vous parlez notamment de la question de l'oléoduc de Roujba,
16:15qui a été endommagée, qui permet...
16:18D'ailleurs, d'après une sorte d'exception à la Hongrie
16:23de prendre du pétrole russe,
16:27malgré les vétos du reste de l'Union européenne,
16:31il y a le Washington Post aussi.
16:32Et ce n'est pas uniquement une question d'intérêt économique.
16:35Le Washington Post révèle que le ministre des Affaires étrangères hongrois
16:39communiquait en direct, par téléphone, à son homologue russe,
16:44Sergei Lavrov, pendant les réunions européennes de la semaine dernière,
16:47qui sont des réunions confidentielles.
16:50Est-ce que ça, vous vous dites, c'est pas grave ?
16:51C'est parce qu'ils ont des intérêts ?
16:53Ça, il faut, comment dire, mettre les choses au clair là-dessus, évidemment.
16:56Ça n'a rien à voir avec ce que j'ai dit avant.
16:57Non, mais est-ce que les intérêts économiques sont plus hauts que les intérêts moraux ?
17:02Non, mais ça, c'est une opposition qui n'existe pas.
17:03Parce que quand vous vous occupez de la vie des gens, vous devez vivre.
17:06Donc ça, c'est un peu des choses de privilégiés.
17:08Ça, c'est des concepts de gens qui ont tout, de riches.
17:10Parce que nous, on est une nation riche, même si beaucoup de Français ont des difficultés.
17:14Excusez-moi, c'est différent, si je peux me permettre.
17:16Parce qu'il y a des réalités à gérer.
17:17Moi, c'est ce que je défends.
17:18Et je n'ai aucun problème à le défendre.
17:20Parce que si on était dans cette situation, on ferait moins les malins.
17:23Mais ce que vous dites, là, c'est autre chose.
17:24Ça peut être de la déloyauté.
17:26Mais il faut mettre au clair cette affaire.
17:27Une enquête sera sans doute ouverte.
17:29En mettant son veto sur le prêt de 90 milliards d'euros
17:33que l'Union Européenne devait octroyer à l'Ukraine,
17:36Viktor Orban défend les intérêts de son pays.
17:39Voilà ce que dit Marine Le Pen.
17:40À peu près comme vous.
17:40C'est-à-dire quand même la question des intérêts.
17:42Quand on a des intérêts avec la Russie,
17:45eh bien, finalement, la Russie est au-dessus de l'Union Européenne.
17:49Là, ce n'est pas les intérêts avec la Russie.
17:51C'est que c'est un prêt qui ne sera pas remboursé.
17:53Et on commence à être exposé financièrement en Ukraine
17:56à un niveau complètement déraisonnable et non finançable.
17:59Vous savez, moi, ça m'étonne beaucoup tous ces gens qui pensent
18:02que parce qu'ils font des chèques avec l'argent des Français et des Européens,
18:05ils sont courageux.
18:06Mais ce n'est pas leur argent.
18:07Tout ça est très facile.
18:08Il se trouve que ce n'était pas l'argent de la Hongrie,
18:10puisque la Hongrie, sur un mécanique,
18:12et vous connaissez parfaitement, je le sais,
18:14toutes ces questions-là,
18:15par un mécanique, n'était pas liée à ce prêt.
18:18Elle n'allait pas, elle-même, payer les intérêts de ce prêt
18:21puisqu'elle n'était pas obligée qu'il y ait une unanimité des 28 pays.
18:24Sauf que, malgré le fait qu'on ne lui demandait rien à la Hongrie,
18:27ils ont décidé de bloquer cette possibilité pour les autres pays européens
18:32de contracter ce prêt à l'Ukraine.
18:35C'est ça, nos amis ?
18:38Indirectement, Madame de Malherbe, en fait, ils sont concernés
18:40parce que la clé de répartition est telle que ça auberra d'autres financements européens.
18:45Il n'y a pas d'argent magique en Europe.
18:46Vous savez que les ressources de l'Europe sont, par traité,
18:49limitées autour de 1% du PIB de tout le continent.
18:53Et que donc, si, comme on disait,
18:55ils avaient promis ce qu'on appelle des ressources propres,
18:57excusez-moi, c'est un peu technique,
18:58pour rembourser le prêt, d'ailleurs, sur le Covid et le nouveau prêt.
19:01Or, ces ressources propres n'existent pas.
19:04Donc, en fait, c'est remboursé par le moyen ordinaire de la contribution des États.
19:08Et donc, ce sera au détriment des fonds structurels,
19:10qui est notamment tout cela, Hongrie.
19:11Et donc, ce n'est pas votre priorité, on l'a bien compris.
19:13Non, mais parce qu'aujourd'hui, on ne peut pas payer.
19:15Je suis désolé, en tout cas, il faut des actifs en face
19:18qui permettent d'assurer le financement pour les Françaises et les Français.
19:2190 milliards, là, c'est entre 10 et 20 milliards
19:24qui sera payé par les Français sur ce seul prêt.
19:26Il y en a d'autres.
19:26Voilà, et une fois de plus, c'est très facile
19:29de se donner un beau rôle
19:30en donnant des dizaines de milliards d'euros
19:32qui sont l'argent des autres.
19:33C'est pour ça qu'on est courageux.
19:35Merci Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme.
19:38Il est 8h48 sur AMC, BFM TV.
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