- il y a 18 minutes
Mort de Quentin Deranque : trois des sept personnes mises en examen étaient d'actuels ou anciens collaborateurs parlementaires du député LFI Raphaël Arnault. L'élu fondateur de la Jeune Garde peut-il rester député ? Faut-il mieux encadrer le statut d'assistant parlementaire ? La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet est l'invitée de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 24 février 2026.
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00:00Va Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est 7h42, elle est la présidente de l'Assemblée Nationale, Yael Broun-Pivet, l'invité d'RTL Matin.
00:07Bonjour et bienvenue sur RTL, Yael Broun-Pivet.
00:09Bonjour Thomas Soto.
00:10Allez-vous faire voir, c'est en substance le message envoyé par l'ambassadeur des Etats-Unis en France, Charles
00:14Kushner,
00:15qui était pourtant convoqué hier soir au ministère des Affaires étrangères, suite à ses propos sur la mort de Quentin
00:19de Ranck,
00:20mais qui a choisi de ne pas y aller.
00:21Ça en dit long sur le respect que les Américains ont pour nous.
00:24Est-ce qu'on peut accepter de se faire humilier comme ça ?
00:26Alors pour nous, il faut étendre, puisque j'ai cru comprendre que la même scène s'était déroulée en Belgique
00:33notamment,
00:33et dans d'autres pays, donc on voit qu'on a une diplomatie américaine qui n'a rien à voir
00:37avec la diplomatie américaine qu'on connaît.
00:40Donc évidemment, il faut se parler, évidemment il ne faut pas se laisser faire.
00:43Mais il faut sanctionner ou pas ? Parce que là, Jean-Noël Barreau a fait savoir que l'ambassadeur voyait
00:47révoquer son accès direct au gouvernement.
00:49Autrement dit, il ne va plus pouvoir appeler les gouvernements en direct, ça va lui faire une belle jambe, non,
00:52Kushner ?
00:52J'ai vu ça, moi je me suis entretenue avec lui il y a quelques mois de cela sur l
00:57'antisémitisme.
00:58On voit que c'est quelqu'un qui est assez inhabituel dans sa façon de faire, mais quoi qu'il
01:03en soit, c'est l'ambassadeur des Etats-Unis en France.
01:05Donc il faut lui dire ce que l'on pense, mais en même temps, il faut continuer à échanger, parce
01:09qu'on a besoin d'échanger avec les Américains.
01:12Moi je serai moi-même aux Etats-Unis dans une dizaine de jours pour discuter avec mon homologue.
01:16On a besoin de se parler, de se dire les choses, de se dire surtout nos désaccords et de se
01:20dire là où sont nos limites.
01:22Et donc c'est ce que fait le ministre des Affaires étrangères et c'est très bien ainsi.
01:25Conséquence de la mort de Quentin Derand qui va y avoir ce matin à l'Elysée, une réunion sur les
01:28groupuscules violents d'ultra droite et d'ultra gauche.
01:31On connaît les liens insumés entre la jeune garde et la France insoumise.
01:34Mais au-delà de cet exemple, selon vous, LFI et l'ERN, sont-ils coupables de connivence ou à minima
01:40d'indulgence envers ces groupuscules ?
01:42Ce qui est sûr, c'est que ce sont deux extrêmes qui ont des groupuscules qui véhiculent leurs idées de
01:50façon violente.
01:51On le voit bien, il y a des liens entre ces deux parties.
01:55Y compris l'ERN avec l'ultra droite ?
01:56Évidemment, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt.
01:59Et il ne faudrait pas, parce qu'il y a eu le drame de Lyon, considérer qu'il n'y
02:04a que l'ultra gauche qui fout le bazar dans nos rues et que l'ultra droite est blanc-blanc.
02:09Ce n'est pas le cas et on le sait tous.
02:11Donc en fait, il faut simplement qu'on continue notre action très ferme, interdire ces groupes d'action lorsqu'ils
02:18commettent des violences et qu'ils commettent des actions contraires aux lois de la République.
02:22Que la justice, lorsqu'elle est saisie, soit extrêmement ferme et j'attends bien qu'elle le soit, notamment dans
02:28l'affaire de Lyon.
02:29Et ensuite, politiquement, il faut être ferme également.
02:32On ne peut pas continuer à être complaisant.
02:33J'ai entendu hier Jean-Luc Mélenchon sur Youtube.
02:37Il est d'une complaisance totale et ça, c'est coupable.
02:40Et à propos de Raphaël Arnaud, il a été très clair, nous ne chasserons pas de nos rangs le camarade
02:44Raphaël Arnaud qui, rappelons-le, a créé cette jeune garde, dont acte ?
02:47Déjà, il a une drôle d'idée de la démocratie puisqu'il sélectionne les médias qui ont le droit de
02:52l'interroger.
02:53Ça me paraît assez surprenant.
02:55Quand on est un homme ou une femme politique, on doit faire face à tout le monde.
02:58On n'a pas à faire du tri entre les journalistes qui vous interrogent.
03:02Ça, c'est pour Jean-Luc Mélenchon, mais pour Raphaël Arnaud...
03:04Mais c'est important, vous savez, parce qu'on va avoir un débat présidentiel qui va commencer dans les mois
03:08qui viennent.
03:09Et la presse doit pouvoir faire pleinement son travail, avec tout le monde.
03:13C'est fondamental.
03:14Et Raphaël Arnaud, est-ce que ça vous gêne, vous, quand vous êtes sur le perchoir de l'Assemblée, que
03:17vous présidez, de le voir encore dans l'émission ?
03:19Alors, pour le moment, je ne l'ai pas revu, Raphaël Arnaud.
03:21Il n'est pas revenu à l'Assemblée nationale.
03:23Il est toujours député parce qu'il a été élu par nos compatriotes.
03:28Et dans une démocratie, la présidente de l'Assemblée nationale ne peut pas démettre un député de ses fonctions.
03:33La seule chose que l'on peut faire, et on l'a fait à plusieurs reprises, c'est quand il
03:37y a soit des fautes dans l'hémicycle
03:39qui empêchent la délibération ou des manquements déontologiques faits par un député.
03:43C'est ce que nous avons fait, notamment pour Mme Engrand, pour M. Kerbra.
03:46Nous pouvons prononcer une exclusion de maximum 15 jours.
03:50Mais ça, c'est l'Assemblée nationale qui le prononce dans son ensemble et ce n'est pas la présidente.
03:53On se pose pas mal de questions, d'ailleurs, sur les règles à l'Assemblée nationale.
03:55Raphaël Arnaud, il a été condamné à 4 mois de prison pour violences en Réunion.
03:58C'était en 2022.
03:59Une condamnation précédente qui n'a pas été inscrite à son casier.
04:02Mais au-delà de son cas, est-ce qu'il faut changer la règle ?
04:04Est-ce qu'il faut exiger un casier judiciaire vierge pour pouvoir être député ?
04:08C'était d'ailleurs une promesse d'Emmanuel Macron en 2017.
04:10Mais oui, c'était une promesse de 2017.
04:14On a été aussi loin que possible dans des lois qui s'appelaient les lois confiance dans la vie politique.
04:18On a étendu le nombre d'infractions qui empêchaient de réaliser un mandat politique.
04:25Pour autant, le casier vierge nécessiterait une révision constitutionnelle.
04:28Moi, j'y suis extrêmement favorable.
04:31Nos compatriotes attendent de nous une exemplarité totale.
04:34Que ce soit une exemplarité sur le plan de la conduite, donc de la gestion de l'argent public.
04:39Mais évidemment aussi dans la vie de tous les jours.
04:42Et lorsque l'on commet ce type d'action violente...
04:45Alors là, il n'est pas impliqué directement dans la part de l'argent.
04:49Mais ça vous choque de le voir à l'Assemblée aujourd'hui ou pas ?
04:52Mais à nouveau, je ne l'ai pas revu.
04:54Mais vous jouez sur les mots.
04:55Oui, non, je ne joue pas sur les mots parce qu'il n'est pas là.
04:59Et il n'assume peut-être pas devant les parlementaires que nous sommes ce qui s'est passé et les
05:03liens qu'il a avec ce groupuscule.
05:05Mais politiquement, oui, ça me gêne d'avoir des parlementaires qui ont un casier judiciaire, qui sont fichés ou qui
05:14ont des accointances avec des groupuscules violents,
05:17voire qui les animent comme c'était le cas.
05:20Oui, évidemment, ça me choque et ça fait partie et je sais que ça choque les Français aussi et ils
05:24ont raison d'être choqués.
05:25Donc oui, exemplarité et casier judiciaire vierge pour les élus de la République.
05:31Raphaël Arnaud, ce n'est pas son vrai nom. Robin Chalandard, qui travaille à l'Assemblée sous le nom de
05:34Robin Michel avec lui et qui est mis en examen dans le drame de Lyon, non plus.
05:38Il y a beaucoup de personnes qui travaillent sous un faux nom à l'Assemblée ?
05:41Alors, j'ai découvert cette pratique. Moi, je ne la connaissais pas. J'ai été scandalisée en apprenant cela pour
05:47les collaborateurs de parlementaires.
05:48Donc, j'ai demandé à mes services de passer en revue l'ensemble des contrats des collaborateurs et de mettre
05:54fin à cette pratique.
05:55Donc, ça va être interdit.
05:56Donc, c'est interdit.
05:56Pour les collaborateurs et pour les députés ?
05:58Alors, pour les députés, ils sont enregistrés comme cela par la préfecture.
06:02Donc, ils sont titulaires de leur mandat électif avec ce nom-là.
06:05Donc, je ne peux rien faire.
06:06En revanche, j'ai interdit l'utilisation de tous les pseudos à l'Assemblée nationale.
06:10Et c'est fait. Ce n'est pas demain.
06:12C'est fait.
06:12On a passé tous les contrats en revue et on a signifié à ceux qui étaient concernés la fin de
06:18cette pratique.
06:18La mort de Quentin Deran, qui est évidemment un drame pour ses proches, pour les siens.
06:21On a entendu sa famille qui s'est prononcée.
06:24Mais fallait-il vraiment une minute de silence à l'Assemblée la semaine dernière ?
06:26Alors, c'est une bonne question et c'est des questions qu'on se pose à chaque fois.
06:32Alors, la règle, elle est très simple.
06:33Un, ce n'est pas une minute de silence sauvage lancée par un député comme ça au détour d'une
06:37intervention.
06:38On pense collectivement qu'il faut que ce soit un moment digne.
06:42C'est quelque chose d'important.
06:43Donc, c'est décidé en conférence des présidents.
06:45Donc, on a décidé de le faire en conférence des présidents.
06:48Et c'est soumis au vote des présidents de groupe.
06:51C'est aussi simple que ça.
06:52L'Assemblée nationale, c'est un lieu démocratique.
06:54Donc, la minute de silence de M. Quentin Doranque a été demandée par Éric Ciotti, président de groupe,
07:00et adoptée à l'unanimité des présidents de groupe.
07:02Il n'y a aucun président de groupe qui s'est opposé à cette minute de silence.
07:06Je pense que c'est important de le rappeler parce que c'est collectivement.
07:09Y compris à l'FI.
07:10Diriez-vous qu'LFI est un parti anti-France, comme l'a dit Aurore Berger ?
07:14Yael Brunpivet.
07:15Non, je ne le qualifierais pas comme ça.
07:17Et vous savez, je n'aime pas mettre des étiquettes sur les partis politiques.
07:20En revanche, c'est un parti politique que je combats matin, midi et soir.
07:23Mais elle est troublante, cette étiquette d'anti-France.
07:25Et elle va plus loin, Aurore Berger.
07:26Elle appelle à une sorte d'alliance objective avec le RN,
07:28en lui demandant de retirer ses candidats pour ne pas laisser des candidats LFI être élus.
07:33C'est ça, le nouveau front républicain ?
07:35Je ne sais pas si j'ai bien compris ce qu'a dit Mme Berger.
07:38En tout cas, moi, je n'ai pas compris cela.
07:39Mais en tout cas, pour moi, il n'y a pas d'alliance avec ni l'extrême droite, ni l
07:44'extrême gauche.
07:44Jamais, jamais, jamais.
07:46Mais s'il y a un bulletin RN et un bulletin LFI sur la table d'une élection législative, municipale
07:50ou autre,
07:50vous allez à la pêche ?
07:51Vous savez que j'ai la chance d'être une femme politique aujourd'hui.
07:54Et donc, je ferai tout pour que ça n'arrive jamais.
07:56Ça n'arrivera peut-être pas à la présidentielle, mais ça arrivera aux législatives, ça arrivera aux municipales.
08:00Alors, aux municipales, moi, je n'ai pas vu de cas où c'était susceptible d'arriver.
08:04En tout cas, c'est à nous, hommes et femmes politiques, de se battre pour que ça n'arrive pas.
08:07Parce que, moi, je me souviens, j'ai des concitoyens pendant les élections en 2024 qui me disaient
08:11« Mais en fait, c'est terrible de devoir avoir le choix simplement entre RN et LFI.
08:16Ils ne veulent pas cette confrontation-là, ils ne veulent pas cela.
08:18Et donc, à nous de l'en empêcher. »
08:20On est quand même un peu étonné par la tournure du débat public.
08:22Aurore Berger qui parle de l'anti-France en reprenant une expression de Charles Maurras,
08:25une des figures historiques majeures de l'extrême droite.
08:27Votre candidate au municipal à Marseille, Martine Vassal, qui explique que ces valeurs,
08:31c'est travail, famille, patrie.
08:32Qu'est-ce qui se passe, il y a Elbron-Pivet ?
08:35Écoutez, ça, c'est un peu n'importe quoi.
08:37C'est n'importe quoi, je vous le dis comme je le pense.
08:41Travail, famille, patrie.
08:42Et le fait de le dire comme cela, de façon très...
08:46un peu négligée, anodine, ça ne va pas.
08:49Ça ne va pas.
08:49Il faut être ferme, il faut être clair.
08:51On est dans un moment de tension.
08:53Et je pense que dans ces moments de tension, ce qui est important, c'est de ramener l'essentiel.
08:58L'essentiel, c'est la République.
09:00Ce sont les valeurs de la République sur lesquelles notre pays, notre État de droit est fondé.
09:05Travail, famille, patrie, ce n'est pas les valeurs de la République.
09:06Et bien justement, ce n'est pas les valeurs de la République.
09:08Et donc, les responsables politiques doivent revenir à la raison.
09:11Parce qu'autrement, ça va mal se terminer.
09:13Et je suis inquiète.
09:14Il nous reste une minute, je voudrais qu'on se parle de la fin de vie.
09:16Le vote solennel sur la création d'un droit à l'aide à mourir aura lieu sans doute aujourd'hui
09:19ou plutôt demain à l'Assemblée ?
09:20Alors plutôt demain.
09:21Moi, j'ai présidé hier jusqu'à minuit.
09:22Il nous reste un peu plus de 200 amendements.
09:24Donc, on reprendra les débats à 16h30.
09:26On va décider, pareil, en conférence des présidents, quand est-ce qu'aura lieu le vote ?
09:29Probablement demain, effectivement.
09:30Ce texte, il inquiète une partie des Français, des députés.
09:32Comme par exemple Philippe Juvin, qui est médecin, qui dit
09:34« Attention, les conditions, les critères ne sont pas stricts.
09:36Et ils peuvent inclure des malades qui ne sont pas en fin de vie.
09:38Il dit aussi que cette loi est permissive, expéditive, sans réel contrôle ni recours.
09:42Qu'est-ce que vous lui répondez ? Qu'est-ce que vous répondez à tous ceux qui sont inquiets
09:45? »
09:45Alors, je leur réponds déjà que ça fait 50 ans qu'on discute des textes sur la fin de vie.
09:50Que là, nous en sommes formellement à la deuxième lecture, mais à la troisième puisqu'on en discutait.
09:54Donc, on n'arrête pas de discuter de ce texte.
09:56On est en train de le travailler.
09:57On le modèle, on le façonne pour créer un modèle à la française.
10:00Ça correspond à une attente très forte de nos concitoyens.
10:03Donc, il faut y répondre.
10:04Nous sommes là, à l'Assemblée nationale, pour mettre des garde-fous.
10:07Pourquoi pas un référendum ?
10:08Ça nous concerne tous, ça dépasse les clivages politiques.
10:10Mais vous voyez, un référendum, on figerait le texte.
10:13Là, on est en train de le travailler.
10:14On rajoute des conditions, on rajoute des procédures, etc.
10:17Et donc, justement, on répond aux inquiétudes des uns et des autres en travaillant délibérant.
10:22Le référendum, ça serait oui, ça serait non par rapport à un texte qui serait donné.
10:26Donc, je pense que c'est profitable à tout le monde qu'il y ait un vrai débat parlementaire de
10:29fond.
10:29Et un texte adopté avant l'été ?
10:30Ce sera adopté avant l'été et je pense, en tout cas, que le chemin existe.
10:35Merci, Elbron Pivet, d'être venu sur RTL ce matin.
10:37Restez avec nous dans un...
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