00:00Ménonville, le sénateur union centriste qui a interpellé le gouvernement sur la situation de l'agriculture.
00:06Bonjour Franck Ménonville.
00:07Bonjour.
00:07Alors on attend ce projet de loi d'urgence agricole du gouvernement,
00:10mais en tout cas l'exécutif refuse de parler dans ce texte de produits phytosanitaires
00:15et notamment d'intégrer la proposition de loi que vous signez avec Laurent Duplomb,
00:20proposition de loi Duplomb-Ménonville 2, pour autoriser des pesticides nicotinoïdes
00:25qui sont interdits en...
00:26En école de sénataires.
00:27Voilà, proposition de loi de la majorité sénatoriale,
00:29mais en gros le but c'est d'autoriser des pesticides néonicotinoïdes interdits en France.
00:34Vous comprenez ce choix du gouvernement finalement de ne pas remettre sur la table un sujet qui fâche ?
00:38Alors à ce stade, nous n'avons pas le contour exact de la loi.
00:41C'est d'ailleurs l'objet de deux ou trois questions qui ont été posées aujourd'hui,
00:46à laquelle la ministre, pour le moins que nous puissions dire, a été très prudente,
00:50n'est pas rentrée non plus dans le détail de la loi.
00:52On nous dit qu'il y a un sujet sur la prédation, un sujet sur l'eau
00:56et un sur les moyens de production.
00:58Quand on dit moyens de production, il est bien évident que dedans,
01:03il doit pouvoir y avoir un sujet sur les impasses techniques et technologiques
01:09que subissent, et la concurrence des loyers que subissent les agriculteurs
01:14vis-à-vis de... français vis-à-vis des agriculteurs européens.
01:17Parce que vous évoquez l'interdiction des néonicotinoïdes.
01:22C'est une loi de 2016 ou 2017 qui a été une interdiction générale.
01:26Ils sont rentrés dans le détail.
01:27Mais les deux matières actives qui font l'objet de notre PPL sont autorisées...
01:31De l'acétamipride et le flux pyridifuron.
01:34Voilà, tout à fait.
01:35Ils sont autorisés dans toute l'Europe et sous couvert, bien évidemment,
01:40des investigations très pointues et très scientifiques de l'EFSA.
01:45Alors, l'Agence sanitaire européenne qui l'autorise,
01:48mais il y a quand même des études scientifiques qui prouvent la neurotoxicité,
01:52notamment de l'acétamipride.
01:53Est-ce qu'il ne faut pas mettre en place le principe de précaution
01:55et conserver cette interdiction ?
01:57À la dose autorisée avec les précautions d'usage,
02:01l'EFSA considère que c'est utilisable et qu'il a renouvelé.
02:08D'ailleurs, Mme Pannier-Runacher avait sollicité l'Europe pour son interdiction
02:13et elle a eu comme bénéfice et conséquence de voir les compteurs remis à zéro
02:19et autorisés jusqu'en 2033.
02:22Donc, on est dans cette situation qui a...
02:25Il faut se ranger derrière les autorisations européennes.
02:27Bien sûr.
02:27Franck Ménonville, parlons d'une grave crise de pollution aux PFAS,
02:31les polluants éternels qui touchent votre territoire,
02:34le département de la Meuse et puis également le département des Ardennes.
02:37Après la pollution de l'eau du robinet,
02:40une enquête de France 3 et du Média Disclose révèle que les terres agricoles
02:43dans ces territoires sont également contaminées aux polluants éternels
02:47et que certains habitants ont des taux de PFAS dans le sang 30 fois supérieurs à la moyenne nationale.
02:53Alors, c'est une pollution qui est due aux engrais agricoles à base de boue industrielle.
02:58Est-ce que cette pollution PFAS dans la Meuse, c'est la faute à un certain modèle agricole ?
03:02Pas du tout, pas du tout. Vous connaissez l'origine de cette pollution ?
03:07On parle d'engrais à base de boue industrielle.
03:08Non, pas du tout, pas du tout.
03:11En tout cas, sur l'enquête de France 3, c'est les engrais.
03:13Non, non, ce n'est pas des engrais.
03:14Cette pollution vient d'une papeterie, il y a une filière papeterie,
03:18elle a fermé d'ailleurs il y a un an et demi,
03:21et la filière papeterie utilise des PFAS.
03:23Les PFAS, nous ne les connaissions pas, nous ne les recherchions pas par le passé.
03:29Ça a été recherché à partir de la fin du printemps et début de l'été.
03:33Et c'est là que nous avons découvert cette pollution.
03:37Les boues de cette papeterie ont été utilisées comme engrais sur des terres agricoles ?
03:40Elles ont été utilisées sur les terres agricoles comme beaucoup d'autres boues issues,
03:44et elles étaient analysées.
03:46Elles ont fait l'objet d'un cahier des charges, d'un plan d'épandage.
03:51Est-ce que ce plan d'épandage a été bien respecté ?
03:54Je n'en sais rien, mais en tout cas, il y avait un plan d'épandage,
03:56sauf que les boues étaient parfaitement aux normes quand elles ont été épandues,
04:00puisqu'on ne recherchait pas les PFAS, on recherchait les métaux lourds, etc.
04:05Les PFAS sont recherchées.
04:06Vous avez d'autres, je crois que ça va être un problème émergent dans notre pays,
04:12même dans toute la France, dans les zones où il y a certaines filières industrielles,
04:18parce que ce n'était pas dans les écrans radars,
04:21et ce n'était pas recherché jusqu'alors.
04:22Et donc voilà, c'est PFAS, c'est une nouvelle pollution qu'on découvre.
04:25Votre étude, je ne la connais pas.
04:26Par contre, le vrai enjeu aujourd'hui, c'est que l'ANSES à la fois définisse des seuils,
04:31ce qui n'est pas encore réellement des seuils,
04:34et fasse le tri sur cette multitude, je crois qu'il y a plus de 60 familles de PFAS,
04:40savoir lesquelles sont toxiques, lesquelles le sont moins, à quels seuils.
04:44C'est un très gros travail.
04:45En tout cas, aujourd'hui, bien évidemment, il n'y a plus d'épandage de boue,
04:50puisqu'il n'y a d'ailleurs plus de, comment dirais-je, d'usine pétrie.
04:54Elle a fermé, mais le sujet est devant nous.
04:58Merci beaucoup.
04:58Et donc, il y a eu une...
05:00Ces quatre communes pour 800 habitants vont être reconnectées à un syndicat des eaux voisins.
05:05Voilà.
05:05Merci beaucoup.
05:06Merci beaucoup.
05:06En ville pour vos réponses et notamment.
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