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  • il y a 15 heures

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00:00Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre,
00:02le 15 mai 1945, ici même, le général de Gaulle prononçait ses premiers mots après la victoire contre le nazisme.
00:10Samedi, tout ce que la France compte de groupuscules néo-nazis et néo-fascistes a défilé au grand jour,
00:16laissant échapper, malgré tous leurs efforts de dissimulation, leur adoration du Reich et leur haine de la différence.
00:23Une facho-pride autorisée par la République et encadrée par sa police.
00:28Peu avant, le Parlement et la région Aura, avec un masochisme incompréhensible, ont rendu hommage à un ennemi de la
00:35République.
00:36Votre ministre, en charge de la lutte contre les discriminations, cite Charles Maurras, sans sourciller.
00:42La candidate du socle commun à Marseille fait sienne la devise pétainiste du régime de Vichy.
00:48Le président du parti, qui se nomme pourtant républicain, dénonce les dérives de l'état de droit.
00:53Le Rassemblement national n'a qu'à attendre son heure pour achever la République.
00:59Depuis le meurtre odieux de Quentin Déranque, un glissement s'opère, une perte totale de repères pour certains,
01:05un vernis de respectabilité qui craque pour d'autres.
01:08Profitant de l'émotion légitime, suscité par ce crime, une stratégie de victimisation s'orqueste sous nos yeux
01:15pour créer une figure de martyr à même d'autoriser les pires vilainies, les pires références.
01:20Pour laisser le poison fasciste se répandre, on dénonce à grand cri les rares effets secondaires regrettables de l'antidote
01:28antifasciste.
01:29L'inversion des valeurs, la banalisation de l'extrême droite à l'oeuvre depuis de longues années dans les démocraties
01:35occidentales
01:36atteignent aujourd'hui dans notre pays un point de bascule.
01:39Des années 30 en Europe, au temps présent aux Etats-Unis, le chemin est connu, la funeste destination aussi.
01:47Monsieur le Premier ministre, chers collègues, deux choix sont devant nous.
01:51Le sursaut républicain et gaulliste ou le précipiste fasciste.
01:55Le moment ne souffre d'aucune ambiguïté. Ne faisons pas bégayer l'histoire.
02:01Pour vous répondre, la parole est à Monsieur le Premier ministre, Monsieur Sébastien Lecornu.
02:06Monsieur le Président du Sénat, Mesdames et Messieurs les sénatrices et sénateurs,
02:11Monsieur le Président Gontard, je pense que nous n'avons qu'un seul choix face à nous, c'est celui
02:16de la plus grande des clartés.
02:17Et lorsque les choses sont compliquées, je pense qu'il faut les énoncer le plus simplement possible.
02:22Et faisant peut-être aussi suite à l'échange qui a eu lieu entre le sénateur Savoldelli et le ministre
02:27de l'Intérieur et sa réplique,
02:29est-ce que ici au Sénat, de la droite républicaine la plus affirmée pour certains jusqu'au parti communiste français,
02:38est-ce que l'on peut encore, lors d'une séance de questions gouvernement, refuser la violence,
02:42d'où qu'elle vienne, qu'elle vienne de l'extrême droite comme de l'extrême gauche ?
02:47C'est le principal message à envoyer, car la violence doit être refusée, la violence doit être refusée, écartée.
02:57Elle n'est absolument pas la voie normale d'une expression politique dans une démocratie comme la nôtre.
03:03Et si on ne commence pas par le renoncement à la violence, la condamnation de la violence,
03:08on ne peut pas continuer justement, on ne peut pas continuer dans cette absence de clarté.
03:15Après, il y a l'engagement politique de tout à chacun.
03:18Souvent, je suis un homme de droite.
03:20On m'a parfois reproché de dialoguer ces derniers mois et de travailler avec la gauche républicaine.
03:25Parce que précisément, j'ai voulu que le gouvernement de la République ne travaille pas avec l'extrême droite.
03:30C'est aussi ça, évidemment, la clarification.
03:32Mais la clarification ne s'arrête pas là, M. le Président Gontard.
03:37Elle est dans la fin du deux poids, deux mesures.
03:40J'ai demandé à la présidente du groupe de la France Insoumise la semaine dernière,
03:44lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale,
03:47de faire le ménage dans ses idées et dans ses rangs.
03:51Au moment où je vous parle, le député Raphaël Arnaud est toujours membre du groupe de la France Insoumise,
03:57M. le Président Gontard.
03:59Je ne dis pas que votre combat contre l'extrême droite et contre le fascisme n'est pas à la
04:04hauteur,
04:04mais reconnaissez que ce deux poids, deux mesures ne permet plus d'être crédible, ne permet plus d'être audible.
04:10Donc moi, j'ai une boussole assez simple.
04:13Refuser la violence, d'où qu'elle vient, lutter contre les extrêmes, gauche-droite confondue,
04:18tout simplement parce que le projet politique qu'ils ont pour la France,
04:21c'est précisément de nous voir disparaître et de se retrouver en face à face au second tour de l
04:27'élection présidentielle.
04:28Réveillons-nous !
04:30Sous-titrage Société Radio-Canada
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