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  • il y a 11 heures


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00:00Tout de même, la distribution aussi va aller chercher de la marche, c'est là où ça devient problématique, en
00:07fabriquant leurs propres produits, en commercialisant des produits sur leurs propres marques.
00:13Et c'est une exception française. Aujourd'hui, l'électroménager, les marques distributeurs d'électroménagers représentent 40% des ventes,
00:25et donc 40% du facing produit dans les rayons.
00:31Et alors là, 40%, je vous dis, en moyenne, il y a certaines familles de produits où il va être
00:36beaucoup plus, notamment le froid.
00:38D'accord ? Donc, qu'est-ce qui va se passer ? Eux, ils vont aller chercher des produits, pas
00:42forcément fabriqués en France, ils vont aller chercher des produits aussi dans lesquels ils puissent faire le maximum de marge.
00:48D'accord ? Donc, c'est là où il y a tout de même un problème avec cette marque distributeur
00:52-là, c'est parce que déjà, ils vont aller chercher des technologies qui sont bien développées par les Asiatiques, par
00:58exemple,
00:58pour autant incriminer une région ou une autre. Mais l'Asie, en l'occurrence, va venir avec des produits qui
01:05ne sont pas chers et qui vont être vendus à travers la distribution et qui vont générer beaucoup de marge.
01:12Et pour vous dire, parfois, les prix de vente de ces produits-là, il est plus ou moins équivalent au
01:19prix des composants dont nous avons besoin pour pouvoir fabriquer dans nos usines,
01:23hors main d'oeuvre et ont tous les coûts variables. Donc, vous vous imaginez bien qu'à un moment donné,
01:29on ne peut pas faire face à cette concurrence-là.
01:32Parce qu'en plus de ça, quand vous voyez que 40% du linéaire est fait par les marques distributeurs,
01:39qui vous laissent tout de même une part de ces linéaires-là,
01:43mais qu'il va falloir les supporter, les soutenir plutôt avec des offres commerciales qui vont venir, bien évidemment, dégrader
01:49notre marche.
01:50Et qu'à la fin de l'année ou à la fin de la période, il vous le dit, il
01:54y a quand même un problème parce qu'on vous a commandé beaucoup de produits.
01:57Et finalement, on n'a pas eu la rotation escomptée. Et bien, il va falloir mettre encore de l'argent
02:01pour nous payer les surstocks et pour payer encore pour pouvoir sortir les produits du rayon.
02:05Alors que c'est eux-mêmes, en mettant les produits de la concurrence ou leurs propres produits, qui nous ont
02:12induits en détriment de nos ventes.
02:14Donc, oui, c'est une concurrence, on va dire, compliquée, dans laquelle les distributeurs négocient nos marches, quelque part, commercialisent
02:27ses propres produits en plus et est l'arbitre de l'exposition en rayon.
02:31Voilà. Et quand vous allez chez un distributeur pour dire, vous pouvez me conseiller sur un tableau d'induction, un
02:36lave-lanche, etc.,
02:37eux aussi vont avoir des objectifs, les vendeurs. Et c'est en général, ces objectifs-là vont aller chercher quelque
02:44part les ventes des produits de leur propre marque.
02:48Après, il y a... Donc là, le tableau n'est pas super. On a la concurrence internationale. Aujourd'hui, certains
02:54produits emportés arrivent, comme je vous le disais,
02:55aux prix qui sont inférieurs à ce qu'on peut acheter nous, avec ces mêmes valeurs, les composants pour pouvoir
03:01fabriquer chez nous.
03:03Et même en supprimant toutes les marches chez nous, on a fait encore... En se disant, OK, on va au
03:10moins amortir les frais fixes en produisant,
03:12on n'arrive pas à gagner et à pouvoir dégager un petit peu de marge. N'est-ce que pour...
03:18Parce que les coûts énergétiques vont être différents
03:21entre notre pays et des produits qui viennent de l'Asie ou de la Turquie. C'est parce que les
03:26modèles sociaux sont différents.
03:29Parce que les normes environnementales sont différentes. Là, pour le coup, eux, ils produisent d'une manière... Et nous, on
03:34doit tenir compte de certaines normes
03:35qui sont très bien pour préserver l'environnement, mais qui vont à l'encontre des marges des industriels qui produisent
03:41en France.
03:42Et les soutiens publics vont être différents entre un industriel français et un industriel chinois.
03:49Donc, pour moi, c'est une concurrence qui est complètement asymétrique.
03:54Maintenant, on va arriver aux politiques.
03:57Oui, je suis très bavard. L'Europe a fait pendant plusieurs années le choix de privilégier l'optimisation du pouvoir
04:04d'achat du consommateur
04:05en donnant accès à des produits à pas prix. Franchement, ils ont créé un paradis de la consommation.
04:10Il a construit une forme d'illusion de richesse, pour moi. Celle qui consiste à pouvoir acheter toujours plus et
04:16toujours moins cher.
04:17Il a favorisé une ouverture commerciale large et a confondu richesse apparente et richesse productive.
04:24Et a sous-estimé les coûts industriels à long terme.
04:27De mon point de vue, une économie ne se renforce pas seulement par la capacité d'achat, mais par sa
04:33capacité à produire.
04:35Mais l'Europe a laissé s'installer un déséquilibre industriel sans mécanisme de régulation suffisante.
04:41Les politiques publiques auraient dû anticiper la déferlante des produits issus des modèles économiques et sociaux non comparables aux nôtres.
04:49Et la France finance aujourd'hui quoi ? Je suis véritablement le premier exemple.
04:53Il va financer les licenciements, la recherche de nouvel emploi et l'accompagnement social dans lesquels on ne le trouve
04:59pas.
05:01Donc, je pense qu'on finance la réparation, mais on ne finance pas du tout la prévention.
05:06C'est comme organiser la rééducation après une amputation.
05:09C'est très difficile comme image, mais c'est la première qui me vient à l'esprit et celle que
05:13j'ai notée.
05:15On finance la rééducation d'une amputation d'un membre alors qu'on aurait pu garder ces membres-là en
05:20question en anticipant la maladie.
05:25Trois propositions concrètes. Je m'arrête là.
05:28Créer une commission d'intervention de sauvegarde industrielle.
05:31Pour moi, c'est ultra nécessaire.
05:32Une structure capable d'accompagner temporairement un industriel stratégique,
05:36de moderniser l'outil productif, d'absorber un choc conjoncturel.
05:40Et puis après, remettre l'entreprise sur marche.
05:42Je suis sûr et certain qu'il y a des Français et des bonnes têtes pensantes
05:47qui sont capables d'intégrer cette commission-là pour aller sauvegarder l'industrie française.
05:52Introduire, j'insiste, ce n'est pas la première fois que je le présente,
05:54je l'ai déjà présenté dans d'autres médias,
05:56une mention de sensibilisation à l'achat fabriqué en France.
05:59On parle beaucoup, manger cinq fruits et légumes par jour.
06:01D'ailleurs, les fruits et légumes, ça augmente.
06:05Maintenant, les gens ont pris conscience véritablement de l'avantage de manger des fruits et légumes
06:10parce qu'il y a eu quand même des campagnes sans civilisation.
06:13Les gens marchent mieux ou plus quand ils achètent une voiture, certainement,
06:17parce qu'il y a toujours ces mentions-là.
06:19En fait, sans moraliser les consommateurs, il faudrait envisager qu'à la fin d'une publicité,
06:24on puisse mettre, lors de vos achats, privilégier les produits fabriqués en France.
06:28On ne vous oblige pas, mais lorsque vous allez acheter un produit,
06:32s'il vous plaît, privilégiez les produits qui sont fabriqués à côté de chez vous.
06:36L'information sera très importante.
06:38Et puis après, créer, je m'arrête là, un indice de fabrication française.
06:42Pourquoi ne pas instaurer un indicateur public publié trimestriellement,
06:46semestriellement, annuellement, dans lequel on met en avant
06:49quelle est la part des achats français sur l'industrie française ?
06:54Ce serait très simple.
06:55Et ça serait aussi un indice pour objectiver la part réelle du Made in France.
07:00Tous ensemble, on va construire, on va augmenter cette part-là,
07:03de responsabiliser les distributeurs et les industriels.
07:08Les distributeurs, vous n'allez pas les responsabiliser autrement.
07:11Il faut plusieurs mécanismes.
07:12Il n'y aura pas qu'un seul qui sera la solution.
07:15Éclairer les politiques publiques, bien évidemment,
07:17et de rendre visible l'impact de nos choix de consommation.
07:20Parce que nos achats, ce sont nos emplois.
07:22Voilà, donc j'ai une petite conclusion.
07:25Il n'y a pas un responsable unique.
07:27Ce n'est pas uniquement la distribution qu'il faut blâmer,
07:30même s'ils ont une grande part de responsabilité
07:32sur la dégradation de nos marges.
07:35Mais on peut améliorer durablement la situation.
07:39Il faut permettre aux industriels français
07:40de retrouver des marges compatibles
07:42avec l'investissement productif.
07:43Surtout ça.
07:44Et donc, j'avais une question à la fin.
07:48Est-ce que les politiques font le nécessaire
07:51pour répondre à cette question
07:53que voulons-nous encore produire en France ?
07:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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