00:00La France dans tous ses états, l'humeur de Péricault.
00:04La marche blanche organisée à Lyon à la demande de la famille de Quentin Durand,
00:09que ce jeune militant de la droite nationaliste radicale lâché à mort
00:12par une milice apparentée à la jeune garde antifasciste,
00:15suscite la polémique médiatique quant à son interprétation visiblement.
00:20Alors que le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet,
00:23soutenu par une partie de la gauche, avait demandé son interdiction,
00:26persuadé que cette manifestation provoquerait des troubles publics graves
00:30puisque les hordes fascistes et autres commandos nazis
00:33allaient mettre la préfecture des Gaules à feu et à sang.
00:36Le ministre de l'Intérieur, Laurent Dunez, l'a quand même autorisé.
00:39Contre toute attente, cette manifestation,
00:41qui a réuni entre 3 et 4 000 personnes,
00:44encadrées par un service d'ordre imposant, il fallait le voir,
00:47et un déploiement policier massif,
00:48c'est clair que le ministre de l'Intérieur avait pris des dispositions,
00:50s'est finalement déroulé sans heurts, sans violences,
00:53sans incidents majeurs quant à son déroulé.
00:55Je parle de la forme.
00:57Grosse déception pour le maire de Lyon et ses amis,
01:00qui espéraient que la droite très extrême montre son vrai visage
01:02et mette la ville à sac, puisqu'il avait prédit une partie de cette droite
01:06sans rien casser, a montré quand même son vrai visage, c'est vrai,
01:10avec des saluitériens, des slogans assistes et xénophobes,
01:12et des hommages à la mémoire du maréchal Pétain,
01:15que de choses interdites.
01:16La préfète du Rhône a d'ailleurs immédiatement, et à juste titre,
01:19transmis ces signalements qu'il n'avait rien à faire dans cette marche
01:21au parquet du Rhône.
01:23Cela n'a pas empêché quelques observateurs et commentateurs frustrés
01:27de n'avoir pu casser du facho,
01:29de considérer que la présence de slogans et de comportements indésirables
01:33aurait justifié en soi l'interdiction de cette manifestation.
01:37Soit, et on les a entendus ce matin, les uns et les autres,
01:41voilà, entre les médias qui ne parlaient que de ces saluts nazis
01:45et ceux qui disaient très discrètement qu'ils avaient existé,
01:49cette banalisation des propos ignobles,
01:51nauséabondes, d'idioses interdits et condamnés par la loi
01:54est une honte pour la République,
01:56martelée ce matin en particulier,
01:57et en particulier sur les ondes du service public.
02:00Mais la faute à qui ?
02:01La faute à qui ?
02:02À force d'avoir dit que le fascisme était partout,
02:05à force d'avoir pensé que ceux qui n'étaient pas d'accord avec eux,
02:09qui avaient une vision de la République,
02:10de la laïcité, la citoyenneté, la souveraineté,
02:13c'était du fascisme, de la dysphobie,
02:15et bien c'est ça la banalisation.
02:17Et les gens se disent quoi ?
02:18Ah ben c'est ça le fascisme, le fascisme c'est quoi ?
02:21C'est Michel Onfray ? C'est Éric Zemmour ?
02:25Ce sont les élus du RN ?
02:28Ben si c'est ça le fascisme, c'est pas si méchant que ça.
02:30Donc à plus forte raison, les vrais fascistes,
02:33ils sortent de l'ombre, évidemment.
02:35Je n'oublierai jamais, mon ami journaliste et confrère,
02:40Benoît Duterte, qui sur France Inter, sur France Musique,
02:44faisait des émissions de radio formidables.
02:47En 1997, à la création de Marianne, on était ensemble,
02:50il avait eu le malheur de dire que la musique de M. Zénakis
02:53et de Pierre Boulez, vous savez, cette musique très moderne,
02:56un peu percussionnelle, pour lui c'était pas de la musique
02:59quand on la compare à celle de Bach ou de Beethoven.
03:01Immédiatement, cette même presse avait parlé de nazisme idéologique
03:05parce qu'un chroniqueur musical trouvait que la musique de Pierre Boulez
03:08n'était pas conforme à ses goûts.
03:09En 1997.
03:11Et après, on a mis l'anathème fasciste, nazi, raciste,
03:15sur toute manifestation de constats du pays réel,
03:19toute opinion qui ne correspondait pas à la pensée politique correcte,
03:23à la pensée dominante, fasciste, droite fasciste.
03:26À partir du moment où on franchissait un certain seuil,
03:28à partir des Républicains, et encore, même chez les Républicains,
03:31Wauquiez et Retailleau, quand ils ont fait une proposition de loi
03:33sur l'immigration fasciste, néo-nazi, nazion,
03:39et Quentin de Ranc, que ce petit nazion se réjouissait.
03:42Certains magistrats, on l'entendait l'autre jour,
03:43on en parlera d'ailleurs certainement,
03:45qui disaient qu'il n'a eu que son compte.
03:47Et bien, quand on banalise le fascisme,
03:49quand ce n'est pas le fascisme,
03:50et bien un jour, il sort dans la rue.
03:52Et bien, on l'entendait.
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