00:00Oui, je voudrais revenir sur, pour faire un point, pour faire un point sur le Mercosur qui est au cœur du débat au-delà de la dermatose bovine
00:09qui est en train de décimer nos élevages dans certains territoires français, je voudrais revenir sur le Mercosur.
00:17En fait, si l'agriculture française avait été bien gérée, bien conduite, et si l'Union Européenne avait apporté les garanties qu'elle est censée donner depuis le traité de Rome,
00:26la communauté économique européenne, le marché commun avec des préférences communautaires, on ne devrait pas, nos agriculteurs ne devraient pas craindre le Mercosur.
00:35Ça aurait été une petite anecdote, un petit contre-temps, voilà, l'importation vers l'Europe et vers la France de produits dont les méthodes d'élaboration sont interdites en Europe et en France.
00:45Ça, c'est la contradiction. Mais on ne devrait pas avoir peur. Pourquoi ? Parce que l'agriculture française, après la guerre, il y a eu le plan Marshall,
00:52il y a eu une loi de restructuration en 1964, qui était une loi d'avenir de l'agriculture, elle était faite pour un marché commun.
01:01C'est important le sens des mots. Un marché commun, je vous ai dit, communauté économique européenne, marché commun, préférence communautaire,
01:08qui était à 6, ensuite qui est passé à 12 et à 15. Si on s'était tenu à cette sphère-là, cette sphère économique de l'Union Européenne,
01:17pour le marché commun des produits agricoles, il ne devrait pas y avoir autant de détresse parce que les équilibres économiques,
01:24les échanges, les balances commerciales, la production, les tarifs, la demande de consommation auraient été gérées de façon rationnelle,
01:31en vertu des principes de l'Union Européenne, qui est un marché commun qui protège.
01:37Le CE, elle a été faite, on ne dit pas le mot protectionnisme, elle a été faite d'abord pour protéger le marché de ces pays européens
01:43face à une concurrence mondiale de l'Asie, de l'Amérique, à l'époque ce n'était pas le cas.
01:48Et puis un jour on a décidé, on a décidé dans un acte de folie, et c'est Jacques Delors qui était président de la Commission Européenne,
01:54ça s'appelle l'acte unique européen, on a décidé d'ouvrir le marché européen, j'allais dire au marché mondial,
01:59à cette concurrence internationale, alors qu'en particulier, notre agriculture n'était pas armée pour aller sur ce terrain-là.
02:07Elle a été jetée en pâture à un marché international, où il n'y a pas de concurrence libre et non faussée,
02:13c'est une concurrence déloyale, c'est une concurrence faussée, et de toutes les manières, elle partait perdante,
02:18puisque vu la qualité de l'agriculture française, les exigences, les conquêtes que l'on a obtenues,
02:24ces normes que l'on critique tellement, ce sont des conquêtes des consommateurs,
02:27ce sont des conquêtes du pouvoir politique pour améliorer la condition de production,
02:31pour améliorer la qualité des aliments.
02:33Mais cela a un prix, et c'est une volonté du peuple français, c'est une volonté des Européens,
02:38d'élever la qualité alimentaire, pour que nos paysans et nos paysannes puissent vivre de leur travail,
02:43pour que l'environnement soit préservé, pour que cette agriculture, qui est le patrimoine merveilleux,
02:48qui est vraiment le fleuron de l'économie française, plus encore que son industrie, cette agriculture,
02:52puisse continuer à se développer, à s'enrichir, à prospérer.
02:55C'était pour ça qu'on avait fait l'Europe.
02:56Mais dès lors qu'on ouvre l'Europe aux frontières internationales, c'est-à-dire qu'on détruit l'idée de cette protection,
03:03de la préférence communautaire, que l'on doit à la préférence communautaire,
03:06eh bien on jette une activité économique en peinture,
03:09en peinture à une agression contre laquelle elle n'est pas armée, elle n'a pas été préparée.
03:15Ces 40 ans ou 50 ans de gabegie, l'explication, elle est là.
03:19Alors la solution à la crise agricole, la énième crise agricole, celle d'aujourd'hui,
03:23est tragique parce que les agriculteurs sont tabous.
03:25On se souvient encore il y a deux ans, Gabriel Attal, sur une mode de paille,
03:29jurant, promettant, que jamais ça ne se reproduirait,
03:31que cette fois-ci on allait prendre le taureau par les 40, c'est le cas de le dire,
03:34et qu'on allait résoudre cette crise.
03:35Rien du tout, on est au même point, et aujourd'hui c'est de plus en plus grave.
03:38Donc la solution, elle est européenne.
03:40Il faut croire en cette Europe-là, celle du marché commun,
03:45à préférence communautaire, qui protégera nos agriculteurs, pas seulement les Français,
03:49les Espagnols, les Italiens, nous avons des belles agricultures partout en Europe.
03:52Celle de la France est encore plus sublime parce qu'elle a une diversité, une richesse,
03:55une antériorité, une connaissance absolue.
03:58Voilà, la solution sera européenne, mais pas avec cette commission,
04:01pas avec Mme Ursula von der Leyen, qui est prête demain à trahir en signant le Mercosur.
04:06C'est un suicide au nom quoi ?
04:08Au nom d'un libéralisme financier, de l'ouverture des marchés, d'un libre-échange débridé.
04:12Ça, c'est l'Europe des voyous, c'est l'Europe des coquins, c'est l'Europe des copains.
04:16Voilà, nous on veut l'Europe des Européens,
04:18et on veut surtout défendre nos paysans et nos agriculteurs,
04:20qui sont l'honneur et l'orgueil de la République,
04:22et on se battra à leur côté jusqu'au bout pour qu'ils y gagnent cause.