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  • il y a 10 heures
Chaque vendredi, samedi et dimanche, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Stéphanie de Muru pour débattre des actualités du jour.

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Transcription
00:00Vous parliez d'antisémitisme, justement, il y a quelques instants, mon cher Jean-Michel Salvatore.
00:04Pour terminer cette émission, je voulais mettre un coup de projecteur sur cette polémique en Suisse.
00:09Alors la Suisse est toujours très paisible, très neutre, et bien pas là.
00:12Ils ont les mêmes problèmes qu'en France, manifestement.
00:15Cette polémique, elle touchait un journaliste sportif du nom de Stéphane Reyna,
00:20qui a dénoncé le soutien au bobeur, ça s'appelle comme ça, un bobeur israélien Adam Edelman,
00:26à la guerre à Gaza. Il a remis en question le choix du comité international olympique,
00:32le journaliste en question, d'autoriser la participation de cet athlète israélien au jeu.
00:37C'est toujours un peu la même chose, mais bon.
00:40Le comité olympique israélien demande à la RTS l'examen de la suspension du commentateur.
00:46Je voulais qu'on invite Joanne Korfinkiel, secrétaire générale de la CICAD.
00:51C'est la coordination intercommunautaire contre l'antisémitisme et la diffamation,
00:56qui est en quelque sorte l'équivalent du CRIF français en Suisse.
01:00Bonsoir, Joanne Korfinkiel.
01:03Bonsoir.
01:04Quel est votre regard sur cette polémique qui s'est déroulée chez vous en Suisse ?
01:10Alors d'abord, je suis très heureux qu'elle ait enflé,
01:13et qu'elle ait enflé bien au-delà des frontières de la Suisse,
01:16qu'elle ait pris aussi d'importance au niveau international,
01:18et que chacun ait mesuré les propos qui ont été tenus par un commentateur sportif
01:22qui venait commenter le bobsleigh, et dans lequel il affirme,
01:26et c'est pour ça qu'il y a une petite nuance par rapport à ce que vous disiez,
01:29au-delà de le qualifier, puisque c'était le propos du journaliste de sioniste forçonné,
01:34je ne sais pas très bien ce que ça veut dire,
01:36mais en tout cas l'idée était quand même d'introduire une idée de disqualification,
01:41et puis surtout il affirme clairement que ce sportif est en faveur,
01:47est un soutien au génocide à Gaza,
01:49et selon le même journaliste,
01:51génocide, un terme qui est aujourd'hui employé par cette commission d'enquête de l'ONU,
01:56et qui qualifie bien ce qu'il s'est passé de génocide.
01:59Donc ça c'est le contexte.
02:01Et par rapport à ça, évidemment ça a créé un raz-de-marée,
02:05évidemment que le journaliste est sorti totalement du cadre du commentaire sportif
02:09pour en faire une tribune politique.
02:11En effet.
02:12Et militante, et qu'évidemment on a vu derrière s'enchaîner un certain nombre de réactions,
02:18allant chez vous de gens comme Rima Hassan à d'autres militants aussi en Suisse,
02:23et c'est devenu un sujet polarisant,
02:25c'est devenu un sujet qui a enflammé un petit peu aussi les médias quand même,
02:29qui se sont interrogés les uns ou les autres,
02:32pour savoir si le commentaire sportif devait prêter aussi le flanc à des tribunes politiques,
02:38et là vous avez vu un tiraillement profond.
02:40Bon, de l'autre côté ce qu'on a dit c'était très clair.
02:42Le commentaire en tant que tel, juridiquement à définir, n'est pas antisémite.
02:46Cependant, il est totalement hors de propos, il est disqualifiant, il est effarant,
02:52et il provoque évidemment ce qu'on attendait, c'est-à-dire des réactions de gens qui sont les plus
02:57haineux,
02:58et qu'on a pu connaître déjà, et qui ont profité de cette occasion pour s'en servir comme une
03:02tribune,
03:03et un tremplin pour déverser encore toute étonne et de violence qu'on connaît depuis 2023.
03:09Un sioniste forcené, c'est quand même pas, c'était pas un compliment.
03:13Vous, vous, Johanne Confinkel, vous dites, c'est vrai que la Suisse n'est pas épargnée par l'antisémitisme,
03:21cette affaire, elle révèle quand même un climat de malaise également.
03:26Vous dites que l'antisémitisme s'est transformé en bruit de fond permanent, c'est exact ?
03:31C'est exact. Je le regrette parce que, loin de moi, l'idée de vouloir aujourd'hui accabler la Suisse,
03:39ce que je dis simplement, et en dépit de la mobilisation politique,
03:41on l'a entendu encore récemment avec notre ministre des Affaires étrangères,
03:45puisque la Suisse préside l'OSCE, l'Organisant pour la Sécurité et la Coopération en Europe,
03:50qui revenait quand même sous cet antisémitisme virulent qui touche l'ensemble de l'Occident en particulier,
03:56et qui disait effectivement, nous aussi en Suisse, on est confrontés à ces situations,
03:59on est confrontés aux menaces, on a encore récemment, vous l'avez vu,
04:03il y a un juif orthodoxe qui avait été, qui a fait l'objet de coups et de violences à
04:07Zurich,
04:08et c'est pas très vieux, il y a quelques semaines, sans compter qu'au cours des deux dernières années,
04:12un autre juif orthodoxe avait été aussi attaqué à coups de couteau à Zurich,
04:17et donc, effectivement, ce climat, on le ressent autant en Suisse qu'en France, qu'en Belgique,
04:22qu'en Angleterre, en Allemagne ou ailleurs.
04:23Cette situation, elle n'est pas, elle n'est pas, elle n'est pas, elle n'est pas, elle n
04:26'est pas.
04:27– Léon Kofinkiel, pour quelles raisons, selon vous, est-ce que c'est à l'instar de la France,
04:32au lendemain du 7 octobre, est-ce que c'est ce qui a exacerbé cette montée de l'antisémitisme en
04:38Suisse, selon vous ?
04:39– Oui, bien évidemment, et d'ailleurs on le voit dans tous les rapports qu'on publie,
04:42que ce soit les rapports annuels sur la situation et le recensement des actes,
04:46ou des signalements qu'on peut recevoir, ou de l'accompagnement des victimes,
04:51on voit bien qu'on est monté d'un degré, on le voit aussi naturellement dans les propos,
04:55je veux dire, il y a eu quand même des situations lors des manifestations très nombreuses,
05:00je parle d'occupation des universités, et ça touche en particulier la Suisse romande,
05:04donc la Suisse francophone, et aussi dans la rue,
05:08où maintenant on est monté d'un cran depuis ces derniers mois,
05:12où on entend « pas de sionistes dans nos quartiers, pas de quartier pour les sionistes ».
05:17Ça, on l'a entendu dans les rues de Genève ou de Lausanne.
05:20Et ça ne provoque pas de réaction.
05:22– Ah ben j'allais dire, est-ce que la réponse est forte des autorités ?
05:25Parce que c'était des critiques qu'on entendait à l'endroit d'Emmanuel Macron,
05:30qui, vous le savez, ne s'est pas présentée à la marche contre l'antisémitisme,
05:33et qui a choqué énormément en France.
05:36– Alors c'est effectivement, c'est un problème en soi,
05:39c'est qu'on a vu pas mal d'autorités, de responsables de l'exécutif,
05:42au sens très large, mais plus globalement du législatif,
05:45qui a été quand même très prompte, avec nos demandes,
05:49mais pas seulement aussi, j'ai envie de dire, de leur côté,
05:51à réagir de façon très forte, à la fois à gauche comme à droite,
05:56face à des manifestations d'antisémitisme.
05:58Cependant, il manque une parole forte de la part d'un certain nombre d'autorités
06:03qui peinent aujourd'hui à vouloir qualifier à la fois l'antisémitisme,
06:08parce qu'eux qu'on prie dans cette espèce de vasque de nouvel antisémitisme.
06:13Et ça c'est dommage.
06:14– Merci beaucoup Joanne Kerfinkel d'avoir été avec nous.
06:18Je rappelle que vous êtes de la CICAD, c'est un petit peu le CRIF,
06:22c'est l'équivalent du CRIF suisse.
06:25Merci d'avoir été avec nous pour nous évoquer ce climat,
06:29malheureusement qui touche aussi la Suisse,
06:31cette explosion de l'antisémitisme et cette affaire,
06:34à travers cette affaire qui s'est déroulée dans le contexte des Jeux Olympiques.
06:37Merci à vous.
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