- il y a 1 jour
Chaque vendredi, samedi et dimanche, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Stéphanie de Muru pour débattre des actualités du jour.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Vous parliez il y a quelques instants de la présidentielle, ça nous amène tout droit à Bruno Retailleau qui lance
00:05la bataille de la présidentielle 2027.
00:08Alors je crois que vous en parlez d'ailleurs messieurs dans le JDD, ça fait du monde quand même, Antonin
00:14André là à droite.
00:15Ça fait du monde oui, ça fait du monde mais vous savez on l'a suivi là en Vendée pour
00:19son premier déplacement.
00:21Bon il a choisi un style, un credo qui est celui de la candidature par devoir et c'est vrai
00:26que sa déclaration de candidature était assez austère
00:29et plutôt emprunt de sang et de larmes et non pas d'espoir et de lendemain qui chante.
00:34Ce qui est toujours un peu compliqué quand vous êtes candidat à la présidentielle parce qu'on peut expliquer à
00:39ses concitoyens qu'il faudra en passer par les sacrifices
00:41mais il faut toujours aussi décrire des sacrifices.
00:44On a vu ce que ça a donné Emmanuel Macron.
00:45On peut quand même dire il y aura les sacrifices et des efforts à faire mais ce sera pour un
00:49mieux vivre ensuite, retrouver une souveraineté, retrouver des moyens.
00:52Il a choisi vraiment le discours du sang et des larmes.
00:55Vous dites ça fait beaucoup de candidats à droite, certes, et en même temps on est quand même dans une
00:59situation où Emmanuel Macron ne pourra pas se représenter.
01:02Donc on est dans une élection présidentielle de fort renouvellement et dans laquelle beaucoup de gens se disent pourquoi pas
01:08moi
01:08parce qu'ils ont aussi en souvenir le fait qu'Emmanuel Macron la dernière fois, personne ne l'avait vu
01:12venir.
01:12Donc si vous voulez, ce n'est pas forcément négatif que des gens se déclarent, discutent, débattent
01:18et puis au fur et à mesure qu'on se rapproche pas de les séances, le tableau final de départ
01:23va se réduire considérablement.
01:24Une primaire ouverte, on imagine.
01:26Alors ce n'est pas exactement ce que Bruno Rotaio souhaite.
01:31Non, pas lui, mais beaucoup le souhaitent David Lissner, Laurent Wauquiez.
01:33En tout cas, lui, il se montre absolument définitif.
01:35Ce sont les militants de LR qui choisiront leur candidat.
01:41Et donc, à ce titre-là, on le voit mal participer à une primaire ouverte tirée de Gabriel Attal à
01:48Saracna.
01:48Oui, est-ce qu'il peut y couper ?
01:49En fait, il va y avoir, les LR sont en train de décider de la procédure qu'ils décident pour
01:54désigner leur candidat.
01:55Ce qui va se passer, c'est que d'ici deux ou trois semaines, ils vont faire une proposition à
01:58leurs militants qui vont voter.
02:00Et parmi ces propositions, vous pouvez avoir plusieurs propositions.
02:03Vous pouvez avoir une proposition d'une primaire interne au LR pour désigner le candidat LR.
02:07Ensuite, on parlera d'une primaire ouverte éventuellement si la question se pose.
02:10Mais c'est d'abord désigner le candidat du parti LR.
02:14Et donc, ça peut être une primaire interne.
02:15Ça peut être aussi, est-ce que vous souhaitez que ce soit le président du parti qui représente LR à
02:20la présidentielle ?
02:21Donc, en fait, il peut y avoir plusieurs options.
02:23Et en fonction de ça...
02:23Et il va accepter ça, Laurent Wauquiez ?
02:25Je ne sais pas s'il accepte, mais si on fait ces propositions-là aux adhérents,
02:29et que les adhérents votent sur ces propositions et qu'ils décident que c'est le président de LR qui
02:33est le candidat légitime,
02:34Laurent Wauquiez pourra s'en affranchir.
02:35Mais à ce moment-là, il sortira du périmètre de son parti.
02:37C'était une promesse, un engagement de campagne de Bruno Retailleau lorsqu'il s'est porté candidat pour la présidence
02:45des Républicains.
02:46C'est également dans son programme présidentiel désormais que d'avoir recours au peuple pour trancher.
02:54Donc, je pense que ce recours à la consultation des militants ou des Français, si d'aventure ils devaient être
03:00élus,
03:01sera un mode d'action pour pouvoir trancher des sujets qui sont sinon impossibles à trancher autrement que par l
03:12'adhésion et le soutien populaire.
03:14On marque une pause, on poursuit nos débats parce qu'évidemment Bruno Retailleau veut s'attaquer à la dépense publique.
03:20Il serait temps que quelqu'un s'y attaque franchement.
03:22Il a du boulot parce qu'apparemment les fonctionnaires contre toute la promesse d'Emmanuel Macron,
03:28ils ont leur nombre à hausser en 2024 avec 32 000 agents en plus.
03:33On en parle rapidement dans quelques instants avec vous.
03:36Toujours en compagnie du duo du JDD du samedi, Raphaël Stainville et Antonin André ont parlé de la candidature de
03:43Bruno Retailleau
03:43qui rêve, je pense, de réduire le nombre de fonctionnaires.
03:47Il va avoir du boulot Bruno Retailleau selon les derniers chiffres, les chiffres de l'INSEE officiel.
03:53La hausse du nombre de fonctionnaires en France est poursuivie en 2024, 32 000 agents de plus,
03:58mais aussi en 2025 avec 18 000 agents publics supplémentaires.
04:02Là, ce sont des chiffres provisoires pour 2025, mais enfin la tendance n'est pas la bonne.
04:06C'est décidément, on ne s'en sort pas, Raphaël Stainville.
04:08Si on devait paraphraser François Hollande, on dirait qu'à défaut d'inverser la courbe du chômage,
04:15ils sont en train d'inverser la courbe du nombre de fonctionnaires.
04:18Puisque s'il y a encore une hausse, elle est moindre que l'année précédente.
04:23Mais c'est vraiment pour se montrer ironique, parce que sur l'ensemble des deux quinquennats d'Emmanuel Macron,
04:29depuis 2017, ce sont déjà plus de 320 000 fonctionnaires supplémentaires qui ont été créés,
04:35alors même qu'Emmanuel Macron, candidat, tablait sur une suppression de 120 000 fonctionnaires.
04:42Pour un coût de plus de 300 milliards d'euros par an, la fonction publique, Antoine André.
04:47Oui, mais c'est le syndrome qui n'est pas nouveau d'ailleurs,
04:51mais d'une administration publique qui est absolument hors de contrôle,
04:56et que le pouvoir politique, tout gouvernement confondu,
04:58alors Nicolas Sarkozy avait fait un effort sur le nombre de fonctionnaires,
05:02avait réussi par le non-replacement d'un fonctionnaire sur deux à obtenir quelques résultats,
05:07mais l'État monstrueux, l'État profond monstrueux, l'appareil d'administration français,
05:15aujourd'hui échappe au contrôle, y compris de ceux qui devraient les contrôler, c'est-à-dire les ministres.
05:20Et donc il y a une forme d'échec.
05:21C'est compliqué, vous qui observez la vie politique française depuis des années ?
05:24Parce que l'administration est un pouvoir à l'intérieur du pouvoir, et qu'elle n'est plus dirigée.
05:28Aujourd'hui, les ministres, lorsqu'ils arrivent en responsabilité,
05:31ont déjà du mal à faire appliquer les textes qu'ils font voter,
05:34parce que souvent les directeurs d'administration freinent les deux pieds,
05:37et le vrai pouvoir aujourd'hui est un pouvoir administratif en France.
05:40Le politique doit reprendre le pouvoir sur l'administratif,
05:42et s'attaquer à une réforme de l'État qui soit efficace et efficiente,
05:48confèrent les personnels administratifs dans les hôpitaux,
05:52dans l'éducation nationale, qui enfle d'année en année.
05:55La suradministration.
05:56La suradministration, l'empilement des normes,
05:59l'empilement des agences et des organismes de l'État,
06:01dont tout le monde s'accorde à dire politiquement que oui, il faut les supprimer,
06:05mais aucun pouvoir ne s'y attaque réellement.
06:07François Bayrou ne devait pas s'y attaquer il y a quelques années ?
06:09Il ne vous a pas échappé que François Bayrou n'a pas eu le temps de faire grand-chose,
06:12puisqu'il s'est lui-même fait harakiri, donc c'est un peu compliqué.
06:15Mais c'est un vrai sujet.
06:17Et c'est vrai que, de la même façon que sur la nomination d'Ameline Bonchalin,
06:22il est normal que les critiques pleuvent sur Emmanuel Macron,
06:24parce qu'il avait promis de faire l'inverse,
06:26de la même façon, il est d'autant plus coupable de son bilan
06:30qu'il avait annoncé qu'il supprimerait un certain nombre de postes de fonctionnaires,
06:33qu'il allait faire un spoil-système à la française,
06:35c'est-à-dire remplacer les directeurs d'administration
06:37pour les avoir à la main du pouvoir politique,
06:39ce qu'il n'a pas fait.
06:40Et donc, les reproches sont d'autant plus durs à son endroit
06:43qu'il avait précisément prévu, annoncé,
06:47qu'il allait rompre avec ses anciennes pratiques.
06:49– Oui, et c'est sûr que la nomination d'Amelie de Bonchalin…
06:52– Et ça coûte très cher, parce que ce sont nos impôts.
06:55Après, on nous demande d'éponger le déficit
06:58d'une incurie de gestion de l'argent public.
07:00Donc, effectivement, on peut être en colère,
07:04et il est important que dans le prochain débat de la campagne présidentielle,
07:09certains candidats proposent et fassent ce qu'ils promettent,
07:12c'est-à-dire de réduire le périmètre de la fonction publique,
07:15de réduire même les missions de l'État,
07:17qui aujourd'hui est un État nounou,
07:19qui vient s'occuper de tout et de n'importe quoi
07:21dans le plus petit détail de nos vies.
07:23Donc oui, il y a une réforme de l'État,
07:24et c'est une réforme d'ampleur qu'il faut mener à l'occasion de la présidentielle.
07:28Oui, Raphaël Stainville, on a toujours le sentiment
07:30que les promesses de campagne se frappent et se heurtent à la réalité,
07:34et que finalement, on n'y arrive pas quand on est au pouvoir.
07:37Oui, mais il y a aussi une absence de volonté politique.
07:39C'est-à-dire qu'effectivement, Antonin, André,
07:41rappelez qu'Emmanuel Macron avait promis de remplacer
07:46les chefs d'administration à travers ce spoil-système,
07:49ça n'a pas été fait.
07:50Mais là où c'est dramatique, c'est que si par ailleurs,
07:54nous avions presque 6 millions de fonctionnaires,
07:57et que la fonction publique fonctionnait bien,
07:59que dans toutes les provinces, nous avions suffisamment d'hôpitaux,
08:04que nous avions des postes dans les villages,
08:07que les Français se sentent finalement à l'écoute de l'État-providence,
08:13il n'y aurait pas de problème, probablement.
08:15Sauf que là, non seulement il y a une inflation considérable
08:18du nombre de fonctionnaires,
08:19sans que le service qu'on est en droit d'attendre ne soit délivré.
08:24Donc il y a quelque chose d'absolument choquant,
08:26et qui nécessite effectivement des réformes urgentes.
08:30Des réformes.
08:31Rachida Dati veut en mener aussi à Paris.
08:34Un petit mot peut-être sur l'interview qu'accorde la candidate dans le JDD.
08:39est forcée de constater qu'elle connaît ses dossiers,
08:42et qu'elle s'est préparée.
08:43Parce que sur tous les aspects de la vie parisienne,
08:46que ce soit le plan de mobilité à Paris,
08:49que ce soit la sécurité,
08:51que ce soit la lutte contre l'endettement de la ville de Paris,
08:55elle fait des propositions qui sont assez radicales,
08:58chiffrées, assez solides,
09:00et on voit vraiment que c'est une longue préparation
09:03à laquelle elle s'est astreinte.
09:04Et effectivement, elle étrie fortement le bilan d'Emmanuel Grégoire,
09:08qui cherche, lui, à se détacher de l'héritage d'Anne Hidalgo,
09:11mais dont il est notoirement comptable,
09:13en particulier sur l'affaire très embarrassante pour la mairie de Paris
09:18du périscolaire,
09:19dont on se rend compte aujourd'hui que non seulement
09:21c'est un phénomène de grande ampleur,
09:23mais qu'en plus, les parents qui sont confrontés à ça
09:25sont quand même assez démunis,
09:27assez peu accompagnés,
09:29trouvent assez peu d'oreilles d'écoute et de soutien
09:31de la part de la mairie de Paris.
09:32Et de ce point de vue-là, c'est assez vertigineux
09:35dans ce que la mairie a quand même un rôle
09:37dans la proximité, dans l'accompagnement des citoyens au quotidien,
09:40et c'est assez vertigineux de voir le manquement
09:43de la majorité sortante sur ce sujet.
09:46Raphaël Steinville, vous suivez cette campagne,
09:49le rôle de Pierre-Yves Bournazel,
09:50ça va tomber d'un côté ou de l'autre ?
09:52Enfin, on les sent assez fâchés, les deux,
09:54Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel ?
09:56Oui, mais en fait, c'est le principe de cette campagne
09:59et de ce qui est, d'une certaine manière,
10:01une sorte de primaire.
10:02Est-ce que Pierre-Yves Bournazel ira jusqu'au bout ?
10:05J'imagine.
10:06Mais est-ce qu'il aura, d'un côté ou de l'autre,
10:12le courage de faire cette union
10:15pour finalement permettre cette alternance
10:18que nombre de Parisiens souhaitent ?
10:21C'est autre chose.
10:24Les blessures que génère une campagne
10:28sont peu propices finalement à ce genre de réconciliation
10:31et pourtant, il faudra que Rachida Dati,
10:34Pierre-Yves Bournazel et peut-être même Sarah Knafo
10:36s'entendent s'ils veulent cette alternance
10:39que souhaitent les Parisiens.
10:40Alors, il y a eu un meeting cette semaine,
10:42mardi, autour de Pierre-Yves Bournazel
10:45avec Édouard Philippe et Gabriel Attal
10:46qui ne s'étaient pas revus sur une scène commune depuis longtemps.
10:48Il semble que la température de ce meeting
10:51était beaucoup plus souple
10:53et à l'écoute de Rachida Dati
10:55après avoir été parti sur des positions extrêmement radicales.
10:58La difficulté pour Édouard Philippe,
11:00c'est qu'il peut difficilement demander
11:03au candidat qu'il représente
11:04et dont il est très proche
11:05de se maintenir au risque de faire perdre Rachida Dati
11:07alors même qu'il prétend rassembler
11:10la droite et le centre
11:11à l'occasion de l'élection présidentielle.
11:12Messieurs, il reste deux minutes.
11:14Bon, c'est la Saint-Valentin, c'est cadeau.
11:16Les mariages entre cousins au Royaume-Uni
11:18ne doivent plus être découragés.
11:20C'est en tout cas ce que soutient
11:21le National Health Service anglais.
11:24En gros, c'est l'agence gouvernementale.
11:26L'idée, c'est de ne pas stigmatiser
11:28une pratique jugée normale
11:30dans certaines cultures,
11:31notamment asiatiques et cultures musulmanes.
11:36Alors, l'agence argumente
11:38le risque d'avoir un enfant atteint
11:39d'une maladie génétique
11:40ne serait selon la base de données nationales
11:42de la mortalité infantile
11:44financée par le gouvernement
11:45que légèrement augmentée.
11:46sauf que les chiffres sont quand même contestés.
11:49Bon, on marche un peu sur la tête quand même, non ?
11:52Raphaël Stinville ?
11:53Oui, en fait, moi j'ai l'impression
11:54qu'on a tendance à regarder
11:56si un pays va bien
11:59à l'aune de sa seule économie.
12:02Lorsque l'on voit le nombre de dingueries
12:04que la Grande-Bretagne
12:07est prête à accepter ces derniers mois
12:09depuis que Kerstheimer est au pouvoir,
12:12très honnêtement,
12:12on se dit que ce pays est en pleine déliquescence,
12:16que la chute est brutale,
12:18et je pense que les lendemains
12:20sont probablement très difficiles
12:21pour les Britanniques.
12:24Effectivement, c'est une concession faite
12:27au communautarisme,
12:28à ce désir d'un certain nombre de communautés,
12:31notamment musulmanes, pakistanaises.
12:33Mais Raphaël, il me semble que dans l'ancien temps,
12:35dans notre beau pays de France,
12:37les familles nobles se mariaient entre cousins...
12:39Vous savez que ce n'est pas interdit ?
12:40Non, on se mariait entre cousins,
12:42et on faisait des mariages arrangés,
12:44et on pouvait se marier entre cousins.
12:45Non, mais là, ce n'est pas pareil.
12:47Et puis moi, j'y vois peut-être
12:48un encouragement à une politique nataliste.
12:50Non, en fait, je ne sais pas.
12:50Non, mais je pense que ce n'est pas ça,
12:51c'est que c'est surtout acquiescer
12:55à une revente de questions communautaristes.
12:57Bon, écoutez, allez épouser votre cousine,
12:59mon cher Antonin André,
13:00c'est la Saint-Valentin.
13:01Je n'ai que des cousins.
13:02Vous avez la traité, alors ?
13:03Non, je n'ai que des cousins.
13:04Parce que quand même, la question importante...
13:06Parce que moi, figurez-vous,
13:06c'est un appel que je lance sur les ondes,
13:07je suis célibataire,
13:08je suis donc un coeur à prendre.
13:10Mais j'espère que je reviendrai l'année prochaine
13:12grâce à cet appel avec une moitié
13:14pour fêter la Saint-Valentin.
13:15Je suis sûre que ça va mordre à l'hameçon.
13:17Allez, merci à vous deux.
Commentaires