00:00Europe 1 soir week-end, 19h-21h, Stéphanie Demureux.
00:04Toujours avec Jules Torres et Sarah Sandman, on s'arrête quelques minutes seulement, je vous promets,
00:09parce que c'est vrai que c'est compliqué à décrypter, donc je ne vais pas vous faire l'affront
00:12de vous demander de m'expliquer
00:15ce nouveau retournement de situation de Donald Trump qui annonce faire passer sa nouvelle taxe douanière mondiale de 10%
00:22à 15% avec effet immédiat.
00:24Alors on rappelle que c'était une annonce faite au lendemain d'un revers majeur quand même,
00:29infligé par la Cour suprême à sa politique commerciale, jugée en grande partie manifestement illégale.
00:36Alors l'eurodéputé allemand aujourd'hui langue dit plus personne n'y comprend rien, c'est pas faux.
00:43Oui alors il faut savoir que la décision de la Cour suprême est irrévocable et applicable immédiatement,
00:47donc ça va donner lieu à des remboursements et demandes de dédommagement,
00:50ce qui va considérablement alourdir la dette fédérale, donc ça c'est vraiment quelque chose à prendre en compte.
00:54Après je comprends que les gens n'y comprennent plus rien, parce qu'entre la Cour suprême,
00:58c'est trois juges sur six qui avaient pris cette décision,
01:00et les conséquences avec les droits de douane qui sont modifiés, c'est sûr que c'est pas évident à
01:06comprendre.
01:06Oui, avec peut-être des répercussions aussi sur les entreprises européennes,
01:10qui ont besoin aussi de stabilité, de savoir à quelle sauce ils vont être mangées.
01:16Je vous propose d'écouter la réaction, ce qui est intéressant d'Emmanuel Macron,
01:19c'était hier depuis le salon de l'agriculture.
01:22Écoutez, je n'ai pas l'habitude de commenter ce qui se passe dans les autres pays,
01:26je pense que c'est... d'abord, je pense que ça invite tout le monde à réfléchir,
01:32ça semble pas mal d'avoir des Cours suprêmes et donc un État de droit.
01:36Pour ceux qui pensent que les Cours suprêmes c'est des problèmes dans la vie politique,
01:40une Cour suprême elle a regardé la Constitution, elle dit c'est pas conforme à la Constitution.
01:44Là, tout le monde dit c'est formidable, ben voilà.
01:47C'est bien d'avoir des pouvoirs et des contre-pouvoirs dans des démocraties.
01:53Sans féliciter.
01:54Bon.
01:55Ah, à bon entendeur.
01:56Il est clair satisfait.
01:57Donald Trump a dit que lui, ça se réglerait devant les tribunaux pour les demandes de remboursement
02:01et que ça allait prendre plusieurs années.
02:03Non mais c'est vrai qu'elle est un petit peu lunaire, cette déclaration d'Emmanuel Macron.
02:07Premièrement, quand il dit j'ai pas l'habitude de commenter ce qui se passe à l'étranger,
02:11les gens quand ils entendent ça ils se gaussent,
02:13parce qu'évidemment Emmanuel Macron il commande tout et tout le temps,
02:16sur toutes les plateformes et évidemment que Vincenzo Soffo le rappelait tout à l'heure,
02:21quand Jean-Jean Méleny est élu, il dit je m'inquiète pour l'État de droit.
02:24Bon, si c'est pas une ingérence, je ne sais pas ce que c'est.
02:26Et puis l'État de droit, il en parle aussi quand il parle des Cours suprêmes,
02:29il dit c'est génial d'avoir des Cours suprêmes, c'est qu'avec Emmanuel Macron.
02:31Et des conseils constitutionnels sous-entendus en France.
02:34Bien sûr, le conseil constitutionnel qui a censuré la moitié des lois du deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron.
02:39C'est ce à quoi il fait référence clairement.
02:40Bien sûr, 36 articles de la loi immigration, une partie de la loi sur le narcotrafic,
02:44une très large partie de la loi sur la sécurité des transports,
02:47une très large partie de la loi sur la violence des mineurs.
02:50Et il nous dit, ça n'est pas conforme à la constitution.
02:54Je doute que le général de Gaulle et Michel Debré,
02:57quand ils ont écrit la constitution de 1958,
03:00pensaient qu'on ne pouvait pas mettre une personne dangereuse sous le QTF dans un CRA plus de 210 jours,
03:07et qu'au contraire, ils voulaient que ce soit 90 et pas un jour de plus.
03:10Donc voilà aujourd'hui, comment dire, notre État de droit,
03:14ce n'est plus un État de droit,
03:16c'est un État qui ne défend plus la sécurité des Français,
03:19qui va à l'encontre de ce que votent les personnes qui sont élues par le suffrage universel,
03:25qui court-circuitent l'exécutif.
03:27C'est quelque chose qu'il faut remettre en question, évidemment.
03:31C'est ce que Bruno Rotailleau avait fait quand il est arrivé au ministère de l'Intérieur
03:33en disant que l'État de droit n'était ni intangible ni sacré.
03:36Mais aujourd'hui, il faut avoir ce débat.
03:38Je pense d'ailleurs que ce sera l'un des débats de l'élection présidentielle,
03:41parce qu'aujourd'hui, on ne peut plus rien faire dans le cadre actuel,
03:44non pas de la Constitution, mais du bloc de constitutionnalité,
03:47qui depuis 50 ans a cumulé les jurisprudences.
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