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  • il y a 10 heures
Chaque vendredi, samedi et dimanche, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Stéphanie de Muru pour débattre des actualités du jour.

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00:0119h21, Stéphanie Demureux.
00:03Un petit mot avant de parler de ces associations qui sont soupçonnées d'avoir financé le Hamas,
00:08des associations françaises.
00:09C'est toujours assez fascinant d'apprendre ce genre de nouvelles, on en parle dans quelques instants.
00:14Mais avant, un petit mot sur le salon de l'agriculture.
00:16Vous êtes salon de l'agriculture, Eliott Mamann ?
00:19Il n'y aura pas de vache cette année.
00:20Absolument, je n'ai pas encore eu l'occasion d'y aller, hélas.
00:23Il faut, il faut.
00:24Absolument, et puisqu'il n'y a pas de vache cette année, ça peut être un peu frustrant.
00:28Il y a des moutons.
00:29Ça s'est plutôt bien passé.
00:30Ah oui, les moutons, oui.
00:31Les moutons d'Emmanuel Macron, voilà.
00:33Effectivement, vous m'enlevez les mots de la bouche, ma chère Charlotte.
00:37Bon, ça s'est plutôt bien passé pour Emmanuel Macron,
00:39même s'il y a encore beaucoup de tensions chez les agriculteurs.
00:42En général, les déambulations dans les villages Potemkin se passent bien, oui.
00:45Non, mais c'est à dire qu'il y a deux ans, c'était très tendu.
00:50Ben oui, il fallait être expiltré.
00:52Non, non, mais en effet, il a rencontré les syndicats,
00:55mais je pense que ce n'est pas forcément une bonne nouvelle.
00:57C'est une bonne nouvelle que ça se passe dans le calme.
01:00Mais, vous savez, quand la colère laisse place à la résignation,
01:06ce n'est pas une très bonne nouvelle non plus.
01:07On a un monde agricole et paysan qui est au bout du rouleau, pour le dire clairement.
01:12Ils ne savent plus par où commencer, ils ne savent plus par quoi demander.
01:16Ils ont l'impression qu'on les laisse sur le bord du chemin
01:18et qu'ils comptent pour rien en réalité,
01:20parce qu'Emmanuel Macron s'est félicité de la fin d'une épidémie.
01:23Bon, ok, bravo, formidable.
01:25En attendant, depuis 2017, il y a plus d'importations et moins de productions en France.
01:29C'est simple comme calcul.
01:31Mais la France a voté non au Mercosur.
01:33Et la France a voté non au Mercosur au bout de 25 ans de négociation.
01:36Donc, c'était un peu tardif.
01:37Et là, la crainte, en effet, c'est que le Parlement européen a donné un sursis,
01:41en effet, aux agriculteurs et un sursis aussi à l'échec qui était prévu pour la France,
01:47qui n'a pas réussi à peser dans cette décision.
01:52Mais voilà, tout le monde est suspendu au lèvre d'Ursula von der Leyen
01:54pour savoir si, oui ou non, elle va imposer l'accord malgré tout,
01:57en attendant que la Cour de justice se penche sur la légalité de cet accord.
02:01Donc, tout ça, ce sont des espèces de mini-victoires,
02:05érigées en victoire maximale par Emmanuel Macron,
02:07qui fait son service après-vente, c'est son métier après tout.
02:10Mais simplement, aujourd'hui, l'état de l'agriculture,
02:13c'est une interrogation d'un modèle tellement large
02:17qu'encore une fois, on pose les questions en section,
02:20et la dermatose ici, et la question du Mercosur.
02:23Et en fait, c'est même une conception, un, de la paysannerie,
02:26de notre consommation quotidienne.
02:28Et là, ça concerne aussi bien les consommateurs que le modèle de consommation
02:31qui est évidemment mis en place.
02:31Vous avez vu que la ministre de l'Agriculture appelle à un sursaut sous-entendu.
02:35Bon, c'est aux Français d'être responsables et d'acheter français.
02:38Mais enfin, ça coûte plus cher, c'est sûr.
02:41Non, mais ça coûte plus cher.
02:42Il n'y a aucune protection qui est assurée, évidemment,
02:44pour cette agriculture française.
02:46Et par ailleurs, quand tout votre modèle de consommation
02:49repose sur une consommation moins chère pour le consommateur
02:52depuis des années, c'est vraiment l'idéologie qui est promue
02:54au niveau européen, cette fois-ci, depuis de très très longues années.
02:57Le consommateur, évidemment, a adhéré, on va dire, à ce modèle-là.
03:01Donc, c'est d'abord difficile d'en changer.
03:02Et ça, elle a raison, mais je pense que ça vient petit à petit.
03:05On en parle beaucoup plus aujourd'hui qu'il y a quelques années.
03:07Mais au-delà de ça, quand vous signez des accords,
03:10et demain, le Mercosur puissance 1000,
03:13c'est l'entrée potentielle de l'Ukraine,
03:15justement, dans ce marché agricole,
03:17quand on voit déjà la question qui se pose sur le blé et le poulet,
03:20exactement, vous ne pouvez pas à la fois demander aux gens
03:23de faire des efforts, et en même temps,
03:24ne pas entendre qu'en parallèle, les gens n'arrivent pas
03:27à faire des efforts, parce qu'ils n'arrivent déjà plus
03:29à vivre correctement de leur travail,
03:31et leur dire, attention, il faut vraiment acheter un poulet
03:34produit en France que nous ne protégeons pas,
03:35qui est infiniment plus cher que la viande que nous importons.
03:38Il y a un moment où il faut que tout le monde
03:39fasse les efforts nécessaires.
03:40Alors, ce qui est fascinant, Eliott Maman,
03:42c'est que souvent, c'est vrai qu'on incrimine l'Europe,
03:44et bon, il y a des choses, évidemment, à reprocher,
03:47mais enfin, les Espagnols,
03:49les Italiens, les Polonais,
03:50s'en sortent beaucoup mieux que nous,
03:53en matière d'agriculture.
03:56On a perdu notre souveraineté alimentaire,
03:58donc il y a forcément une question de responsabilité
04:01de nos politiques.
04:03Oui, absolument, et qui renvoie aussi à des sujets
04:05très nationaux, en l'occurrence,
04:06à savoir les coûts de production et les difficultés
04:08que l'on a à produire un certain nombre de produits.
04:10En France, c'est intéressant, par exemple,
04:12il y a des comparaisons qui sont régulièrement faites
04:13par rapport à des cultures similaires
04:15que l'on peut avoir au sud de la France
04:16et au nord de l'Espagne.
04:17Et on voit qu'en réalité, alors même que le salaire moyen espagnol
04:20n'est pas nécessairement inférieur au salaire moyen français,
04:22il y a pour le producteur une difficulté infiniment moins prononcée
04:26à produire en Espagne qu'à produire en France.
04:28Donc ensuite, de fait, l'alimentation des marchés nationaux respectifs
04:31est beaucoup plus facile lorsque la production est moins encadrée,
04:35qu'il y a un cadre administratif qui est moins contraignant
04:37et que, par ailleurs, il y a une rémunération en définitive
04:40pour celui qui fournit le travail, qui est plus importante.
04:43Et là, on comprend évidemment que ça alimente à la fois le consommateur,
04:46mais également celui qui a la possibilité de véritablement
04:48s'investir dans la production des denrées en question.
04:50Ce qui est triste, c'est qu'on en parle chaque année,
04:52inlassablement, à l'ouverture du Salon de l'Agriculture
04:54et qu'il ne se passe pas grand-chose.
04:56On a un coup de subvention alors que ces agriculteurs
05:00ne demandent qu'à vivre de leur travail.
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