00:01Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:05Et pour m'accompagner jusqu'à 21h, Gilles Boutin.
00:08Bonsoir, journaliste au Figaro.
00:09Bonsoir, Alexandre Malafaille, fondateur de l'Institut Sinopia.
00:14Bonsoir, Yvan Riouffol.
00:15Bonsoir, Pierre de Villeneuve.
00:16Et merci d'être avec nous, journaliste essayiste, auteur de La Révolution des Oubliés.
00:19C'est votre dernier livre chez Fayard, la collection Pensée Libre.
00:24Votre livre est touchant, touchant dans le sens où il pense au français.
00:29Il pense à tous les français, il pense à ceux qui ont peur de se faire virer de leur boulot.
00:34Il pense à ceux qui payent rubis sur l'ongle, leur loyer ou leur traite en fin de mois.
00:39Il pense à ceux qui respectent les règles en essayant de vivre en société.
00:43Il pense à, vous parlez notamment des gilets jaunes qui se sont rassemblés sur les ronds-points
00:47et qui ont été moqués par certains de la classe dirigeante ou certains de l'opposition.
00:51Et tout à l'heure, quand on a appris dans l'après-midi, la mort de cet enfant de 8
00:56ans à Nîmes,
00:58qui traversait sur le passage piéton, allait à l'école, il avait 8 ans,
01:03comme ses parents sans doute lui avaient appris en disant
01:05« Surtout, tu traverses sur le passage piéton parce que sinon il faut que tu fasses attention aux voitures. »
01:09et qu'elle a été renversée mortellement par un garçon de 17 ans qui conduisait une voiture de location.
01:18Sans doute, l'enquête le dira, pour des sensations fortes, pour faire vroom vroom, comme les grands,
01:25comme dans les fictions, comme dans les films, comme dans les jeux vidéo,
01:29comme dans Fast and Furious, comme dans GTA.
01:33GTA, il a tué cet enfant de 8 ans.
01:38Cet exemple-là, Yvan Riouffol, s'ajoute à tous les exemples que vous donnez dans la Révolution des Oubliés,
01:46des gens qui voudraient que les règles soient respectées.
01:49Mais aujourd'hui, il n'y a plus de règles en France.
01:51Il n'y a plus rien qui va.
01:52On n'a plus peur de l'uniforme.
01:54Cet ado de 17 ans qui n'avait pas son permis,
01:57qui n'avait rien à faire derrière un volant de voiture,
01:59fait partie de ces gens-là.
02:01Ça m'a rappelé Naël aussi,
02:02qui avait fait un rodéo de 45 minutes avant d'être interpellé par ses deux policiers.
02:07Par erreur, le coup est parti, et Naël a été tué.
02:10Qu'est-ce qui s'est passé derrière Naël ?
02:12Il y a eu deux semaines d'émeutes, dans toute la France,
02:15y compris à Paris, Place de la Concorde, on s'en souvient.
02:17Un milliard.
02:18Un milliard de dégâts d'euros, me souffle Alexandre Malafaille.
02:23Qu'est-ce qui va se passer pour ce gamin d'huit ans ?
02:25Qu'est-ce qui va se passer pour ce gamin d'huit ans ?
02:27Combien il y aura d'émeutes ?
02:28Rien.
02:29Rien.
02:30C'est la France qui souffre,
02:31et c'est ce que vous dénoncez dans la Révolution des oubliés.
02:34Oui, vous avez très bien résumé.
02:36Moi, je me suis attaché à la France des abandonnés,
02:39à la France qui est laissée à elle-même,
02:41à la France qui n'ose plus même se dire française,
02:44tellement aujourd'hui se réclamer de son identité,
02:46de sa civilisation, de sa culture,
02:48on le voit à travers ce meurtre ignoble qui a eu lieu à Lyon,
02:51à travers Quentin,
02:52se réclamer de cette culture-là,
02:54vous qualifient d'être identitaire,
02:56c'est-à-dire d'être fasciste.
02:57Et donc, il y a une culpabilité.
02:59On vous met à l'écart de suite.
03:01Portée par une idéologie folle,
03:03qui a culpabilisé toute une partie majoritaire
03:06de la population française,
03:08à laquelle je m'attache depuis longtemps.
03:10Dans mon métier de journaliste,
03:12je me suis, depuis le départ, dans le fond,
03:13je m'étais donné comme mission,
03:15pour avoir remarqué que la parole publique
03:17et la parole publiée n'étaient pas la même chose,
03:19qu'il y avait une dissonance,
03:20je me suis toujours donné comme mission,
03:21d'être le porte-parole de ceux qui n'ont pas la parole,
03:23dans le fond.
03:24Et d'être le porte-parole de cette société oubliée,
03:27c'est-à-dire, en effet,
03:28de ces gens vulnérables,
03:29de cette classe moyenne,
03:31de ces gens qui travaillent,
03:32de ces gens qui souffrent,
03:33et de ces gens qui n'apparaissent plus
03:35sur les radars des hommes politiques
03:37qui ont été convertis à une idéologie mondialiste,
03:40déracinée,
03:41et qui méprisent
03:43ces ploucs qui se disent enracinés.
03:44Et moi, je m'adresse à ces Français enracinés,
03:47c'est-à-dire à ces Français d'origine française,
03:49ou à ces Français d'origine étrangère,
03:50qui ont accepté, naturellement,
03:53de rejoindre cette société en s'y assimilant.
03:57Et je remarque que,
03:59m'adressant à eux,
04:01je suis, nous sommes qualifiés,
04:03même par le président de la République lui-même,
04:05de populistes.
04:06Et vous avez un président de la République
04:07qui s'est fait élire,
04:09dès son premier mandat,
04:10comme étant le progressiste,
04:12face,
04:13qui allait vaincre les populistes,
04:14c'est-à-dire qui allait vaincre
04:15une partie de son peuple
04:16qui se réclamait,
04:17précisément,
04:18de la continuité historique
04:19et qui se réclamait
04:20d'avoir un minimum de respect
04:22de la part de ces élites-là.
04:23Or, ces élites n'ont pas de respect
04:24pour ce peuple.
04:25Aujourd'hui, le divorce est consommé
04:27et nous sommes dans une période révolutionnaire
04:28que je décris.
04:29Il disait d'ailleurs,
04:30il n'y a pas une France,
04:31il y a des Frances,
04:32tout ce genre de discours.
04:34Et à Marseille,
04:34il disait en 2017,
04:36je vois ici,
04:36non pas des Marseillais ou des Français,
04:38mais des Comoriens,
04:39des Haïtiens,
04:40des Martiniquais, etc.
04:41C'est-à-dire que la France,
04:42le phénomène France,
04:43les 15 siècles d'histoire patrimoniale
04:46que balayait.
04:47Balayait par une idéologie,
04:48balayait au nom d'une idéologie,
04:50au nom de la société ouverte,
04:51au nom du progressisme,
04:52au nom du multiculturalisme
04:54et au nom d'un antiracisme
04:55qui était vertueux,
04:56naturellement,
04:57dans ses principes,
04:57mais qui a interdit
04:58de porter la moindre critique
05:00à, précisément,
05:01ces grandes options
05:02qui ont été décidées en haut
05:04sans en demander au peuple,
05:06c'est-à-dire,
05:06cette immigration de peuplement
05:08qui devient une immigration invasive,
05:10cette arrivée d'un islam radical,
05:13d'un islam colonisateur...
05:14Sur lequel le président
05:15est d'ailleurs silencieux.
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