00:00En tout cas, Jean-Luc Mélenchon est en meeting en ce moment et voilà ce qu'il dit à propos
00:05de la mort de Quentin à Lyon à l'instant.
00:07Il avait 23 ans, c'était un homme jeune, mais c'était un adulte.
00:11Ainsi, je veux dire à ceux qui, pour utiliser la situation, pour en faire un usage politicien,
00:19ont prétendu que cet homme était là quasi par hasard,
00:22que c'était un militant politique qui était venu dans le propos délibéré d'associer son action à celle d
00:29'une milice,
00:30car depuis, cela est prouvé.
00:32Il n'y a jamais eu un guet-apens monté spécialement contre lui,
00:37même si en effet, à la fin, il y a une violence tout à fait insupportable qui s'est déchaînée
00:43contre lui.
00:44Ceci n'est pas dit pour excuser ou pour renvoyer dos à dos,
00:47mais pour analyser, comprendre ce qui s'est passé.
00:51Qu'est-ce que vous pensez de cette déclaration ?
00:53Où, en gros, Jean-Luc Mélenchon dit qu'il n'était pas là par hasard,
00:58qu'il était là dans une milice, en gros, c'est de sa faute s'il était là ?
01:00Je trouve que cette déclaration est totalement inopportune.
01:03Aujourd'hui...
01:04Inopportune ? C'est pas un peu mince comme...
01:05Ben non, mais laissez-moi poursuivre.
01:09Ce jeune homme est décédé samedi,
01:10et le fait, en meeting, de contextualiser, au lieu de sans aucune réserve,
01:14déplorer cette violence absolue, condamner ces meurtriers,
01:17et appeler au calme, à l'apaisement,
01:20à la fois dans la rue, mais aussi dans les discours politiques.
01:22Pour moi, c'est ça qui aurait été un discours politique à la hauteur du moment,
01:26et je considère qu'effectivement,
01:27cette remise en contexte pour reprendre des pincettes
01:30et expliquer qu'il lui arrivait ça,
01:31mais bon, quand même, c'était...
01:33Voilà, moi, je trouve ça assez déplorable.
01:35Jordan Bardella, à l'instant, accuse Jean-Luc Mélenchon
01:38d'avoir ouvert les portes de l'Assemblée
01:40à des meurtriers présumés.
01:43Encore une fois, pour l'instant,
01:46sauf erreur de ma part,
01:47le député n'est pas meurtrier présumé.
01:51Il n'est pas en garde à vue,
01:52il n'est pas sur le banc des accusés.
01:53Il a été interpellé.
01:54On parle de son collaborateur.
01:55On parle de son collaborateur.
01:56Vous parlez du député Raphaël Arnaud,
01:58moi, je parle de Jacques-Éli-Favreau,
01:59qui est l'assistant parlementaire.
02:00Qui est à l'Assemblée.
02:01Exactement.
02:02Ah oui, qui est à l'Assemblée,
02:03parce que c'est son assistant parlementaire, d'accord.
02:04Voilà.
02:05Ah oui, dont il a eu les accès coupés par Yael Brown-Pivet
02:09avant même de cette interpellation.
02:11On va attendre le résultat de l'enquête.
02:13Moi, je fais confiance à la justice et à la police
02:16pour déterminer les responsabilités des hommes et des autres.
02:18Bien sûr qu'il y a une enquête.
02:18Bien sûr qu'il y a une enquête.
02:20Ça suit son cours.
02:21Il y a le temps médiatique,
02:22il y a le temps judiciaire.
02:24On est tout à fait d'accord là-dessus.
02:25Mais vous vous rendez compte, Romain Eskenazi,
02:27que ce qui se passe là, ce soir,
02:28ce dont on est en train de parler,
02:31c'est, si ce n'est inédit,
02:33en tout cas, c'est excessivement grave ce qui se passe.
02:36Vous êtes d'accord ?
02:37Je suis parfaitement d'accord avec ça.
02:39Et non seulement ce meurtre est dramatique,
02:42ce meurtre est grave,
02:43mais j'irai même plus loin que ça.
02:45Même la brutalisation du discours politique
02:47est selon moi gravissime.
02:49On est dans un niveau de tension dans le pays.
02:51Mais elle vient d'où cette brutalisation ?
02:52Elle ne vient que d'un côté, monsieur le député.
02:53Mais non, cher monsieur,
02:54elle ne vient pas que d'un côté.
02:56Moi, je reçois des attaques d'une extrême violence,
02:58y compris aujourd'hui de la droite républicaine,
03:00qui entretiennent des discours.
03:01Mais c'est-à-dire que si vous ne votez pas comme moi,
03:03vous êtes un criminel,
03:04vous êtes un complice de terroristes,
03:05et je l'ai eu encore la semaine dernière,
03:07parce que je ne vote pas tel texte,
03:08je ne suis pas d'accord avec ça,
03:09eh bien je vais être qualifié forcément
03:11d'ennemi de la République absolue.
03:13Non mais les députés de la droite républicaine
03:14n'ont pas amené à ce que des collaborateurs
03:17de la droite républicaine soient impliqués
03:19dans une affaire de meurtre ?
03:20Non, on peut aller plus loin.
03:22Il y a un sénateur républicain
03:23qui va finir en taule
03:24parce qu'il a drogué sa collègue
03:25pour essayer de la violer.
03:26Oui, attendez,
03:26ne mélangeons pas tout.
03:28Je suis d'accord avec vous.
03:29Je suis d'accord avec vous.
03:30On parle de la reprise du narratif
03:33par la France insoumise,
03:34et voilà ce qui se passe aujourd'hui.
03:35En tout cas, merci d'avoir réagi,
03:36Romain Eskenazi.
03:36Je vous en prie, merci de votre invitation.
03:38Merci d'avoir été l'invité d'Europe 1 Soir.
03:40Pascal Praud,
03:40deux rendez-vous par jour sur Europe 1.
03:42Pascal Praud et vous,
03:43c'est de 16h à 18h,
03:44et bien sûr le matin,
03:45l'heure des pros,
03:46en codifiant avec CNew,
03:47c'est de 9h à 10h.
03:48Vous êtes sur Europe 1,
03:49la radio libre à tout de suite.
03:51Sous-titrage Société Radio-Canada
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