00:00Cassandra, bonsoir. Vous avez quel âge ? J'ai 22 ans.
00:04Vous pourriez être intéressée par ce contrat à droit progressif qui s'inspire d'un modèle italien,
00:09ça avait été mis en place par un homme de gauche d'ailleurs, Matteo Renzi,
00:13pour ces jeunes qui sont sans formation, un peu perdus,
00:16et qui ça leur permettrait de mettre un pied dans le monde du travail ?
00:20Je pense déjà qu'il faut faire attention à ce qui a été annoncé par le MEDEF,
00:24parce que comme vous l'avez dit, il ne précise pas quel type de gêne va être visé,
00:28et en l'occurrence, moi je voudrais mettre l'accent sur quelque chose,
00:31c'est que la précarité étudiante aujourd'hui, elle est gigantesque,
00:34et que cette annonce-là, moi, elle me fait considérer que le MEDEF lance un affront à la jeunesse.
00:40C'est une provocation ?
00:40C'est une provocation, de la même manière que des gouvernements précédents
00:45avaient pu proposer un CPE, etc.
00:48Alors ça, c'était du temps de Dominique de Villepin, Premier ministre.
00:51Effectivement.
00:51Un CPE, c'était un peu la même chose, un contrat premier embauche,
00:54donc c'était moins bien payé que le CDI sur deux ans.
00:56Il y avait au début deux ans de période d'essai,
00:58Jacques Chirac avait dit au début, d'accord, je prends Mulg,
01:00mais on modifie pour un an, et au final, ça va être évident.
01:03Il faut rappeler qu'il y a eu des manifestations de jeunes à l'époque très importantes.
01:07Effectivement, et aujourd'hui, la jeunesse, elle est souvent dépeinte
01:12comme une jeunesse qui ne trouve pas d'emploi, qui est au chômage, etc.
01:15Mais moi, je voudrais insister sur plutôt une caractéristique,
01:18c'est qu'elle est une personne sur deux, un étudiant sur deux,
01:21et aujourd'hui, en train de travailler pendant ses études,
01:25alors même qu'il a environ 718 euros, parce qu'avec le point levé,
01:29donc le collectif dans lequel je milite, on a fait une enquête précarité
01:32qui permettait de mettre ça en avant.
01:34Et là, la promesse du MEDEF, c'est d'accentuer cette précarité
01:39en précarisant les emplois, en payant les étudiants ou les jeunes
01:44en dessous du SMIC.
01:46Oui, mais on leur demande une formation en échange.
01:48– Ce n'est pas précisé, forcément.
01:50– Ah si, c'est précisé, oui, c'est précisé.
01:52– Alors, c'était la possibilité de la sortir d'une obligation
01:57de formation spécifique pour l'employeur, voilà.
01:59– D'accord, mais en fait, moi, ce que je veux mettre en avant,
02:01c'est que ce type de formation va remettre en question
02:04la possibilité pour la jeunesse, effectivement, de se projeter,
02:07mais aussi et surtout de pouvoir… – Au contraire.
02:08– Bien sûr que non, puisqu'il est possible qu'un employeur
02:12aille enlever l'emploi aux jeunes qui sont présents.
02:17Alors, même qu'aujourd'hui, la réalité de la jeunesse,
02:20c'est que la précarité peut tuer.
02:22C'est-à-dire que les jeunes, aujourd'hui,
02:23les personnes qui sont en alternance, qui sont en stage,
02:27je pense notamment à un certain Matisse,
02:28qui s'est retrouvé enseveli sur du béton brûlant,
02:32s'est retrouvé mort parce qu'en fait,
02:35quand la jeunesse est mise au travail au plus jeune âge,
02:38elle se retrouve dans des conditions…
02:40– Oui, mais Cassandra, il y a 19%, vous parlez de précarité,
02:43il y a 19% des jeunes au chômage.
02:45Elle est là, la vraie précarité, c'est le chômage.
02:46– Sous-titrage ST' 501 –
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