00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:03Il est 11h47 sur Europe 1, la suite de Christine Kelly et vous,
00:07après la mort de Quentin, 23 ans, à Lyon.
00:09Comment en est-on arrivé là ?
00:11Nous essayons de comprendre ce matin, chère Christine, sur Europe 1,
00:13avec vos chroniqueurs, Gabriel Cluzel, Éric Tegner,
00:17et vos invités en studio, Olivier Vial, directeur du CRU,
00:20et Édouard Binat, directeur de la coquarde étudiante.
00:22Oui, avant de donner la parole peut-être à Édouard Binat,
00:25pour avoir témoigné de ce qu'il a vécu à Sciences Po Lyon,
00:29peut-être Éric Tegner, vous êtes enfin arrivé,
00:32après une panne d'essence, après vous êtes battu contre tous les obstacles dans Paris.
00:39Trêve de plaisanterie, Éric Tegner.
00:41Là, on parle des responsabilités.
00:44C'est la question que tout le monde a envie de se poser ce matin.
00:47Les universités, on vient de voir avec Olivier Vial,
00:50les agressions qui ont été tuées, on en parlera avec Édouard Binat,
00:53avec Kevin Loisy, qu'on aura tout à l'heure en ligne,
00:55de ces liens entre LFI, la jeune garde, etc.
00:58Selon vous, qui est responsable ?
01:01Comment on en est arrivé là, Éric Tegner ?
01:03Pour moi, d'abord, les premiers responsables,
01:05c'est ceux qui étaient aux responsabilités et qui n'ont rien fait.
01:07Donc évidemment, on peut parler des différents ministres de l'enseignement supérieur,
01:11on peut penser aux premiers ministres,
01:12on peut penser aux ministres de l'intérieur.
01:15C'est-à-dire que beaucoup ont tardé quand même à annoncer la dissolution de la jeune garde.
01:19On a vu quand même beaucoup plus d'oppression
01:21envers certains groupuscules d'extrême droite
01:23que contre ces groupuscules d'ultra-gauche aujourd'hui.
01:27Et surtout, il y a la dimension politique.
01:28C'est-à-dire que qui a fait venir aussi des députés de la France insoumise
01:31comme Raphaël Arnaud à l'Assemblée nationale ?
01:34Eh bien, c'est Gabriel Attal, en 2024,
01:36qui a demandé à ce que les candidats de la majorité présidentielle
01:40se retirent pour faire barrage au Rassemblement national.
01:43Et là-dessus, j'ai pris mes comptes, Christine, très simplement.
01:46Il y a eu près de 80 désistements
01:49qui ont été réalisés par les candidats de la majorité présidentielle.
01:52Très intéressant ce que vous allez nous dire, Éric Tegner.
01:54Ceux qui ont voté, appelé à voter LFI,
01:59ceux qui ont incité à voter LFI,
02:03ça, il ne faut pas oublier. On vous écoute.
02:05Bien entendu, c'est-à-dire qu'il y a quand même des personnalités
02:07comme Alma Dufour, qui est une députée de la France insoumise,
02:10qui a dit des atrocités, notamment antisémites,
02:13qui fait partie d'une des franges les plus radicales de la France insoumise.
02:16Eh bien, dans les faits, Édouard Philippe a appelé à voter,
02:19à se retirer pour que cette personne-là soit élue.
02:21Ça, c'est une réalité.
02:22On a vu également des membres du gouvernement
02:25qui ont pu se retirer dans le cadre du second tour
02:28des élections législatives.
02:29On peut penser à Marie-Yves Guévenou,
02:30on peut penser à Sabrina Agresti-Roubache,
02:33on peut penser encore à Dominique Faure, à Patricia Miralès.
02:36Ce sont tous des membres du gouvernement.
02:38Alors, certains, parfois, ont fait élire tout simplement
02:40des députés de la France insoumise,
02:42d'autres ont fait élire des députés du Nouveau Front Populaire
02:45qui étaient alliés quand même à ces membres de la France insoumise.
02:48Et donc, qu'est-ce qu'ils nous expliquent en ce moment ?
02:50Il y a Gabriel Attal et Prisca Thévenot qui disent
02:52« Oui, mais Gabriel Attal s'est rendu à Avignon,
02:54il a essayé de se confronter face à Raphaël Arnaud. »
02:58La vérité, c'est qu'ils ont fait élire ce type de personnes aujourd'hui.
03:01Et aujourd'hui, c'est extrêmement difficile pour eux de s'en sortir.
03:05On les a fait entrer à l'Assemblée Nationale,
03:07et effectivement, on savait déjà qu'ils étaient dangereux.
03:11Et il y a des députés LR également qui sont responsables.
03:14Moi, j'ai retrouvé trois circonscriptions
03:15où des candidats Les Républicains ont décidé de se retirer
03:18pour barrer la route à Marine Le Pen en Seine-et-Marne.
03:21Régis Sarrazin, lui, il a jeté l'éponge,
03:23laissant Amal Bentoussi affronter la députée sortante,
03:26Béatrice Rouleau.
03:27Un LFI à nouveau, c'est-à-dire qu'on se retrouve
03:29dans un attelage tellement hétéroclite
03:32qu'on a même des Républicains
03:33qui, à un moment, ont décidé de préférer
03:36finalement la France Insoumise au Rassemblement National.
03:38Écoutons, Gérald Darman a invité hier
03:40de Cotier-Lebrette sur ces news
03:42qui a fustigé les politiques de son camp
03:44qui ont appelé à voter LFI par le passé,
03:46comme Gabriel Attal.
03:47Donc moi, je pense, en effet,
03:48qu'on ne peut pas en aucun cas,
03:51dans d'aucune manière,
03:52appeler à voter LFI, même pour faire barrage.
03:54Si je prends le second tour,
03:55Raphaël Arnaud, qui était face
03:56à une députée RN sortante,
03:58si je suivais la consigne de Gabriel Attal,
04:01il fallait voter pour Raphaël Arnaud.
04:02C'était sa prise de parole
04:04à France Inter, je crois.
04:06Il n'avait pas beaucoup concerté, à l'époque,
04:07les gens qui étaient avec lui
04:08en campagne électorale.
04:10Et deuxièmement, j'avais dit
04:11dès le lendemain, personnellement,
04:12que j'étais défavorable
04:13à cette consigne de vote.
04:15Parce que la France Insoumise
04:16n'est pas le bon bulletin de vote
04:18pour faire barrage au Rassemblement National.
04:19Et je pense que si on avait besoin
04:20d'une preuve,
04:21il ne fallait pas nos stratamuses
04:23pour le voir.
04:24Mais si on avait besoin d'une preuve,
04:25je pense qu'on l'a eue.
04:26Donc ce jour-là, Gabriel Attal,
04:27sur France Inter,
04:27qui a parlé au nom de tout le monde,
04:29mais vous dites qu'il ne vous a pas concerté,
04:31il a fait une erreur,
04:32il a fait une faute politique.
04:33Gabriel Attal est quelqu'un de responsable,
04:35vous lui poserez la question directement.
04:37Et j'ai travaillé avec lui,
04:38j'étais heureux de travailler avec lui,
04:39mais je suis en désaccord total
04:41sur ce barrage dit républicain
04:43de voter les filles contre le RN.
04:45Gabriel Cluzel,
04:46Gérald Darmanin,
04:47tacle Gabriel Attal,
04:49qui a appelé à voter les filles.
04:51Non mais, moi, je remarque quelque chose,
04:52c'est qu'il a quand même,
04:53sauf erreur de ma part,
04:54été ministre de l'Intérieur,
04:57de 2020 à 2024, je crois.
05:00Écoutez, il a dissous
05:0423 associations et groupements divers.
05:07Je crois qu'il a dissous
05:08une association d'extrême-gauche.
05:11D'ailleurs, sur tout le règne
05:12d'Emmanuel Macron,
05:13de 2017 à 2023 en tout cas,
05:16puisque je prends une infographie
05:17de France Inter à dessein,
05:18parce que je me dis comme ça,
05:19personne ne pourrait la remettre
05:20en cause à gauche,
05:21puisque c'est leur Bible.
05:22Ils expliquent qu'Emmanuel Macron
05:24a procédé à 37 dissolutions.
05:26D'ailleurs, c'est un record,
05:27je crois, ou pas loin.
05:29Eh bien, il y a eu
05:3015 associations islamistes,
05:32très bien,
05:3417 associations d'extrême-droite,
05:362 d'extrême-gauche
05:38et 1 écologiste.
05:39Alors moi, je veux bien
05:39qu'on vienne chanter Manon,
05:40qu'on nous explique que c'est très grave,
05:42que c'est la faute de LFI,
05:43de tout ce que l'on veut.
05:44S'agissant de la jeune garde,
05:45eh bien, il a fallu
05:46attendre Bruno Retailleau
05:47pour qu'on saisisse du problème,
05:49même si aujourd'hui,
05:49le Conseil d'État
05:50et nombre de gens à gauche
05:52ont essayé de sauver
05:53la jeune garde.
05:54Je ne sais pas ce qui va se passer
05:54à présent,
05:55parce que quand même,
05:56il y a un changement de donne,
05:56mais néanmoins,
05:58les faits sont là.
05:58Les faits sont là,
05:59Gabriel Cluzel sur Europe 1.
06:01Olivier Vial,
06:02rapidement,
06:02avant d'écouter...
06:03Pour effectivement mettre
06:05un petit point positif
06:05au bilan de Gérald Malin,
06:07c'est le seul par contre
06:07qui, quand il a été
06:08ministre de l'Intérieur,
06:09a confié à la sous-direction
06:11de l'antiterrorisme,
06:12l'écoterrorisme
06:14et notamment tous les militants
06:15des soulèvements de la Terre.
06:16Donc ça, effectivement,
06:17c'est quand même quelque chose
06:18qu'il va sans doute
06:19falloir s'en inspirer,
06:21reconfier ça à des gens
06:22dont c'est le métier.
06:23Olivier Vial,
06:24on dit le plus,
06:24on dit le moins,
06:25on dit tout,
06:26en direct sur Europe 1.
06:28Édouard Binat,
06:29vous êtes en direct
06:30dans le studio d'Europe 1.
06:32On a vraiment cherché
06:33avec les équipes
06:34à vous avoir
06:35puisque vous êtes directeur
06:36de la coquarde étudiante.
06:37Vous avez été
06:39à Sciences Po Lyon
06:40et vous avez témoigné
06:42sur les réseaux sociaux
06:43comment,
06:44tous les jours,
06:45à Sciences Po Lyon,
06:46vous avez été attaqué
06:47par la jeune garde.
06:48Racontez-nous.
06:49J'ai surtout pris des pressions,
06:51des intimidations,
06:51des menaces,
06:52c'est-à-dire que
06:53des personnes,
06:54soit liées à la jeune garde,
06:55soit liées à divers groupus
06:56que de l'extrême gauche,
06:57venaient me menacer de mort,
06:58venaient m'attendre
06:59à la sortie des cours,
07:00venaient m'attendre parfois
07:01à la sortie de mon travail
07:02et pendant 5 ans
07:03à Sciences Po Lyon,
07:04au fur et à mesure,
07:05la pression n'a fait qu'augmenter
07:06et plusieurs personnes,
07:07étudiants de droite
07:08à Sciences Po Lyon,
07:09ont fini par fuir
07:09totalement l'école.
07:10On demandait d'aller
07:11les transferts dans d'autres écoles,
07:12ont arrêté leurs études.
07:13En première année,
07:14une étudiante qui était de gauche
07:15s'est fait harceler
07:16et a quitté l'établissement
07:18parce qu'elle se faisait
07:19quotidiennement menacer de mort,
07:21se faisait humilier en public,
07:23se faisait exclure des associations
07:24parce qu'il avait défendu
07:25la présomption d'innocence.
07:27Et ça,
07:27au fur et à mesure
07:28que mon engagement à droite
07:29a continué
07:30et qu'on est venu me voir
07:32et on m'a dit
07:32tu dois arrêter de militer
07:34sinon tu auras des problèmes,
07:35j'ai continué
07:36et j'ai commencé
07:37à prendre des pressions,
07:38j'ai commencé à voir des gens
07:39qui venaient m'attendre
07:39à la sortie des cours,
07:41des gens qui venaient menacer
07:41à l'arrêt de tram
07:42devant l'université.
07:43Et qui sont ces gens
07:44qui vous attendaient chez vous
07:45à votre travail ?
07:46J'ai reconnu plusieurs membres
07:46de la jeune garde,
07:49du coup j'ai reconnu
07:50plusieurs membres
07:50de la jeune garde,
07:51certains sont même venus
07:52à l'intérieur de l'établissement
07:53me menacer
07:53et ce qu'ils faisaient
07:55vu qu'ils n'arrivaient pas
07:55à m'agresser,
07:56ils n'ont réussi qu'une fois
07:57à réellement m'agresser
07:58et à me porter des coups
07:59physiquement
08:00parce que ce moment
08:01il s'était en nombre
08:02trop grand
08:03et je n'ai dû ma survie
08:05qu'au fait de pouvoir me défendre
08:06et que certains passants
08:07sont venus pour intervenir
08:07mais je me retrouvais
08:09chasser autour
08:09de mon lieu d'étude,
08:10j'avais des équipes
08:11de gens armés
08:12qui tournaient
08:12et une fois
08:14j'ai même dû demander
08:15à une amie
08:16la confirmation
08:16que je pouvais aller en cours
08:17et elle me dit
08:18surtout ne viens pas
08:19il y a des gens armés
08:19qui te cherchent.
08:20Non, armés c'est-à-dire ?
08:22Je vous retrouverai
08:23les messages
08:23et je vous les montrerai.
08:24Armés de quoi ?
08:26Apparemment de barres en fer
08:27ou de battes
08:28ils avaient des objets
08:29qu'ils avaient dans les mains
08:31et qu'ils tournaient
08:32autour de l'établissement
08:33et l'extrême gauche
08:34avait pour coutume aussi
08:36de déposer des manifestations
08:37pro-palestines
08:38dans la cour
08:38de l'établissement
08:39et ensuite de faire rentrer
08:40l'ensemble de la manifestation
08:41dont un grand nombre
08:42de gens qui étaient extérieurs
08:43et qui étaient totalement adultes
08:44à l'intérieur de l'établissement
08:46pour l'occuper
08:46et pendant ce temps-là
08:48pendant qu'ils tenaient réunion
08:49dans l'établissement
08:50certains tournaient
08:50dans l'établissement
08:51et faisaient le tour
08:52des salles de classe
08:53pour vérifier s'ils trouvaient
08:54certains élèves
08:54qui étaient étiquetés à droite
08:55notamment moi
08:56et quelques amis.
08:57La chasse à l'homme.
08:58Et c'est ce niveau
08:59et ce qu'il faut comprendre
09:00sur le niveau de violence
09:01de la jeune garde
09:02c'est qu'il y a trois choses
09:03qui sont typiques
09:04de la jeune garde.
09:05Un niveau de violence
09:06qui est extrême
09:06c'est-à-dire il y a à peine
09:07quelques mois
09:08il sautait à pieds joints
09:09sur la tête
09:10d'un militant lyonnais
09:11à 8 contre 1
09:12et sur la vidéo
09:13on voit son crâne
09:14tomber contre le sol
09:15on voit le crâne plié
09:16sous les coups de pied
09:17et qu'est-ce qu'on voit
09:18à un moment
09:19il relève la tête
09:20alors qu'il est au sol
09:20et quelqu'un revient en arrière
09:22il lui remet un coup de pied
09:23et la tête tombe sans bouger
09:24ils auraient pu le tuer
09:26ils le savaient
09:26et ça c'est les méthodes
09:27de la jeune garde
09:28depuis des années.
09:29Un niveau de violence extrême
09:30n'importe qui peut être victime
09:32il ne faut pas se dire
09:32que c'est des simples rixes
09:33entre militants
09:34tout le monde peut être victime
09:35la jeune garde a agressé
09:36des militants
09:36des jeunes avec Macron
09:37à Nanterre
09:38les jeunes avec Macron
09:39avaient fait un communiqué
09:40un ami à moi
09:41de Sciences Po Lyon
09:42qui est membre de l'Uni
09:43et qui est membre aussi
09:45de la campagne
09:46de Valérie Pécresse
09:46ce qui avait signé
09:47une tribune de soutien
09:48à Valérie Pécresse
09:49s'est fait menacer
09:49par des membres
09:50de la jeune garde
09:51sur le lieu d'études.
09:52Edouard Bina
09:52On va marquer une pause
09:54ce que vous dites
09:54est poignant
09:55ce que vous avez vécu
09:56est sidérant
09:57comme dit effectivement
09:58Géraldine Hamon
09:59c'est vraiment
10:00c'est très choquant
10:01question
10:02avez-vous porté plainte
10:03qui a porté plainte
10:05qu'est-ce qui s'est passé
10:05après tout ce que vous avez vu
10:07tout ce que vous avez vécu
10:08qu'est-ce que vous avez fait
10:09est-ce que quelqu'un
10:10est venu à votre secours
10:11la police, la justice
10:12qui ?
10:12On marque une pause
10:13on revient sur ce sujet.
10:14Il est 11h57
10:15vous écoutez Christine Kelly
10:16et vous sur Europe 1
10:17et vous pouvez témoigner
10:18réagir
10:18chers auditeurs
10:19au 01-80-20-39-21
10:21A tout de suite
10:22sur Europe 1
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