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  • il y a 4 heures
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00On va parler maintenant avec Sophie Udugé de ce qui se passe avec nous, je le disais tout à l'heure, avec Sanarie-sur-Mer, avec ce jeune qui est présenté ce matin à un juge, il va être incarcéré 14 ans seulement, il risque 20 ans de prison, on se rassure tout de suite, il ne les fera pas, on sait très bien, voilà exactement, malheureusement.
00:19On va parler aussi de ce qui s'est passé à Pau, alors Sophie Udugé vous êtes spécialiste de l'éducation, vous êtes auteur et on a tous eu dans le collimateur peut-être des profs mais on les respectait malgré tout, aujourd'hui il n'y a plus de respect, de la haine, toujours plus de haine Sophie Udugé, les enseignants de votre association, que vous disent-ils, que constatent-ils ? Dites-nous un peu Sophie Udugé, vous qui êtes spécialiste de l'éducation.
00:43Oui bonjour, écoutez c'est un sujet qui évidemment est beaucoup plus systémique qu'il n'y paraît, parce qu'on prend sur les situations qui se présentent à nous, qui sont de plus en plus on va dire proches les unes des autres, on a de plus en plus de cas d'agression d'enfants de plus en plus jeunes, je rappellerai que Maurice Berger avait déjà alerté il y a bien longtemps dans un livre qu'il avait appelé « Voulons-nous des enfants barbares ? »
01:10Donc ce n'est pas quelque chose de nouveau, il y a aujourd'hui quelque chose qui est systémique, c'est-à-dire qu'on génère nous-mêmes ce système d'ultra-violence chez les jeunes et de plus en plus jeunes.
01:22Ce qui me semble important quand même d'avoir à l'esprit, c'est que si on se place du point de vue de l'enfant, l'enfant c'est son département et un État.
01:33L'État, il a deux missions, une mission d'instruction et une mission de justice. Les parents ont une mission d'éducation.
01:44L'enfant qui n'a pas appris à gérer ses émotions, ses frustrations est une bombe à retardement.
01:50Quand il arrive à l'école, l'école a un devoir de le civiliser, de lui transmettre par la langue française, la même langue à tous les enfants, la même histoire à tous les enfants, les mêmes valeurs à tous les enfants.
02:07C'est-à-dire de générer chez ces enfants qui arrivent dans l'instruction publique, l'instruction publique à Dessa, vous l'aurez compris, une culture commune de droit et de devoir.
02:17Culture commune de droit et de devoir, Sophie Dugé. Géraldine, à côté de moi, qui est en train de boire vos paroles parce qu'elle a été professeure principale, prof, et on se pose beaucoup de questions.
02:29Est-ce qu'on a fait des enfants rois ? Beaucoup de questions à vous poser, Géraldine.
02:32Oui, et malheureusement, on est dans une société où les parents donnent aussi raison à leurs enfants.
02:38Et je le disais il y a quelques semaines aussi, les professeurs, maintenant, je pense qu'ils n'ont plus aucune légitimité par rapport...
02:45Si, par exemple, un parent critique un professeur à la maison, aux côtés de son enfant, forcément, l'enfant va arriver en classe et n'aura plus aucun respect pour son professeur.
02:55Et moi, ça m'est déjà arrivé, j'étais professeure principale, d'avoir omis de... Enfin, pas omis, j'ai fait exprès, en fait.
03:01J'avais un élève brillant qui avait de très belles notes, mais son comportement en classe était exécrable.
03:07Donc, j'avais décidé de ne pas lui mettre de mention. Félicitations, encouragement, voilà, ce qui faisait trop, trop de... Voilà.
03:13Et il ne l'a pas accepté, il est venu me voir à la fin des cours.
03:18Mais madame, pourquoi ? Je ne comprends pas.
03:20C'est ce qui s'est passé à San Aré.
03:21J'ai eu un mot de... Voilà, exactement, mais vraiment...
03:23Mauvaise appréciation si on pronote.
03:25Tout à fait, j'ai dit... Voilà, exactement. Mauvaise appréciation.
03:27Ils l'ont mal, il l'a mal, il ne l'a pas du tout accepté.
03:30J'ai même eu un mail du père.
03:34Et non, je suis restée sur mes positions, mais voilà, ça aurait pu dégénérer.
03:37Est-ce que vous avez été soutenue par votre direction ?
03:39Oui, oui, pour le coup, j'étais dans un établissement
03:42où les responsables pédagogiques soutenaient les professeurs.
03:48Est-ce que ce n'est pas toujours le cas ?
03:49Non, ce n'est pas toujours le cas, mais j'ai eu la chance de...
03:52Et c'est pour ça, en fait, je pense que les professeurs, les enseignants
03:54manquent terriblement de soutien de leur hiérarchie.
03:58Je ne pense pas que ça va aller en s'arrangeant.
03:59Sophie Eudugé, lorsque vous voyez ce que dit Géraldine Amon,
04:02qui a été enseignant, lorsque vous voyez cet élève de 7 ans,
04:05Sophie Eudugé, vous qui êtes spécialiste de l'éducation,
04:07et je buvais vos paroles tout à l'heure,
04:09un élève de 7 ans qui a menacé au couteau le directeur
04:12et un employé de son école primaire de Pau.
04:15Comment on en est arrivé là ?
04:17Et peut-être une dernière question, que faut-il faire ?
04:20Oui, alors effectivement, je suis tout à fait d'accord avec ce que disait Géraldine.
04:23Il est évident, si vous voulez, qu'il y a eu une délégitimisation
04:28de la fonction de l'enseignant.
04:31Mais il faut aussi reconnaître qu'elle est aussi conséquence
04:34d'un mouvement idéologique militant d'extrême-gauche,
04:39qui a pris le pouvoir dans l'instruction publique.
04:43Je ne sais pas si Géraldine parle d'un établissement privé ou public,
04:46mais la distinction est majeure.
04:49C'est-à-dire qu'on peut avoir des bons élèves au comportement pas acceptable,
04:54c'est-à-dire la conséquence d'une éducation
04:57qu'on a appelée l'enfant roi, si vous voulez,
05:01et qui finalement fait des enfants tyrans.
05:02Mais là, on n'est pas sur le même registre.
05:06On est sur des populations d'enfants.
05:08Je ne pense pas qu'autour de la table, il y a un de vos enfants
05:10qui prendrait un couteau pour aller à l'école
05:14et le planterait dans sa professeure.
05:15On ne parle pas de la même chose.
05:17On ne parle pas des mêmes enfants.
05:18Et on ne parle pas du même milieu éducatif.
05:20Et le fait de faire l'amalgame entre ces deux approches,
05:25à la fois éducatif et à la fois système d'instruction,
05:28me semble être dangereux parce qu'on ne réglera pas le problème comme ça.
05:31Il y a une réalité, c'est que ces enfants-là,
05:34qui ont ces actes-là, en dehors de cas pathologiques,
05:37qui sont l'exception qui confirme la règle,
05:39mais en dehors de cas pathologiques,
05:41notamment ceux-ci qui se sont acharnés sur Théo
05:43pour lui voler son téléphone.
05:44Je rappelle qu'il y a un an, presque jour pour jour,
05:48Louise était tuée en sortant de son établissement scolaire,
05:5111 ans, par un jeune d'une vingtaine d'années
05:54qui s'était gavé de jeux vidéo,
05:56qui était évidemment dans une violence,
05:59incapable de faire l'instruction entre le réel et le virtuel,
06:03sans sacralisation de la vie humaine.
06:06Je veux dire, c'est de ça dont il s'agit.
06:08Donc si vous voulez, il y a à la fois une responsabilité des parents
06:11qui doit être, là au niveau législatif,
06:14reconsidérée.
06:15Je veux dire, il est absolument anormal que les enfants
06:18qui ont des comportements inacceptables,
06:21les parents ne soient pas convoqués
06:23et ne soient pas responsabilisés,
06:24et que quand ils ont des aides sociales,
06:27ces aides sociales soient conditionnées
06:28au bon comportement de leurs enfants.
06:30Il y a quand même des choses simples à mettre en œuvre.
06:33Merci beaucoup.
06:33Il y a des choses simples à mettre en œuvre.
06:35Effectivement, on revient sur la responsabilité des parents.
06:38Si les parents abandonnent leurs enfants,
06:40si les parents n'éduquent pas leurs enfants,
06:41en 6 ans, les parents n'apprennent pas effectivement
06:43l'autorité aux enfants.
06:45Où on va ?
06:46Sophie Eudigé, spécialiste de l'éducation,
06:49qui a répondu en direct sur Europe 1.
06:51Céline, vous nous appelez de Bourgogne
06:52et vous dites que vous êtes, vous,
06:53vous êtes une ancienne enseignante,
06:55comme Géraldine Hamon qui est avec nous.
06:57Et pour vous, quel est le problème ?
06:58Vous dites que le problème vient aussi
06:59de l'éducation des parents,
07:00ce que vient de nous dire Sophie Eudigé.
07:02Bonjour Céline.
07:04Bonjour.
07:06Oui, je suis tout à fait d'accord
07:07avec ce qui vient d'être dit.
07:09Moi-même, j'étais enseignante.
07:12Je me suis arrêtée parce que ça n'était plus possible.
07:17Les parents jettent le discrédit sur les enseignants.
07:20Qu'est-ce qui n'était plus possible concrètement, Céline ?
07:22D'enseigner, c'est-à-dire que j'ai été convoquée,
07:25concrètement, par des parents,
07:28avec ma directrice à côté
07:30parce que j'avais une bouteille de coca dans mon sac
07:32et donc j'ai été excusée de boire du coca en classe.
07:37Je ne sais pas si on peut s'imaginer
07:39à quel point on a basculé
07:42dans une impossibilité d'enseigner.
07:47J'ai trouvé une gamine
07:48en train de prendre des notes
07:50sur ce que je faisais minute après minute.
07:53Non.
07:53Pour le rapporter.
07:54Donc ils viennent juger les profs
07:56au lieu d'apprendre.
07:57Exactement.
07:58Mais aujourd'hui, ma chère Céline,
08:00mes parents, ils ont été enseignants.
08:02Moi, mes parents, ils me faisaient apprendre
08:03ma table de multiplication.
08:04Bon, bien sûr, ce n'était pas hier.
08:05Apprends ta table de multiplication,
08:06t'apprends les conjugaisons,
08:08t'apprends tout ça,
08:09t'apprends les poésies, etc.
08:10Et aujourd'hui, c'est fini.
08:11Maintenant, même une table de multiplication,
08:13on ne te laisse pas la prendre
08:13et tu échoues forcément au collège
08:15si tu ne connais pas ta multiplication.
08:17Donc, tu n'as pas de notes.
08:18Maintenant, tu as des petits autocollants,
08:20des stickers, des compétences,
08:22sur les compétences.
08:23Comment est-ce qu'on veut...
08:24On est, comme disait d'ailleurs Marie-Estelle Dupont hier,
08:27on a engendré les enfants
08:28que la société elle-même a créés.
08:31Merci Céline pour votre témoignage en direct
08:33sur Europe 1,
08:34poignant, ancienne, enseignante
08:36qui s'élève effectivement
08:38contre l'éducation des parents.
08:41Gabriel Cluzel, Éric Tegner.
08:42Il faut se rendre compte que
08:44Sophie Dugé parle d'une idéologie militante
08:48d'extrême-gauche
08:49et moi, je crois qu'elle a une forte responsabilité.
08:51Et par ailleurs, nous en sommes
08:52à la deuxième génération.
08:53Il faut comprendre que les enfants,
08:55les parents aujourd'hui,
08:56sont les enfants de cette génération,
08:59post-68,
09:00donc eux-mêmes sont un peu démunis,
09:01ils ne savent pas élever leurs enfants.
09:03Vous savez, c'est une grande violence
09:04de ne pas mettre de barrière,
09:07enfin de ne pas mettre de cadre.
09:09On n'a jamais été antispéciste
09:12aussi proche de la nature,
09:13on a oublié que nos enfants
09:13sont des jeunes plants,
09:14ils ont besoin d'un tuteur,
09:16comme les jeunes plantes.
09:17Pourquoi ça arrive à 14 ans ?
09:18Parce qu'ils ont la force physique nécessaire,
09:20mais tout petit,
09:20ils faisaient des colères
09:21qu'il aurait fallu réprimer.
09:23Gabriel Cluzel, Éric Tegner.
09:25Mais c'est vrai que ce qui est inquiétant,
09:26c'est que c'est aussi cette jeune génération
09:28qui demain vont être les parents
09:30des nouveaux enfants,
09:31c'est-à-dire qu'ils ne sont pas non plus formés
09:34pour être équilibrés,
09:35pour avoir des enfants
09:35dans une dizaine d'années.
09:37Donc je trouve ça terrible.
09:37Et l'autre élément,
09:38c'est le phénomène effectivement
09:39de contamination,
09:40c'est-à-dire qu'il y a des parents
09:42qui vont très bien éduquer leurs enfants,
09:44mais lorsqu'ils vont envoyer
09:45leurs enfants en classe,
09:46cet enfant,
09:46il peut complètement dérailler
09:48en raison d'un environnement
09:50qui n'est pas bon.
09:51Incroyable.
09:51En tout cas, merci beaucoup à tous
09:52d'avoir réagi sur la question.
09:55Merci.
09:56Merci.
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