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L'invité du 7h50 de Benjamin Duhamel est Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur. Avant son départ en Algérie, il revient sur la mort de Quentin Deranque, militant identitaire, mort à Lyon après une violente agression.
Retrouvez « L'invité de 7h50 » de Benjamin Duhamel sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-lundi-16-fevrier-2026-4461192
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00:00Et Benjamin Duhamel, vous recevez le ministre de l'Intérieur.
00:03Bonjour Laurent Nunez.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:06Alors que beaucoup de questions restent encore en suspens après la mort de Quentin Deranque,
00:11étudiant et militant identitaire de 23 ans, roué de coups à Lyon jeudi soir en marge d'une conférence de
00:15Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
00:16Un drame qui fracture la classe politique.
00:18Pour commencer, je voudrais savoir comment est-ce que vous qualifiez ce qui s'est passé jeudi soir dans les
00:23rues de Lyon ?
00:23Est-ce que c'est une rixe qui a dégénéré en lynchage ?
00:27Est-ce que Quentin Deranque a été victime d'un guet-apens, comme le dit l'avocat de sa famille
00:32?
00:33Bonjour. D'abord une pensée évidemment à nouveau, j'adresse toutes mes condolences à la famille.
00:39Le qualifié, qualifié, effectivement l'avocat parle de lynchage et de guet-apens.
00:46Je crois que le lynchage à coup sûr, il y a un affrontement qui se termine par un lynchage.
00:50Plusieurs individus qui portent des coups dont ils ne peuvent pas imaginer une seconde,
00:53qu'ils ne sont pas mortels ces coups-là, ça n'est pas possible autrement.
00:58Ensuite, le guet-apens, ça suppose une préméditation, le parquet le confirmera ou pas,
01:03mais ça semble, la préméditation à ce point-là, je n'en suis pas complètement certain.
01:07Par contre, le lynchage, évidemment c'est manifeste, c'est manifeste.
01:11Et d'ailleurs c'est pour ça que le procureur ouvre pour violences criminelles.
01:13Est-ce que le mot rixe vous paraît adapté, ou est-ce qu'il représente une forme d'atténuation de
01:17ce qui s'est passé ?
01:18Ça peut être vu comme une forme d'atténuation, ça fait penser à un affrontement entre bandes, là c'est
01:22beaucoup plus grave.
01:23Ce sont des mouvances ultra qui recourent de part et d'autre, de part et d'autre, très souvent à
01:27la violence.
01:28Et donc, non, le mot rixe me semble un peu sous-estimer le phénomène.
01:34Et quand bien même ça aurait commencé par une rixe, ça se termine par un lynchage qui entraîne la mort
01:37d'un jeune homme de 23 ans.
01:39Donc c'est très grave. Pour moi, il n'y a même pas débat sur ce terme.
01:43Vous avez affirmé hier soir que c'était, je cite, manifestement l'ultra-gauche qui était à la manœuvre.
01:47Et vous avez rajouté que les témoignages allaient dans le sens de profil lié à la jeune garde, cette organisation
01:52antifasciste dissoutant en juin dernier.
01:54Est-ce que vous pouvez nous préciser ce matin, Laurent Nunez, les éléments qui vous font dire qu'il s
01:59'agirait notamment de militants de la jeune garde ?
02:03D'abord, première chose, il n'y a que le parquet qui pourra le confirmer.
02:06Moi, je ne peux, je n'ai pas, c'est lui qui confirmera l'appartenance de ces personnes.
02:10Je me réfère à ce que vous avez dit hier soir.
02:11Il y a le groupe qui est pour l'instant dissous. Il y a un recours, mais qui n'est
02:15pas suspensif.
02:16Donc le groupe pour l'instant est dissous. Et puis ça peut être la participation de certains membres qui ont
02:20été d'anciens membres de la jeune garde.
02:22Je dis anciens parce qu'elle est dissoute et qui peuvent se réunir ponctuellement.
02:25Voilà, moi, ce sont les témoignages que j'entends dire.
02:27Et puis c'est, vous êtes à Lyon, la jeune garde était très présente sur Lyon.
02:31On parle d'un mouvement d'ultra-gauche. Manifestement, c'est l'ultra-gauche. Il n'y a aucun doute
02:34là-dessus.
02:35Et donc voilà, on pense évidemment tout de suite à la jeune garde.
02:37Mais le procureur confirmera, on verra bien.
02:39Il y a un élément très important. Est-ce que vous pouvez nous confirmer l'information,
02:43notamment de nos confrères de Mediapart, selon laquelle l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud,
02:47député de la France Insoumise, cofondateur de la jeune garde, était présent sur les lieux de l'agression ?
02:53Non, je ne peux pas vous le confirmer. Il n'y a que le parquet qui peut le faire.
02:56Mais de ce que je comprends, il y a de nombreux témoignages,
02:58notamment de militants de la partie adverse, qui le disent.
03:04Voilà, on verra. Les investigations sont en cours. On verra. Ce sera confirmé ou infirmé.
03:08Donc des témoignages qui vont dans le sens de la présence de l'assistant parlementaire de Raphaël Arnaud.
03:12Je vous confirme qu'il y a des témoignages en ce sens.
03:14Ce collectif antifasciste est lié à la France Insoumise.
03:17Jean-Luc Mélenchon, le 30 avril 2025, on l'entendait il y a un instant dans l'édito de Patrick
03:20Cohen,
03:21affirmait dans un meeting à Auxerre que la jeune garde était alliée et liée à la France Insoumise.
03:25Pour autant, hier soir, Jean-Luc Mélenchon a condamné ce crime et a affirmé
03:28que la France Insoumise n'avait rien à voir avec cette histoire.
03:31Est-ce que vous le jugez de bonne foi, Jean-Luc Mélenchon,
03:33quand il dit que la France Insoumise n'a rien à voir avec tout cela ?
03:36D'abord, il y a deux choses.
03:39Premier point, le discours, la radicalité dans le discours,
03:42ça peut parfois se traduire par de la violence dans la rue.
03:44Donc il faut toujours veiller dans la discussion politique,
03:47à la modération, en démocratie.
03:51On n'a pas de discours radical.
03:52Parfois, il peut y avoir une traduction dans la rue.
03:54Premier point.
03:54Deuxième point, non, le lien entre,
03:57à supposer que ce soit des militants de la jeune garde qui sont en cause,
03:59le lien entre la France Insoumise et la jeune garde,
04:02il est très fort, il ne faut pas le nier.
04:03Il y a quelques jours encore,
04:05il y avait un communiqué de la France Insoumise
04:07qui me demandait, enfin demandait au gouvernement,
04:10de renoncer à la procédure de dissolution en cours
04:13qui doit donner lieu à une décision du Conseil d'État
04:15dans les jours ou les semaines qui viennent.
04:17Donc il y a des liens extrêmement forts
04:18entre la France Insoumise et la jeune garde.
04:20Et ça fait partie des éléments que j'ai pris en compte d'ailleurs
04:22pour nuancer, je dis bien nuancer,
04:25et non pas étiqueter la France Insoumise
04:28à l'extrême gauche de la vie politique française
04:30pour les blocs de nuance.
04:31Et vous faites référence à ce communiqué de presse du 11 février
04:34où effectivement le groupe Insoumis à l'Assemblée Nationale
04:36vous demandait instamment de renoncer à la dissolution de la jeune garde.
04:40Vous dites qu'il faut faire attention à la radicalité dans les mots.
04:43C'est-à-dire que vous considérez qu'il y a une violence verbale,
04:46une radicalité dans les propos de Jean-Luc Mélenchon
04:48qui peut ensuite armer un certain nombre de militants violents ?
04:52Qui peut avoir une traduction dans la rue.
04:54Quand les mots dépassent la normalité
04:57et quand il y a une forme de radicalité,
04:59ça peut évidemment conduire à être traduit par des violences dans la rue.
05:03Juste un mot quand même sur la jeune garde.
05:04Je veux quand même préciser,
05:05j'entendais l'extrait du meeting de Jean-Luc Mélenchon.
05:09La jeune garde, c'est un mouvement qui appelle à la violence,
05:13qui est structuré autour de la violence
05:15et qui organise des formations de ces militants au combat.
05:18C'est bien pour ça que nous avons lancé une procédure de dissolution.
05:22C'est justement parce que ce sont des groupes qui provoquent,
05:25qui appellent à des manifestations armées
05:27ou à des manifestations violentes.
05:29Il faut bien le dire,
05:30c'est un groupe qui organise des formations
05:32et on documente leur participation
05:34à de nombreuses actions violentes
05:36telles que celles qu'il y a eu jeudi soir.
05:38Marine Le Pen vous demande notamment
05:39de classer un certain nombre d'organisations antifascistes
05:42comme des organisations terroristes.
05:43Ça n'a aucun sens.
05:45Les mots juridiques ont un sens.
05:47Le terrorisme, c'est vraiment autre chose.
05:49Par contre, attention,
05:50l'ultra-gauche française,
05:53Bers tombe souvent dans la violence.
05:54Mais nous sommes très attentifs.
05:56Tous les services de renseignement
05:57sont mobilisés,
05:58les services de police,
05:59de gendarmerie.
05:59Contrairement à ce qu'on a pu lire hier
06:01ou entendre,
06:02on ne minimise pas.
06:03Il n'y a pas de sous-estimation
06:05de la menace de l'ultra-gauche.
06:06On ne sous-estime pas cette violence.
06:08Les services du ministère de l'Intérieur
06:09comme l'ultra-droite ne la sous-estiment pas.
06:11Je rappelle,
06:12et on le disait qu'effectivement
06:13la jeune garde a déposé un recours
06:14devant le Conseil d'État
06:15contre sa dissolution.
06:16Est-ce qu'il faut aller plus loin
06:18que la dissolution de la jeune garde ?
06:19Vous avez par exemple un collectif
06:20qui a été lancé en janvier dernier,
06:22lancé notamment en présence
06:24de Raphaël Arnaud
06:25qui s'appelle le collectif
06:26Génération Antifasciste.
06:28Est-ce qu'il faudra aller plus loin
06:30et opérer d'autres dissolutions
06:32de collectifs ?
06:32Alors d'abord,
06:33pour terminer sur le terrorisme,
06:35je complète ma réponse précédente.
06:37Les services français
06:38les suivent de près
06:39parce que dans d'autres pays,
06:40dans d'autres pays européens,
06:41cette mouvance d'ultra-gauche,
06:42elle a pu verser
06:43dans des actions
06:44à caractère terroriste.
06:45C'est pour ça que nous sommes
06:46très attentifs évidemment.
06:47Je pense à l'Allemagne,
06:48je pense à la Grèce,
06:49à l'Italie.
06:51Sur la question
06:52de ce que vous dites,
06:54quand on dissout un mouvement,
06:55évidemment qu'on suit ensuite
06:56l'évolution des membres
06:57qui souvent,
06:58et c'est vrai aussi à l'ultra-droite,
07:00essaient de se reconstituer.
07:01Et à ce moment-là,
07:02on documente cette reconstitution
07:03et on va au pénal
07:05sur le délit de reconstitution
07:07de l'Iglissoute.
07:07Et c'est ce qui est fait
07:08à l'ultra-gauche
07:09comme à l'ultra-droite.
07:10Plus généralement,
07:11Laurent Nunez,
07:11la mort de Quentin Derang
07:12pose une fois encore
07:13la question de la violence
07:14en politique.
07:16Il reste un mois de campagne
07:17avant le premier tour
07:17des élections municipales.
07:18Est-ce que vous craignez
07:19que ce genre de drame
07:20ne se reproduise ?
07:22Qu'il y ait un cycle
07:24de représailles qui s'engage ?
07:25Est-ce que ce matin,
07:26vous êtes inquiet ?
07:27Alors, moi,
07:28je ne suis jamais inquiet,
07:29toujours déterminé et serein.
07:30Mais oui, oui, oui,
07:31il faut qu'on ait un mois
07:33des élections municipales.
07:35Hier, nous étions à un mois,
07:37donc maintenant,
07:37moindre un mois
07:39des élections municipales.
07:40On voit qu'il y a
07:40une montée de détention.
07:42Ce drame peut susciter
07:44effectivement des affrontements.
07:45Donc, c'est pour ça
07:46que j'ai adressé un télégramme
07:47à tous les préfets,
07:48mais qui sont déjà très mobilisés,
07:49pour être extrêmement attentifs
07:51autour des rassemblements politiques,
07:52autour des permanences.
07:53Il faut savoir que dans la nuit
07:54de vendredi à samedi,
07:55il y a une dizaine de permanences
07:56de députés de la LFI
07:57qui ont été dégradées.
07:58Donc, voilà,
07:59il faut qu'on reste
07:59extrêmement vigilants.
08:01Vous savez,
08:02vous avez le précédent.
08:03En 2013,
08:04il y a eu la mort
08:05de Clément Méric,
08:06un jeune militant antifasciste
08:09qui avait été précédé
08:10d'affrontements,
08:11d'attaques,
08:12de répliques.
08:12Donc, évidemment,
08:13on va être extrêmement...
08:14Est-ce que là,
08:14Laurent Nunez,
08:14vous avez des éléments
08:15à votre disposition
08:16qui vous permettent de dire
08:17qu'on risque de voir
08:18dans les jours qui viennent
08:19des éléments de représailles
08:20et des nouveaux affrontements ?
08:21Il y a eu hier
08:21de nombreux rassemblements
08:22des militants nationalistes,
08:25royalistes
08:26et identitaires,
08:27pardon,
08:28un peu partout.
08:29Donc, voilà,
08:29il y a une mobilisation.
08:30Je n'ai pas d'éléments
08:31concrets précis,
08:32mais c'est mon job
08:33de les anticiper
08:34et nous les anticipons.
08:35D'un mot rapidement,
08:35Laurent Nunez,
08:36vous vous envolerez
08:36dans quelques heures
08:37pour l'Algérie.
08:38Est-ce que vous avez prévu
08:39de rencontrer
08:40le président Tebboune ?
08:41Je rencontre
08:42le ministre de l'Intérieur
08:43qui m'a invité.
08:44Donc, on va balayer
08:45l'ensemble des champs
08:47de discussion en cours
08:48et notamment
08:49les questions migratoires
08:50de sécurité
08:50et de narcotracie.
08:51Donc, il n'y a pas de rencontre
08:52prévue avec le président algérien ?
08:53Voilà, je vais en Algérie
08:54rencontrer mon homologue
08:55et puis sur place,
08:57sur place...
08:57Donc, ça, c'est une façon
08:58de dire que peut-être
08:59vous le rencontrerez ?
09:00Je verrai bien
09:01ce qui se passe sur place.
09:01Vous voyez,
09:02j'y vais dans un état d'esprit
09:03très constructif,
09:05constructif et en tout cas
09:06déterminer à aboutir
09:07et à réenclencher
09:08une relation sécuritaire
09:09avec l'Algérie
09:10et même au-delà,
09:12bien évidemment.
09:12Est-ce que vous avez
09:13bon espoir d'obtenir
09:14la libération
09:14de notre confrère
09:16Christophe Glez
09:16qui est emprisonné
09:17en Algérie ?
09:17Il y a une procédure
09:18judiciaire en cours
09:20qui se déroule en Algérie.
09:21Voilà, c'est tout
09:22ce que j'ai à dire.
09:23Moi, je vais discuter
09:23de sujets sécuritaires
09:24pour réenclencher
09:25une discussion.
09:26Vous savez, on ne peut pas
09:27ne pas avoir de relations
09:28sécuritaires avec l'Algérie.
09:29Ça n'est pas possible.
09:30Ça n'est pas possible.
09:30C'est mettre en danger
09:31nos concitoyens.
09:32C'est mettre en danger
09:32nos concitoyens
09:33parce qu'avec l'Algérie,
09:35on a toujours travaillé
09:35en étroite confiance.
09:37Merci beaucoup,
09:37Laurent Nunez,
09:38ministre de l'Intérieur,
09:38d'être venu au micro
09:39de France Inter.
09:40Et merci, Benjamin Duhamel.
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