- il y a 6 semaines
Chaque week-end, Anne Seften et Mathieu Coache vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00L'actualité dominait également ce dimanche soir, vous le savez, par la justice française qui s'intéresse à l'affaire Epstein,
00:06puisque le parquet de Paris désigne des magistrats, on l'a appris hier soir, pour analyser d'éventuelles infractions liées à des ressortissants français.
00:13On sera dans un instant avec François-Xavier Causant, avocat de l'association Innocence en danger, mais déjà Laurent Valdiguier.
00:18Pourquoi a-t-il fallu tant d'années pour que la justice française s'y intéresse ?
00:23Là, il a fallu à peine 15 jours pour que la justice française, le parquet de Paris, 15 jours après la publication de ces failles,
00:29qui déclenchent dans le monde quasiment quotidiennement des enquêtes nouvelles ou des démissions.
00:36Là, il a fallu 15 jours au parquet de Paris pour prendre une décision un peu folle, un peu assez extraordinaire.
00:43Pourquoi extraordinaire cette décision ?
00:45De mandater des magistrats pour examiner l'ensemble des Epstein files publiés par la justice française.
00:51Mais c'est un peu fou, c'est une enquête préliminaire qui commence ?
00:53On ne sait pas trop à la lecture du communiqué, c'est une bonne remarque ça.
00:56En tout cas, ils vont eux aussi se plonger comme la planète journalistique entière, au fond, dans ce trou noir que sont ces 3 millions de documents.
01:06À la recherche de toute infraction pénale susceptible d'être qualifiée par la justice française.
01:11Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que là, la justice a un spectre assez large,
01:15puisque toute infraction pénale, ça peut vouloir dire de la corruption, du trafic d'influence,
01:19bien autre chose que les faits de viols de départ.
01:24Laurent Valdiguet, vous dites qu'il a fallu 15 jours, ça ne paraît pas très long.
01:26C'est pas long du tout.
01:27Sauf que des faits connus par la justice française, il y en avait depuis des années.
01:32Et c'est ce qu'on découvre aussi au fur et à mesure.
01:34Donc la justice, certes, a réagi en 15 jours quand la justice américaine a publié ces documents,
01:38mais elle s'était aussi un petit peu endormie auparavant.
01:40C'est l'autre volet du communiqué d'hier soir, c'est qu'au-delà des 3 enquêtes, des 3 plaintes qu'on connaissait,
01:45qu'on a apprises en 15 jours au fur et à mesure, au fil de l'eau des révélations,
01:49le parquet a reconnu qu'il allait réexaminer une affaire classée.
01:53Alors ça aussi, c'est assez extraordinaire, c'est rarissime.
01:58Le parquet de Paris admet que l'affaire Brunel, du nom de ce Français qui était agent de mannequin,
02:05rabatteur présumé d'Epstein lui-même, grand ami en tout cas de Jeffrey Epstein,
02:09qui s'est lui aussi suicidé en prison, à la prison de la Santé, le 19 février 2022,
02:16le parquet réveille cette affaire.
02:18Et à juste titre, parce qu'on découvre aujourd'hui,
02:21et certainement on le découvrira au fur et à mesure des semaines qui viennent,
02:24que dans ce dossier, il y avait d'autres éléments que simplement,
02:30je mets des guillemets à simplement,
02:33que simplement des accusations de viol commises par Jean-Luc Brunel.
02:37C'est vrai que l'action publique s'est éteinte avec lui,
02:40mais en réalité il y avait d'autres choses,
02:42notamment, entre autres, le rôle de rabatteur de ce Daniel Siad,
02:49qui était un complice de Brunel,
02:52et dont le rôle était déjà détaillé dans l'enquête de 2022.
02:55Alors on reviendra dans un instant avec vous,
02:57un peu plus tard dans l'émission, sur votre article que vous publiez cette semaine,
03:00Jean-Luc Brunel, l'entrepreneur suicidé avec ses secrets.
03:02Mais il faut préciser que le parquet de Paris s'est également saisi de trois nouvelles affaires.
03:06Il y a un signalement qui a été adressé par le ministère des Affaires étrangères
03:09au sujet de Fabrice Aydan, cet ancien diplomate à l'ONU.
03:12Il y a une plainte déposée par l'ex-mannequin suédoise Eba Carlson
03:14à l'encontre de ce fameux Daniel Siad,
03:17rabatteur présumé, vous l'avez dit, Jeffrey Epstein.
03:19On va l'écouter Eba Carlson,
03:20parce qu'elle était l'invité cette semaine d'Apolline de Malherbe.
03:23Écoutons-la.
03:23Quand on est arrivés, la maison était fermée.
03:29Il n'y avait personne.
03:32Et là, il m'a dit, ne t'inquiète pas, on pourra dormir dans la cabane de la piscine.
03:36Mais c'était horrible, c'était sale, c'était humide, sombre.
03:46Un seul matelas, des draps sales.
03:51Et à ce moment-là, il s'est mis à être très gentil avec moi,
03:56à me mettre en confiance,
03:58à me faire des compliments,
04:01et à continuer encore et encore.
04:05Et moi, je lui disais, j'ai un petit copain en Suède,
04:08mais il a continué.
04:11Et c'est là qu'il m'a violée.
04:14Il m'a violée dans cette cabane de piscine.
04:19Laurent Valdigui, est-ce que ce témoignage-là,
04:21précisément, au micro d'Apolline de Malherbe,
04:23va intéresser la justice française maintenant ?
04:25Alors la justice française va d'abord voir si c'est prescrit ou pas.
04:28Mais avant de se trancher sur la prescription,
04:31le témoignage va s'intéresser à ce rôle de ce Daniel Sied,
04:35qui avait complètement échappé au radar de l'enquête de 2022,
04:39qui a bénéficié même du classement de cette enquête-là,
04:42et qui apparaît dans les témoignages de cette enquête,
04:44déjà comme un possible rabatteur de jeunes filles.
04:50Soit disant un genre de mannequin, c'est ça ?
04:52Oui, alors il y a au moins deux exemples en tête.
04:54Celui de cette Suédoise,
04:56qui avait été abordée dans la rue en Suède,
04:59et puis il y a aussi aujourd'hui le témoignage de Malika,
05:02qui a été elle aussi abordée par Siade,
05:08alors qu'elle était étudiante,
05:10elle distribuait des échantillons de parfum sur un bon Parisien,
05:14et puis de fil en aiguille,
05:15elle a été rabattue vers Epstein,
05:18elle a été d'abord en contact,
05:19il y a tout un parcours dans le récit de Malika,
05:22elle est en contact avec Svletana,
05:25une autre assistante d'Epstein,
05:27elle apprendra des années plus tard qu'elle aussi en était une victime,
05:31et puis Malika,
05:34elle pense qu'elle va être l'assistante d'un richissime américain,
05:39et qu'elle va l'aider à gérer sa fortune,
05:41et à travailler avec lui dans le monde,
05:43et en réalité elle sera violée deux à trois fois par jour,
05:45dit-elle, par Epstein quand il était à Paris.
05:47– Pendant combien de temps ?
05:48– De 2017 à 2019,
05:51puisqu'à partir de 2017,
05:52il la loge même dans une chambre de bonne de l'avenue Foch.
05:55– Et ces faits, ils sont prescrits ou ils ne sont pas prescrits ?
05:58– Alors ces faits, ils ne sont pas prescrits,
05:59mais Epstein est mort,
06:00donc en réalité il n'y aura pas de poursuite contre Jeffrey Epstein aujourd'hui sur ces faits,
06:04mais en revanche peut-être qu'il y aura des poursuites sur Daniel Siad.
06:07– Alors on y reviendra dans un instant,
06:08parce qu'il y a aussi le Parisien Aujourd'hui en France
06:10qui nous apprend aussi l'existence de rabatteuses femmes,
06:13dont une Russe notamment,
06:15et on y reviendra dans un instant,
06:15mais nous sommes en ligne avec François-Xavier Causant.
06:18Merci d'être là,
06:19vous êtes l'avocat de l'association Innocence en danger,
06:21et Innocence en danger c'est vrai à pousser,
06:23on l'a entendu sur BFM TV et dans la presse aussi,
06:26à rouvrir cette enquête.
06:28Là visiblement, la justice française qui s'intéresse à cette affaire,
06:31est-ce que c'est une victoire, une première victoire pour vous ?
06:34– Bonsoir à tous,
06:36alors oui effectivement Innocence en danger,
06:38comme j'ai coutume de le dire,
06:39ce n'est pas un dossier qu'elle découvre,
06:40parce que nous le premier signalement qui avait été fait
06:43par la présidente de l'association date de 2019.
06:47Donc effectivement, ces derniers temps,
06:49nous nous sommes beaucoup activés,
06:50puisque l'association a restructuré sa défense
06:53autour de cinq avocats dont j'ai l'honneur de faire partie,
06:57et nous avons eu de cesse que d'insister sur le fait
07:00qu'il fallait absolument que la justice se saisisse à nouveau
07:04des dernières révélations pour essayer de faire le ménage un peu
07:10dans toutes ces informations,
07:12et puis essayer de voir si des victimes potentielles
07:15pouvaient être identifiées.
07:17Donc effectivement, je ne peux que me réjouir
07:19que la justice ait annoncé le 14 février, je crois hier,
07:25que des magistrats dédiés avaient été désignés
07:28pour reprendre la lecture de tous les procès-verbaux
07:31et de tous les actes d'enquête et d'instruction qui existent
07:35depuis maintenant quelques années,
07:38et qui manifestement avaient été archivés
07:39avec le décès de M. Brunel.
07:41Petit bémol, je regrette quand même que,
07:44pour être transparent avec vous,
07:46l'enquête est prise fin,
07:48en tout cas l'instruction est prise fin,
07:50avec le décès de M. Brunel.
07:51– Alors justement, c'est ma question,
07:54est-ce que la justice française a fermé les yeux sur cette affaire ?
07:57Est-ce que, selon vous, elle a fait preuve d'une certaine légèreté
08:00ces dernières années,
08:01et elle se retrouve obligée aujourd'hui
08:03de mettre des magistrats sur le dossier
08:05parce qu'il y a une résonance internationale à cette affaire Epstein ?
08:09– Alors, fermez les yeux, je ne peux pas vous dire ça,
08:12mais en tout cas, ce que je peux vous dire,
08:14c'est que par expérience,
08:16il y a des choses qui nous ont, nous, avocats, interpellés.
08:18Pourquoi ?
08:19Parce qu'il y a eu une enquête de police
08:22qui est née du signalement qui a été fait à l'époque,
08:25donc 2019, par Innocence en danger.
08:27Dans la suite de cette enquête de police,
08:29une instruction qui a été ouverte
08:31à l'encontre précisément de M. Brunel.
08:34M. Brunel s'est suicidé, l'instruction a pris fin.
08:37C'est quelque chose qui est assez étonnant.
08:39Pourquoi ?
08:39Parce qu'on est tous d'accord,
08:41et ce n'est pas quelque chose de nouveau,
08:42ce n'est pas une révélation récente.
08:44On est tous d'accord pour dire que c'est un réseau,
08:47enfin, c'est une affaire internationale,
08:49c'est tentaculaire, manifestement Epstein,
08:53sur lequel le projecteur est allumé,
08:56même s'il est aujourd'hui décédé,
08:58n'était pas seul.
08:59C'était un fonctionnement qui était structuré,
09:03machiavélique,
09:04donc il est évident que d'autres personnes
09:07étaient ou sont susceptibles d'être impliquées.
09:10Aujourd'hui, ce qui étonne effectivement,
09:12c'est que l'instruction ait été ouverte
09:14à l'encontre de M. Brunel,
09:16aujourd'hui malheureusement décédé,
09:18et que par le seul constat de son décès,
09:21elle se soit épuisée.
09:22Parce qu'on sait que, évidemment,
09:24nous, association, nous étions constitués,
09:28partie civile, dans le cadre de cette instruction.
09:30Il se trouve que pour des raisons procédurales
09:32un peu techniques, je ne vais pas rentrer dans les détails,
09:33mais on n'a pas eu accès au dossier.
09:36On a renouvelé notre demande de copie récemment
09:38au égard aux derniers événements.
09:40Mais en l'état des informations
09:42qui nous ont été communiquées,
09:43au moins par téléphone,
09:44on nous a expliqué que le dossier
09:47allait certainement nous être délivré,
09:49mais qu'il fallait un peu de temps
09:50parce que c'est dix tomes.
09:51Dix tomes.
09:52Vous imaginez que ça ne concerne pas
09:55uniquement M. Brunel.
09:57Donc la vraie question,
09:59je ne suis pas là pour jeter la pierre,
10:01mais la vraie question,
10:02c'est pourquoi cette instruction
10:04s'est arrêtée,
10:05s'est épuisée avec le décès de M. Brunel.
10:08Aujourd'hui, je me réjouis,
10:10évidemment, comme mes confrères
10:11constitués pour l'association,
10:13que le parquet ait décidé
10:14de remettre le nez dans ce dossier.
10:18Je reste précautionneux
10:19parce que j'attends avec impatience
10:22de savoir ce qui va être décidé.
10:25Aujourd'hui, on nous a expliqué
10:26qu'on refaisait un peu le tri
10:28dans les éléments
10:28et qu'on prenait connaissance
10:30des nouvelles plaintes
10:30qui sont récemment arrivées.
10:33Ça ne veut pas dire
10:34qu'au moment où je vous parle,
10:35il n'y a pas d'enquête qui a été ouverte.
10:37J'attends le voir.
10:38Restez avec nous, François-Xavier.
10:40Laurent Valdiguier, à l'époque,
10:42et c'est ce que dit aussi
10:43la présidente d'Innocence en danger,
10:45il y avait peut-être des gens
10:46qui savaient des choses.
10:47Il y avait ceux qui avaient perquisitionné
10:49notamment l'appartement du 22 Avenue Foch
10:51de Jeffrey Epstein,
10:54qui avaient vu des choses,
10:55qui étaient prêts à en dire plus.
10:56Et c'est vrai que ça a pu frustrer aussi
10:59et les victimes et l'ONG Innocence en danger
11:01de ne pas avoir continué,
11:03d'avoir entendu l'ensemble des policiers.
11:05de ceux qui avaient perquisitionné.
11:07C'est vrai.
11:07Alors, l'association François en danger
11:09fait un signalement le 23 juillet 2019.
11:13Jeffrey Epstein, il vient d'être incarcéré,
11:15le 6 juillet,
11:16et il se suicide le 10 août.
11:18En réalité, les policiers,
11:20ils vont perquisitionner le français,
11:21ils vont le 23 septembre 2019,
11:23c'est-à-dire deux mois plus tard.
11:25Deux mois plus tard,
11:26ils sont en perquisition
11:27dans cet appartement
11:27de 800 mètres carrés
11:29d'avenue Foch.
11:30Mais il est mort, Epstein.
11:33Et c'est vrai que d'une certaine façon,
11:35ça...
11:35Mais il a des complices.
11:37Ça coupe un peu les jarrets de l'enquête.
11:38Cela dit,
11:39c'est vrai que le procès verbal,
11:41la perquisition qu'on découvre aujourd'hui
11:43de cet appartement,
11:44il est dantesque.
11:46Parce que c'est un dédale.
11:49À la fois, il y a des femmes nues partout,
11:51mais il y a aussi des objets.
11:52Il y a un éléphanteau empaillé.
11:54Il y a des animaux empaillés.
11:56Il y a une salle de massage.
11:57Dans la salle à manger,
11:58il y a des découpes de cerveaux humains.
12:02Des découpes de cerveaux humains ?
12:02Oui, il y a des coupes de cerveaux.
12:05Ils notent ça sur le PV de proposition.
12:08C'est un appartement.
12:09Les policiers,
12:10ils vont y mettre des heures et des heures
12:11en perquisitionnant.
12:14Évidemment, ils trouvent la salle de massage.
12:16Et évidemment, ils saisissent.
12:17C'est là où, avec le recul,
12:18on se demande ce qui s'est passé.
12:20Parce qu'on les découvre aujourd'hui,
12:22ces mails.
12:23Ils saisissent un ordinateur.
12:25Ils saisissent des CD-ROM.
12:26Mais dans cet ordinateur,
12:28il y a tous les mails.
12:29Parce qu'il y a la messagerie de Jeffrey Stein.
12:31Donc, on se dit,
12:32mais pourquoi à l'époque,
12:34les enquêteurs français...
12:35Brunel, il est vivant en ce moment-là.
12:37Les enquêteurs français
12:38qui ont une dizaine de plaintes.
12:40Attention, il y a quand même
12:41une dizaine de plaintes pour viol
12:42contre Brunel.
12:43Pourquoi ils se sont limités là ?
12:45Pourquoi ils n'ont pas enquêté,
12:48élargi sur ce qu'on découvre
12:51petit à petit aujourd'hui ?
12:52C'est-à-dire ce réseau de rabatteurs
12:55et puis à la recherche
12:56d'autres jeunes femmes.
12:58Parce que manifestement,
12:59il y en avait des dizaines
13:00de jeunes femmes
13:01qui étaient aiguillées
13:03vers l'appartement
13:04et puis vers le tri
13:06que faisait Epstein.
13:07François-Xavier Cosan,
13:08avant de se quitter,
13:09vous avez reçu
13:09d'autres signalements
13:11cette semaine
13:11puisque j'ai le souvenir
13:12que vous aviez mis
13:12un numéro de téléphone
13:13et un site internet
13:14quand vous preniez
13:15la parole dans les médias.
13:16Est-ce que vous avez eu
13:17d'autres recueillements
13:19de gens qui auraient subi
13:20tout ça ?
13:22Alors, ça commence à arriver.
13:24Je ne vais pas vous mentir.
13:25Je ne vais pas vous dire
13:26qu'on a des centaines
13:26de témoignages.
13:28Pas du tout.
13:28Mais on a quelques contacts
13:31alors qu'on réceptionne
13:33avec énormément de précautions
13:35et de mesures
13:36pour deux raisons.
13:37Alors, pour être transparent
13:38avec vous,
13:39on a des potentielles victimes
13:42et on a aussi des familles
13:43de potentielles victimes
13:45qui ont pris contact
13:45avec l'association.
13:47On les réceptionne
13:47avec précaution
13:48pour deux raisons.
13:49La première, c'est que,
13:50évidemment, l'idée,
13:51ce n'est pas de se substituer
13:52à la justice.
13:53Donc, on fait un premier état
13:54des lieux pour ensuite
13:55réorienter.
13:57Et deuxièmement,
13:57parce que,
13:58vous l'avez fort justement dit,
14:00à l'époque,
14:00il y avait des dizaines
14:02de plaintes,
14:03au moins une dizaine
14:04de plaintes
14:04qui avaient été déposées.
14:06Et puis, les victimes
14:07qui ont osé parler
14:08en 2019, 2020
14:10et après,
14:12ont eu l'impression,
14:13parce que tout s'est arrêté
14:14du jour au lendemain,
14:15que finalement,
14:16ça n'avait servi à rien.
14:17Et aujourd'hui,
14:18le vrai problème
14:18qu'on a, nous,
14:19en relais
14:20entre ces victimes
14:22et la justice,
14:23c'est qu'il faut
14:23qu'on arrive
14:25à leur redonner confiance.
14:26C'est pour ça
14:27qu'elles peuvent vous contacter.
14:28C'est avec impatience de voir.
14:29Et elles peuvent vous contacter.
14:30Et on vous remercie
14:31pour votre témoignage.
14:32On rappelle donc
14:32le nom de cette association,
14:34Innocence en danger.
14:36Des nouveaux éléments
14:37dans le faisceau
14:38de cette affaire Epstein.
14:39Il y en a
14:39tous les jours,
14:40en ce moment,
14:41et il y a trois jours,
14:42le parquet de Paris
14:42s'est saisi
14:43d'une plainte déposée
14:45à l'encontre
14:45du chef d'orchestre
14:46Frédéric Chasselin
14:47pour des faits
14:48de harcèlement sexuel
14:49qui ont été commis
14:50en 2016.
14:51Cette plainte,
14:51c'est justement
14:52la vôtre,
14:53Amélia Feuillard.
14:54Oui.
14:55Bonsoir.
14:55Et merci beaucoup
14:56d'être avec nous
14:57ce soir dans BFM Grand Soir.
14:58Vous êtes soprano américaine,
15:00directrice du festival
15:01Les Inoubliables.
15:02Et c'est l'apparition
15:04en fait du nom
15:04de Frédéric Chasselin
15:05dans ses dossiers Epstein
15:07qui vous a fait réagir.
15:09Racontez-nous
15:09ce qui s'est passé
15:10il y a dix ans.
15:10Dans ses échanges,
15:11il parle de filles
15:12qu'il aurait sélectionnées
15:13pour les présenter à Epstein.
15:14Ça a réveillé
15:15ce que vous,
15:16vous avez vécu en 2016.
15:17Racontez-nous
15:18ce qui s'est passé en 2016.
15:19Oui, c'est un peu différent.
15:22Il n'a pas recommandé,
15:24moi, pour rencontrer Epstein.
15:26Mais c'était plutôt
15:27qu'il a utilisé son pouvoir
15:29pour demander
15:31que je travaille pour lui
15:34pour un concert
15:36qui est proposé.
15:38Et en fait,
15:40au fur et à mesure,
15:41j'ai rendu compte
15:41que ce n'était pas vraiment
15:44pour mon talent
15:45qui m'a sollicité,
15:46mais c'était parce
15:47qu'il s'intéressait
15:49à être avec moi
15:52dans une manière
15:53moins professionnelle.
15:53professionnelle, on peut dire.
15:54Alors, on va découvrir
15:54le genre de message
15:55qu'il a pu vous envoyer.
15:57Oui.
15:57Je mettrai,
15:58on va le voir,
15:59mes mains et ma bouche partout.
16:00Tu as froid,
16:00sois prête à perdre
16:01tout contrôle et manière.
16:03Qu'avez-vous ressenti
16:03à l'époque ?
16:04Ce qui est triste,
16:07c'est que c'était
16:08assez inondant
16:09pour moi
16:09de recevoir
16:10ce genre de message.
16:12À l'époque,
16:13ou même maintenant,
16:15c'est le genre
16:16de situation
16:17que les artistes
16:18retrouvent souvent,
16:19les artistes femmes,
16:20les artistes hommes,
16:21homosexuels,
16:21parce qu'on est dans
16:23une situation
16:24d'impuissance
16:24où, en fait,
16:25on n'a personne
16:26pour nous protéger.
16:28On est des intermittents
16:28de spectacle,
16:29on n'est pas cadré,
16:30on n'a pas de RH.
16:32Et donc, du coup,
16:33il y a énormément
16:34d'envie de travailler.
16:36C'est un métier
16:37avec beaucoup
16:38de compétitions,
16:39de concours.
16:39et on se trouve
16:41dans des situations
16:42où les hommes
16:43qui savent
16:43qu'ils ont
16:44du pouvoir total
16:46et peuvent se servir
16:48de ça
16:48pour avoir accès
16:49à nous
16:50dans une manière
16:51moins professionnelle.
16:52Est-ce que vous pensez
16:53que ces révélations
16:55qui arrivent tous les jours
16:55dans ces dossiers
16:57Epstein
16:57vont permettre
16:58justement à des femmes
16:59de prendre la parole
17:01comme vous le faites
17:01aujourd'hui
17:02pour dénoncer des faits,
17:03vous l'avez dit,
17:04qui ne sont pas liés
17:04directement à Jeffrey Epstein,
17:06mais que vous avez
17:07subi néanmoins ?
17:08C'est pour ça
17:09que je suis là.
17:10J'espère vraiment,
17:11j'ai tellement
17:11des témoignages
17:12de co-sœurs,
17:14des amis
17:15qui parlent de ça
17:16tous les jours
17:16et le fait
17:18que je parle de ça,
17:19ça les donne envie
17:20de me raconter
17:21leurs histoires
17:21que je reçois
17:23encore plus
17:23que d'habitude
17:24et j'espère juste
17:25que d'autres femmes
17:26vont prendre le relais.
17:28Ce n'est pas juste moi
17:28qui parle de ça
17:29tout le temps.
17:30C'est ça,
17:31vous en parlez
17:31sur les réseaux sociaux,
17:32vous avez pris la parole
17:33sur les réseaux sociaux.
17:33C'est ça.
17:34Et donc,
17:35les femmes qui viennent vers vous,
17:36est-ce qu'elles sont nombreuses
17:37et qu'est-ce qu'elles vous disent ?
17:38Nombreuses,
17:38avec des histoires,
17:39des différentes itérations
17:41de ce que j'ai dit,
17:42pas forcément sur Chasselin,
17:43mais...
17:44Dans ce milieu-là ?
17:45Dans ce milieu-là,
17:46les chefs d'orchestre,
17:47les directeurs de théâtre,
17:48les maîtres en scène.
17:50Voilà.
17:51Moi, je suis dans
17:51une situation
17:52un peu différente
17:54parce que
17:55je dirige mon festival,
17:58j'ai d'autres activités
17:59qui font ça
17:59que je suis moins vulnérable.
18:00Je n'ai pas besoin
18:01de juste travailler
18:02en tant que chanteuse lyrique
18:03tout le temps.
18:03Donc,
18:04je comprends pourquoi
18:05eux,
18:05ils veulent rester,
18:06ces femmes,
18:06ces hommes,
18:07ils veulent rester en anonyme
18:09parce qu'ils ont,
18:09ils dépendent vraiment
18:10d'être embauchés
18:12en permanence.
18:14Mais j'espère que
18:15si on est très nombreux,
18:16ça peut commencer
18:17à changer des choses.
18:17Jean-Claude Beaujour,
18:18avocat spécialiste
18:19des États-Unis,
18:21je vous ai vu réagir.
18:22C'est Epstein-Faï,
18:24c'est dossier Epstein.
18:26Est-ce qu'ils peuvent
18:26donner lieu
18:27aux États-Unis,
18:28notamment,
18:29à d'autres poursuites,
18:31encore une fois,
18:32dans le spectre,
18:33en fait,
18:34de ce que faisait
18:35ce pédocriminel ?
18:36Alors,
18:37deux choses.
18:38Il vient d'être dit
18:39qu'au fond,
18:41il,
18:41ILS,
18:42Epstein,
18:42et éventuellement
18:43ses complices,
18:44les gens qui faisaient
18:45partie de son réseau,
18:46s'attaquaient
18:47aux plus vulnérables.
18:49Et j'ai en tête,
18:50notamment,
18:50le décès ressort
18:51de Virginia Gruffle.
18:53Je ne parle pas italien,
18:54c'est à peu près
18:54la prononce
18:56qui est l'une des premières.
18:56Celle qui révèle
18:56toute la terre,
18:57qui parle de prince en brouille.
18:58Et je rappelle
18:59qu'elle s'est suicidée.
19:01Et je pense
19:01qu'il faut garder ça
19:02en tête.
19:04Inévitablement,
19:04alors,
19:05la loi américaine
19:06est très large,
19:07je ne suis pas pénaliste
19:08américain,
19:09mais il est évident
19:10qu'on va découvrir
19:11des choses
19:12dans ces 3 millions
19:14de documents.
19:15Alors,
19:16est-ce qu'il y aura
19:16prescription ou pas ?
19:17On n'en sait rien.
19:18En fonction des législations,
19:20en fonction des États,
19:21il y aura beaucoup de choses.
19:21Mais une chose
19:22qui est certaine,
19:23c'est que le fait
19:24qu'un certain nombre
19:24de gens soient identifiés
19:26comme ayant
19:27soit commis,
19:28soit ayant participé
19:29ou ayant pu être
19:30dans un réseau,
19:32ça va forcément,
19:33nécessairement,
19:34faire bouger
19:34un certain nombre
19:35de pratiques
19:36aux États-Unis.
19:37Souvenez-vous,
19:38c'était déjà
19:38ce qui s'était fait
19:39dans le monde du cinéma,
19:41on s'en souvient.
19:42Et oui,
19:43ce que vous avez dit,
19:43madame,
19:44est très juste.
19:44Dans le monde de la musique,
19:45il n'y a pas eu
19:45un Me Too Music.
19:46Voilà,
19:47c'est cela.
19:48Et tout le monde
19:49est beau,
19:50tout le monde est gentil.
19:51On s'aperçoit
19:51qu'il y a des pratiques
19:52inacceptables.
19:53J'ajoute qu'il y a
19:55des lois françaises
19:56et tout à l'heure
19:56en ouverture d'émission
19:57vous disiez
19:58ce que la justice française
20:00peut.
20:00Oui,
20:00la justice française
20:01peut se pencher
20:02soit parce qu'il y a
20:03une victime française
20:04à l'étranger,
20:05soit parce qu'il y a
20:06un Français,
20:07soit dans les auteurs,
20:09complices ou co-auteurs,
20:10il y a des Français.
20:11Le juge français,
20:12alors rapidement,
20:13le juge français
20:14peut avoir à regarder
20:16et à investiguer.
20:17Juste une question
20:18sur ces millions
20:20de documents,
20:20ces magistrats,
20:21on ne sait pas
20:21combien ils sont,
20:22Laurent Valdiguier,
20:23qui sont chargés
20:24de les écoucher.
20:25Je n'ai pas précisé ça
20:25dans ce communiqué.
20:26Bien sûr,
20:26mais c'est un travail
20:27titanesque.
20:28Il faudrait mettre
20:28combien de personnes
20:29sur ces dossiers ?
20:31Je vous pose la question
20:32également.
20:33C'est un travail titanesque,
20:34sauf que la presse,
20:35depuis 15 jours,
20:36débroussaille un peu
20:36le terrain.
20:37Mais la justice
20:38n'attend quand même pas
20:39que la presse
20:39sorte des articles.
20:39Non,
20:40mais on commence à connaître
20:41pour avoir une idée
20:41des noms
20:42des Français cités
20:45dans les chain fights.
20:48C'est vrai que 3 millions
20:51de pièces,
20:52quand vous avez un dossier
20:53dans la structure
20:54anglo-saxonne,
20:55vous avez vraiment
20:56toutes les pièces.
20:57Donc,
20:57soit vous avez
20:57un mécanisme ordinateur
21:00qui vous permet
21:01d'identifier
21:02ce que vous voulez
21:02aller chercher,
21:03etc.
21:03Mais il est certain
21:04que ça fait beaucoup.
21:05Je ne sais pas
21:06combien de magistrats
21:07ont été mis
21:08sur ce dossier,
21:09mais ça va demander
21:09un travail 24 heures
21:11sur 24 pendant des mois
21:13parce que,
21:14par ailleurs,
21:14on insiste beaucoup
21:15là-dessus
21:15sur vos plateaux,
21:16ça n'est pas parce
21:17que des noms sont cités
21:18que des gens sont
21:19co-auteurs,
21:20complices,
21:22etc.
21:22Il y a l'exemple
21:23par exemple en France
21:24de Flora Coquerel
21:24où Jeffrey Epstein
21:25discute notamment
21:27avec un de ses rabatteurs
21:29en parlant de Flora Coquerel.
21:30Elle,
21:30elle a tout de suite
21:30fait quelque chose
21:31pour dire
21:31attendez,
21:32moi j'y suis pour rien,
21:32on m'a cité.
21:33Absolument,
21:34c'est pour ça
21:35qu'il est important,
21:35y compris pour les victimes,
21:37de dire bien
21:37qu'il faut qu'il y ait
21:38un lien de causalité
21:39entre ce qu'on trouvera
21:41et éventuellement
21:41une infraction
21:42et donc ça va être
21:43tout un travail.
21:44Pour autant,
21:44je crois qu'on l'a aussi
21:46un peu dit,
21:47ce qui est important
21:48c'est qu'il faut
21:50que ce soit dénoncé
21:52absolument
21:53et puis que par ailleurs
21:54un certain nombre
21:56de gens sachent
21:57qu'il y a eu
21:57ou qu'il y ait
21:58prescription ou pas
21:59protégée
21:59à un certain nombre
21:59de victimes.
22:00Amélia Feuillard,
22:01ça vous donne
22:01de l'espoir
22:02de voir que
22:03les choses bougent
22:05quand même,
22:05Néam.
22:06J'espère qu'ils vont bouger.
22:08Comme on a dit
22:08tout à l'heure,
22:09dans le musée classique
22:10ou la musique en général,
22:12hashtag MeToo
22:12n'est pas vraiment
22:13encore arrivé.
22:15Il y a beaucoup plus
22:15de l'argent dans ce milieu,
22:17beaucoup moins des gens
22:18qui s'intéressent à ça
22:19du coup déjà
22:19après le sport et la cinema,
22:20j'espère qu'on est
22:21les prochains.
22:21C'est quelque chose
22:22qui arrive souvent,
22:23le genre de message
22:23que vous avez reçu,
22:24ces monnaies courantes
22:25dans le milieu
22:25de la musique classique ?
22:27Littèrement,
22:27tout le monde
22:28a vécu une histoire
22:29comme moi.
22:30Tout le monde.
22:31Littèrement.
22:32J'ai une copine
22:32qui m'accompagne
22:34sur le plateau ce soir,
22:35aussi chanteuse lyrique,
22:36elle a au moins
22:36trois ou quatre histoires
22:37comme ça.
22:39Aurore Malval,
22:40la classe politique,
22:41en revanche,
22:42pour le moment,
22:42est assez discrète,
22:44on va dire,
22:45sur cette affaire Epstein.
22:47Il n'y a pas eu
22:47beaucoup de réactions.
22:48Il y a eu une demande
22:49d'enquête parlementaire
22:51mais qui,
22:51pour l'instant,
22:52est rejetée
22:53par la présidente
22:54de l'Assemblée nationale.
22:56Et puis,
22:56il y a un malaise aussi
22:57au cas de recette.
22:58Oui, tout à fait.
22:59Alors,
22:59je pense qu'effectivement,
23:00déjà,
23:02la masse des documents,
23:04ces mecs qui sortent
23:05sans contexte,
23:06etc.,
23:07aussi incitent à la prudence.
23:08On a parlé,
23:09bien sûr,
23:09de la présomption d'innocence.
23:10Être cité dans les Epstein-Falc
23:12ne veut pas dire
23:12qu'on est mis en cause
23:14mais je pense qu'il y a
23:14une peur,
23:16en tout cas,
23:16d'une grande partie
23:17de la classe politique
23:18de se dire
23:18et si apparaissaient
23:20des documents
23:21où je suis cité,
23:22où je suis impliqué.
23:24On sent,
23:25en tout cas,
23:25qu'on est peut-être
23:26au début de quelque chose,
23:27d'un dossier,
23:28on le voit bien,
23:29qui est tentaculaire,
23:29qui est gigantesque déjà,
23:30rien que par les pièces
23:31qui là ont été dévoilées
23:32mais il peut y en avoir
23:33d'autres aussi.
23:34Cette correspondance
23:34n'est pas la seule correspondance
23:36de Jeffrey Epstein.
23:37Donc,
23:38en fait,
23:38c'est vraiment,
23:39on est au début
23:40de quelque chose.
23:41Je pense que le personnel politique
23:42est très prudent
23:43et puis il est très prudent
23:44aussi pour une deuxième raison,
23:46je pense,
23:46qui est un petit peu
23:48ce qui ressort,
23:49en tout cas,
23:50je dirais,
23:50il y a des thèses,
23:51bien sûr,
23:51complotistes
23:52qui se sont tout de suite,
23:53enfin,
23:53certains se sont réjouis,
23:55de se dire,
23:55voilà,
23:55on nous prouve
23:56la décadence morale
23:57des élites,
23:57etc.
23:58Je ne pense pas
23:58que les Epstein-Falc
23:59prouvent cette décadence morale
24:01des élites.
24:01Par contre,
24:02ce qu'ils mettent
24:03en relief,
24:04c'est l'impunité
24:05dont a joui
24:06Jeffrey Epstein
24:07et le réseau tentaculaire
24:09qu'il a tissé
24:10dans les élites
24:10économiques,
24:10politiques.
24:10Condamné une première fois
24:11en 2008,
24:12il va falloir attendre
24:12jusqu'en 2019
24:13avant la deuxième.
24:15Exactement.
24:15Et en fait,
24:16cette impunité-là,
24:17elle est souvent,
24:18lorsqu'elle est mise au jour
24:19de cette façon-là,
24:20c'est ce qu'on va reprocher.
24:21Elle est parfois,
24:22au début d'ailleurs,
24:23au moment de la Révolution française,
24:24c'est précisément aussi
24:25cette impunité
24:26qu'on reproche aux élites
24:27qui a allumé aussi
24:28des braises
24:29et qui a décrédibilisé
24:31aussi la monarchie.
24:32Donc je pense que
24:33pour le système politique,
24:36c'est un matériel
24:37très inflammable,
24:38les Epstein-Files,
24:39et donc il y a effectivement
24:40cette envie.
24:41Et en même temps,
24:42et je finirai là,
24:43par exemple au Quai d'Orsay,
24:44l'implication de Fabrice Aydan
24:46dont on parlait,
24:47qui a été justement
24:49visée par une enquête
24:51du FBI en 2013
24:52aux États-Unis
24:52pour des soupçons
24:53de consultation
24:54de sites pédopornographiques,
24:55qui a été exfiltrés
24:57par les services
24:57qui est revenu en France
24:58et qui,
24:59au ministère des Affaires étrangères,
25:00se retrouve dans un placard
25:01un peu doré
25:02à gérer des réseaux sociaux,
25:03effectivement,
25:04c'est quelque chose d'inflammable.
25:05Et Jean-Noël Barraud,
25:06d'ailleurs,
25:06a dit qu'il voulait faire
25:07toute la lumière.
25:07Il a réagi très vite.
25:08Il a réagi très vite.
25:09Il a saisi la justice.
25:10Ça ne fait pas que des heureux
25:11au Quai d'Orsay.
25:12Il y avait dans cette tradition
25:13des diplomates
25:14qui d'ailleurs,
25:15le corps diplomatique
25:16qui est assez
25:18à couteau tiré
25:19avec Emmanuel Macron,
25:20Emmanuel Macron aussi
25:21qui en a remis une couche.
25:22Donc tout ça,
25:23cette affaire
25:24a des ramifications
25:25un petit peu partout
25:25et va secouer aussi
25:27un certain nombre
25:28de structures
25:28dans l'État.
25:30Avec une communication,
25:31Thierry,
25:31à ce sujet
25:32qu'on ne comprend pas très bien
25:33puisque Laurent Fabius
25:34se joint par BFM TV
25:35et il le disait
25:36à Ulysse Gosset,
25:37à l'époque,
25:38il n'y avait pas
25:38de passage à l'AC.
25:39Oui, mais consulter
25:40des fichiers pédopornographiques
25:41reste un délit.
25:42Oui,
25:43il a aussi quand même,
25:45il est un peu revenu
25:46sur ses propos
25:47en disant un peu plus tard
25:48à BFM TV
25:49qu'il faisait un commentaire
25:50sur la base
25:51de ce qu'il avait lu
25:52ces derniers jours
25:53et qu'à l'époque
25:54où il était ministre,
25:54il n'avait pas eu connaissance
25:55de cette affaire
25:56qu'il ne remontait pas
25:57au ministre.
25:58Alors c'est un circuit
25:59un peu compliqué
25:59parce qu'à l'époque
26:00où il est rapatrié
26:02dans des conditions
26:03un peu évidemment suspectes,
26:06ce diplomate,
26:07il est en poste
26:09auprès des Nations Unies,
26:10auprès de ce diplomate
26:12norvégien
26:13qui lui-même
26:13est rattrapé
26:14par cette affaire
26:15et sous le coup
26:16d'une enquête
26:16pour corruption
26:17aggravée en Norvège
26:18aujourd'hui,
26:19il n'est pas directement
26:21dans un poste
26:22au sein de la diplomatie
26:23française.
26:23Il est néanmoins
26:24sous l'autorité
26:25de celui qui est
26:26l'ambassadeur
26:27auprès des Nations Unies,
26:27ce qu'on appelle
26:28en l'occurrence
26:28le représentant permanent,
26:30il s'appelle Gérard Haro
26:31et c'est lui
26:32qui prend la décision
26:32de demander
26:34à Fabrice Haïdan
26:35de revenir à Paris,
26:37de le rapatrier.
26:38Mais effectivement,
26:39le grand mystère,
26:39vous avez raison
26:40de le souligner,
26:41c'est qu'à partir
26:41du moment où
26:41il revient à Paris
26:42en 2013,
26:44il semble ne rien se passer.
26:45Il n'y a pas
26:45d'enquête de plus,
26:47il n'y a pas
26:47de sanction
26:48à fortiori
26:49puisqu'il n'y a pas
26:50eu d'enquête
26:50qui aurait pu justifier
26:51cette sanction
26:52et tout ça,
26:53c'est effectivement
26:54ce qui est aux yeux
26:54de Jean-Noël Barraud
26:55et du président
26:56de la République,
26:57nécessite des explications,
26:59une enquête
26:59à posteriori
27:00pour comprendre
27:00pourquoi
27:01on a laissé
27:02ce diplomate,
27:04sujet d'accusation
27:05aussi grave,
27:06revenir et poursuivre
27:07tranquillement
27:08sa carrière au cas d'Orsay.
27:08On remonte ensemble
27:10le fil de tous
27:11ces nouveaux témoignages
27:13importants
27:14et notamment sur BFM TV
27:15dans l'affaire suivante
27:16ce midi,
27:16celui de Juliette,
27:18ancienne mannequin
27:19qui raconte sa rencontre
27:21avec le criminel sexuel
27:22américain en 2003.
27:23Il lui a acheté
27:24un billet d'avion
27:24pour la faire venir
27:25à New York
27:25dans cet immense
27:26appartement de Madison Avenue.
27:27À cette époque,
27:28Juliette pense qu'elle peut
27:30accéder aux agences
27:31de mannequinat américaines
27:32sauf que vous allez l'entendre,
27:34Jeffrey Epstein
27:34l'emmène dans une chambre,
27:36il s'assoit sur le lit
27:36et elle a raconté,
27:37Apolline Revena,
27:38ce moment face à Jeffrey Epstein.
27:41Je me retrouve toute seule
27:42avec lui,
27:42il me fait traverser
27:43une salle de musculation.
27:45Dans les détails,
27:46je me remarque
27:46qu'il y a des photos
27:47de parties intimes
27:48de femmes placardées
27:49sur tout autour
27:50de la salle de musculation.
27:52Et il va dans la chambre du fond,
27:53il s'installe,
27:53il se met assis sur le lit
27:55et je m'arrête
27:55au pas de la porte
27:56et je le regarde
27:57et je lui dis
27:58je vous préviens,
27:58je ne ferai rien.
27:59Voilà, déjà je me dis
28:00au cas où
28:00s'il y a quoi que ce soit,
28:02le cadre est posé
28:03et après il me dit
28:04non c'est bon,
28:04tu peux venir.
28:06J'ai juste besoin
28:07de savoir si ton corps
28:08est prêt
28:08pour pouvoir faire
28:09des mises en contact
28:10avec les agences.
28:12Et il me demande
28:12de me dénuder pour ça,
28:13donc ce que je fais.
28:14À ce moment-là,
28:15pas d'alerte plus que ça,
28:17même si je reste en vigilance,
28:19je me dénude
28:19en gardant évidemment
28:20mes sous-vêtements
28:20et c'est là où il me dit
28:22non, non,
28:22mais le sous-vêtement aussi.
28:23Le soutien-gorge.
28:24Le soutien-gorge, oui, pardon.
28:25Et donc je l'enlève
28:27mais toujours en cachant,
28:28etc.
28:29Et il me regarde
28:30et il me fait le tour
28:31et il commence à me toucher,
28:32et il me dit ça, ça ne va pas,
28:34ça, ça ne va pas.
28:34Donc manifestement,
28:35avec mes 12 kilos de moins
28:36qu'aujourd'hui,
28:37je n'étais pas encore
28:38assez maigre à ses yeux.
28:40Alors après cette scène,
28:41Juliette veut partir,
28:43veut quitter New York,
28:44sauf que Jeffrey Epstein
28:45lui a pris son passeport
28:46la veille,
28:47on va y en revenir,
28:48c'est un point important
28:49parce que la confiscation
28:50de passeport,
28:51c'est au cœur
28:52de quasiment tous les trafics
28:53d'êtres humains.
28:54On écoute ce deuxième
28:55témoignage de Juliette.
28:57Par contre, je vous préviens,
28:58je ne partirai pas
28:58sans mon passeport.
29:00Et c'est là,
29:00elle me dit ok,
29:01donc il faut savoir
29:02que le moment où
29:03on commence à sortir
29:04de la chambre,
29:05je ne sais pas où je vais,
29:06je ne sais pas qui est cet homme,
29:07j'ai la peur au ventre,
29:08je tremble,
29:09et je me dis,
29:11il faut que j'essaye
29:12au moins de récupérer ça.
29:14Il m'emmène dans un bureau,
29:15donc c'est le bureau en plus
29:16que j'ai vu récemment
29:17sur les images,
29:18et donc il ouvre son tiroir
29:21et il sort une pile
29:22d'une bonne vingtaine
29:23de passeports
29:23et il est là
29:25en train de regarder rapidement.
29:26Il trouve finalement
29:27rapidement le mien
29:28et puis il me le rend
29:29sans opposition.
29:29Laurent Vallier,
29:31témoignage glaçant
29:32que celui de Juliette,
29:33elle voit son passeport
29:34dans une pile
29:34d'une vingtaine
29:35d'autres passeports,
29:36c'est ce que prostitution,
29:37sauf que là,
29:37c'est pour contrôler.
29:38Tout à fait,
29:39on sait qu'il y avait
29:39une demi-douzaine
29:40de jeunes filles dans
29:41cet appartement
29:42Malika au policier en 2022,
29:44était toujours entourée
29:46de gens qui étaient là,
29:47soit à New York,
29:49soit à Paris,
29:50soit dans son île.
29:51Et en réalité,
29:52c'est un mode de vie
29:52qu'on découvre aujourd'hui
29:53avec,
29:55comme l'a raconté Juliette,
29:56ses séances de tri.
29:59D'ailleurs,
30:00Malika le raconte,
30:01sa première face-à-face
30:02avec lui
30:03dans son bureau parisien.
30:05Il ne se passe
30:06évidemment rien.
30:06Il la met à l'aise.
30:11Il lui promet
30:12mon zémerveille.
30:13Et ensuite,
30:14il y a un deuxième rendez-vous
30:14pour un massage du dos.
30:16Il a mal au dos.
30:18On lui dit
30:18que ça va faire partie
30:19de son travail d'assistante.
30:20Oui, parce qu'il se faisait
30:21faire plusieurs massages par jour.
30:22Alors,
30:22elle lui fait un premier massage
30:24du dos
30:25où il ne se passe rien d'autre
30:26qu'un massage du dos
30:27dans la fameuse
30:28salon de massage
30:29qu'elle décrit parfaitement
30:31sombre et tapissée
30:32de photos de femmes nues.
30:33Il ne se passe rien
30:34de sexuel cette fois-là.
30:35Et puis ensuite,
30:37petit à petit,
30:37petit à petit,
30:39elle sera violée
30:40à l'occasion
30:41de ses séances de massage.
30:42Ce qu'elle va raconter,
30:43elle va vivre de 2013,
30:44de fin 2013
30:45à 2019,
30:47son arrestation.
30:48Elle va vivre
30:48finalement aux côtés
30:50et sous la coupe,
30:52sous la coupe
30:53dans cet esclavage sexuel.
30:55Justement,
30:55cette confiscation
30:57de passeports.
30:5820 passeports.
30:58Elle voit une pile
30:59de 20 passeports.
31:00Qu'est-ce que ça nous dit
31:00sur...
31:01Et Malika,
31:02on voit bien
31:03que c'était quelqu'un
31:03de fragile.
31:04Elle était jeune étudiante
31:06d'une famille
31:08de banlieue parisienne.
31:10Elle rêvait.
31:11Elle dit aux policiers
31:12qu'elle avait
31:12l'American Dream
31:13en tête.
31:15Donc oui,
31:16elle était fragile.
31:17Elle avait été sélectionnée
31:19parce qu'elle paraissait
31:20très très jeune.
31:21Elle dit,
31:21je paraissais 16 ans,
31:22j'en avais 23.
31:23Et ensuite,
31:24elle raconte
31:25que toutes les filles
31:26qui étaient sélectionnées,
31:28notamment,
31:29elle avait une chef
31:30qui était
31:30Slatena
31:32et qui était
31:33elle aussi
31:33victime de tout ça.
31:35Elle aussi
31:35voulait s'en échapper
31:36mais n'y arrivait pas.
31:38Epstein disait,
31:38c'est moi qui commande.
31:40Elle vivait un enfer
31:41à la fois sexuel
31:43et puis sous emprise
31:44totale
31:45d'Epstein.
31:46Jean-Claude Beaugour,
31:47est-ce qu'on peut dire
31:48qu'on commence
31:49à avoir peut-être
31:49des éléments
31:50qui nous permettent
31:51de penser
31:51qu'il y a eu
31:51un trafic d'êtres humains
31:52à un moment donné ?
31:53C'est très simple.
31:55Vous avez dit tout à l'heure
31:56800 mètres carrés
31:57à Paris,
31:59du Monde,
32:00des passeports,
32:01ce n'est pas
32:01un cas isolé,
32:03c'est un certain nombre
32:03de personnes,
32:05réitération des faits
32:06et on vient nous dire
32:08à des tas
32:09de circonstances,
32:11on ne savait pas,
32:12on ne pouvait pas se douter.
32:13Non,
32:13ce type de situation
32:14et ce n'est pas
32:15uniquement
32:16dans le cas d'Epstein,
32:18vous savez,
32:19rien de secret
32:20ne reste caché
32:20par définition.
32:21À partir du moment
32:22vous partagez
32:23avec plus d'une personne
32:25et qu'on a potentiellement
32:26une vingtaine de victimes,
32:27il est impensable
32:28qu'il n'ait pas su.
32:29Alors ça,
32:30ça pose un problème
32:30et j'ai envie de dire
32:31plus politique.
32:32Comment ni les autorités,
32:34par exemple,
32:34les autorités françaises
32:35ont dit
32:36on a arrêté
32:37parce qu'il est décédé,
32:38on a arrêté.
32:39Il y avait des choses
32:40quand même
32:40qui étaient suffisamment
32:41importantes pour que l'on se dise
32:42instinctivement,
32:44j'ai envie de dire
32:44c'est ça le vrai sujet politique.
32:46Comment est-ce qu'on a pu
32:47passer à côté de cela
32:49alors que nous avons
32:50une législation,
32:51des législations,
32:52nous avons des politiques publiques
32:53qui précisément
32:54luttent contre le tourisme sexuel.
32:57Et lorsque vous avez
32:57quelqu'un comme cela
32:59qui est quand même
32:59assez connu,
33:00très influent,
33:02qui vient X fois
33:02comme cela en France
33:03et à aucun moment
33:04on ne se dit
33:04on va quand même pousser l'enquête,
33:06on va essayer
33:06d'en savoir un peu plus,
33:08moi ça me pose problème
33:10sur le plan de la justice
33:12tout simplement.
33:13Emma Feuillard,
33:13vous avez réagi
33:14quand vous avez vu Juliette
33:15qui témoignait tout à l'heure
33:17dans l'affaire suivante
33:17et qui finalement
33:18décide de partir.
33:19vous avez décidé
33:22d'arrêter
33:22cette correspondance.
33:24Oui.
33:25Est-ce que vous vous dites
33:26j'ai quand même bien fait
33:27à l'époque
33:27quand vous avez eu le...
33:29Non, je me suis posé
33:30des questions
33:30est-ce que
33:31je fallait coucher
33:33avec lui ?
33:33Est-ce que c'était
33:34le bon choix
33:35que j'avais fait ?
33:37J'ai rendu compte
33:38après...
33:38Ce n'est pas que
33:39j'ai rendu compte
33:39c'est juste que
33:40avec la maturité
33:41j'ai su que
33:43tant qu'un homme
33:44comme ça
33:45vise sur toi
33:46c'est futur.
33:48On ne peut pas
33:49bien faire.
33:51C'est juste
33:51il faut mieux
33:52passer à autre chose.
33:56Donc non,
33:56c'est juste...
33:57Donc à postérieure
33:58vous avez pris
33:59la bonne décision ?
34:01Non,
34:03la bonne décision...
34:04Jusqu'aujourd'hui
34:06est-ce qu'on a
34:07une solution ?
34:08Est-ce qu'on sait
34:08comment faire ?
34:09Est-ce qu'on sait
34:09qu'on est un fast
34:10homme de pouvoir ?
34:12Qu'est-ce qu'on fait ?
34:12Et c'est pour ça
34:13que c'est important
34:13de porter plainte
34:14pour vous d'ailleurs.
34:15Vous dites pour me protéger.
34:16Moi je suis portée plainte
34:17il y a une semaine
34:18parce que j'avais
34:19des amis avocats
34:20qui m'ont dit
34:20peut-être c'est le moment
34:21enfin de porter plainte
34:23de cette affaire
34:25dix ans plus tard.
34:27Je suis américaine
34:28à la base
34:29du coup je prends
34:30connaissance
34:30de les lois français
34:32et du coup
34:33c'est pour ça
34:34que je ne savais pas
34:35que j'aurais peut-être
34:36pu faire ça avant.
34:37Merci beaucoup
34:38d'être venu ce soir.
34:40On rappelle que
34:41le parquet de Paris
34:41s'est saisi d'une plainte
34:42déposée par vous
34:44donc à l'encontre
34:44du chef d'orchestre
34:45Frédéric Chasselin
34:46pour des faits
34:46de harcèlement sexuel.
34:47Merci Amélia Feuillard.
34:49BFM TV
34:49qui est ce soir
34:50en direct de Lille
34:51où sévissait
34:52Jeffrey Epstein.
34:54Antoine Eulard
34:55vous le voyez
34:55au centre de l'image
34:56qui est notre envoyée spécial
34:57sur place.
34:57Nous sommes également
34:58avec Claire Meyal
34:59correspondante du magazine
35:00Le Point aux Etats-Unis.
35:02Vous signez cette semaine
35:03un reportage
35:04qui s'appelle
35:05Aux îles vierges
35:07dans l'antre
35:07du prédateur
35:08Jeffrey Epstein
35:09et puis nous sommes
35:10également avec
35:11Laurence Haïm
35:12grande spécialiste
35:13de ce dossier.
35:14On va essayer
35:14de découvrir
35:16ce lieu
35:17avec vous d'abord
35:18Antoine Eulard
35:20puisque
35:21Jeffrey Epstein
35:23avait réussi
35:24à isoler
35:25totalement sa propriété
35:26pour agir
35:26loin de tout regard.
35:28Oui exactement
35:32en fait
35:33je me suis rendu
35:33ce matin
35:34autour de
35:34Little St. James
35:35l'ancienne île
35:36de Jeffrey Epstein
35:37je suis allé
35:38à environ 50 mètres
35:39du rivage
35:39ce qui frappe
35:40d'abord
35:41c'est que
35:41sur place
35:41vraiment
35:42tout a été fait
35:43et ça
35:43on s'en rend vraiment compte
35:44quand on est sur les lieux
35:45tout a été fait
35:45pour éloigner
35:47les curieux
35:48en fait
35:48c'est un peu technique
35:48mais dans les îles vierges
35:49les îles sont
35:51normalement publiques
35:52les plages
35:53sont normalement publiques
35:54quand vous arrivez
35:54par la mer
35:55vous avez le droit
35:55d'aller sur n'importe quelle plage
35:56y compris les plages
35:57des îles privées
35:58à condition
35:59de rester sur le sable
36:00et de ne pas aller
36:01au-delà de ce qu'on appelle
36:02la ligne de végétation
36:03qu'a fait Jeffrey Epstein
36:04lorsqu'il a acheté son île
36:05il a investi
36:06des centaines de milliers
36:07de dollars
36:07dans des palmiers
36:08qu'il a plantés
36:09au bord de l'eau
36:10ce qui fait que
36:10la fameuse ligne de végétation
36:11elle commence
36:12dès le début du sable
36:13ce qui fait que
36:14techniquement
36:14il était impossible
36:15de poser
36:15ne serait-ce qu'un orteil
36:16sur sa plage
36:17et pour bien être certain
36:18que personne ne s'arrête
36:19il a aussi fait déposer
36:20des gros blocs de rochers
36:22aussi au niveau de l'eau
36:24pour qu'aucun bateau
36:24ne puisse accoster
36:25et ça c'est toujours
36:26en place aujourd'hui
36:26on s'en rend vraiment compte
36:27le capitaine
36:28qui m'a accompagné
36:29m'a aussi expliqué
36:30qu'à l'époque
36:30il y avait des gardiens
36:31armés
36:32qui patrouillaient également
36:33tout autour de l'île
36:34et qui repoussaient
36:35les curieux
36:36ce qui est aussi
36:37très frappant
36:38quand on se promène
36:40autour de cette île
36:40c'est qu'on se rend compte
36:41que 7 ans après la mort
36:42de Epstein
36:42rien n'a changé
36:43sur cette île
36:44tous les bâtiments
36:44sont encore en place
36:45la résidence principale
36:46les villas
36:47pour les invités
36:48également cette espèce
36:49de temples assez étranges
36:50qui a été construit
36:51au sommet d'une falaise
36:53il y a également
36:54les grands mâts
36:54avec des drapeaux
36:55que Jeffrey Epstein
36:56a fait installer
36:57il faisait hisser des drapeaux
36:58lorsqu'il était sur l'île
36:59enfin ça il le faisait
37:00avant 2008
37:00avant qu'il soit condamné
37:01la première fois
37:03pour des faits de phénophilie
37:03ensuite il était plus discret
37:05il a arrêté de hisser
37:06ses drapeaux
37:07ce qui a changé
37:08en revanche
37:08et ça c'est le capitaine
37:09aussi qui me l'a expliqué
37:10c'est l'activité sur l'île
37:11aujourd'hui j'ai vu simplement
37:12deux ouvriers
37:13qui faisaient un peu
37:13de travaux de maintenance
37:14à l'époque
37:15quand Jeffrey Epstein
37:16était encore propriétaire
37:18des lieux
37:18il y avait jusqu'à 60 employés
37:20qui travaillaient
37:21à plein temps sur l'île
37:22des cuisiniers
37:23des femmes de ménage
37:23des jardiniers
37:24des agents de sécurité
37:25des personnes qui faisaient
37:26la navette tous les jours
37:27depuis la marina
37:28où je me trouve
37:28d'ailleurs jusqu'à l'île
37:29qui est environ
37:30à une dizaine de minutes
37:31de bateau d'ici
37:33et le capitaine m'a indiqué
37:35qu'il connaissait
37:36des gens qui avaient travaillé
37:37pour Jeffrey Epstein
37:37des marins notamment
37:38qu'il avait transporté
37:39jusqu'à son île
37:40et il m'expliquait
37:41que Jeffrey Epstein
37:42en fait payait très bien
37:43et payait toujours
37:44en temps et en heure
37:45ce qui fait que
37:46beaucoup de personnes
37:47ont travaillé pour lui
37:48à l'époque
37:48sans trop poser de questions
37:50Restez avec nous Antoine
37:51Claire Ménial
37:52je rappelle que vous êtes
37:53correspondante du Point
37:54aux Etats-Unis
37:55que vous êtes aussi
37:56auteure de la guerre
37:57des Amériques
37:58c'est aux éditions Plon
37:59il était isolé
38:00Jeffrey Epstein
38:01mais cette propriété
38:02elle a intrigué les habitants
38:03qui savait
38:04une partie de ce qui se passait
38:06certains parlent
38:07évoquent
38:08l'île du pédophile
38:09c'est bien ça ?
38:10Oui absolument
38:11tout le monde savait
38:12en fait
38:12c'est un petit peu
38:13l'une des raisons
38:14pour lesquelles
38:14c'est si difficile
38:15de parler aux gens
38:16qui sont sur les îles
38:17alentours
38:18c'est-à-dire
38:18St John et St Thomas
38:19c'est que la plupart
38:21des gens vont dire
38:21oui bien sûr
38:22tout le monde savait
38:22on appelait ça
38:23l'île du pédophile
38:24par ailleurs
38:25sur la notion d'isolement
38:26dont vous parliez
38:27en 2016
38:27il a acheté
38:28Great St James
38:30qui est l'île
38:30qui est juste à côté
38:31ce qui fait que
38:32c'était encore plus difficile
38:34pour les victimes
38:35de partir
38:36Sarah Hansom
38:37l'une des victimes
38:38a témoigné
38:39qu'elle voulait partir
38:39à la nage
38:40un jour
38:40où elle était tellement
38:41désespérée
38:41mais en fait
38:42elles étaient vraiment
38:43véritablement prisonnières
38:44et par ailleurs
38:45en 2020
38:45la procureure générale
38:47des îles Vierges
38:48Madame George
38:49avait porté plainte
38:51contre la succession
38:52d'Epstein
38:52et elle a bien dit
38:54que les passeports
38:54des victimes
38:55étaient confisqués
38:55chose que vous venez
38:56d'évoquer
38:57beaucoup de victimes
38:58ont dit que leurs passeports
38:59étaient confisqués
39:00Alors justement
39:00on va en parler
39:01avec Laurence Haïm
39:02de cette enquête
39:03parce que c'est
39:03très intéressant
39:04cette procureure
39:06Laurence
39:07qui avait décidé
39:08d'ouvrir une enquête
39:09pour comprendre
39:10l'ampleur
39:11de ce trafic sexuel
39:12et qui a été
39:13très vite découragée
39:14de le faire
39:15Et qui a été virée
39:17le décembre
39:18et le décembre
39:192022
39:20cette femme
39:21incorruptible
39:22et bien
39:22est renvoyée
39:24et c'est tout à fait
39:25intéressant
39:26de s'apercevoir
39:27de comment
39:27le système
39:28fonctionnait
39:29dans les îles Vierges
39:30Jeffrey Epstein
39:31avait décidé
39:31d'être résident
39:32fiscal
39:32dans les îles Vierges
39:34et au moment
39:34de sa mort
39:35et bien
39:35il fallait
39:36trouver
39:37qui
39:38allait hériter
39:39de son argent
39:39et cette femme
39:41qui s'appelle
39:41Denise George
39:42a voulu faire
39:43une enquête
39:43et elle a notamment
39:44voulu faire une enquête
39:45sur les transactions
39:46financières
39:47que Jeffrey Epstein
39:47avait faites
39:48et notamment
39:49avec sa banque
39:51qui était une très
39:51grande banque américaine
39:52à l'époque
39:53qui s'appelle
39:53JP Morgan Chase
39:55il y a eu une enquête
39:55qui a été faite
39:56on s'est aperçu
39:57qu'il y avait
39:58plus de 4000
39:59transactions
40:01un peu louches
40:02qui avaient été faites
40:03par Epstein
40:03des virements
40:04entre son compte
40:06sur JP Morgan Chase
40:07et des jeunes filles
40:09ou des organisations
40:10avec des vrais doutes
40:12est-ce que c'est
40:12du trafic sexuel
40:13est-ce que c'est
40:14de la prostitution
40:14et cette procureure
40:16a voulu enquêter
40:17et bien
40:17elle a été virée
40:18et ensuite
40:19ce qui est le plus intéressant
40:20c'est que l'association
40:21des victimes
40:22de Jeffrey Epstein
40:23a voulu elle aussi
40:24demander des explications
40:26et faire une enquête
40:27avec la banque
40:28JP Morgan Chase
40:29et pour éviter le procès
40:31il y a eu ce qui s'appelle
40:32en Américain
40:32un settlement
40:33c'est-à-dire
40:34un accord financier
40:35entre JP Morgan Chase
40:36portant sur
40:37290 millions
40:39de dollars
40:40290 millions
40:41pour le settlement
40:42c'est énorme
40:43et Laurence Haïm
40:44on se rappelle
40:45qu'elle a été licenciée
40:46par le gouverneur
40:47le grand patron
40:48des îles Vierges
40:48qui s'appelait
40:49Albert Bryan
40:50et son motif c'était
40:51je ne peux pas travailler
40:52avec un procureur
40:52qui lance des procès
40:53sans que je sois informée
40:55en amont
40:56là aussi
40:57ce gouverneur
40:58a eu une forme
40:58d'impunité
40:59a exercé une forme
41:00d'impunité
41:01envers M. Epstein
41:02oui et il y a une opacité
41:05là-dessus
41:05parce qu'on ne sait pas
41:06exactement
41:07pourquoi encore une fois
41:09en 2022
41:10cette femme
41:11qui est courageuse
41:12qui décide d'enquêter
41:13sur l'une des plus grandes
41:14institutions financières
41:16qui décide d'enquêter
41:17sur véritablement
41:18les impôts ou pas
41:19que Jeffrey Epstein
41:20a payé
41:21pourquoi elle a été limogée
41:22elle ne s'est pas exprimée
41:24à ma connaissance
41:25après je ne détiens pas
41:26la vérité absolue
41:27alors qu'au micro
41:28de Virginie Vidal
41:30notre confrère
41:30de complément d'enquête
41:31bon bah ça c'est une
41:33très bonne nouvelle
41:34et en tout cas
41:35elle a vraiment
41:37essayé
41:38de savoir
41:39ce qui se passait
41:39entre la plus grande
41:40banque américaine
41:42et Jeffrey Epstein
41:43et surtout
41:44ses activités financières
41:45puisqu'il était
41:46comme je vous le disais
41:46il y a quelques instants
41:47résident fiscal de l'île
41:49Claire Ménial
41:50c'est aussi sur cette île
41:51c'est surtout même
41:52sur cette île
41:53qu'Epstein faisait venir
41:55homme politique
41:56grande fortune
41:57de ce monde
41:58grand patron aussi
41:59pour les accompagner
42:00dans des fêtes
42:02tout à fait opaques
42:03oui alors
42:04il y a aussi
42:05le fait
42:06qu'il invitait
42:07des personnalités
42:08extrêmement variées
42:09il y a même
42:09des scientifiques
42:10puisqu'à l'époque
42:11Epstein voulait répandre
42:12son ADN
42:13dans l'humanité
42:14donc il invitait
42:15des scientifiques
42:15il invitait Stephen Hawking
42:17ce que je voulais dire
42:18sur le procès
42:19dont on vient de parler
42:19Albert Bryant
42:20qui a donc en effet
42:22licencié cette procureure
42:23faisait partie
42:24du conseil d'administration
42:26qui décidait
42:27des entreprises
42:28qui pouvaient bénéficier
42:29d'un abattement fiscal
42:30de 90%
42:31façon dont Epstein
42:35avait installé
42:36sa compagnie
42:37à Saint-Thomas
42:38par ailleurs
42:39le système
42:39était extrêmement rodé
42:40la personne
42:41qui administrait
42:42le trust
42:44d'Epstein
42:45dans les îles Vierges
42:45était la femme
42:46du gouverneur
42:47de l'époque
42:48elle était payée
42:48200 000 dollars
42:50par an
42:50et Epstein payait
42:52les frais
42:53de scolarité
42:54de ses enfants
42:55et d'universités
42:56Epstein payait aussi
42:57la police
42:57Epstein avait offert
42:59des dames
42:59de Thanksgiving
43:00aux douaniers
43:01de l'aéroport
43:02Epstein possédait
43:03la moitié de la marina
43:04donc il contrôlait
43:05aussi la sécurité
43:06des bateaux
43:06qui allaient vers chez lui
43:07etc.
43:07c'est un système
43:08extrêmement rodé
43:09avec une corruption
43:10extrêmement ancrée
43:12et quand
43:13les îles Vierges
43:15ont attaqué
43:15JP Morgan
43:16en disant
43:16vous étiez au courant
43:17JP Morgan a produit
43:19énormément de documents
43:20en disant
43:20attendez
43:20vous étiez aussi
43:21parfaitement au courant
43:22en citant par exemple
43:23tout l'argent
43:24qui a été viré
43:25à la femme du gouverneur
43:26par Epstein
43:26pendant des années
43:27toute la période
43:28où son mari
43:28était gouverneur
43:29en fait
43:29Laurent Valdiguier
43:30vous disiez que Malika
43:32donc cette victime française
43:33était allée
43:34plusieurs fois
43:35il était à 5 reprises
43:36dans l'île
43:36alors les policiers
43:37quand ils l'interrogent
43:38en 2022
43:38Epstein il est mort déjà
43:40donc c'est pas leur sujet
43:41d'enquêter sur les viols
43:42d'Epstein
43:42mais ils l'interrogent
43:43quand même
43:44et elle décrit cette île
43:45avec un lieu de réception
43:46où tout le monde se rend
43:47et puis les appartements
43:49de Jeffrey
43:49et les appartements
43:50de Jeffrey
43:51elle en parle
43:51comme si c'était
43:52un lieu encore plus caché
43:54que le reste de l'île
43:55il y a une baignoire
43:56qui donne sur la mer
43:57à ce moment là
43:58et il y a une salle
43:59de projection
43:59où elle raconte aux policiers
44:01des projections
44:01de films pornographiques
44:03et des viols
44:04et là à ce stade
44:05du procès verbal
44:06elle s'arrête
44:07elle se met à pleurer
44:08elle dit qu'elle ne veut plus
44:09en parler
44:09et c'est vrai que pour les policiers
44:11c'est pas leur sujet
44:12l'île d'Epstein
44:13à ce moment là
44:14il est décédé
44:15mais ces quelques phrases
44:16dans un procès verbal
44:17de 2022
44:18ça en dit long
44:19sur le rôle
44:20que jouait cet endroit
44:20on va maintenant
44:22regarder l'avion
44:24de Jeffrey Epstein
44:26qui était utilisé
44:27pour se rendre
44:27justement
44:28Anne sur cette île
44:29et oui
44:29et pas n'importe quel avion
44:30vous allez tout nous dire
44:31Florian Porras
44:32puisqu'il a emmené
44:33ces jeunes femmes
44:33sur l'île
44:34un avion qu'on a appelé Jet
44:36mais c'était beaucoup plus
44:37qu'un petit avion de ligne
44:38oui effectivement
44:38c'était un Boeing 727
44:40en fait
44:40il était surnommé
44:41le Lolita Express
44:42pourquoi le Lolita Express
44:44c'est une référence
44:44en fait
44:45au livre
44:46Lolita
44:47de l'écrivain
44:48Vladimir Nabokov
44:49qui raconte
44:50l'histoire
44:50la relation
44:51entre un homme
44:53et une jeune fille
44:54de 12 ans
44:55ce qui explique
44:55un peu ce qui illustre
44:56l'obsession de Jeffrey Epstein
44:58pour ces jeunes filles
44:59et donc il avait
45:00l'habitude
45:01d'utiliser cet avion
45:01que vous voyez
45:02pour transporter
45:03des jeunes filles
45:05entre ses différentes propriétés
45:06notamment à Little St. James
45:07qu'on a vu juste avant
45:09il utilisait extrêmement souvent
45:11cet avion
45:11puisqu'on estime
45:12à 600 heures de vol
45:14par an
45:15son utilisation
45:16on voit ici
45:17Jeffrey Epstein
45:17à l'intérieur
45:18de cet avion
45:19avec sa complice
45:20Guylaine Maxwell
45:21est-ce qu'on sait Florian
45:22à quoi ressemblait
45:23ce jet privé ?
45:25et bien oui
45:25on va d'abord voir
45:26ce plan
45:27que vous voyez
45:27s'afficher
45:28vous voyez
45:29cet immense jet
45:30à l'intérieur
45:31il y avait des salons
45:32il y avait aussi
45:33une chambre luxueuse
45:34il y avait une cuisine
45:36bref tout était aménagé
45:37à l'intérieur
45:38de cet avion
45:39qui contenait
45:4030 places assises
45:42il y avait ces fauteuils
45:43ces canapés
45:43on voit ici
45:44une photo
45:44de l'un des salons
45:45du jet privé
45:47de Jeffrey Epstein
45:48et puis il y avait aussi
45:49donc cette chambre privée
45:51à l'intérieur
45:52de laquelle
45:52auraient eu lieu
45:53des viols
45:54des agressions sexuelles
45:56de filles
45:56de jeunes filles
45:57parfois mineures
45:58parmi celles
45:59qui accusent
45:59Jeffrey Epstein
46:00il y a Virginia Giuffre
46:01vous la voyez
46:02ici aux côtés
46:03d'Andrew
46:03aux côtés aussi
46:04de Ghislaine Maxwell
46:05la complice
46:06de Jeffrey Epstein
46:07elle est l'une des voix
46:09les plus importantes
46:10contre Jeffrey Epstein
46:11elle l'accuse
46:11d'agression sexuelle
46:12et de viol
46:13elle s'est suicidée
46:14en 2025
46:15alors vous parliez
46:15du prince Andrew
46:16mais il y a
46:16beaucoup de personnalités
46:18qui ont voyagé
46:18à bord de ce Lolita Express
46:20oui tout à fait
46:21et qui se trouvent
46:21d'ailleurs des personnalités
46:22dans les dossiers Epstein
46:24c'est le cas
46:24de Bill Clinton
46:25l'ancien président américain
46:27qui a voyagé
46:29à l'intérieur
46:30de ce jet privé
46:30on l'y voit d'ailleurs
46:31ici avec une jeune fille
46:33sur ses genoux
46:34il aurait effectué
46:3426 voyages
46:35Bill Clinton
46:36entre 2001 et 2003
46:38à bord de cet avion
46:39pour se rendre
46:39partout en fait
46:40partout dans le monde
46:41en Russie
46:41en Chine
46:42au Royaume-Uni
46:42ou encore en Afrique
46:45Bill Clinton
46:46qu'on va voir
46:46sur une autre photo
46:47ici aux côtés
46:48de Michael Jackson
46:49de Diana Ross
46:49c'était à l'intérieur
46:51aussi de cet appareil
46:53Michael Jackson
46:53Diana Ross
46:54d'autres stars
46:54qui ont voyagé
46:55à l'intérieur
46:56de ce Lolita Express
46:58et puis enfin
46:59on peut aussi citer
46:59le rabatteur français
47:01présumé de Jeffrey Epstein
47:02Jean-Luc Brunel
47:03on le voit ici
47:04à droite de l'image
47:05aux côtés
47:05de Jeffrey Epstein
47:07et ici
47:07Guylaine Maxwell
47:09on pourra aussi citer
47:10plein d'autres noms
47:11comme Kevin Spacey
47:12Woody Allen
47:12Donald Trump aussi
47:13sachez enfin Anne
47:15que cet avion
47:15a été vendu
47:16par Jeffrey Epstein
47:17en 2017
47:17Merci beaucoup Florian
47:19Laurent Saïm
47:20on vous retrouve
47:21parce que vous souhaitez
47:23ajouter quelque chose
47:24sur cet avion
47:25qui fait partie
47:27des outils
47:28du réseau
47:30de Jeffrey Epstein
47:31Oui
47:32et lors du procès
47:33de Guylaine Maxwell
47:34l'une des questions
47:34c'était vraiment
47:35de savoir
47:35mais qui a voyagé
47:37dans cet avion
47:37alors il y a deux choses
47:39chaque fois que vous prenez
47:40un avion privé
47:41aux Etats-Unis
47:42vous devez être enregistré
47:43sur une liste
47:44des passagers
47:45et avec des confrères américains
47:46on a tous essayé
47:47d'avoir accès
47:48à la liste des passagers
47:50et par moment
47:50et bien il y avait
47:52des noms
47:52avec simplement
47:53des initiales
47:55ou par exemple
47:56cette personne
47:57avec la babysitter
47:59sans qu'on ne puisse
48:00identifier
48:01le nom de la babysitter
48:02qui vraisemblablement
48:03était une jeune personne
48:05qui accompagnait
48:06Jeffrey Epstein
48:07et Guylaine Maxwell
48:08pour les enquêteurs
48:10il n'y a aucun doute
48:11qu'il se passait
48:12des choses
48:12dans cet avion
48:13que les gens
48:14qui ont pris
48:15cet avion privé
48:16surtout pour aller
48:17dans l'île privée
48:18qu'on vient de décrire
48:19de Jeffrey Epstein
48:20et bien
48:21étaient accompagnés
48:22de jeunes filles
48:23et à l'époque
48:23lorsque Jeffrey Epstein
48:24a été arrêté
48:25en 2019
48:26mes confrères de CBS News
48:27ont interviewé
48:29sur l'aéroport
48:30de l'île
48:31où Jeffrey Epstein
48:32avait sa maison
48:33les contrôleurs aériens
48:35qui avaient dit
48:36aux gens de CBS News
48:38vous savez
48:38on voit toujours
48:39ce milliardaire américain
48:40arriver
48:41avec des jeunes filles
48:42et il n'y en a pas qu'une
48:44et c'était là aussi
48:45la loi du silence
48:46personne ne se posait
48:47de question
48:47pourquoi ce milliardaire américain
48:49venait sur cette île
48:50avec des jeunes filles
48:51qui descendaient
48:52de l'avion privé
48:53Thierry Arnaud
48:53c'était pas n'importe quel avion
48:54non plus ?
48:55Non ça fait partie
48:55de l'héritage
48:56si l'on peut dire
48:57de Leslie Wexner
48:58qui était donc
48:58ce patron
48:59d'un grand groupe américain
49:00qui contrôlait notamment
49:01les marques
49:02Albert Camby & Fish
49:03et Victoria's Secret
49:06et qui a donc donné
49:08après une offensive
49:10de séduction
49:11absolument invraisemblable
49:13de Jeffrey Epstein
49:14il lui donne ce que l'on appelle
49:15en anglais
49:16le power of attorney
49:17c'est-à-dire il lui permet
49:18de gérer l'intégralité
49:19de sa fortune
49:20et parmi les choses
49:22dont il hérite
49:23de Leslie Wexner
49:24qui lui sont remises
49:26par Leslie Wexner
49:27il y a ce Boeing 727
49:29Antoine Lard
49:30on revient vers vous
49:32puisqu'on voulait se demander
49:33aussi qu'est-ce qu'il reste
49:35aujourd'hui de cette propriété
49:36immense sur l'île Saint-James
49:38est-ce qu'elle attire
49:39toujours des curieux ?
49:43Alors d'abord
49:44cette île
49:44elle a été rachetée
49:45il y a deux ans
49:45par un milliardaire
49:46de Wall Street
49:47il avait pour projet
49:48de transformer les lieux
49:49en resort de luxe
49:51un hôtel 5 étoiles
49:52pour le moment
49:52le projet a l'air
49:53d'avoir du plomb dans l'aile
49:54il n'y a aucun travail
49:54qui a commencé
49:55les habitants ici
49:56croient que ça ne verra
49:57jamais le jour
49:57tout simplement
49:58parce que l'ombre de Epstein
49:59continue de planer
50:00sur les lieux
50:01et que dans ces conditions
50:02c'est difficile de trouver
50:03des gens qui auront envie
50:04de passer les vacances
50:05sur cette île
50:06en tout cas effectivement
50:07ça attire beaucoup de curieux
50:08ce matin je m'en suis rendu compte
50:09il y avait énormément de bateaux
50:10qui lorsqu'ils naviguent
50:11dans le coin
50:12font un crochet
50:13pour aller voir
50:13au plus près
50:14l'île de Jeffrey Epstein
50:15et ça m'a été confirmé
50:17par le capitaine
50:17d'ailleurs qui m'emmenait
50:18il m'a dit qu'il y avait
50:19toujours beaucoup de gens
50:20qui venaient
50:21par curiosité
50:22observer de leurs propres yeux
50:24cette île
50:25qui fascine
50:25énormément de monde ici
50:26Claire Ménial
50:27cette île
50:28dans votre reportage
50:29dans le point
50:30on voit qu'elle continue
50:31aujourd'hui à fasciner
50:32oui alors
50:34la seule chose
50:35que je voulais préciser
50:35c'est que le Lolita Express
50:36ne peut pas atterrir
50:37sur Little St James
50:38il n'y a pas une vise
50:39d'atterrissage
50:39il atterrit à Sam Thomas
50:40et ensuite
50:41les gens prenaient
50:42un hélicoptère
50:43qui les emmenait
50:44à l'héliport
50:45de Little St James
50:46et j'ai interviewé
50:47le pilote
50:47qui m'a confirmé
50:49les gens
50:50qu'il avait fait voler
50:51et donc il m'a confirmé
50:52certains noms
50:53Alan Dershowitz
50:54Sergei Brin
50:55le cofondateur de Google
50:57mais avec sa femme
50:58il m'a dit
50:59qu'il n'avait absolument
50:59jamais emmené Clinton
51:00voilà mais donc ce gros avion
51:02ne peut pas se poser
51:03sur cette petite île
51:05il se pose
51:05à l'aéroport
51:07de Saint-Thomas
51:07où les contrôleurs aériens
51:09en effet
51:10voient ce qui se passe
51:11et ce qui explique
51:12que la border patrol
51:14enfin les douaniers
51:15aient reçu
51:16des cadeaux
51:17d'Evstein
51:17pour garder le silence
51:18Merci Claire Ménial
51:20je remercie également
51:21Laurent Saïm
51:22et Antoine Lard
51:23merci à vous tous
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