- il y a 9 heures
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:10Bonsoir à tous, bienvenue, vous regardez BFM Grand Soir, on est ensemble et en direct jusqu'à minuit.
00:16L'affaire Epstein, elle continue d'éclabousser des personnalités de premier plan à travers le monde.
00:21En France, Jacques Lang et sa fille Caroline apparaissent comme les Français qui ont noué les liens les plus proches avec le criminel sexuel.
00:28On apprend ce soir que Jacques Lang sera convoqué par le ministère des Affaires étrangères pour s'expliquer à la demande de l'Elysée et de Matignon.
00:37Bruno Jeudy, c'est le début du lâchage par l'exécutif ce soir ?
00:43En tous les cas, c'est une convocation.
00:46Tant à Matignon qu'à l'Elysée, on a dit que c'est d'abord une convocation, on verra après.
00:51Donc ça veut dire qu'on verra après, ça dépendra des explications de l'ancien ministre et de l'actuel président de l'Institut du monde arabe Jacques Lang,
01:00dont la tutelle est le ministère des Affaires étrangères.
01:03Donc en fait, il est convoqué à la demande de Matignon, mais il va se retrouver dans le bureau du ministre qui est sa tutelle,
01:08même si c'est une nomination en tant que président de cet institut par le président de la République.
01:13Jacques Lang a été nommé par le président de la République.
01:15Alors Jacques Lang, ça fait 13 ans et 10 mois, j'ai vérifié qu'il est à la tête de cet institut.
01:20Il a été nommé sous François Hollande, renommé par...
01:2313 ans et 10 mois.
01:24Oui, renommé par Emmanuel Macron.
01:26Et surtout la dernière fois en 2023, quand il a été renommé, ça a été une reconduction qui a été très discutée,
01:32puisqu'en fait, c'était un secret de polichinelle que ça devait être Jean-Yves Le Drian qui devait prendre la place.
01:36Et puis finalement, Jacques Lang, comme il sait le faire, il a réussi à faire jouer tous ses réseaux
01:41et son entregenre très importants pour rester à ce poste.
01:45Mais ce soir, clairement, et l'Elysée et Matignon mettent la pression sur Jacques Lang.
01:52Ils devraient penser à l'institution, dit-on, de l'autre côté de la scène.
01:56L'exécutif estime que Jacques Lang devrait penser à l'institution du monde arabe.
02:00Penser à l'institution, ça veut dire...
02:03Peut-être se mettre en retrait.
02:04L'image qu'il renvoie, ça y est, d'abord c'est l'institut du monde arabe.
02:07Moi, il se trouve que, même hier, les chaînes du Golfe Persique se passionnent pour cette affaire.
02:14Et donc, l'image de la France dans cette région est quand même abîmée
02:19à travers la personnalité de Jacques Lang qui se trouve maintenant rattrapée
02:25par au moins une partie de ce dossier abstain.
02:28Et ils sont plusieurs dans la classe politique à demander sa démission aujourd'hui.
02:32Personnellement socialiste des anciens ministres.
02:35Pas seulement, Renaud Muselier également et d'autres personnalités à droite.
02:39J'accueille également sur le plateau Anne-Elisabeth Moutet, éditorialiste au Daily Telegraph.
02:43Bienvenue à vous.
02:44On est également aussi, bien sûr, avec Ulysse Gosset.
02:46Bonsoir à tous les trois.
02:48Je disais donc, Caroline Lang, fille aînée de Jacques Lang,
02:51apparaît de nombreuses fois dans les millions de documents publiés par la justice américaine.
02:54Elle s'explique ce soir sur BFM TV au micro de Marc Fauvel.
02:58Elle revient sur ses relations avec Jeffrey Epstein qui lui a légué 5 millions de dollars
03:02et avec qui elle possédait une société offshore.
03:06Regardez ses explications.
03:08Peuyez-la bienvenue.
03:09Vous êtes productrice.
03:10Vous êtes une personnalité du monde de la culture.
03:12Vous êtes la fille de Jacques Lang et vous êtes aussi au cœur de l'un des volets de cette affaire Epstein en France.
03:18Vous avez dû démissionner de votre poste de présidente du syndicat des producteurs indépendants
03:22après des révélations de Mediapart au sujet de liens financiers avec Jeffrey Epstein en 2016.
03:29Je vais tenter de reprendre les choses chronologiquement et d'être claire.
03:32Si vous me permettez, je voudrais juste dire en préambule que si j'ai accepté votre invitation ce soir,
03:38alors que je ne suis pas une personne publique et que je n'ai jamais souhaité être une personne publique,
03:42c'est justement parce que je voudrais rétablir la véracité des faits me concernant principalement
03:49et aussi ma famille et que je n'aime pas du tout l'expression que vous avez également utilisée tout à l'heure
03:59quand vous avez commencé de parler de l'affaire Epstein,
04:02que j'aurais fait des affaires avec M. Epstein.
04:06On en parle ?
04:06On va en parler.
04:07Et on laissera chacun en juger évidemment.
04:09Je voulais vous dire pourquoi, en préambule et pour vos téléspectateurs, pourquoi j'ai accepté cette invitation.
04:14Alors, on est en 2016.
04:15Vous êtes à la tête de Warner Bros. Télévision pour la France.
04:19Vous créez, avec Jeffrey Epstein, une société basée dans les îles vierges américaines
04:24pour financer l'achat d'œuvres d'art.
04:26Jusqu'à présent, on est d'accord ?
04:28Oui, peut-être.
04:30Dame, vous le connaissiez depuis quand, Jeffrey Epstein ?
04:32Oui, je vais commencer par ça.
04:33Je pense que c'est bien que les gens comprennent.
04:36J'ai rencontré M. Epstein en 2012.
04:39Quatre ans avant, donc, de créer cette entreprise ?
04:40Quatre ans avant, par des amis et de très bons amis que je connaissais depuis plus de 30 ans,
04:47avec lesquels on avait une passion pour l'art.
04:50Et donc, nous allions visiter des expositions.
04:53Donc, vous le rencontrez en 2012.
04:54Quatre ans plus tard, en 2016, vous créez cette société avec lui.
04:58Vous avez la moitié des parts, il en a la moitié, c'est ça ?
05:00Laissez-moi, s'il vous plaît, je veux être précise.
05:02J'essaye aussi.
05:03Voilà, donc, nous visitions beaucoup d'expositions et M. Epstein aimait, comme moi, l'art contemporain,
05:12les expositions, les concerts et l'architecture.
05:17En 2013, j'ai perdu ma sœur Valérie d'un cancer foudroyant.
05:25Et j'ai horriblement souffert, comme mes parents.
05:29Et M. Epstein a été très amical dans cette période qui a été extrêmement douloureuse.
05:37J'aimais effectivement beaucoup l'art contemporain et lui aussi.
05:40M. Epstein m'a proposé que nous créions ensemble un fonds pour soutenir des jeunes artistes,
05:49peintres ou sculpteurs, français ou internationaux.
05:53Fonds qui est doté d'1,4 million de dollars.
05:58Vous avez la moitié des parts, il a l'autre moitié.
06:00On est donc en 2016, à ce moment-là.
06:05J'essaye d'avancer.
06:06Alors, à ce moment-là, c'est M. Epstein, avec ses avocats et son administrateur,
06:11qui crée une société.
06:15C'est lui qui l'a créée.
06:16C'est lui qui l'a créée.
06:16Mais vous avez la moitié des parts.
06:18J'ai la moitié des parts, mais je veux préciser qu'il crée cette société.
06:22Les 1,4 million qu'il met, lui, dans cette société, évidemment, je n'en ai pas la moitié des parts.
06:33Cet argent, il est mis et c'est spécifié dans les statuts pour acquérir des œuvres.
06:39C'est de l'argent que vous ne touchez pas, vous ?
06:40C'est de l'argent que je ne touche pas.
06:41Mais il y a la moitié à votre nom, la moitié aussi, c'est bien ça.
06:44Oui, mais c'est très clair dans les statuts de la société que cet argent sert uniquement à acheter et à acquérir des œuvres
06:53et à financer des jeunes artistes.
06:56Donc, je n'ai absolument aucun moyen et aucune possibilité de toucher ces 1,4 million.
07:02Ça n'était pas votre argent, c'est ce que vous nous expliquez.
07:04D'ailleurs, ça ne m'intéresse pas.
07:05Ça me semble très, très clair.
07:06On est en 2016.
07:08En 2008, 8 ans avant, donc, Jeffrey Epstein a déjà été condamné aux États-Unis.
07:14pour avoir eu recours à des prostituées, à des jeunes filles, très jeunes, de 14 ans.
07:20Il a été condamné à 18 mois de prison.
07:22Finalement, il n'en fait que 13 à l'issue d'un accord avec la justice américaine.
07:25Quand vous faites cet accord avec lui en 2016, vous êtes au courant ?
07:31Comme je vous l'ai dit, j'ai rencontré M. Epstein en 2012.
07:35En 2014, M. Epstein me dit que si je vais sur Google,
07:40je vais peut-être voir une chose sur lui qui ne va pas me plaire.
07:44Vous allez sur Google ?
07:45Donc, je vais sur Google et je tombe sur un seul article,
07:48pas des articles, mais un seul article d'un journal de Floride
07:54qui mentionne que M. Epstein a été condamné à 13 mois de prison
07:59pour avoir sollicité une prostituée de 16 ans pour un massage.
08:07Quelle est votre réaction à ce moment-là ?
08:08Ma réaction ? Je suis horrifiée.
08:10Je lui dis, c'est absolument dégueulasse ce que tu as fait,
08:13c'est immonde, comment tu as pu faire une chose pareille ?
08:16Et il me répond, oui, c'est horrible.
08:19Je le regrette amèrement, mais j'ai payé ma dette,
08:22j'ai été 13 mois en prison, j'ai indemnisé la victime
08:26et je me suis fait soigner.
08:29Et moi, je me dis, bon, très bien, dans la vie,
08:35quand on a payé sa dette à la société,
08:37et qu'on a indemnisé sa victime, et il a passé 13 mois en prison,
08:41on a droit à une seconde chance.
08:43Donc, vous n'allez pas plus loin dans la discussion avec lui ?
08:45Vous considérez que le sujet est clos ?
08:47Mais si, j'ai une vraie discussion avec lui,
08:49je ne sais pas que je ne vais pas plus loin.
08:49À aucun moment, vous ne vous dites au vu de ce que j'apprends aujourd'hui ?
08:52J'ai une vraie discussion avec lui.
08:54Bien sûr que j'ai une vraie discussion,
08:56mais je pense que dans la vie,
08:59ce n'est pas que pour M. Epstein.
09:01Quand on va en prison, quand on a fait des vols, etc.,
09:05on a sa peine de prison, et après une peine de prison,
09:09c'est ça la prison.
09:10Même dans une affaire comme celle-ci,
09:13qui mettait en cause une jeune fille de 14 ans ?
09:16Moi, j'avais lu que c'était une fille de 16 ans.
09:18C'était un massage, et ce n'était pas un viol.
09:24On découvre également dans les statuts de cette entreprise
09:26que votre père, Jack Lang, en faisait partie.
09:29La société devait être dissoute si vous mouriez,
09:32s'il mourait, ou si Jeffrey Epstein mourait.
09:35Comment vous l'expliquez que Jack Lang se retrouve
09:38dans les statuts de cette entreprise ?
09:39Lui dit aujourd'hui qu'il n'était pas au courant.
09:41Non, mon père ne faisait pas partie de cette entreprise,
09:44il n'avait rien à voir avec ce truc.
09:46Mais il était bien dans les statuts ?
09:47Laissez-moi répondre.
09:48Oui, pardon, il était bien dans les statuts ?
09:50Il n'était pas dans les statuts de cette société.
09:53Il y a un article dans cette société.
09:56Je vous avoue que moi-même,
09:58j'ai découvert récemment,
10:00en relisant les statuts de cette société.
10:02Quand vous dites récemment ?
10:03Oui, cette semaine.
10:05Quand Mediapart vous a contacté ?
10:06Quand Mediapart m'a contacté,
10:09et à culpard,
10:10j'aurais dû faire beaucoup plus attention
10:13quand j'ai signé les papiers de cette société,
10:17où effectivement, il était indiqué
10:19qu'en cas de la mort de Jeffrey Epstein,
10:25en cas de ma disparition,
10:27et en cas de la disparition de mon père,
10:30cette société serait dissoute.
10:31C'est le seul endroit
10:33où il y a le nom de mon père.
10:36Je ne sais pas pourquoi.
10:37Donc ce que vous dites,
10:38c'est que vous ne le saviez pas ?
10:39Non, je ne le savais pas.
10:40Que lui non plus ne le savait pas ?
10:41Et que tous les deux,
10:42vous l'avez découvert à l'occasion
10:44d'une rencontre avec des journalistes de Mediapart
10:46il y a quelques jours.
10:47C'est ça.
10:48Mais mon père n'avait strictement
10:50rien à voir avec cette société
10:53et avec cette entreprise.
10:55Cette idée de soutenir des jeunes artistes,
10:59cette idée était une idée
11:01entre M. Epstein et moi.
11:03Mon père n'y avait strictement rien à voir.
11:05L'argent de cette société,
11:07il est devenu quoi ?
11:09Quand M. Epstein a été arrêté.
11:11En 2019 ?
11:12En 2019, j'ai eu un choc.
11:15J'ai été horrifiée des crimes monstrueux
11:19qu'il avait commis.
11:21J'ai donc immédiatement écrit
11:25aux avocats de M. Epstein
11:28leur disant que je révoquais
11:30ma présence dans cette société,
11:33que je souhaitais qu'elle soit fermée immédiatement,
11:36que je renonçais à tous les tableaux
11:40qui faisaient partie de cette collection
11:42et que si jamais ils les vendaient,
11:45je ne voulais absolument pas un centime
11:47de la vente éventuelle de ces tableaux.
11:50Cette société, avant ou après la mort
11:52de M. Epstein,
11:54elle ne vous a rien apporté ?
11:55Rien.
11:56Pas un centime, pas un dollar, rien.
11:58Mais d'ailleurs, ce n'était pas l'objectif.
12:01C'est pour ça que je n'aime pas
12:02que j'ai fait des affaires avec M. Epstein,
12:06car l'objet de cette société
12:07n'était pas de faire des affaires.
12:10Je n'en ai jamais tiré le moins de bénéfices.
12:13Et quand j'ai su en plus l'horreur
12:15de ce qu'il avait fait,
12:18évidemment, je ne voulais surtout
12:20n'avoir rien à faire avec lui.
12:24Et j'ai montré à Fabrice Arfi
12:27de Mediapart dimanche
12:29un certificat qui montre bien
12:32que je n'ai pas touché un centime
12:35et que j'ai révoqué tous mes droits
12:37de ce trust.
12:38Alors, pas un euro, vous nous dites,
12:39pas un dollar touché sur ce fonds.
12:42Il y a un autre point sur lequel
12:43je vous ai interrogé forcément, Caroline Lang.
12:44Deux jours avant sa mort en prison,
12:47Jeffrey Adams s'est suicidé en 2019,
12:49il signe un testament, une sorte de testament
12:51dans lequel il vous lègue 5 millions de dollars.
12:54Il avait beaucoup d'argent.
12:54Il en avait 500 millions,
12:55mais parmi toutes les personnes
12:57à qui il a légué de l'argent,
12:58il y a votre nom dans la liste.
13:00Comment vous l'expliquez ?
13:01Alors, je l'ai appris dimanche
13:03par Fabrice Arfi de Mediapart,
13:06qui m'a montré le testament de...
13:07Pardon, il meurt en 2019
13:09et vous ne l'avez appris qu'en 2026.
13:10Je l'ai appris dimanche.
13:13J'ai été stupéfaite.
13:15Jamais personne ne m'a envoyé ce testament,
13:19que ce soit les autorités
13:20de la justice américaine
13:23ou les avocats de M. Epstein.
13:25J'en avais pas du tout la moindre idée.
13:28Donc, vous n'avez rien touché ?
13:29Bien sûr que non, j'ai rien touché.
13:31Comment vous expliquez
13:32que votre nom a été dans la liste ?
13:34Alors, moi qui ai travaillé quand même
13:37pendant 30 ans pour des Américains
13:39et je connais bien la psyché de l'Amérique,
13:44c'est un système totalement différent du nôtre.
13:47Nous, en France, on fait hériter sa famille.
13:50Aux États-Unis, de nombreuses personnes
13:53font hériter des amis, des fondations.
13:58M. Epstein donnait beaucoup d'argent
14:00à des universités américaines
14:02pour de la recherche.
14:04Je pense qu'il avait de l'affection pour moi.
14:08Il voyait que j'étais une mère seule,
14:10avec deux enfants,
14:12que je passais tout mon temps
14:14entre mon travail,
14:15que j'aimais beaucoup,
14:16mais je travaillais énormément
14:17et j'élevais seule mes deux filles.
14:20C'est ma seule explication.
14:22Voilà, je pense qu'il a voulu
14:23être généreux avec moi.
14:25Si je reviens à la chronologie
14:26dont on vient de parler,
14:26vous le rencontrez en 2012,
14:28il meurt en 2019.
14:29Pendant 7 ans,
14:30vous avez donc connu Jeffrey Epstein.
14:31On sait qu'il vous avait prêté sa villa
14:34à Palm Beach, en Floride.
14:36C'est dans les documents qui sont sortis aussi.
14:38Vous y êtes allé avec vos filles en vacances.
14:41Comment vous définiriez l'homme
14:43qu'il était pour vous ?
14:44C'était un ami ?
14:45C'était un intime ?
14:47C'était un ami.
14:48Ce n'était pas un intime.
14:50Il n'était pas du tout
14:51dans mon cercle proche d'amis.
14:53Il vous a écrit dans un mail
14:55« J'ai l'impression de faire partie
14:57de votre famille ».
14:58C'était son sentiment à lui.
15:02Ce n'était pas un intime.
15:03C'était un ami.
15:04Je ne dirais pas le contraire.
15:06C'était quelqu'un de sympathique.
15:09Comme je vous l'ai dit,
15:09il a été extrêmement gentil
15:12avec moi et ma famille
15:14lors du décès de ma sœur,
15:17qui a été une période terrible pour nous.
15:18mais il ne faisait pas partie
15:22de mes proches intimes,
15:24de mes amis proches.
15:25Vous diriez que vous l'avez rencontré
15:26combien de fois dans votre vie ?
15:29Une quinzaine de fois.
15:33Une quinzaine de fois.
15:34Est-ce que parfois c'était chez lui,
15:36dans son appartement à New York
15:37ou dans son appartement à Paris ?
15:38Je ne suis jamais allée chez lui
15:40à New York.
15:42J'ai été quelques fois chez lui
15:44dans son appartement à Paris
15:47et à part rentrer dans le vestibule
15:51et m'asseoir dans son salon
15:53en face de lui
15:54et avoir été une fois à un dîner
15:59et une fois à un déjeuner,
16:01c'est tout en tout et pour tout.
16:03À aucun moment dans ces rencontres,
16:05vous n'avez vu autour de lui
16:07des femmes très jeunes
16:09dans son entourage.
16:11Vous n'avez rien vu ?
16:12Non.
16:13Je vous dirais,
16:15moi, mon explication,
16:16c'est que les prédateurs sexuels,
16:20on voit bien dans l'affaire Pellicot,
16:22c'est des gens qui ont évidemment
16:24des doubles personnalités,
16:26qui cloisonnent,
16:28qui cachent bien leur jeu
16:29et qui montrent des doubles visages.
16:32Vous avez sans doute entendu
16:36les propos de votre père,
16:38Jack Lang,
16:38qui a été interrogé sur RTL
16:40et sur BFM TV,
16:41qui dit,
16:41j'assume les liens
16:42que j'avais avec Jeffrey Epstein,
16:44je ne demande pas
16:44le casier judiciaire
16:45des gens que je fréquente,
16:47je suis blanc comme neige.
16:49Est-ce que vous pouvez comprendre
16:51que ces propos,
16:51je suis blanc comme neige,
16:52ont pu choquer
16:53certaines des victimes
16:55ou est-ce que vous diriez,
16:56vous aussi,
16:56dans cette affaire,
16:57je suis blanche comme neige ?
16:58– Mon père a les expressions
17:01de son époque.
17:05On n'est pas de la même génération.
17:09Je n'emploierai pas les mêmes mots.
17:13– Vous diriez quoi, vous, aujourd'hui ?
17:15J'ai été naïve,
17:17je n'ai pas fait assez attention
17:18ou je ne pouvais pas savoir ?
17:20– Mais je ne pouvais pas savoir
17:21et mon père non plus.
17:24Est-ce que vous voyez
17:24le nombre de gens aux États-Unis
17:27qui ont fréquenté M. Epstein ?
17:29Quand on a connu M. Epstein,
17:31on savait qu'il fréquentait
17:33la Terre entière.
17:34Il était ami de M. Trump,
17:36de M. Bill Clinton,
17:38de tous les hommes politiques
17:40et femmes politiques
17:41aux États-Unis.
17:42Pourquoi on ne l'aurait pas fréquenté ?
17:45Comment on pouvait imaginer
17:46des horreurs pareilles ?
17:49Donc, non, je ne vois pas du tout
17:52pourquoi on ne l'aurait pas fréquenté.
17:54comment on peut imaginer
17:56des monstruosités pareilles ?
17:59Je trouve qu'aujourd'hui,
18:01je ne comprends pas
18:02qu'on soit en train
18:03de se focaliser sur ma personne
18:06ou celle de mon père.
18:09Moi, je trouve qu'on devrait
18:10se focaliser sur les hommes
18:13qui ont abusé
18:15de ces pauvres jeunes femmes
18:17qui ne sont pas arrêtées
18:20et qui devraient être en prison.
18:20– Vous avez peut-être entendu tout à l'heure,
18:22on était justement avec l'une des victimes
18:23présumées de Jean-Luc Brunel,
18:24le rabatteur de GFF.
18:26– Oui, mais il n'y a pas que Brunel.
18:27Je veux dire,
18:27toutes ces jeunes femmes
18:29qui ont été abusées
18:31par M. Epstein aux États-Unis,
18:33comment ça se fait
18:34qu'aujourd'hui, aux États-Unis,
18:36le ministère de la Justice
18:37ne poursuit pas
18:39tous ces horribles types
18:40qui ont abusé de ces femmes ?
18:42– Vous avez raison,
18:42mais c'est un autre volet, Caroline.
18:44– Oui, mais c'est un volet
18:45très important.
18:47Moi, je ne comprends pas
18:49aujourd'hui,
18:50pourquoi on vient
18:52me chercher,
18:54chercher mon père.
18:57– Vous comprenez quand il dit
18:59« je ne démissionnerai pas »,
19:00vous le comprenez ?
19:01– Mais pourquoi il devrait démissionner ?
19:03– Vous avez démissionné.
19:04– Mais moi,
19:04je suis dans une situation différente.
19:07J'ai démarré un nouveau job
19:08il y a trois semaines.
19:10Mon père,
19:10ça fait des années
19:11qu'il est dans sa fonction.
19:13Je venais juste
19:14de commencer un job.
19:15je ne voulais pas
19:17mettre en péril
19:18le syndicat
19:19de la production indépendante
19:21alors que je venais juste
19:22de commencer
19:23un nouveau job.
19:25– Vous entendez
19:26Olivier Faure,
19:27le patron du PS
19:28ou Renaud Muselier,
19:29son prédécesseur
19:30à l'Institut du Monde Arabe
19:30qui dit
19:31qu'il risque d'abîmer
19:34l'image
19:35de l'Institut du Monde Arabe.
19:35– Renaud Muselier,
19:36il a abîmé
19:37l'Institut du Monde Arabe
19:38en n'ayant rien fait
19:40pour l'Institut du Monde Arabe
19:41et Olivier Faure,
19:43j'ai envie de lui dire
19:44qu'il travaille
19:46à avoir un plan
19:48pour la France.
19:50Notre pays a besoin
19:51de nouvelles idées
19:52pour notre pays.
19:52– Ça c'est autre chose.
19:53Un tout dernier mot
19:54Caroline Lang,
19:54est-il exact comme le dit
19:55la journaliste Laurent Saïm
19:56aujourd'hui sur ses réseaux sociaux
19:57que vous avez présenté
19:58Jeffrey Epstein
19:59à Dominique Strauss-Kahn ?
20:01– Je ne lui ai pas présenté,
20:02je lui ai expliqué
20:03et c'est formidable
20:05comment les gens
20:06ont l'art
20:07de déformer vos propos.
20:09– C'est pour ça
20:09que je vous pose la question.
20:10– C'est extraordinaire.
20:11– Vous les avez mis en contact ?
20:12– Non, je lui ai dit
20:14que Jeffrey Epstein
20:18avait peut-être,
20:19et je ne m'en souviens plus,
20:20excusez-moi,
20:20parce que ça date quand même
20:22d'il y a plusieurs années,
20:24votre journaliste tout à l'heure,
20:25Madame Elisabeth Moulet,
20:28elle a très bien expliqué
20:31comment fonctionnait
20:32– Je vous résume
20:33parce que le mail
20:33fait partie des fiches.
20:34– Non, non, mais je vous dis,
20:35à très bien.
20:35– Non, mais vous me dites
20:35que j'ai besoin
20:36qu'on me réfléchisse la mémoire.
20:37Je me permets simplement,
20:38vraiment,
20:39ce mail que vous avez envoyé,
20:42pardon, je n'ai plus l'année,
20:43mais je vais la retrouver
20:43dans un instant,
20:44adressé à Jeffrey Epstein.
20:47tu as un rendez-vous
20:47le 30 juin 2014,
20:49ça c'est l'année à l'hôtel
20:49le Royal Monceau à 19h30,
20:51je t'en dirai plus
20:52quand tu seras à Paris,
20:52ce mail c'est vous
20:53qui l'adressez à Jeffrey Epstein.
20:55Est-ce que c'est vous
20:55qui avez organisé
20:56un rendez-vous ou pas ?
20:57Ma question est très simple.
20:58– Mais je vous réponds,
21:00c'est possible,
21:02mais je vous explique pourquoi,
21:04et c'est ce que a très bien
21:05dit votre journaliste
21:06tout à l'heure,
21:07c'est que M. Epstein
21:09était un gestionnaire
21:11de patrimoine
21:12et il conseillait économiquement
21:14à l'époque
21:15tous les princes et rois
21:18du Moyen-Orient.
21:19– DSK n'était pas
21:20un prince ni un roi.
21:21– Non, mais DSK
21:23était un spécialiste
21:26de l'économie mondiale.
21:29Donc évidemment,
21:29M. Epstein,
21:30ça l'intéressait de discuter
21:32avec M. Strauss-Kahn
21:33de la situation économique mondiale.
21:36– Voilà pour cette interview
21:38de Caroline Lang,
21:39fille aînée de Jack Lang,
21:40alors qu'on apprend ce soir
21:41que Jack Lang sera donc convoqué
21:42par le ministère des Affaires
21:43étrangères pour s'expliquer
21:45à la demande de Matignon
21:47et d'Élysée.
21:47On va y revenir
21:48dans un très court instant.
21:49– Sous-titrage Société Radio-Canada
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