- il y a 5 jours
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
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00:00Bonjour à tous, bonjour Roland Lescure, les chiffres du chômage pour le quatrième trimestre 2025 viennent de paraître plus 0,2, on n'arrive pas à gagner ce combat.
00:13On l'a très largement gagné depuis huit ans, on est sur un taux d'emploi qu'on n'a jamais eu, mais l'année dernière ça s'est ralenti, c'est un avertissement,
00:22et ça montre qu'il faut continuer à se battre pour que la croissance soit à rendez-vous, pour que le coût du travail soit limité,
00:28pour que la compétitivité de l'économie, notamment de l'industrie française, soit affirmée. C'est un combat de tous les jours le chômage.
00:34On a, je pense qu'on peut le dire, remporté le combat contre le chômage de long terme. Il y a un vrai défi encore, c'est le chômage des jeunes.
00:42Il faut qu'on se batte, on l'a fait avec l'apprentissage, pour que les jeunes se retrouvent plus vite, plus forts sur le marché du travail, qu'ils puissent travailler.
00:49Il faut leur donner des jobs.
00:51Le président de la République va nommer Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des Comptes.
00:57Il n'y a pas un petit conflit d'intérêts ? Elle va être chargée de juger, voire de critiquer les budgets qu'elle a conçus ?
01:04Non. Amélie de Montchalin, d'abord, elle est extrêmement compétente, et tout le monde le reconnaît d'ailleurs,
01:08sur tous les bancs à l'Assemblée, de l'extrême droite à l'extrême gauche, en passant par évidemment ceux qui ont voté le budget.
01:13Elle est jeune, et j'allais dire que c'est tant mieux, elle va apporter une énergie dont peut-être la Cour des Comptes a besoin.
01:20Et puis, je pense que vraiment, c'est quelqu'un qui saura gouverner, si je puis dire, cette institution en toute indépendance.
01:28Ce genre de procès, je les vois bien poindre. Ils sont, je pense, déplacés en ce qui la concerne. Je la connais bien.
01:33On a travaillé ce budget ensemble depuis quelques mois, mais on a surtout travaillé ensemble depuis huit ans.
01:38Personne, la Cour des Comptes, livre des avis sur le budget, et là, elle devra livrer des avis sur des budgets qu'elle a elle-même conçus.
01:44Et vous le savez, son prédécesseur avait été ministre de l'Économie et des Finances dans le passé.
01:51Je pense que c'est un gage de compétence. Moi, je ne remets en aucun cas en cause son indépendance.
01:57Elle l'a montré dans le passé. Elle a été ambassadrice de la France auprès de l'OCDE,
02:01et je suis intimement convaincu qu'elle va continuer à le montrer.
02:03C'est une très bonne nouvelle pour la Cour des Comptes, pour la France, et pour elle, évidemment, et pour nous tous.
02:10Longue interview du président de la République paru il y a quelques minutes sur le site du Monde en particulier.
02:15On croule sous la dette, et pourtant, le président veut encore que l'Europe s'endette.
02:21Non, il veut surtout que l'Europe affirme sa puissance et son indépendance.
02:24On est dans un monde nouveau. On est en train de basculer.
02:28L'ordre mondial est en train de basculer.
02:30On le savait avec la Russie, on le sait avec la Chine, et la relation avec les Amériques, les États-Unis,
02:37est sans doute plus difficile qu'elle n'a été depuis 250 ans.
02:41Et face à ça, il faut que l'Europe affirme sa puissance, son indépendance.
02:44Donc, ce qu'il dit, c'est oui, sur des sujets de souveraineté, que sont la défense, que sont l'énergie,
02:50on va y revenir, j'espère, que sont l'industrie, que sont le quantique, que sont l'intelligence artificielle,
02:56l'Europe doit être indépendante, et pour ça, elle doit se financer en commun,
03:01pour faire en sorte que ces choses-là, qui sont des biens communs, on les fasse ensemble.
03:05Et nos partenaires sont d'accord pour ça ?
03:06Ça fait partie des discussions qu'on a.
03:08Ce qui veut dire non ?
03:09Non, ça veut dire que depuis 8 ans...
03:11Ça veut dire que ce n'est pas gagné ?
03:12Ça veut dire que depuis 8 ans, le président de la République a très souvent,
03:16j'allais dire tout le temps, eu de l'avance sur ces grands débats.
03:19Il a parlé de souveraineté européenne avant tout le monde.
03:22Il a parlé de préférence européenne avant tout le monde.
03:24Maintenant, tout le monde en parle, donc il faut continuer à se battre.
03:27L'endettement commun, il a eu lieu pendant la Covid, c'était grâce à la France, grâce à lui.
03:31Et je pense qu'il faut aujourd'hui convaincre...
03:32Et Angela Merkel ?
03:34Oui, mais qu'il avait convaincu, tout le monde le reconnaît.
03:36Et c'est vrai qu'Angela Merkel avait fait un saut quantique pour l'Allemagne,
03:41en acceptant cet endettement commun.
03:44Le président de la République le dit aussi dans cette interview,
03:45il y a une entente franco-allemande bien meilleure qu'elle l'a été par le passé,
03:48notamment avec le gouvernement précédent.
03:50Ça, c'est un bon signe.
03:51Donc, il faut qu'on travaille ensemble pour trouver des compromis.
03:54C'est comme ça que l'Europe avance.
03:55Et je suis persuadé qu'on va le faire.
03:56Il faut le faire plus vite que d'habitude, parce que là, le temps n'attend pas.
03:59Alors, il dit qu'il faut protéger notre industrie.
04:02Comment, je vous le demande, la présidente de la Commission voudrait instaurer une préférence européenne ?
04:07Est-ce que c'est ça le chemin en quoi ça consisterait ?
04:09En tout cas, là, c'est une sacrée révolution.
04:12Que la présidente de la Commission parle de préférence européenne,
04:15on était les seuls à le dire, et elle le dit, vous le dites, dans les mots depuis décembre.
04:19Alors que le chancelier n'est pas très chaud.
04:23On a gagné la bataille des mots.
04:24Maintenant, la Commission affirme qu'il faut une préférence européenne.
04:27Il faut gagner la bataille des actes.
04:28Il faut que ça se montre de manière concrète.
04:30Ça veut dire que de manière concrète, que quand vous faites des aides publiques à des entreprises,
04:36vous souhaitez qu'une partie de la production, 60-70%, soit faite en Europe.
04:41On reste une économie ouverte, mais il faut que ce qu'on appelle la valeur ajoutée soit made in Europe, made in France.
04:48C'est du protectionnisme européen, ce n'est pas un gros mot.
04:50C'est de la protection, en fait.
04:51C'est un gros mot, protectionnisme européen ?
04:54On assume le fait que le monde aujourd'hui est un monde plus compétitif que jamais,
04:58et qu'il faut qu'on puisse l'affirmer, mais on doit rester une puissance d'ouverture.
05:01On sera peut-être les seuls à l'être, mais moi, je suis persuadé que si on veut,
05:06pour simplifier la paix dans le monde, ça serait déjà beaucoup ces temps-ci,
05:09mais aussi une Europe prospère qui se développe en harmonie avec ses partenaires
05:14qui sont de plus en plus des adversaires, il faut être très ferme sur la protection et rester ouvert.
05:19Et c'est ce qu'on fait, je pense, dans des secteurs stratégiques comme l'acier,
05:22comme l'automobile, comme la chimie.
05:24C'est ce que le Président affirme aujourd'hui.
05:25Nous sommes coincés, dit le Président, entre les États-Unis et la Chine.
05:29Hier, le commissaire général au plan Clément Beaune a proposé d'instaurer des droits de douane
05:34de 30% sur tous les produits et services venus de Chine.
05:38Est-ce que le gouvernement français y est favorable ?
05:40Écoutez, je dirais que c'est un modèle à taille unique, où on frappe tout de manière uniforme.
05:44Moi, je suis plutôt sur mesure.
05:46Il y a des secteurs dans lesquels il faut frapper fort.
05:49La chimie, l'automobile, les industries vertes, le solaire.
05:53Vous savez qu'on va publier avec le Premier ministre la programmation pluriannuelle de l'énergie.
05:58L'énergie, c'est l'arme...
05:59Mais pas tout.
05:59Non, mais l'énergie, par exemple, c'est l'arme ultime de la souveraineté.
06:03Clément Beaune dit que l'industrie française est en danger de mort.
06:06En danger de mort, on ne pourra pas gagner ce combat.
06:08Je vais vous donner un exemple sur lequel ça ne fonctionne pas.
06:13Les téléphones portables, on n'en produit pas en Europe.
06:16On les importe tous de Chine.
06:17Le président le dit dans l'interview.
06:18Le fait, ben voilà, on est d'accord, ça tombe bien.
06:21Vous allez aux bons hauteurs.
06:22Si on augmente de 30% les tarifs sur les téléphones portables,
06:26on paiera 30% de plus de notre portable.
06:28Sans qu'on en fabrique un de plus.
06:30Voilà, de fabrication de portable pour autant.
06:32Donc, moi, je pense que c'est important que ce débat sur l'atmosphère,
06:34que le commissaire au plan puisse dire, attention,
06:36on est aujourd'hui face à un déficit de compétitivité
06:39qu'on n'a jamais connu avant.
06:40Mais on entend que ce n'est pas la proposition du gouvernement français.
06:42Non, je pense qu'il faut faire du sur-mesure
06:43dans des secteurs particuliers qui sont au cœur de la souveraineté.
06:47Il nous reste 30 secondes.
06:48Vous avez parlé de la feuille de route énergétique de la France.
06:52On a compris que le renouvelable, elle est continuée,
06:54mais qu'il n'y aurait pas de nouvelles éoliennes terrestres, c'est ça ?
06:57Alors, on va privilégier ce qu'on appelle la remotorisation.
07:01On va surtout, ça veut dire qu'on va remplacer des éoliennes d'une taille
07:04par des éoliennes plus importantes.
07:05On peut, dans certaines régions où, en fait, il n'y en a pas,
07:08où il y en a peu, en mettre.
07:09Ce qui est essentiel de comprendre, c'est que l'énergie,
07:12c'est l'arme ultime de la souveraineté.
07:14Et quand j'entends Marine Le Pen nous critiquer sur ce point,
07:17alors qu'elle a été financée par la Russie pendant des années,
07:20qu'elle considère aujourd'hui que les États-Unis
07:21sont un espace de liberté et d'énergie,
07:24moi, je suis persuadé qu'on fait le bon choix,
07:26c'est celui de la souveraineté, de l'indépendance et de l'autonomie.
07:29Ça passe par de l'énergie décarbonée, made in France, made in Europe,
07:33et on va le faire dans des places à Madame Le Pen.
07:35Roland Lescure, invité des 4 V dans Télématin.
07:38Bonne journée à tous.
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