00:00Allez, un autre temps pour l'archive ce matin qui est abordable.
00:04Rémi André nous l'a dit au début de cette matinale,
00:07malgré quelques douceurs, il faudra rester prudent sur le plan météorologique aujourd'hui.
00:12Nous sommes dimanche, et pour les plus chanceux,
00:14peut-être que vous êtes en vacances, mais oui c'est autorisé,
00:17on s'apprête à fermer les bagages, à retirer le trop-plein de vêtements dans des valises,
00:20déjà trop remplis, à calculer l'itinéraire idéal,
00:22à s'assurer que le programme sera à la hauteur de l'escapade.
00:25Ou alors c'est simplement dimanche, le café coule paisiblement dans la cuisine,
00:29comme chaque matin, dernier jour de la semaine pour ralentir,
00:32ranger un peu, remettre les choses à leur place, ici et là.
00:35Et pourquoi pas, tiens, cet après-midi, regarder un film.
00:46Nous sommes en 1985, et Jean-Luc Godard tient une conférence de presse pour la sortie de son film,
00:53alors certes pas le plus connu, mais certainement l'un des plus singuliers.
00:56Détective, à l'affiche, un certain Johnny Hallyday, associé à Nathalie Baye,
01:01et dans un grand hôtel parisien, ça c'est en tout cas le pitch,
01:03les récits s'entrecroisent, un couple en rupture, une double dette,
01:07un combat de boxe en préparation, et une enquête policière,
01:10le tout traversé par les obsessions gonardiennes,
01:12et des références qui fusent Shakespeare, Joseph Conrad, René Char, André Bauton,
01:17Jean Cocteau, Schubert, Wagner, Chopin du côté de la musique.
01:20Et donc, lors de la conférence de presse, une journaliste glisse qu'elle n'a peut-être pas vu,
01:25on va dire, le film comme il fallait, faute d'avoir certaines clés culturelles.
01:29Qu'est-ce qu'elle n'avait pas dit, la pauvre ?
01:30Alors, avec son érodit légendaire, son air faussement détaché,
01:34et son esprit farfelu, Godard ballait d'un revers de main,
01:37cette idée d'un cinéma réservé aux initiés,
01:39uniquement un cinéma réservé à ceux qui auraient la culture.
01:42Rien de pire, selon lui, que ses préjugés, qui empêchent simplement de regarder,
01:46et puis là, entre journalistes, de créer un cinéma, un télo, ça n'existe pas.
01:50Après tout, le cinéma, c'est quoi ?
01:52Ce ne sont que des images projetées sur un écran blanc, dans une salle noire,
01:56et parfois, cela suffit pour se laisser attraper.
01:58Jean-Luc Godard, 1985, Virtuose.
02:01Ça, c'est une bonne question, parce qu'effectivement, j'en sais rien.
02:07On n'a parlé que de références ici, ou pratiquement que de références.
02:12Mais c'est vous, ça, c'est pas moi.
02:13Non, moi, je saisis votre film instinctivement,
02:16mais il me manque tout un background de références que les gens ont autour de vous.
02:20Mais il ne vous manque rien, qu'est-ce qui vous manque ?
02:23Je vous ai posé une question.
02:23Non, dites-moi ce qui vous manque.
02:29Non, mais dans...
02:30Non, mais dans le film.
02:34Non, mais dites-moi ce qui vous a manqué.
02:36Il ne me manque rien pour voir votre film,
02:38mais je vous manque tout pour en discuter, surtout de manière...
02:41Donc, il ne vous manque rien pour voir le film, donc vous avez tout vu.
02:45Non, mais en l'occurrence, il me manque un laissé-passer pour ce soir,
02:47au cas où vous en auriez un en plus.
02:50Je vous donne ma place, moi, volontiers.
02:52Alors, volontiers.
02:53Vous me suivrez devant moi, comme ça, s'il y a une tarte.
02:57C'est vous qui l'apprendrez.
03:00Vous verrez qu'il y a un certain risque.
03:03Un certain risque.
03:04Mais non, il ne manque rien pour regarder les films de Jean-Luc Godard.
03:11C'est en 1985, et si vous avez un peu de temps aujourd'hui,
03:14pourquoi pas allumer sa télé et louer ce film merveilleux qui est détective.
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