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  • il y a 5 mois
Le regard de Maxime Lledo


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##EDITO_MAXIME-2025-12-20##

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News
Transcription
00:00Mon regard sur l'actualité ce matin avec un nom dont on attendait des nouvelles, José Beauvais.
00:06Et quand il débarque, c'est du sérieux. Il s'était quand même retiré des arènes politiques.
00:10Il n'était plus censé monter sur les barricades médiatiques ni agricoles.
00:14Et pourtant, dans cette crise qui secoue la France, José Beauvais, 72 ans, redevient lui-même.
00:19Depuis l'Arzac, il accorde ce matin une interview au quotidien Le Parisien Aujourd'hui en France.
00:23Et l'ancien leader de la Confédération Paysanne regarde ce qui se passe et met le doigt là où ça fait mal.
00:28Et pas seulement sur les décisions, mais sur les mots employés par l'État dans cette crise.
00:33Car dans cette affaire, dit-il, on ne parle pas d'abattage, mais pudiquement de dépeuplement.
00:37Et Beauvais rappelle une simple vérité, les agriculteurs ne sont pas idiots.
00:40Ils savent ce que ce mot cache, ils l'ont déjà vécu.
00:43Dans les années 90, par exemple, quand on tuait des veaux à la naissance pour cause de surproduction,
00:47Bruxelles avait baptisé ça le plan Hérod.
00:50Un nom bien biblique, presque poétique, pour masquer l'horreur d'une réalité.
00:54Alors oui, José Beauvais pose une question qui dérange.
00:56Fallait-il vraiment tout abattre avant que l'épidémie explose ?
00:59Pourquoi ne pas avoir expérimenté, isolé des troupeaux, observé, encadré et accompagné les éleveurs ?
01:05La réponse est arrivée, selon lui, trop vite, trop tard et de façon trop risquée et trop lourde.
01:09Mais au fond, ce qu'il dit, c'est que les éleveurs n'ont pas été pris au sérieux suffisamment tôt pour lui.
01:13Le salut viendra de toute façon de la vaccination, d'un consensus agricole et d'un besoin de protection.
01:19Sauf que l'État, lui, freine.
01:21Pas question pour l'instant de vacciner les 16 millions de bovins français.
01:24Seules certaines zones y ont le droit, la Corse, le Savoie, l'Inde, le Jura et une partie du Sud-Ouest.
01:29750 000 animaux en cours d'injection, pas plus sur un cheptel de 16 millions.
01:34Pourquoi ?
01:35Et c'est là que Beauvais enfonce le clou, non pour des raisons sanitaires, mais pour des raisons commerciales.
01:39Car vacciner, c'est prendre le risque d'être classé territoire non indemne et donc de voir se fermer certains marchés extérieurs.
01:45Et donc de perturber la grande mécanique du business agricole européen.
01:49En clair, dit-il, on protège les échanges avant de protéger les troupeaux.
01:53Et après, on s'étonne de la colère.
01:54Au fond, ce qu'il rappelle, c'est ceci.
01:56Quand l'État parle en jargon sanitaire, l'agriculteur entend une sentence et de l'arrogance.
02:00Quand l'administration résonne en cartes, en zones, en règlements, les leveurs, lui, voient, pétra, pose plume.
02:06Bref, ses bêtes, ses années de travail et une partie de sa vie.
02:09Donc dans cette crise, il n'y a pas seulement une question sanitaire, il y a une question de franchise, de courage politique et de respect.
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