- il y a 5 heures
Avec Catherine Ladousse co-fondatrice du Cercle InterElles et d’Ensemble Contre le Sexisme et ex co-presidente de la commission Parité du HCE et Patricia Costantini co-fondatrice et Coprésidente d’Egal Sport
Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.
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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-02-08##
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NewsTranscription
00:00Retrouvez la force de l'engagement.
00:03Avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement,
00:19l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:23Aujourd'hui, nous allons parler de sport et de ce qu'il produit en matière d'égalité,
00:27de responsabilité et de pouvoir. Et pour en débattre, j'ai le plaisir de recevoir deux femmes engagées.
00:32Catherine Ladousse, confondatrice du Cercle Interrel et du collectif Ensemble contre le Sexisme
00:38et ex-co-présidente de la commission parité du Haut Conseil à l'égalité
00:41qui a publié le rapport consacré à la place des femmes dans l'encadrement sportif.
00:47Et Patricia Constantini, membre co-fondatrice et co-présidente de l'association Égale Sport,
00:53ancienne directrice technique nationale et ancienne responsable de sport de haut niveau
00:58au ministère chargé des sports.
01:00Mais avant d'ouvrir la conversation, comme chaque semaine, mon édito est aujourd'hui,
01:04je vous propose de nous engager pour un sport qui protège.
01:08Le sport se raconte souvent comme un monde à part, un monde de mérite, d'effort et de dépassement de soi.
01:13Un monde qui forme les corps et les caractères, qui transmet des valeurs et qui construit du collectif.
01:18Et effectivement, tout cela est vrai.
01:20Mais le sport, c'est aussi un système de pouvoir profondément hiérarchisé,
01:24pouvoir sur les corps, les trajectoires, l'avenir, la légitimité
01:27et un monde dans lequel le silence a longtemps été une condition de la réussite.
01:33La carrière d'une ou d'un athlète dépend souvent d'un nombre très restreint de personnes.
01:37Dans cet environnement, la loyauté est valorisée, la contestation disqualifiée
01:41et le silence une condition implicite de la réussite.
01:45Et c'est bien dans ce cadre que les violences s'installent et durent.
01:49Car lorsque le pouvoir est concentré, peu contrôlé et que parler peut mettre fin à une carrière,
01:54les violences ne relèvent pas de la marginalité, elles deviennent systémiques.
01:58En 2025, la cellule nationale de signalement des violences dans le sport
02:01a transmis 327 signalements en enquête administrative,
02:05plus de 40% par rapport à 2024.
02:09Regardons les chiffres.
02:10Sur les 537 personnes mises en cause, 90% sont des hommes.
02:15Dans trois quarts des cas, il s'agit d'éducateurs sportifs, souvent bénévoles.
02:19Dans 16% des cas, de dirigeants.
02:21Les faits signalés concernent majoritairement des violences sexistes et sexuelles,
02:25mais aussi des violences psychologiques, des mécanismes d'emprise et des humiliations répétées.
02:30Les victimes sont à 69% des femmes, 65% étaient mineures et un tiers avaient moins de 15 ans.
02:37Dans ce contexte, la question de la gouvernance devient centrale.
02:41En France, seules deux fédérations olympiques sur 36 sont présidées par des femmes
02:45et à peine une vingtaine sur plus de 100 dans toutes les fédérations sportives confondues.
02:50Cette sous-représentation des femmes dans la direction des sports est bien structurelle.
02:54Et cela malgré la loi du 2 mars 2022 qui impose la parité dans les instances dirigeantes
02:59pour toute élection postérieure au 1er janvier 2024.
03:04A l'international, la situation reste comparable.
03:06Au sein des fédérations olympiques d'été, 19 sur 32 atteignent péniblement 25% de femmes dans leur exécutif.
03:13Alors cette non-féminisation des instances continue de peser évidemment sur les priorités,
03:18les arbitrages et la manière dont les violences sont traitées ou minimisées.
03:22Et ces défaillances, on peut le dire, ne sont pas seulement celles du monde sportif,
03:26elles engagent aussi la responsabilité de l'État.
03:28Car le sport est un secteur délégataire.
03:31Il est financé, agréé, encadré par la puissance publique.
03:35Or, pendant des années, le contrôle est resté insuffisant et les alertes traitées tardivement.
03:39L'État a laissé les fédérations s'autoréguler,
03:42alors que les mécanismes d'emprise et de silence étaient connus.
03:45Et bien sûr, cette carence institutionnelle a évidemment un coût direct pour les victimes.
03:50Car signaler ne signifie pas être protégé.
03:52Et trop souvent, la prise de parole conduit à l'isolement et à la mise à l'écart,
03:56voire à l'interruption d'une carrière.
03:59Alors le sport ne peut être un réel espace d'émancipation
04:01que s'il devient durablement un espace sûr.
04:04Cela suppose des choix clairs, une gouvernance réellement paritaire,
04:07des formations obligatoires, peut-être des contrôles indépendants
04:11et une écoute des victimes qui ne soit plus conditionnée à la réputation des institutions.
04:15Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Reus.
04:20Alors aujourd'hui dans la force de l'engagement,
04:21je donne la parole à Catherine Ladouce et à Patricia Costantini.
04:25Alors Catherine, en tant qu'co-présidente de la commission parité du Haut Conseil à l'égalité,
04:30vous avez contribué très largement au rapport consacré à la place des femmes dans l'encadrement sportif.
04:36Moi j'ai envie de vous demander si vous deviez en retenir deux ou trois enseignements majeurs,
04:40ce serait lesquels ?
04:41Écoutez, le premier enseignement, c'est qu'on retrouve de toute façon les mêmes mécanismes d'invisibilisation des femmes,
04:47les mêmes mécanismes d'exclusion, de sexisme.
04:50Vous avez parlé dans votre édito en effet des violences.
04:53Mais je dirais peut-être à un niveau XXL.
04:55Il y a réellement un retard en fait dans le sport, dans le secteur du sport.
04:59Nous avons avec mes collègues de la commission parité que je voudrais citer,
05:02Benoît Parer, Véronique Ruoton et Grégoire Quelin,
05:05auditionné un peu tout l'écosystème sportif.
05:08Et en fait, ce qu'il apparaît, c'est que, regardez, même la loi dont vous avez parlé de 2022,
05:14elle est arrivée 20 ans après les premières lois sur la parité.
05:17Donc que ce soit en matière législative, que ce soit en matière aussi de l'éducation,
05:21la lutte contre le sexisme, le mito sportif est arrivé bien après, je dirais, d'autres mitos dans d'autres secteurs.
05:26Le résultat, c'est qu'il y a un retard.
05:29Et un retard qui est assumé, et du moins, il y a une prise de conscience forte.
05:32Donc là, le bon côté de ce rapport, c'est de voir que, en fait, que ce soit les dirigeants,
05:37que ce soit les sportifs et les sportives engagés, justement, comme les associations,
05:41comme celle de Patricia Constantini, en fait, se rendent compte de ce retard.
05:45Et donc, il y a des moyens.
05:46Et nous, dans ce rapport, nous avons 40 recommandations pour justement pouvoir insuffler cette culture de l'égalité,
05:51pour lutter contre le sexisme et la violence sexuelle, et surtout créer des conditions favorables, en fait, pour les femmes.
05:57Parce que vous avez cité quelques chiffres, moi, je voudrais en donner un.
05:59C'est 13% de femmes qui étaient, donc, dans l'encadrement technique lors des JO.
06:05Alors, on se glorifiait d'avoir pour la première fois en France, en 2024, les JO paritaires.
06:10Mais il faut savoir qu'à Tokyo, il n'y avait 13% de femmes dans l'encadrement, les entraîneurs.
06:14Et à Paris, c'est pareil, on est toujours à 13%.
06:17Et d'ailleurs, c'est l'angle de notre rapport, puisque l'angle mort, c'est l'encadrement sportif.
06:21Et comment faire en sorte qu'on puisse donner envie aux filles de faire ces métiers-là,
06:26après aux sportives de se reconvertir dans ces métiers-là,
06:29et que surtout, le système sportif puisse les accueillir et accepter,
06:32au-delà de la loi, en fait, accepter qu'elles prennent des responsabilités.
06:36Et c'est le même problème que dans les autres secteurs.
06:38Alors, Patricia, vous, vous avez occupé des fonctions clés dans l'encadrement et la direction sportive.
06:42C'est un parcours très intéressant, parce qu'il est à la fois opérationnel et institutionnel.
06:47Vous, vous avez vu de l'intérieur un système, on va dire, très masculin.
06:51On n'a pas peur de le dire, vertical et concentré.
06:54Alors, est-ce que mettre des femmes dans les instances,
06:57c'est suffisant pour changer la culture du pouvoir dans le sport ?
07:02C'est une condition absolument nécessaire, déjà.
07:04Parce qu'on ne va pas pouvoir parler des problématiques des femmes quand on est un homme.
07:09Il n'y a que les femmes qui savent exactement quels sont les problèmes
07:11qu'elles rencontrent dans leur pratique sportive.
07:13Déjà, première chose.
07:14Deuxième chose, c'est une question d'égalité, tout simplement.
07:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand on regarde le pouvoir en général,
07:2180% appartient aux hommes, 20% aux femmes.
07:25Et la difficulté, ça va être justement que ces hommes laissent un peu de place
07:28pour que les femmes regagnent les pourcentages qu'ils manquent.
07:31Mais ensuite, ça ne suffit pas.
07:33Parce que même quand vous mettez à la gouvernance des personnalités impliquées,
07:40vous avez parfois des femmes qui n'ont pas la sororité nécessaire pour faire avancer le système.
07:45Alors ça, c'est vraiment dommage.
07:46Parce qu'aujourd'hui, si peu de femmes dans le sport,
07:48si en plus, elles ne sont pas sororables, on va avoir du mal.
07:50Oui, c'est un constat que nous faisons, hélas.
07:52Alors, est-ce que le sport est un microcosme particulier ?
07:55Parce que la compétition est un ingrédient qui fait qu'on se bat et on essaie toujours d'être en avant.
08:01C'est possible.
08:02En tous les cas, c'est un constat et c'est regrettable.
08:05On a des hommes qui nous aident beaucoup dans nos combats.
08:08Ils sont rares.
08:08Vous avez cité Greg que l'un tout à l'heure qui a fait un remarquable travail.
08:11La fondation Alice Meillat.
08:13Exactement.
08:14Et c'est donc nécessaire qu'on ait aussi ces hommes à nos côtés.
08:17Alors, il y a quand même...
08:19Le sport, ça ne fonctionne pas comme les autres secteurs.
08:21C'est des délégataires, je l'ai dit.
08:23Il y a des commissions d'enquête interne.
08:25Donc, c'est vrai qu'aller juger ses propres pères, c'est quand même pas très facile.
08:30Donc, il y a des règles spécifiques.
08:32Une culture de l'entre-soi.
08:33Il faut bien le reconnaître.
08:35Et une justice qui se règle parfois en interne.
08:38Est-ce que cette organisation particulière et ce droit spécifique du sport,
08:42il y a bien un droit spécifique du sport,
08:44ont pu favoriser le silence plutôt que la protection des victimes ?
08:47Mais complètement.
08:48Déjà, le silence de la part de la victime.
08:50Parce que le sport, c'est deux compétitions, j'entends.
08:54C'est ça qui est important.
08:55Ça ne concerne pas le sport de loisirs.
08:57Et bien, quand on est en compétition pour essayer de gagner sa place en équipe de France,
09:01on va serrer les dents.
09:03On va prendre des coups sur le terrain, mais on va prendre des coups autre part.
09:06Et on n'a pas envie de montrer nos faiblesses.
09:09Donc, première raison de l'omerta des sportives elle-même, c'est ça.
09:13Je ne m'autorise pas à parler parce que j'ai peur de ne pas pouvoir être sélectionnée.
09:18Et la deuxième chose, c'est qu'il y a un véritable entre-soi avec une gouvernance masculine
09:24qui renforce cette omerta complètement.
09:27Ça, c'est évident.
09:28Et quand vous êtes lanceur d'alerte, c'est très compliqué.
09:31En général, vous devenez vraiment une cible importante.
09:35C'est incroyable parce qu'on avait le sentiment que ça existait vraiment dans les métiers
09:40des médias, de la culture, du cinéma.
09:42Et là, depuis quelques temps, on découvre que ça existe aussi réellement dans le milieu
09:45du sport.
09:46Et dans ce milieu du sport, on a souvent présenté les violences comme des dérives individuelles.
09:50Ce que contredit complètement les chiffres de signalement de la cellule sport.
09:54Alors, si les violences ne sont pas des accidents, on va se demander qui porte aujourd'hui
09:58la responsabilité politique de ces défaillances et qui peut réellement changer les choses.
10:02On en parle juste après la pause.
10:07Nous sommes de retour dans la force de l'engagement, l'émission qui donne la parole à celles
10:23et ceux qui font bouger la société.
10:25Aujourd'hui, nous parlons de sport, de violence, de responsabilité avec Catherine Haddouz, ex-co-présidente
10:30de la commission parité du HCE, du Haut Conseil à l'égalité, qui a produit le rapport
10:34sur la place des femmes dans l'encadrement sportif.
10:37Et Patricia Constantini, co-présidente de l'association Égale Sport.
10:40Alors, Catherine, juste avant la pause, on se disait que le sport, dans le sport, on
10:46pouvait parler de dérives individuelles.
10:49Est-ce qu'il faut assumer que les violences sont produites par le système lui-même ?
10:56Je dirais que le système du sport, qui est très patriarcal, avec une prédominance aussi
11:00masculine par un nombre d'hommes, quand je donnais le nombre de 13% seulement de femmes
11:04entraîneurs, fait que ça crée un système.
11:07Évidemment, la violence, elle est toujours, elle part d'un individu.
11:10Mais je crois reconnaître, et c'est d'ailleurs ce qui est reconnu aussi par les décideurs,
11:14c'est qu'il y a un système qui va faciliter finalement cette omerta dont parlait Patricia,
11:19qui va faciliter la difficulté pour les victimes de prendre la parole, de par aussi cette question
11:25de la performance.
11:25Je crois qu'il y a un certain nombre de données que nous ne retrouvons pas peut-être
11:29dans d'autres secteurs, dans un système aussi où les responsabilités sont diluées.
11:34Je m'entends, c'est un système d'une complexité assez extrême avec, c'est vrai à la tête,
11:40les ministères qui vont donner des subventions aux délégations, qui vont obtenir donc
11:44leur délégation et qui après doivent déléguer auprès des clubs.
11:47Et à la fin, on se retrouve avec des milliers de personnes qui vont travailler finalement
11:52et qui vont organiser les compétitions sportives, etc.
11:55Beaucoup de bénévoles.
11:56Là aussi, c'est un point, c'est comment arriver à former et comment arriver à mettre
12:00en place tout un système finalement de formation, d'éducation, mais surtout de contrôle
12:03pour que des violences ne se mettent pas en place.
12:06Et c'est vrai qu'aujourd'hui, le voile se déchire, mais il y a une responsabilité
12:11très forte, je dirais, des autorités, qu'elles soient au niveau national, au niveau
12:15régional, pour faire en sorte que ces violences cessent.
12:18Or, on sait qu'elles sont encore très présentes.
12:21Oui, on doit dire quand même que depuis que la cellule sport a été créée, il y a
12:24eu près de 4 millions de contrôles, notamment sur les certificats d'honorabilité.
12:31Donc là, on a quand même fait un progrès, il faut le signaler.
12:35Patricia, vous, vous avez souvent alerté sur l'exigence sportive et l'autoritarisme
12:40parce qu'on a tendance à penser que c'est la même chose, alors que pas du tout.
12:42On peut avoir une exigence sportive sans provoquer de violence.
12:46Alors, est-ce que cette culture de la performance, évidemment, c'est un terrain favorable aux
12:51violences psychologiques et à l'emprise ?
12:53Oui, ça rejoint un peu ce que je vous disais tout à l'heure, c'est-à-dire que dès
12:55l'instant où il faut arriver au sommet, eh bien, on accepte énormément de choses.
13:01Le problème, c'est que, comme le disait Catherine, dans les structures sportives, dans les fédérations
13:05que je connais bien, on manque de courage terriblement au niveau de la gouvernance.
13:10C'est-à-dire qu'il y a des structures, il y a des commissions qui sont chargées de travailler
13:15sur la question. Après, il faudrait que les affaires remontent, soient examinées.
13:19Plutôt que de dire, on va laver notre linge sale en famille, ce que j'ai souvent entendu
13:25dans plusieurs fédérations, faire sortir le problème, traiter le problème et informer
13:31toute la communauté du problème. Parce que très souvent, qu'est-ce qui se passe ?
13:35Eh bien, il y a une personne qui est identifiée et puis on la met tranquillement de côté,
13:39on lui donne une autre mission et cette personne, elle continue à agir.
13:42Oui, elle change de club même.
13:44Absolument, elle peut changer de région.
13:46Elle peut changer de région. Alors moi, j'ai envie de vous demander, Patricia,
13:49et Catherine d'ailleurs, comment est-ce qu'on prépare une nouvelle génération de dirigeantes
13:53et de dirigeantes capables de s'imposer dans ce système verrouillé ? Comment est-ce qu'on fait ?
13:57Eh bien, on fait qu'on apprend à connaître absolument toute la systémique et comment ça se passe.
14:04Parce que bien souvent, on a des gens qui ignorent le processus, qui ignorent comment ça naît,
14:10comment ça se développe et qui, en fait, sont toutes au sommet et vous disent
14:14« mais j'ai rien vu venir, je ne me sens pas responsable, je ne savais pas ».
14:19Donc, quand on est responsable au plus haut niveau, on doit savoir exactement,
14:23à toutes les strates, quelles sont les responsabilités des secteurs
14:26et mettre en place ces commissions et choisir des gens qui sont en capacité de parler vrai.
14:32Parce que souvent, on a aussi des présidents de commissions qui enterrent les affaires.
14:36Ça aussi, je l'ai vu assez souvent dans les fédérations.
14:39À tel point que des collègues femmes qui faisaient partie de ces commissions
14:42démissionnent au bout d'un moment en disant « c'est plus possible, la parole ne circule pas ».
14:47Et Catherine, est-ce que la dimension humaine et psychologique,
14:50écouter, se situer, comprendre, d'abord son propre rapport au pouvoir,
14:54quand on est un haut dirigeant, est indispensable pour pouvoir transformer durablement son exercice du pouvoir ?
15:00Oui, c'est toujours indispensable. Et je pense que, justement, le fait qu'il y ait des femmes au sein de ces instances de pouvoir
15:06est absolument essentiel. Et je pense que même des femmes qui sont, je dirais, peut-être moins solidaires,
15:11mais en fait, leur présence est importante. C'est pourquoi il y a d'ailleurs une formation qui a été lancée l'an dernier
15:17pour arriver justement à cette parité dans les conseils d'administration des fédérations.
15:21Il y a une formation de 300 femmes dirigeantes.
15:23Et maintenant, qui cascade, en fait, dans un certain nombre de régions,
15:27qu'est-ce qui se passe ? En fait, on les forme, certes, au pouvoir, on les forme à la prise de parole,
15:31à la façon de comment gérer un conseil d'administration, comment s'imposer.
15:35Il y a une étude très intéressante dans un livre de Béatrice Barbus
15:38qui expliquait combien, en fait, le temps de parole des femmes était complètement réduit.
15:42Alors, on le voit dans d'autres secteurs, mais là, dans le sport, même quand elles sont plus nombreuses dans une instance,
15:47en fait, leur temps de parole est tout à fait réduit.
15:49Donc, tout ceci fait qu'il faut absolument qu'elles aient une formation,
15:52à la fois de leadership, parce que là, on est vraiment sur les enjeux de pouvoir,
15:56et peut-être avec un pouvoir qui est encore plus, je dirais, solide
15:59et entre les mains des hommes, plus que dans d'autres secteurs.
16:03Alors, Patricia, si on parle de formation, vous, vous avez créé une formation en ligne,
16:06une formation qui est gratuite, qui s'intitule
16:08Égalité en mouvement, lutter contre les stéréotypes sexués par le sport.
16:12Alors, elle est destinée à qui, cette formation ?
16:14Et est-ce qu'elle concerne aussi la formation et la supervision des cadres ?
16:19Au départ, on la destinait vraiment aux cadres techniques,
16:21parce qu'on se rendait compte que la connaissance,
16:25ou la non-connaissance du mécanisme des stéréotypes sexués
16:28était une vraie constante dans ce microcosme des cadres techniques.
16:32Et puis, on s'est rendu compte, en mettant en place cette formation,
16:36on a 40 experts qui ont contribué, donc Catherine, d'ailleurs,
16:39qui fait une remarquable conclusion,
16:41on s'est rendu compte qu'en fait, tout ce qu'on expliquait
16:45allait concerner presque la société en général, les parents.
16:49On explique ce que sont ces stéréotypes sexués, comment ils naissent,
16:53et surtout, l'originalité de ce MOOC,
16:56c'est qu'on s'appuie sur le développement moteur.
16:58Et ça, c'est très important.
16:59Alors, qu'est-ce que c'est que le développement moteur ?
17:01Le développement moteur, c'est tout ce qui touche au développement moteur
17:04du petit garçon, de la petite fille,
17:06et qui ensuite se traduit dans plein d'activités,
17:09l'éducation physique, le sport, tout ce que vous faites
17:11de manière libre, librement consentie, dans la rue, etc.
17:15Voilà.
17:16Et on part du principe que si on met, aujourd'hui,
17:19on met les individus dans des cases.
17:21La petite fille ne doit pas trop salir,
17:23ne doit pas crier trop fort, ne doit pas courir,
17:26ne doit pas sauter de trop, elle va se faire mal.
17:28Il y a un test sur le plan incliné qui est remarquablement parlant
17:31avec des parents qui, avec des petites filles,
17:34vont limiter la petite fille sur le plan incliné,
17:37alors que pour le garçon, on va monter le plan incliné,
17:39quitte à ce qu'il se casse la figure.
17:41Et les parents sont tout à fait d'accord.
17:43Donc, vous voyez, on met très tôt ces enfants dans des cases,
17:47les garçons ayant toutes les permissions.
17:50Et on part du principe que si on construit une motricité,
17:54alors à l'aide de personnes formées,
17:56sensibilisées aux stéréotypes, égalitaires,
17:59on va construire une société plus égalitaire.
18:01La petite fille, elle va avoir confiance en elle.
18:03Vous savez, nous, on est des sportives.
18:05Je peux vous dire que les sportives, elles ont confiance en elle.
18:07On prend notre place dans la société.
18:10Ce que des femmes qui n'ont pas eu l'habitude de se construire comme ça,
18:14n'osent pas faire.
18:15Et en même temps, les hommes, les garçons, les petits garçons,
18:18vont apprendre à évoluer en mixité,
18:21respecter l'autre et être collaboratifs.
18:26Alors justement, sur la mixité et l'égalité,
18:28Catherine, on parle beaucoup d'égalité de performance
18:30entre les femmes et les hommes dans le sport.
18:33Mais franchement, honnêtement, quand on regarde,
18:35les moyens, les budgets attribués, les salaires,
18:38restent profondément inégaux.
18:40Alors, est-ce qu'il ne faudrait pas conditionner
18:43une partie des financements publics
18:45à une réelle équité des moyens ?
18:48Oui, tout à fait.
18:48Ça fait partie des recommandations,
18:50je dirais phares d'ailleurs, du Haut Conseil d'égalité,
18:52légat conditionnalité.
18:53Donc déjà, au niveau des subventions publiques,
18:56que toutes subventions publiques soient évidemment conditionnées
18:58à des plans de féminisation.
19:00Il faut savoir que le ministère a mis en place
19:01des plans de féminisation et contrôle en fait
19:03l'exécution de ces plans de féminisation.
19:06Il y a aussi des initiatives intéressantes
19:08au-delà des pouvoirs publics, des entreprises.
19:10Il y a une initiative qui a été lancée par Engie
19:13avec le support de l'association Rebond et Angélique Cochy
19:16qui conditionne en fait les contrats de sponsoring
19:19à des formations contre les violences sexuelles et sexistes.
19:23Donc en fait, nous avons fait une série de recommandations.
19:25Le budget est sensible aux gens.
19:26Alors il faut savoir que c'est quand même appliqué.
19:28Il faut avoir un côté positif aussi.
19:30Il y a beaucoup à faire.
19:32Mais il y a de nombreuses collectivités locales,
19:34des villes.
19:35Nous avions auditionné la ville de Strasbourg,
19:37il y a la ville de Lyon
19:38qui a mis en place le budget sensible aux gens
19:40et qui permet en fait chaque fois
19:41qu'il y a un investissement sportif
19:43de faire en sorte que ça puisse s'adresser aux femmes.
19:46Donc il est clair qu'après, évidemment,
19:48on a une politique forte,
19:49mais il faut qu'il y ait les budgets
19:50qui soient donc associés.
19:52Nous nous avions demandé qu'il y ait 20% par exemple
19:54du budget du ministère du Sport
19:56qui soit vraiment dirigé vers l'encadrement sportif.
20:00Parce qu'à nouveau, ce rapport,
20:02il est sur l'encadrement sportif
20:03qui est vraiment l'angle mort en fait.
20:05Je dirais, évidemment,
20:06il y a toute une série d'autres programmes.
20:07Mais là, si on ne prend pas les devants
20:10et si on n'agit pas,
20:11on va se retrouver encore au prochain jeu
20:13et espérons qu'en 2030,
20:14il y aura un peu plus que 13% dans les encadrements.
20:18Alors on va l'espérer
20:19et nous arrivons un peu au terme de cette conversation.
20:21Moi, en quelques mots,
20:23j'aimerais vous demander à chacune d'entre vous
20:24si vous deviez donner un mot ou une phrase
20:28pour que les femmes acceptent de s'engager
20:30et aient envie de s'engager
20:31ou de diriger le monde du sport.
20:33Que diriez-vous ?
20:34Moi, on m'a dit un jour,
20:36mesdames Osé,
20:36c'est Marie-Georges Buffet qui m'a dit ça,
20:38j'ai postulé pour être DTN de la Fédération de Triathlon.
20:41J'ai redit ce message à une collègue
20:42qui est devenue DTN de la Fédération de Hockey sur Glace.
20:45DTN pour nos auditeurs ?
20:46Directrice technique nationale.
20:47Alors je dirais,
20:48mesdames Osé,
20:49mais entourez-vous de personnes
20:51qui ont confiance en vous.
20:52Et vous, Catherine ?
20:53Moi, je dirais que finalement,
20:55le sport,
20:56nous voulons être une nation sportive.
20:57Les valeurs du sport parlent à tout le monde.
20:59Les valeurs d'équité,
21:00les valeurs de solidarité,
21:02les valeurs d'égalité.
21:03Et finalement,
21:04faire partie, je dirais,
21:05de ce système.
21:06Et ce qu'il faut,
21:06c'est revoir un peu le narratif autour du sport
21:09et faire en sorte que le sport
21:11ne soit pas simplement
21:12le sport en l'écran
21:14avec, disons,
21:15les supporters
21:16ou des matchs de foot
21:16ou des matchs de rugby,
21:18mais que ça soit surtout vraiment
21:19un lieu à la fois d'épanouissement
21:21pour les hommes et les femmes
21:22et peut-être en particulier
21:23pour les filles.
21:24Et il faut les encourager,
21:25en fait,
21:26à choisir ces métiers
21:27qui peuvent être très épanouissants.
21:29Alors, merci beaucoup.
21:30Merci Catherine.
21:31Merci Patricia.
21:32Rendre le sport plus sûr,
21:33ça devrait être une évidence
21:34pour tous et toutes.
21:36Merci d'avoir hâté avec nous
21:38dans la force de l'engagement.
21:39Je vous donne rendez-vous
21:40dimanche prochain
21:41à 15h sur Sud Radio.
21:43Retrouvez-nous sur sudradio.fr.
21:46Je vous souhaite
21:47une excellente fin de week-end.
21:48On se retrouve dimanche prochain,
21:50même heure, même énergie.
21:52Et je vous laisse tout de suite
21:53avec John
21:53pour le meilleur du Sud Radio.
21:55C'était la force de l'engagement.
21:57Avec AJP,
21:58épargne,
21:59retraite,
22:00assurance emprunteur,
22:01prévoyance,
22:02santé.
22:02Ça, JP !
22:04Je vous laisse
22:05faire okay.
22:07Merci,
22:08bearzé.
22:08Nichts,
22:09On se retrouve.
22:09J'ai les deux.
22:11Ça, JP !
22:13C'est des enfants,
22:15ça, JP !
22:17Et là où se gratifier
22:19la Einาม,
22:19ça, JP !
22:20C'est des enfants,
22:20c'est des enfants,
22:21c'est du Parlement 1,
22:22pour les enfants et des enfants,
22:24et des enfants.
22:25departments,
22:26Paris !
22:26Це, St,
22:27, Paris !
22:28C'est des enfants,
22:28c'est des enfants,
22:30c'est dé monsieur !
22:30Ça, JP !
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