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  • il y a 8 minutes
L'archive de Maxime Lledo


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##ARCHIVE_SUD-2026-02-01##

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News
Transcription
00:00L'archive Sud Radio ce matin qui est amoureuse en ce dimanche.
00:05La semaine dernière je vous parlais de ce fameux « mon chéri » parce que tu comprends mon chéri »
00:09bref une formule, une musique, une époque aussi, un être littéraire unique à l'origine de cette formule
00:15qui s'est glissée dans énormément de soirées mondaines notamment à une certaine époque.
00:20Un homme à la prose sensationnelle, aux mots piquants, à la provocation très sûre,
00:24auteur des enfants terribles, de la Belle et la Bête, d'Orphée.
00:27Il a marqué d'ailleurs ses contemporains et inspiré les générations suivantes.
00:31Je me replongeais il y a quelques heures dans cette pépite de souvenirs qui est croquis de mémoire
00:35dont je vous ai déjà parlé, de Jean Coe, journaliste, plume épatante de Paris Match
00:39et ancien secrétaire de Jean-Paul Sartre.
00:41Et je retrouve intacte cette sensation étrange, presque vertigineuse, à propos de Jean Cocteau.
00:47« À table écrit-il où nous étions une dizaine de convives, nous parlions, je crois, de politique, de rien et du général de Gaulle. »
00:53Et celui-ci n'écoutait pas, il était voûté, l'écoute largement appuyé sur son fauteuil d'archevêque
00:56et il regardait, quoi ? Absolument rien.
01:00Cela durait dix secondes, peut-être, mais je n'oublierai jamais le regard terrible de cruauté
01:04et de désespoir dans ce visage abandonné.
01:06Le même regard que celui de Voltaire sur le buste d'Oudon.
01:10Et puis, dans un moment où il s'est ressaisi, alors que tout d'un coup les convives tombaient sur le mot généraux,
01:14il a dit « De toute façon, les généraux sont des particuliers. »
01:17Et tout le monde a ri Jean Cocteau.
01:19Tu comprends, chérie ?
01:20Si les châteaux ne sont pas vrais, s'ils sont fantômes, les fantômes perdent leur pouvoir d'effrayer.
01:24Tu comprends ? C'est ça la poésie, mon chéri.
01:26Des fantômes qui hantent la vérité.
01:28Alors aujourd'hui, à la lecture de ces lignes, je vais évoquer aussi l'homme qui a vécu avec lui
01:31et qui appartient au patrimoine cinématographique français.
01:34Puisque Fantomas, c'est lui.
01:36Et parce que le bossu qui joue Lagardère, puisque si vous ne venez pas à Lagardère,
01:40c'est Lagardère qui viendra à vous, c'est lui aussi.
01:43Il racontera leur rencontre en privé.
01:45Cocteau, vous savez qu'il dessinait depuis des années ce visage abstrait aux aires d'Hercule, de Dieu grec.
01:50Et bien un jour devant un théâtre, Jean Cocteau aperçoit ce visage.
01:53Et ce visage, c'est Jean Marais.
01:55Alors Cocteau est bouleversé.
01:56C'est l'homme qu'il griffonne depuis si longtemps.
01:58Alors il court pour tenter de le rattraper en vain.
02:01Alors il erre dans Paris pendant des semaines cherchant ce visage.
02:04Ce visage très précis jusqu'à ce jour béni.
02:06Jean Cocteau aperçoit Jean Marais.
02:08Et il lui dit simplement quand il le rencontre, je vous aime.
02:11Alors Jean Marais répond du tac au tac un peu amusé.
02:13Mais moi aussi.
02:14Et des années plus tard, il confessera avec ce mélange de pudeur et de malice
02:17que de toute façon, c'était son métier.
02:19Dans cet archive rare, Jean Marais est chez Bernard Pivot.
02:21Il évoque sa correspondance avec ce monument de la culture, de la littérature et du théâtre.
02:26Il parle de tendresse, de passion, d'une relation sincère, libre et indélébile.
02:31Apostrophe, Antenne 2, 15 mai 1987.
02:34Bernard Pivot et Jean Marais.
02:35Pourquoi avez-vous pris le parti de publier cette correspondance de votre vivant ?
02:40Souvent, ça se publie après...
02:41Parce que, d'abord, quand j'ai fait le spectacle Cocteau Marais, j'ai relu toute l'oeuvre de Cocteau.
02:50Donc c'était la première fois que je le lisais tout d'un coup.
02:52Puisque c'était toujours durant ma vie ou durant les créations de Cocteau.
03:00Et au fur et à mesure, des créations de Cocteau.
03:03Et comme, dans ce spectacle, je voulais qu'il n'y ait pas un mot, une phrase qui ne soit pas de Cocteau,
03:10puisque c'était un montage avec des textes de Cocteau,
03:15j'ai relu aussi la correspondance que je n'avais pas relue depuis des années.
03:19Et j'ai été vraiment touché aux larmes.
03:23Et je me suis dit, il faut les publier parce que c'est la preuve que Cocteau n'est pas l'être qu'on a fait de lui pendant sa vie.
03:35C'est-à-dire que Jean Cocteau disait toujours,
03:38je n'aimerais pas rencontrer la personne qu'on fait de moi, je n'aimerais pas lui serrer la main.
03:43Et parce qu'on en faisait quelqu'un de machiavélique, de rusé, de malin, de menteur, de sans-coeur, de dur, de méchant.
03:55Et ça, ça me révoltait, puisque moi, en 25 ans, j'ai vu et compris qu'il n'était que bonté et générosité.
04:05Ça, c'était Jean Marais au micro de Bernard Pivot dans l'émission Apostrophe.
04:10Nous sommes en 1987.
04:12Et pour ceux qui auraient peut-être un peu de temps à perdre en ce dimanche,
04:14précipitez-vous dans cette correspondance entre Jean Marais et Jean Cocteau.
04:18Il est 7h28.
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