00:00Les chaînes de télévision, elles bénéficient et elles signent un agrément avec l'ARCOM.
00:04On leur met à disposition un canal pour pouvoir émettre.
00:07Et en échange de ce canal, il y a un cahier des charges qui doit être respecté.
00:10Et si ce cahier des charges n'est pas respecté, et en l'occurrence, par exemple, pour CNews,
00:13ce cahier des charges n'est pas respecté, je considère qu'il devrait y avoir des sanctions.
00:17Et ces sanctions, aujourd'hui, elles ne sont pas à l'ordre du jour.
00:19Il y a eu des sanctions ?
00:20Oui, mais des sanctions financières qui, manifestement, ne sont pas suffisamment dissuasives.
00:23Vous voulez dire des sanctions qui pourraient aller jusqu'à quoi ?
00:25D'abord, on fait des sanctions financières.
00:27Ensuite, on augmente, s'il faut, le montant de ces sanctions financières.
00:30Et ensuite, on va jusqu'à, y compris, menacer parfois d'interdiction d'émettre.
00:33Enfin, écoutez, ils ne font pas ce qu'ils veulent en dehors de toutes les règles.
00:44Le débat du moment, Manuel Bompard, je suis curieux de vous entendre
00:47sur ce qu'a dit Emmanuel Macron au sujet des médias.
00:51Le Rassemblement National et une partie de la droite, aujourd'hui, l'accusent de vouloir museler la presse.
00:55En cause, je vais tenter d'être très précis, parce qu'il y a eu un peu de fantasmes aussi, sans doute, autour de cette affaire.
01:00Les propos du chef de l'État, dans lesquels il soutient une démarche qui existe déjà depuis plusieurs années,
01:05qui consiste à labelliser, sur la base du volontariat, des médias qui s'engagent à respecter une déontologie.
01:11Pour dire les choses de façon un peu simple.
01:13Aujourd'hui, Emmanuel Macron s'est défendu de vouloir créer un label d'État, ou même un ministère de la vérité.
01:18Est-ce que tout cela vous inquiète ou pas du tout ?
01:20La proposition telle qu'elle est formulée par le Président de la République,
01:24ne me semble pas la bonne manière de répondre contre un problème qui, lui, est un problème réel.
01:30Enfin, tout le monde sait aujourd'hui, y compris on va avoir des élections nationales et municipales
01:34qui vont avoir lieu dans quelques semaines, tout le monde voit à quel point il y a aujourd'hui
01:37des campagnes de désinformation massive sur les réseaux sociaux en particulier.
01:42Il y a des nouvelles pratiques qui n'existaient pas avant,
01:44c'est-à-dire ce qu'on appelle les deepfakes, des vidéos mensongères.
01:48Moi, j'en ai été victime, par exemple, où on m'attribue des propos que je n'ai jamais tenus.
01:51Donc, je suis d'accord pour dire qu'il faut apporter des réponses sur ça.
01:53Je pense que vous dites, dans l'ordre, un, pourquoi ce n'est pas la bonne méthode ?
01:55C'est le label qui existe donc déjà depuis plusieurs années, certifié par des cabinets de...
02:00On va essayer de rentrer dans le débat.
02:01Mais parce que, moi, qu'on fasse en sorte que les règles de déontologie soient respectées dans les médias,
02:07ça me paraît être une chose très importante.
02:09Qu'on considère qu'un média auquel on aurait donné un label serait en quelque sorte soustrait désormais à tout problème lié à la déontologie,
02:19je ne comprends pas pourquoi on labelliserait un média et ce média, il deviendrait sans aucun problème.
02:22C'est ce média qui le demande et c'est un cabinet d'expertise en fonction de plusieurs critères qu'il accorde ou pas ?
02:25Si vous permettez, je préfère une autre mesure.
02:28Laquelle ?
02:28Qui est de mettre en place ce qu'on appelle un conseil de déontologie dans les médias,
02:32qui permet à n'importe quel citoyen, quand il est témoin d'une pratique médiatique qui ne correspond pas à la déontologie médiatique,
02:41de pouvoir saisir ce conseil.
02:42Qui siégerait à l'intérieur de ce conseil ?
02:43Un conseil avec des professionnels de l'information, avec des journalistes qui seraient dans ce conseil.
02:48Un conseil avec, pourquoi pas, des représentants des syndicats de journalistes et de la profession.
02:53On pourrait même considérer que dans ce conseil, il pourrait y avoir des représentants des citoyens,
02:58mais qu'on laisse le gouvernement en dehors de ça.
03:00Parce que si on ne laisse pas le gouvernement en dehors de ça, pourquoi pas élu ?
03:04Élu, quand on parle de représentants des journalistes, ça serait élu par les journalistes.
03:10Si on parle de représentants citoyens, ça pourrait être élu, ça pourrait être tiré au sort, je ne sais pas,
03:15on pourrait réfléchir à plusieurs propositions.
03:17Et ce conseil, il aurait quel pouvoir ?
03:19De faire appliquer les règles de déontologie et donc de pouvoir y compris
03:22imposer parfois des rectificatifs quand il y a des informations qui sont fausses,
03:26ou y compris pouvoir prendre des mesures qui sont des mesures de sanctions.
03:29Mais ce n'est pas le rôle de l'ARCOM, ça ?
03:31L'ARCOM le fait sur le... Enfin, le fait, pardon, on va dire.
03:35L'ARCOM est censé le faire sur...
03:37Vous avez failli faire une peau de banane ou vous êtes retenu ?
03:39Ah non, non, je vais faire une peau de banane, j'ai failli ne pas en faire une et je voulais en faire une.
03:43L'ARCOM est censé le faire sur les médias audiovisuels.
03:45À ma connaissance, pas sur la presse écrite, par exemple, qui n'est pas concernée par l'ARCOM.
03:49Et je vous dis, est censé le faire, parce que moi, je le dis sincèrement ici,
03:53je suis stupéfait du manque d'action de l'ARCOM face à des multiples désinformations
03:58qui existent aujourd'hui dans les médias.
04:01J'ai vu il y a quelques jours un reportage qui a été publié sur les pratiques de la chaîne CNews,
04:05chaîne concurrente de la vôtre, dans laquelle je suis stupéfait que l'ARCOM ne réagisse pas.
04:11J'ai vu une enquête de reporters sans frontières et l'ARCOM a contesté ces éléments.
04:16– Enquête sur le temps de parole, dans la chaîne d'information que vous venez de citer au mois de mars,
04:20RSF estimait que l'extrême droite avait été surreprésentée, l'ARCOM a dit non.
04:23– Ce n'est pas estimé, enfin, moi, que les meetings de la France Insoumise
04:26et les interviews de la France Insoumise passent la nuit sur CNews,
04:28j'en ai déjà été directement témoin.
04:30On doit faire 100% chez les insomniacs, vous voyez.
04:33– Vous estimez que l'ARCOM n'a pas les moyens de vérifier tout ce qui se passe à la télé et à la radio,
04:40ou que vous avez un traitement de défaveur ?
04:42– Non, je ne dis pas qu'on a un traitement de défaveur, je trouve que l'ARCOM ne remplit pas aujourd'hui,
04:47de mon point de vue, les fonctions qui devraient être les siennes.
04:49Pour partie, sans doute, parce qu'elle n'a pas suffisamment de moyens pour le faire.
04:52Et deuxièmement, j'assume de le dire, et ça ne me vaudra sans doute pas que des compliments,
04:56parce que je trouve que parfois, elle fait preuve d'un manque de courage
04:59pour imposer le respect d'un certain nombre de règles.
05:04– C'est l'ARCOM l'an dernier qui a fermé une chaîne de télé et tout le monde lui est tombé dessus aussi.
05:07– Mais moi, à cette occasion, M. Fauvel, je ne lui suis pas tombé dessus,
05:12parce que je considère qu'elle avait raison.
05:13Il faut que tout le monde comprenne, les chaînes de télévision,
05:16elles bénéficient et elles signent un agrément avec l'ARCOM,
05:19on leur met à disposition un canal pour pouvoir émettre,
05:22et en échange de ce canal, il y a un cahier des charges qui doit être respecté.
05:25Et si ce cahier des charges n'est pas respecté,
05:27et en l'occurrence, par exemple, pour CNews, ce cahier des charges n'est pas respecté,
05:30je considère qu'il devrait y avoir des sanctions.
05:32Et ces sanctions, aujourd'hui, elles ne sont pas à l'ordre du jour.
05:34– Il y a eu des sanctions ?
05:35– Oui, mais des sanctions financières qui, manifestement,
05:37ne sont pas suffisamment dissuasives, puisque ça continue.
05:39– Vous voulez dire des sanctions qui pourraient aller jusqu'à quoi ?
05:40– D'abord, on fait des sanctions financières,
05:42ensuite on augmente, s'il faut, le montant de ces sanctions financières,
05:45et ensuite on va jusqu'à, y compris, menacer parfois d'interdiction d'émettre.
05:48Enfin, écoutez, ils ne font pas ce qu'ils veulent en dehors de toutes les règles.
05:53D'ailleurs, je veux dire que j'ai été très choqué aujourd'hui
05:55d'entendre Marine Le Pen et le Rassemblement national
05:57considéraient que l'ARCOM ne devrait avoir une action
06:00que sur le service public de l'information.
06:01– Marine Le Pen dit, les chaînes privées sont financées par de l'argent privé,
06:05donc elles n'ont pas l'obligation de neutraliser.
06:07– Mais c'est scandaleux de dire ça.
06:08– Pourquoi ?
06:09– Mais parce que ces chaînes-là, elles participent
06:12d'un rôle qui est un pilier dans la démocratie, l'information.
06:17Il y a deux piliers dans une République
06:18pour que les gens soient des citoyens, éclairer l'école,
06:21pour que tout le monde puisse disposer des moyens
06:22de comprendre la complexité du monde,
06:24et l'information.
06:25Et ces chaînes-là, ça voudrait dire quoi ?
06:28Qu'elles pourraient se soustraire à toute obligation
06:29d'équité, de respect, un petit peu d'équilibre du temps de parole ?
06:33Enfin, ce serait totalement inacceptable.
06:35Ou alors, on n'est plus en démocratie, on est comme aux États-Unis.
06:37Et donc, ceux qui ont beaucoup d'argent dans le monde politique,
06:39ils peuvent avoir les chaînes,
06:40qui sont les chaînes qui valorisent leur point de vue,
06:43et les autres sont condamnés, en quelque sorte,
06:45à être invisibilisés dans l'espace médiatique.
06:47C'est incompréhensible.
06:48– Encore un mot sur ce thème.
06:49Est-ce que vous estimez, comme Marine Le Pen,
06:50qu'il y a un problème de neutralité du service public ?
06:53– Ah, moi j'ai aussi, j'ai dit ce que j'avais à dire
06:55sur un certain nombre de chaînes.
06:57Pour autant, je considère effectivement
06:58qu'il y a aujourd'hui un certain nombre de pratiques,
07:00parfois, dans le service public,
07:01qui sont aussi problématiques.
07:02– Qui sont quoi ? Hostiles aux insoumis ?
07:04– Moi, je ne vais pas dire hostiles aux uns, aux autres.
07:07– Moi, si vous voulez, je vous donne un exemple très concret,
07:09je pense que tout le monde l'a vu,
07:10mais il y a quelques semaines,
07:12quand j'ai été interviewé sur une émission
07:13par une journaliste du service public de l'information,
07:17et qu'il a failli avoir ensuite un correctif des rédactions,
07:20parce qu'il y avait eu manifestement des fake news,
07:22des fausses informations qui avaient été débitées sur le plateau,
07:24je considère que c'est une pratique extrêmement problématique.
07:27– Mais pour vous, c'est un cas isolé
07:28ou il y a un mauvais traitement des insoumis ?
07:29– Non, je pense qu'il y a besoin aussi,
07:32il y a un mauvais traitement des insoumis,
07:33mais ça, tout le monde le voit,
07:35et je pense que toutes les personnes qui nous écoutent
07:37en sont, je crois, conscientes.
07:38Mais il y a aussi une question,
07:39c'est comment on renforce l'indépendance
07:41du service public de l'information
07:43vis-à-vis du pouvoir politique.
07:44Par exemple, moi, je ne suis pas convaincu
07:46que le fait que les présidents de Radio France
07:49ou de France Télévisions soient nommés
07:51par le pouvoir politique soit une bonne chose.
07:53Pourquoi ?
07:54Ils ne pourraient pas être élus, par exemple,
07:55par les citoyens.
07:56Ça éviterait que ça soit les pouvoirs politiques.
07:58– Ça va faire beaucoup d'élections.
07:59– Oui, mais moi, je pense que ce n'est pas un problème
08:01de voter, vous savez, en démocratie.
08:03Et je pense que les citoyens,
08:04quand on parle de quelque chose d'aussi important
08:06que les médias,
08:07et en particulier du service public d'information,
08:09je trouve ça légitime que ce soit les citoyens qui décident.
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