- il y a 2 semaines
Collecter et trier 17 500 objets, c’est ce qu'ont permis de faire les sept boutiques de la Nouvelle Fabrique. La marque vient d’être créée par le groupe SOS. Elle rassemble des ateliers de revalorisation qui participent à la réinsertion par l’activité économique.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00L'invité de ce Smart Impact c'est Anne-Laure Asbott, bonjour.
00:09Bonjour.
00:10Bienvenue, vous êtes la directrice du pôle économie circulaire du groupe SOS.
00:14On a déjà reçu le groupe SOS à de nombreuses reprises ici,
00:17mais je veux bien que vous nous le présentiez en quelques mots.
00:19C'est un géant de l'économie sociale et solidaire ?
00:21Oui, donc le groupe SOS c'est une grosse association qui regroupe à peu près 650 établissements
00:27qui est actif historiquement sur les métiers du médico-social
00:30et puis qui petit à petit a aussi investi par exemple l'économie circulaire,
00:35dont je vous parlerai après.
00:37C'est à peu près 1,3 milliard de budget et c'est à peu près 60 000 collaborateurs.
00:43Le but du groupe SOS c'était vraiment de se dire qu'ensemble on est plus fort,
00:48donc de mutualiser des fonctions support, de l'appui pour que chaque structure
00:53soit finalement plus forte que si elle restait isolée dans son coin.
00:56Et c'est ça, il y a à la fois des associations et des entreprises de l'économie sociale et solidaire
01:00qui font partie du groupe, c'est ça ?
01:02Exactement.
01:02Il y a les deux types d'organisations.
01:05Et donc là vous lancez Nouvelle Fabrique, c'est quoi Nouvelle Fabrique ?
01:08Nouvelle Fabrique c'est une marque commune pour les structures du groupe
01:13qui sont actives dans l'économie circulaire.
01:16Donc en fait ça regroupe 5 chantiers d'insertion et entreprises d'insertion
01:19qui font de l'insertion par activité économique, je pourrais dire un tout petit peu ce que c'est,
01:23et qui offre des activités et des métiers qui sont le tri, le réemploi, la remise en état
01:31et la revente d'objets du quotidien, meubles, électroménagers, décorations, textiles, etc.
01:38Donc ce sont des ateliers qui existaient déjà, c'est ça pour bien comprendre ?
01:42Oui, alors les structures existaient déjà, après grâce...
01:47C'est des structures régionales ?
01:48C'est des structures départementales ou communales, donc on en trouve en Indre-et-Loire,
01:53dans le Gers, dans les Landes et dans les Pyrénées-Orientales aujourd'hui,
01:56avec la volonté de continuer à se développer.
02:00Et donc ces structures étaient déjà actives dans les territoires,
02:03sauf qu'elles n'avaient pas forcément fait de travail sur justement une marque commune
02:07qui racontent ce qu'elles font comme activité.
02:12Et donc il manquait une démarche un petit peu d'identification grand public,
02:17que ce soit lisible pour les personnes quand elles vont dans une boutique Nouvelle Fabrique,
02:21et du coup aussi de pouvoir communiquer collectivement sur justement le réemploi,
02:27l'intérêt de ces boutiques dans les territoires, les services qu'elles rendent,
02:30quel type de public on aborde, etc.
02:33Alors quelques chiffres, puisque ces structures existent depuis quelques années,
02:3917 500 tonnes d'objets collectés et triés, 2 000 tonnes revalorisées,
02:44142 personnes accompagnées vers l'emploi durable,
02:467 boutiques solidaires déjà ouvertes au public,
02:49avec donc cette notion d'insertion par l'activité économique.
02:53On comprend bien ce que ça signifie dans le détail, ça marche comment ?
02:57Alors le but de l'insertion de l'activité économique,
03:00c'est vraiment d'être un sas pour un retour vers l'emploi de personnes qui sont très éloignées de l'emploi.
03:06Donc les personnes qu'on va accueillir, très souvent c'est des personnes qui sont soit au RSA,
03:11soit qui ont eu un burn-out, ou bien qui ont différents freins à l'emploi,
03:17ça peut être des jeunes, on en voit de plus en plus,
03:19qui ont du mal à trouver leur premier boulot,
03:22ça peut être des problèmes de maîtrise de la langue française, etc.
03:25Nous on va accueillir ces publics, et en fait pendant 6 à 24 mois,
03:29on va leur offrir un contrat de travail,
03:31donc elles sont en CDI chez nous,
03:33et au-delà du métier sur lequel on va les former,
03:36on va en parallèle avoir des conseillères en insertion professionnelle
03:40qui vont travailler justement sur la levée de ces freins,
03:42donc cours de langue,
03:45travailler sur la confiance en soi, etc.,
03:47refaire son CV, etc.
03:49et aussi sur le projet professionnel,
03:51donc les faire réfléchir sur, à l'issue de cette phase de transition qu'on leur offre,
03:56vers quel type de métier ils veulent aller,
03:58est-ce qu'il y a des besoins sur le territoire,
04:00il faut aussi que le projet soit réaliste,
04:02et donc on va leur permettre de faire des stages,
04:05ou des immersions professionnelles,
04:08pour bien finir de cadrer le projet,
04:09et ensuite les aider dans leur recherche d'emploi à la fin.
04:11Ça veut dire que ces boutiques solidaires,
04:13elles jouent un rôle dans le développement de l'emploi local ?
04:19Complètement.
04:19Est-ce que vous diriez même que ça peut être une sorte de chénon manquant parfois ?
04:22Complètement, complètement.
04:24C'est vraiment, très souvent, c'est le sas qui manque entre l'offre et la demande,
04:28parce que localement, on a aussi beaucoup d'entreprises qui nous disent
04:31qu'on a beaucoup de mal à recruter sur des métiers, etc.
04:34Et donc, on va vraiment faire ce travail un petit peu,
04:37d'essayer de faire se rencontrer des profils qui recherchent un emploi
04:40et des entreprises qui ont des postes ouverts,
04:45et justement en travaillant sur les compétences des personnes.
04:47Je ne l'ai pas mentionné, mais ça peut aussi être,
04:50par exemple, parfois, c'est juste le permis aussi qui manque aux personnes,
04:52parce qu'il y a beaucoup de métiers où ça nécessite une mobilité.
04:55Donc, on travaille beaucoup, par exemple, avec la CPME,
04:59donc la Confédération des PME locale,
05:02justement pour diffuser un petit peu ce rôle de l'insertion,
05:06pour jouer cet intermédiaire.
05:08Ça veut dire qu'une personne qui va rentrer,
05:11alors je vais prendre la nouvelle marque dans un atelier de nouvelles fabriques,
05:16il sait déjà, parfois, quel emploi il a en ligne de mire ?
05:22Oui, ça arrive.
05:24Déjà, il sait que ça va durer, il y a besoin de six mois ou un an,
05:27et puis derrière, il y a un poste.
05:28Ça peut arriver.
05:29Ça peut arriver, tout à fait.
05:30Ou en général, ça se définit pendant le passage à nous ?
05:33Il y a les deux.
05:35On va bien sûr commencer par poser la question à la personne
05:38si elle sait ce qu'elle a envie de faire.
05:41Et pour le coup, on va aussi faire un travail, justement,
05:44de est-ce que c'est un projet qui est raisonnable ?
05:47Donc, parfois, on fait aussi faire un petit deuil aux personnes
05:51de projets qui ne seraient peut-être pas, finalement, activables.
05:54Je veux devenir astronaute, aller sur la Lune.
05:56Oui, ou je veux ouvrir un RAR.
05:58Non, non, non, mais on a des projets,
06:00Il n'y a pas bien d'avoir des rêves, mais il y en a qui ne sont pas réalisés.
06:02Exactement.
06:02Donc, ça, c'est vraiment le travail aussi qu'on fait de calibrer
06:05par rapport aux compétences, à la personnalité, etc.
06:09Et aux postes existants aussi sur le territoire.
06:12Vous avez commencé à l'expliquer, mais pourquoi il y a besoin d'une marque ?
06:15Qu'est-ce que ça change ?
06:17Eh bien, ce que ça change, c'est de la lisibilité, en fait.
06:22Nous, ce qu'on considère, c'est que les gens viennent
06:25dans les boutiques de seconde main, très souvent pour le prix,
06:29parce qu'ils savent qu'ils vont trouver des objets
06:31qui sont globalement beaucoup moins chers que le neuf.
06:34Mais du coup, nous, ce qu'on a envie de rajouter
06:35avec cette dimension nouvelle fabrique,
06:37c'est d'avoir un sentiment de fierté en y allant,
06:39parce qu'on sait que non seulement on y va,
06:41parce qu'on va trouver des objets pas chers,
06:42mais on va aussi trouver du beau, de la qualité.
06:47Et donc, en fait, avoir cette marque,
06:49c'est vraiment rendre désirable,
06:50essayer de rendre désirable la boutique de seconde main,
06:55en se disant, voilà, je vais trouver un lieu qui est convivial,
06:59et c'est pas parce que parfois j'y vais par nécessité
07:01que ça doit pas être un lieu où je m'y sens bien,
07:03où il y a une démarche de conseil
07:04qu'on peut m'apporter sur l'aménagement de mon intérieur, etc.
07:08Est-ce que ça vous distingue aussi
07:10des autres boutiques ou des boutiques de seconde main traditionnelles ?
07:15En tout cas, ça nous permet...
07:17Ou qu'est-ce qui vous distingue de ces boutiques traditionnelles ?
07:20En fait, ce qu'on essaye vraiment de mettre de l'avant
07:21dans les nouvelles fabriques,
07:24c'est une démarche esthétique
07:26et une démarche de conseil.
07:29Et donc, justement,
07:31quand vous allez chez Nouvelle Fabrique,
07:33nous, ça arrive souvent que les gens nous disent
07:35« J'ai un meuble chez moi,
07:38c'est l'armoire normande de mes parents,
07:40je l'aime beaucoup, mais je ne sais plus quoi en faire,
07:42parce qu'elle n'est plus du tout au goût du jour. »
07:43Et en fait, on a la capacité,
07:46chez Nouvelle Fabrique, d'avoir des ateliers
07:47pour dire à la personne « On peut vous l'aérogommer
07:50pour la retransformer,
07:52on peut la découper pour en faire, par exemple, une console. »
07:56Et donc, c'est vraiment ça qu'on essaye d'apporter,
07:59c'est de se dire
07:59« Non seulement on va trouver des objets,
08:01mais on va aussi trouver tout un accompagnement.
08:03Quand on est attaché à un objet
08:04et que finalement, on n'a pas envie de s'en séparer,
08:06comment est-ce que je peux le réinventer
08:08dans mon quotidien ? »
08:10On parlait de 17 500 tonnes d'objets collectés et triés.
08:15Vous réussissez à mesurer l'impact écologique
08:19d'une activité comme celle-là ?
08:21Oui.
08:22Les 2000 tonnes réemployées,
08:25c'est autant de déchets
08:26qui aujourd'hui ne sont pas recyclés ou incinérés.
08:31Ce qu'on souhaite faire cette année,
08:33c'est justement de pouvoir calculer
08:34des équivalents de tonnes carbone de CO2
08:37et d'émissions carbone évitées.
08:40Donc ça, c'est un projet.
08:42Et pour ça, on est en train de réaliser
08:43justement une enquête dans nos boutiques
08:45pour savoir les objets que les personnes nous apportent.
08:49Est-ce que c'était déjà de l'achat de seconde main
08:50ou c'était du neuf ?
08:51Combien de temps ils l'ont conservé ?
08:53Et grâce à nous, justement,
08:55qu'est-ce qu'ils en auraient fait
08:56s'ils ne l'avaient pas déposé chez nous ?
08:57Et grâce à ça, on pourra faire une vraie étude
08:59d'impact environnemental des boutiques.
09:02Est-ce que vous...
09:02Je vois qu'il y a notamment
09:04dans les tonnes revalorisées,
09:05immobiliers, électroménagers,
09:06il y a aussi du textile.
09:07Est-ce que vous êtes impacté
09:08par le succès des plateformes type Vinted
09:11de revente de textiles ?
09:14Est-ce que vous avez vu
09:15en quantité, en qualité,
09:17la situation évoluer ?
09:20Alors, on n'est pas impacté du tout
09:22par Vinted ou par Le Bon Coin.
09:25Par contre, on est impacté
09:26par la fast fashion.
09:27Donc, on continue à avoir
09:29de très beaux dons.
09:32Et ça, je pense que c'est fondamental.
09:33L'ancrage territorial des boutiques
09:36fait que les personnes...
09:38Il y a une générosité
09:39qui reste extrêmement prégnante.
09:42Et c'est vrai aussi
09:43sur les meubles qu'on reçoit.
09:45C'est vrai aussi sur la vaisselle.
09:46On a des très, très beaux objets
09:47parce que les gens sont attachés
09:49à la boutique,
09:51au rôle qu'elles jouent.
09:52Ils savent que les objets,
09:53ils seront bien traités
09:55et que ça servira aussi
09:56à des personnes du territoire.
09:57Donc, du coup,
09:57on arrive à avoir
09:58des très, très beaux sourcings.
09:59Et donc, y compris pour les vêtements,
10:00on a des très belles pièces vintage.
10:02On nous donne des vestes en cuir, etc.
10:05Mais il y a la fast fashion.
10:06Mais il y a la fast fashion, exactement.
10:08Et donc, pour le coup,
10:09on continue à avoir
10:10des beaux apports,
10:11mais qui peuvent commencer
10:12à être noyés
10:13dans des vêtements
10:15où, pour le coup,
10:16on sait que quand ils nous arrivent,
10:18ils ne peuvent déjà plus
10:19être remis en état.
10:21On termine avec les perspectives.
10:23Vous nous l'avez dit,
10:24pour l'instant,
10:25il y a un certain nombre
10:26de boutiques
10:27qui vont rentrer
10:27dans cette marque
10:28et rentrer dans ces nouvelles fabriques.
10:29Vous voulez en ouvrir d'autres ?
10:30Oui.
10:31Ça fait partie des objectifs ?
10:31Tout à fait.
10:32Donc là, on lance
10:33un grand appel justement
10:34à d'autres associations
10:36en France
10:38parce qu'il y en a énormément.
10:40Il y en a plus de 580
10:42en France
10:43qui souhaiteraient
10:44pouvoir rejoindre le mouvement
10:46et rejoindre
10:47la dynamique collective
10:50en se disant,
10:50voilà, plutôt que de rester
10:51tout seul dans mon territoire,
10:53je viens mutualiser
10:54des moyens,
10:55se donner
10:56de la capacité
10:57de croissance.
10:59Et après,
10:59au sein des territoires
11:00où on est déjà,
11:01donc au-delà
11:01d'accueillir
11:02de nouveaux membres,
11:03au sein des territoires
11:05où on est déjà,
11:06on travaille beaucoup
11:06avec les collectivités
11:07et effectivement,
11:09on a des demandes
11:09pour ouvrir
11:10de nouvelles boutiques
11:11parce qu'ils voient
11:12l'intérêt
11:12et les services
11:13que ça rend à la communauté.
11:14Merci beaucoup,
11:16Anne-Laure Asbott
11:16et Bonvent
11:17à ces nouvelles fabriques.
11:19On passe à notre débat.
11:21Connaissez-vous
11:21le franco-lavage ?
11:23Merci.
Commentaires