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  • il y a 2 mois
Dans C'est Excellent, Judith Beller reçoit le chanteur Sly Johnson et l'écrivain Gilles Paris

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##C_EST_EXCELLENT-2026-01-25##

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Transcription
00:00Sud Radio, c'est excellent, Judith Bélaire.
00:04Bonsoir à toutes et à tous, vous êtes sur Sud Radio et comme chaque dimanche, c'est excellent tout simplement.
00:09Autodidacte, libre et insaisissable, il est de ses artistes qui ne se racontent pas en ligne droite.
00:14Membre fondateur du mythique Science Soup à Kroos,
00:16Sly Johnson est une figure incontournable de la culture hip-hop française qui traverse depuis plus de 25 ans les époques,
00:23avec groove et sincérité. Alors Sly, bienvenue.
00:25Bienvenue, bienvenue, merci, merci beaucoup.
00:27On se concentre.
00:28Très heureux d'être là.
00:29Votre cinquième album, Sly, Mr. Johnson, il est prévu pour le 27 mars,
00:34avec un concert à la maroquinerie à Paris qui sera le 30.
00:36Mais pour ceux qui sont impatients, vous venez aussi avec votre tout nouveau single aujourd'hui,
00:40Nalingi, yo, Lingui ?
00:43Lingui, je l'aurais bien dit.
00:45C'est sorti ce vendredi et c'est excellent, on va écouter et plus encore évidemment.
00:50Professionnel du livre depuis plus de 40 ans, il dirige une agence de presse,
00:52mais aujourd'hui il vient nous voir avec sa cape magique d'auteur.
00:55Gilles Paris est en est à son douzième roman,
00:57après un succès international avec autobiographie d'une courgette adaptée en film d'animation
01:02et puis césarisée sans oublier couronnée par un molière en 2023.
01:05Bienvenue, Gilles, bravo.
01:06Merci, Julie.
01:07C'est avec plaisir.
01:08Vous êtes ici aujourd'hui pour nous parler de votre tout dernier roman,
01:10La Trapmos, c'est sorti chez Héloïse Dormeson.
01:13C'est un très joli livre que je recommande.
01:14Vous la frontière entre réalité et fiction se fissure.
01:16tout doucement, voilà.
01:19Un excellent programme, c'est normal, c'est excellent.
01:21Bienvenue chez vous, les amis.
01:25Allez, Sly Johnson, on écoute.
01:26Sly Johnson, on écoute.
01:56Ça fait du bien sur Sud Radio, du bon son.
02:02Vous entendez un extrait du tout nouvel album,
02:05bientôt, qui va bientôt sortir de Sly Johnson.
02:08Mister Johnson, c'est Nalinguio qu'on entend juste maintenant
02:12et qui vient de sortir tout juste.
02:14Très, très joli titre, très groovy, très...
02:17On va dire, il y a de la profondeur aussi, de basse.
02:20Vous êtes allé chercher des sons graves,
02:22groove, comme d'habitude, j'ai envie de dire un peu comme...
02:25Oui, je suis un chercheur, un grand chercheur de sons, d'émotions,
02:29de rythmes et de mélodies.
02:31Et je me suis inspiré au départ de la musique afro-cubaine
02:34et j'ai voulu y rattacher mes cultures congolaises.
02:39C'est pour ça que j'ai chanté ce refrain en Lingala
02:42et ce couplet rapé en référence au Saiyan Supa Kru.
02:47C'est important, le Saiyan dans la route,
02:49on va en parler tout à l'heure.
02:50Très, très important.
02:51C'est juste la base, quoi.
02:52C'est la base.
02:52C'est ça.
02:53C'est un titre un peu hommage à votre père,
02:55si j'ai bien compris cette chanson.
02:57En tout cas, il y a une histoire de transmission, en tout cas.
03:00Dites-en plus là-dessus, justement.
03:02C'est toujours une histoire de transmission, la musique, chez moi.
03:06Puisque mon père est une personne qui adorait la musique,
03:10qui avait une ouverture musicale incroyable,
03:13qui m'a transmis cet amour de la musique
03:15et qui m'a poussé vers la musique, très clairement, dès mon plus jeune âge.
03:20Il vous a dit que c'était possible, quoi.
03:22Non, pas forcément.
03:24Mais on avait l'habitude d'écouter de la musique tous les jours,
03:28vraiment tous les jours, pendant deux, trois heures.
03:31Et c'est quelque chose qui m'a profondément marqué,
03:36toutes ces heures d'écoute.
03:37Et ce morceau, cet album,
03:40est pour moi une façon de dire merci à mon père,
03:44ce fameux Mr. Johnson.
03:47Donc, c'est aussi une histoire de transmission,
03:49pour tous les gens qui aiment cette musique,
03:52qui vont, je l'espère, écouter cette musique.
03:55Voilà, c'est...
03:56Il est très, très bon, cet album.
03:57Merci beaucoup.
03:58Vraiment.
03:58Merci, merci.
03:58J'ai eu le plaisir de l'écouter en amont.
04:01Ça fait du bien.
04:02Mr. Johnson, c'est aussi cela qui reprend le pouvoir.
04:05Ça, c'est une phrase que j'ai pu lire dans votre dossier de presse.
04:08Ce qu'on comprend, en fait,
04:09c'est que c'est vous, maintenant, Mr. Johnson.
04:10C'était votre papa.
04:11C'est ça, cette transmission.
04:12C'est ce nom-là et ce mystère, en fait.
04:14Exactement.
04:14Vous êtes obligé d'assumer, maintenant, quoi.
04:16Je suis obligé d'assumer, voilà.
04:18Le papa est au ciel.
04:20Donc, voilà, je suis obligé d'assumer.
04:23Donc, c'est aussi avoir un rapport un peu plus intime avec la musique.
04:30C'est ce que dit ce morceau d'Alain Guillot, aussi.
04:32Et être plus direct avec les gens qui apprécient ma musique.
04:38Sur vous-même ?
04:39Et sur moi-même, complètement, j'ai fait tout un travail en amont
04:44pour, justement, atteindre une forme de liberté,
04:48de pleine liberté artistique.
04:50Et aussi dans la vie de tous les jours.
04:54Parce que, finalement, quand on parle d'intime,
04:56on croit souvent qu'on a, nous, des chemins intimes qui nous sont propres,
04:59mais on se rend très vite compte que c'est universel.
05:00Complètement.
05:02Je pense que, malgré nos différences,
05:06on est tous sujets aux mêmes émotions.
05:09On est traversés par les mêmes choses.
05:11On pleure de la même manière.
05:13On rit de la même manière.
05:15On vit les choses plus ou moins fortement.
05:18Donc, pour moi, on n'est pas si...
05:21Au final, on n'est pas si différents que ça.
05:25C'est ça.
05:26Pas si différents que ça.
05:27Et de par mon expérience,
05:29la musique rassemble vraiment tous les peuples.
05:33Oui.
05:34C'est sûr.
05:34C'est un langage universel, pour le coup.
05:36Complètement.
05:37Alors, c'est co-composé, cet album,
05:39avec Nicolas Vela,
05:40qui est un brillant pianiste de la nouvelle scène jazz française.
05:42C'est important pour vous aussi
05:43d'aller chercher différentes ambiances,
05:45différents styles,
05:46pour ne pas vous limiter, justement,
05:47ou vous, j'ai presque envie de dire,
05:49sectionner, en fait,
05:51à un seul goût, quoi.
05:53Le but, comme vous dites, c'est universel.
05:55Donc, c'est d'aller chercher partout.
05:57Oui.
05:57Et puis, j'avais besoin,
05:58dans ma démarche d'ouverture,
06:00je voulais partager cet album aussi
06:02avec quelqu'un d'autre
06:05qui puisse apporter aussi sa sensibilité.
06:09Nicolas Vela est sicilien.
06:12Donc, il a aussi une toute autre perception de la musique.
06:16Il n'a pas la même culture, quoi, musicale.
06:17Voilà.
06:19Qui est très dans l'émotion aussi.
06:21C'est quelqu'un qui a une écoute assez formidable.
06:25Et je voulais, justement,
06:27aller plus loin dans la recherche mélodique,
06:30aussi dans la composition.
06:32Et c'est pour ça que j'ai fait appel
06:33à ce musicien de jazz,
06:36particulièrement pour l'ouverture harmonique,
06:39pour que je puisse, à terme,
06:41aussi profiter pleinement de ma voix
06:45dans tous les registres.
06:47Alors, il faut que je vous fasse une confidence.
06:48Là, moi, j'étais fan de D'Angelo.
06:50Mais genre, fan.
06:51C'est toute ma génération.
06:53Donc, quand j'écoute votre album,
06:54évidemment, je l'entends lui.
06:56Évidemment, j'entends Marvin Gaye.
06:58Évidemment, j'entends toute cette culture musicale
07:02afro-américaine puissante.
07:03Et puis, il y a vous qui ramenez ça.
07:06En fait, on n'est pas dans l'imitation.
07:07On est vraiment dans la réinterprétation.
07:10Et vous y mettez vraiment votre touche.
07:12Comment ça vient, cette création ?
07:14Comment vous vous nourrissez ?
07:16Comment vous préparez un titre ?
07:19Alors, pour cet album, tout particulièrement,
07:23je sortais d'une grande tournée de 3-4 ans.
07:27Donc, j'avais énormément d'envie
07:31de partager, de travailler ma voix,
07:36d'explorer ma voix plus profondément,
07:39de mettre ma voix au service des mots,
07:42plus que d'un style.
07:45Parce qu'avant, c'est ce que je faisais.
07:46Avant, vous faisiez de la New Soul,
07:48c'était du hip-hop, on reconnaissait.
07:51On pouvait reconnaître
07:52et on pouvait très facilement déceler
07:55des bouts, des portions de chant
08:00qui appartenaient directement, en effet,
08:02à D'Angelo ou Consor.
08:05Alors que là, j'ai voulu vraiment mettre
08:07ma personnalité au service des mots
08:11et de la musique.
08:12C'est ce qu'il y a de nouveau
08:13avec cet album, en tout cas.
08:15C'est un album aux couleurs uniques
08:17dans le paysage français musical.
08:19L'originalité, ce n'est pas toujours
08:21simple à porter, Sly ?
08:22Ce n'est pas facile.
08:23Le chemin est plus long.
08:25Le chemin est plus long,
08:27mais c'est un beau chemin.
08:29On rencontre peut-être encore plus de gens,
08:32je trouve.
08:33On rencontre des personnalités,
08:35des musiciens,
08:36des gens incroyables.
08:39Donc, j'aime ce chemin,
08:41même s'il est plus long,
08:42si c'est moins facile,
08:44mais c'est un chemin pavé
08:47de beauté et de surprise,
08:49donc ça me va.
08:51C'est une bonne raison.
08:52Gilles Parry, je rappelle votre livre,
08:54La trappe mou,
08:55qui est sorti chez Héloïse,
08:57dans mes sons.
08:57On va y revenir,
08:58mais dans votre livre,
08:58la fiction, elle devient un espace
08:59où la vérité, elle se déforme, en fait.
09:02La musique de Sly Johnson,
09:03elle part du corps,
09:04du souffle, de l'expérience.
09:05J'ai envie de dire,
09:06c'est deux chemins qui mènent
09:07au même endroit, finalement.
09:08Oui, on a un petit point commun,
09:10d'ailleurs, avec Sly,
09:11c'est qu'on est tous les deux
09:13nés dans les Hauts-de-Seine.
09:14Vous à Montrouge,
09:15moi à Surenne.
09:17Elle a bossé, hein ?
09:18Mais je voulais,
09:20je vous écoutais avec beaucoup d'intérêt,
09:22parce que je suis vraiment dingue de musique.
09:25Et à un moment donné,
09:25vous disiez qu'il n'y avait pas,
09:26il n'y avait pas si différent,
09:28on n'était pas si différent,
09:29parce qu'on ressentait des chagrins,
09:31qu'on aimait la musique,
09:32ou des choses comme ça.
09:33Je pense qu'on est un peu différent
09:35de la manière dont on les ressent.
09:37C'est-à-dire que moi,
09:39j'écoute beaucoup de musique
09:41toute la journée,
09:42toute la semaine,
09:44et j'ai besoin de vibrer,
09:45j'ai besoin de ressentir
09:47vraiment quelque chose
09:48avant d'apprécier le morceau
09:50et de l'enregistrer.
09:51Et je cherche ça dans la musique,
09:54je cherche à ce qu'elle provoque en moi
09:56une émotion forte,
09:58et l'extrait qu'on a entendu
10:01de votre chanson
10:02a bougé en moi vraiment,
10:04et je trouve que c'est extrêmement mélodieux.
10:07Il y a une mélodie très émotive,
10:09même d'ailleurs,
10:11chaloupée, on dirait,
10:14d'une certaine manière,
10:15mais on ressent vraiment
10:16quelque chose de particulier
10:18dans ce morceau,
10:19ce qui n'est pas toujours le cas
10:20quand on écoute de la musique,
10:21ou quand on en écoute beaucoup.
10:22Pas forcément, oui.
10:23C'est vrai.
10:24Merci.
10:24Allez-y, émotion particulière.
10:26C'est vrai,
10:26c'est émotion particulière,
10:27comme c'est pour papa.
10:28Comme c'est pour papa,
10:30comme c'est pour la musique aussi,
10:33parce que ce morceau est aussi
10:34une déclaration d'amour à la musique
10:37qui m'a clairement sauvé la vie,
10:40je pense,
10:41qui m'a porté pendant de nombreuses années
10:45et m'a permis de voyager
10:47tout en restant à Montrouge.
10:49Donc je dois beaucoup à cette musique.
10:51Et il est vrai que quand je fais de la musique,
10:55tout comme vous,
10:56j'ai besoin de vibrer à 1000%.
11:00Chaque note,
11:04chaque petite inflexion,
11:07tout est pensé,
11:11tout est en même temps très ressenti
11:14pour que ça puisse toucher le corps entier
11:20avant le cerveau.
11:21Ce qu'on appelle la vibe,
11:23c'est ça ?
11:23Est-ce qu'on appelle ça la vibe ?
11:25Oui, oui.
11:26Allez, restez avec nous sur Sud Radio.
11:29Vous entendez, dans le fond,
11:31Nalinguio,
11:32le tout dernier single de Sly Johnson.
11:35C'est excellent,
11:35on revient juste après la pause
11:37avec, vous l'aurez compris,
11:38le chanteur beatboxer,
11:39attention, compositeur,
11:41et j'en passe.
11:41Sly Johnson et puis l'auteur Gilles Parry
11:43aussi à la tête de l'agence du même nom
11:44et c'est pas rien.
11:45A tout de suite.
11:48Sly Johnson,
11:48c'est ma team.
11:50En solo,
11:50ta bicoque,
11:51je l'abîme.
11:52Trop soulful pour ton jean,
11:54papa.
11:55T'es sous le choc,
11:56il y a mine dada.
11:57Dites,
11:57fada,
11:58Florian dit,
11:59mama,
11:59le Mike Buddha,
12:00fais vibrer tes sept chakras.
12:01Sud Radio,
12:05c'est excellent,
12:06Judith Bélair.
12:07Merci de votre fidélité
12:08à cet excellent sur Sud Radio.
12:10Avec moi,
12:10le chanteur,
12:11compositeur Sly Johnson
12:12et son tout nouveau single
12:13Nalinguio
12:14qui est tiré de l'album
12:14Mister Johnson.
12:16C'est à sortir le 27 mars
12:17et puis en concert le 31
12:18à la maroquinerie à Paris.
12:20Et puis le professionnel du livre,
12:21et oui,
12:22mais il est surtout auteur.
12:23Gilles Parry
12:24et son dernier roman
12:25La Trapmos
12:25est sorti aux éditions
12:27Héloïse Dormeson
12:28et je vous le recommande.
12:29Alors je vais faire un petit pitch.
12:31Vous m'arrêtez
12:31si je dis des bêtises, Gilles.
12:33Tout à fait.
12:34Jade,
12:34c'est votre personnage principal.
12:35C'est une jeune femme.
12:36C'est une adolescente rebelle même,
12:38j'ai envie de dire.
12:38Elle est fragile,
12:39elle est passionnée de littérature.
12:41Elle vit avec une insuffisance respiratoire.
12:43Son petit frère aussi,
12:44le deuil impossible de son petit frère,
12:45la dépression de sa mère
12:46qui ne s'en remet pas.
12:47Et pour tenir,
12:48elle lit La Croche-Cœur.
12:50La Trap-Cœur.
12:50La Trap-Cœur.
12:51Oh, c'est un joli lapsus
12:52ce que je viens de faire.
12:54La Croche-Cœur,
12:54c'était Boris Vian.
12:55Oui, tout à fait.
12:57Donc La Trap-Cœur
12:57de G.D. Salinger
12:58qui est un livre que j'ai lu
13:00au même âge,
13:00qui nous a touchés tous.
13:01Je ne sais pas si vous l'avez lu,
13:02Cy Johnson, ce livre.
13:03Je vous le recommande
13:04très très fortement.
13:05C'est un livre important.
13:07Et ce héros,
13:08il devient pour elle
13:08une espèce de présence
13:09permanente, amoureuse.
13:11Elle se met à écrire aussi
13:12mais seulement des débuts de romans.
13:14On se demande pourquoi
13:15elle ne finit pas ses histoires d'ailleurs.
13:17Et puis il y a des voix
13:17autour d'elle
13:18qui se multiplient.
13:18Il y a les proches,
13:19il y a les amis,
13:19il y a les témoins
13:20qui livrent chacun
13:21leur version des faits.
13:23Mais plus les récits s'entrecroisent,
13:24plus on ne sait pas très bien
13:26ce qui n'est pas vrai.
13:27J'aime bien, oui.
13:28J'ai aimé dans ce roman
13:29emmener le lecteur très loin.
13:32Il faut parler au départ
13:33de la fictophilie
13:34qui est un mot
13:35qui pourrait faire penser
13:35à un truc cochon
13:37mais pas du tout.
13:38La fictophilie,
13:39c'est quand un individu réel
13:41tombe amoureux
13:41d'un personnage de fiction.
13:44Alors en France,
13:44il y a des forums,
13:45tout ça existe
13:46mais alors au Japon,
13:47ils sont bien fêlés.
13:48Il y a des mariages
13:50organisés
13:51entre vous
13:52et un personnage de manga
13:54dont vous seriez
13:55tombé amoureux.
13:55On a vu ça
13:55avec l'intelligence artificielle.
13:56Ça existe,
13:57ça dit,
13:57c'est fou.
13:58Pour moi,
13:59c'était un sujet
13:59extrêmement romanesque
14:00et j'avais décidé
14:02d'en faire un roman
14:02et quel plus beau roman
14:05en parallèle
14:06que celui de Salinger
14:07qui est paru
14:08en 1951
14:10qui a été très mal reçu
14:11aux Etats-Unis
14:12et en France.
14:12Oui, c'était scandaleux
14:13à l'époque.
14:14C'était scandaleux
14:14parce que le langage
14:15était familier,
14:16on parlait de prostitution,
14:17scolaire,
14:18de décrochage scolaire,
14:20de prostitution.
14:21Et c'est vrai
14:22que ça a créé
14:23tout un mouvement
14:24autour de ce livre
14:25qui fait que,
14:25d'ailleurs,
14:26Salinger,
14:26qui habitait à New York
14:27à l'époque,
14:28n'a pas supporté
14:30la célébrité
14:30et il s'est enfui
14:32dans une toute petite ville
14:33du New Hampshire,
14:34dans les bois,
14:36à l'écart de tout le monde.
14:37Il n'a plus jamais écrit,
14:37d'ailleurs.
14:38Si, il a écrit des nouvelles,
14:39des recueils de nouvelles.
14:40Ok.
14:41Vous voyez,
14:41j'ai appris quelque chose.
14:42J'en apprends des choses
14:43avec vous,
14:43Gilles Paré.
14:43C'est gentil,
14:44Judith.
14:44Alors,
14:46vous avez lu ce roman
14:47Gilles Dessalinger,
14:48vous avez voulu parler
14:49de cette fictophilie
14:50que j'apprends.
14:51Tout à fait.
14:52Et, en fait,
14:53moi,
14:53je me suis projetée
14:54dans Vous, gamins,
14:55en train de le lire.
14:56C'est ça ?
14:56C'est-à-dire que c'est un livre
14:56de votre jeunesse
14:57à vous-même ?
14:58C'est ça.
14:58C'est un roman
14:58que j'ai lu
14:59quand j'étais adolescent
15:00et c'est un roman
15:01qui m'a incroyablement marqué
15:02parce que,
15:02pour la première fois,
15:04on parlait de l'adolescence
15:05d'une façon très ouverte,
15:07très large,
15:07sans juger,
15:09avec un gamin
15:10qui, en fait,
15:10se fait virer de l'école,
15:11se retrouve à New York,
15:12va errer dans les rues de New York,
15:14va rencontrer
15:14toutes sortes de personnages
15:15hubuesques.
15:17Des années 50 en plus.
15:18Des années 50,
15:19tout à fait.
15:20Tout ça,
15:20de jazz.
15:21Et j'avais trouvé ça
15:21vraiment d'une liberté totale.
15:23Et en le relisant
15:24pour le livre,
15:25plusieurs fois,
15:26je me suis rendu compte
15:27à quel point
15:28ce roman était moderne,
15:30n'avait pas pris une ride.
15:31Et si Jade, d'ailleurs,
15:32commence des romans
15:33et ne les finit pas,
15:34c'est parce qu'elle veut
15:35ressembler à sa sœur,
15:36Phobé,
15:37la sœur d'Holden Caulfield,
15:39le héros de la trappe-cœur,
15:42qui commence des romans.
15:44Elle n'y finit jamais.
15:45Alors, je me suis dit aussi
15:46que si elle ne voulait pas finir,
15:47c'est parce qu'elle ne voulait pas figer.
15:48Et donc,
15:49elle se risquait à une vérité définitive
15:50parce qu'elle fuit quand même
15:51une certaine forme de vérité.
15:52Elle le dit même à un moment donné.
15:53C'est-à-dire que le point final
15:54obligerait à l'histoire
15:56de s'arrêter en elle-même.
15:57Et donc,
15:58elle ne veut pas finir
16:01un de ses romans.
16:01Alors, l'adolescence,
16:02c'est un sujet
16:02que vous aimez bien traiter,
16:03vous, Gilles Parry.
16:04Oui, absolument.
16:05Pourquoi ?
16:06Parce que,
16:07d'abord,
16:08j'ai beaucoup traité l'enfance
16:09dans un premier temps
16:10et puis après,
16:10je me suis attaqué
16:11à l'adolescence.
16:12Ce que je me suis dit
16:15tout simplement,
16:15c'est que l'enfant
16:16et l'adolescent
16:17qu'on a été
16:18font de nous
16:18l'adulte qu'on devient.
16:20Donc,
16:20c'est deux périodes clés
16:21hyper importantes.
16:23L'enfance,
16:24on ne juge pas,
16:25on essaye de comprendre.
16:26Ce serait presque
16:26une définition de la tolérance
16:28avant que ça puisse exister
16:30réellement.
16:31Et l'adolescence,
16:32c'est tout le contraire.
16:33On se rebelle,
16:33on n'est pas d'accord,
16:35on boude.
16:36Il y a toutes sortes
16:37de travers,
16:39de caractères
16:40qui sont très compliqués
16:41mais qui a manié
16:42en tant qu'écrivain
16:43sont très intéressants
16:44et y compris d'ailleurs
16:47un des grands thèmes du livre
16:48qui est le mensonge,
16:49la mythomalie
16:49qui sont exercés.
16:52Tous les adolescents
16:52mentent de toute façon.
16:53Enfin,
16:54tout le monde ment même d'ailleurs.
16:55Il n'y a pas que les adolescents.
16:56Il ne faut pas le dire.
16:58Il ne faut pas le dire.
17:00Ce qui est intéressant aussi,
17:01c'est que ce roman
17:03J.D. Salinger,
17:04vous ne le copiez pas du tout.
17:05C'est vraiment un socle émotionnel
17:06en fait.
17:06Oui,
17:07il ne s'agissait pas
17:07de le copier en effet.
17:09Je l'ai relu plus d'une dizaine de fois
17:10avant d'écrire le livre
17:12et je l'ai relu d'ailleurs
17:13dix fois que je ne suis pas.
17:13Vous avez fait très attention
17:14à ne pas...
17:15Et en fait,
17:16c'est comme un film en fait.
17:17Si vous regardez un film une fois,
17:18vous le voyez.
17:19Si vous le regardez une deuxième fois,
17:20vous vous rendez compte
17:21d'un fond de décor
17:22que vous n'avez pas remarqué
17:22d'un personnage
17:23qui vous était passé à côté,
17:25etc.
17:25Un livre,
17:26c'est un peu pareil.
17:27Et donc,
17:28en fait,
17:28ce qui est très étrange
17:29c'est que Salinger,
17:31quand il fait de Holden Coffield
17:32son héros,
17:33il ne le décrit pas.
17:34On sait qu'il est grand,
17:36comme l'était Salinger,
17:37il était pratiquement deux mètres.
17:38Mais on ne sait pas
17:39sa couleur de cheveux.
17:39On sait qu'il est roux.
17:41Si ?
17:41Oui ?
17:42Ah d'accord,
17:42je ne me souvenais pas de ça.
17:43Comme son frère
17:44et son petit frère
17:46et sa soeur.
17:47Mais on ne connaît pas
17:48sa couleur d'yeux
17:49et ça change tout.
17:50Donc pour Jade,
17:50par exemple,
17:51si elle a envie
17:51qu'il ait les yeux verts
17:52ou les yeux violets
17:53ou les yeux marrons,
17:54elle fait ce qu'elle veut.
17:55C'est un peu comme les slides
17:56qu'on fait passer
17:57d'un doigt sur l'Instagram.
17:59Oui,
18:00c'est pas mal d'ailleurs.
18:01Ça résonne bien aujourd'hui.
18:02Alors justement,
18:03son regard sur l'adolescence
18:04qui est cette période
18:05de lucidité brute
18:06et du coup de révolte absolue,
18:08de fragilité extrême,
18:09de rejet,
18:10des faux semblants,
18:11etc.
18:12Quand on lit ça,
18:13on se dit,
18:13bon,
18:13mis à part la mythomanie,
18:14bien sûr,
18:14est-ce que finalement
18:15on ne devrait pas garder ça
18:16en nous beaucoup plus
18:17pour réussir à être plus authentique
18:19en fait dans nos chemins de vie ?
18:20Moi,
18:21c'est une question qui m'est venue.
18:21Je pense que l'adolescence
18:22a quelque chose d'assez authentique
18:23au fond finalement,
18:24malgré qu'on s'en défendre.
18:26Si on a des enfants adolescents,
18:27ce n'est pas forcément
18:28la plus belle période
18:29entre eux et leurs parents.
18:33Mais moi qui les étudie
18:34depuis un certain temps,
18:35j'ai écrit d'ailleurs un roman
18:36qui tournait vraiment
18:37autour de l'adolescence.
18:39Et je me souviens,
18:40j'avais travaillé,
18:41ça s'appelait
18:41Un baiser qui palpite là
18:43comme une petite bête,
18:44qui est un extrait
18:45d'un des poèmes
18:45les plus connus de Rimbaud,
18:47qui était celui où il dit
18:48on n'est pas sérieux
18:49quand on a 17 ans.
18:50Et j'avais travaillé
18:51avec 60 adolescents
18:53qui ont accepté
18:55de travailler avec moi
18:56et leurs parents
18:56puisqu'il fallait
18:57un accord parental.
18:58Et je leur ai fait
18:59un questionnaire géant
19:00et j'ai appris
19:01énormément de choses
19:02sur leur conduite,
19:03sur leur façon d'être,
19:05à la fois les travers,
19:06les plus sympathiques
19:07et à la fois les choses
19:07les plus horribles.
19:08Et c'était très intéressant
19:09de bosser avec eux
19:10parce que je n'aurais jamais
19:11pu écrire un roman
19:12autour de l'adolescence
19:14sans le rêve.
19:15Sans avoir leur témoignage.
19:16Sans avoir leur témoignage.
19:16Et d'ailleurs,
19:17vous continuez à travailler
19:18avec des adolescents aujourd'hui ?
19:19Alors il m'arrive assez souvent
19:20d'aller dans les lycées
19:21parce que j'aime bien,
19:22j'ai un job,
19:23c'est redonner le goût
19:24à la lecture
19:24ou donner le goût
19:25à la lecture tout simplement.
19:27Alors des fois,
19:27je me trouve devant
19:28des classes amorphes totalement
19:29ou des élèves qui...
19:31Je me souviens particulièrement
19:32ce qu'on appelle les bacs plus,
19:36c'est-à-dire vraiment
19:37les élèves qui se destinent
19:38à être métallurgistes
19:40ou je ne sais quoi encore,
19:42etc.
19:42Et donc je m'étais retrouvé
19:43devant une classe amorphe
19:44qui...
19:45J'avais l'impression
19:46qu'ils ne m'écoutaient pas
19:47et j'essayais de parler
19:49de différents types
19:50de littérature justement,
19:51de différents écrivains
19:52pour les intéresser.
19:54Et il y avait un journaliste
19:55heureusement
19:55de l'Est républicain
19:56qui était là
19:56et quand j'ai lu son article,
19:59j'ai compris qu'ils avaient
20:00adoré leur passer avec moi,
20:01que j'étais animé
20:03d'une certaine passion
20:04qui donnait envie
20:05de lire les livres.
20:06Mais je peux vous promettre
20:07que rien à leur face
20:08ne vous donnait cette envie-là,
20:10cette idée-là en tout cas.
20:11Alors vous traitez justement
20:12puisque vous parlez
20:12de ces jeunes,
20:13vous parlez,
20:14on traite de ce rapport
20:15aux parents.
20:16L'adolescent,
20:17c'est aussi découvrir
20:17que finalement,
20:18ils sont comme les autres,
20:19nos parents,
20:20avec la difficulté de la vie,
20:21d'y faire face parfois,
20:22c'est des humains,
20:24c'est le début
20:24de la lucidité.
20:26Oui, mais quand on est enfant,
20:27on ne veut surtout pas
20:28être différent,
20:29on veut vraiment ressembler
20:30à son petit camarade de classe.
20:32Mais quand on est adolescent,
20:33on n'a pas envie
20:34d'être comme les autres.
20:35On se croit même différent.
20:37Il y a quelque chose,
20:38dès qu'on a un peu
20:38d'originalité, etc.,
20:39on se croit différent.
20:41Mais je pense que...
20:42Et tout d'un coup,
20:43découvrir que ses parents
20:43n'ont pas raison,
20:44ça change beaucoup de choses aussi,
20:45non ?
20:46Oui, après,
20:47tout dépend de la façon
20:48dont on le reçoit
20:49à l'intérieur.
20:50Moi, c'est vrai que c'est pas...
20:52Je préfère analyser
20:53les adolescents
20:54que le rapport
20:55entre adolescents et parents.
20:57D'ailleurs,
20:58dans le roman
20:58dont je vous ai parlé tout à l'heure,
20:59il n'y a pratiquement pas d'adultes
21:01qui sont en retrait.
21:02Je le fais volontairement.
21:03Alors moi,
21:03ça m'a touchée
21:04à cause de la mère,
21:05finalement,
21:05qui a complètement lâché l'affaire,
21:06si vous me permettez l'expression.
21:08Alors la mère,
21:08elle a lâché l'affaire
21:09pour une raison très simple.
21:10Elle a son fils,
21:12Ali,
21:13son fils,
21:13Liam,
21:14qui est mort d'une usamie.
21:16Ça l'a totalement anéanti,
21:19au point où elle est devenue
21:20totalement dépressive
21:21et elle passe ses journées
21:23chez elle
21:24avec ses tartines de vasa
21:25à l'abricot,
21:27franchement,
21:28complètement amorphe.
21:31Ce qui peut éventuellement
21:33se confondre,
21:34puisque, en fait,
21:35Jade a plusieurs points communs
21:36avec Holden Caulfield.
21:38Pas seulement,
21:39ils ont 16 ans,
21:39ils sont adolescents
21:40tous les deux,
21:41mais Holden a perdu
21:42son petit frère,
21:43Ali,
21:44qui est mort lui aussi
21:45d'une leucémie.
21:46Et ils ont aussi
21:47une petite touche
21:48très étrange dans les cheveux,
21:49une mèche blanche
21:51au-dessus de la tempe.
21:54Voilà,
21:54ils ont des points communs
21:55en même temps.
21:56Et en fait,
21:57ce que Jade a de merveilleux,
21:58c'est que malgré
21:59tous ces problèmes,
22:00malgré le fait d'avoir
22:01une mère dépressive,
22:02malgré le fait d'avoir
22:03un père qui ne va pas
22:04très bien non plus
22:04et qui se réfugie
22:05dans sa librairie
22:06et qui n'est volubile
22:07que lorsqu'il parle
22:08de ses livres,
22:09le fait d'être amoureuse
22:12de Holden Caulfield
22:13la sauve.
22:14Ça lui donne
22:14un élan incroyable
22:16et ça la booste.
22:18C'est pas
22:19au sens propre
22:20un roman triste,
22:22au contraire,
22:23c'est l'histoire
22:23d'une gamine
22:24qui se débat
22:24malgré tous les obstacles
22:26qui s'affrontent,
22:27qui sont face à elle.
22:29Ces sujets
22:30du rapport par enfant,
22:32de comment on se positionne
22:32dans la vie
22:33en tant qu'adolescent,
22:34etc.,
22:34ça nous touche tous,
22:35finalement,
22:35Sly Johnson.
22:37On parle de...
22:38Pareil,
22:39on parlait d'universel
22:40tout à l'heure
22:40par rapport à ce que
22:41vous donnez à votre public.
22:43Finalement,
22:43ce qu'on écoute de Gilles,
22:44c'est un peu le même processus
22:45pratiquement, j'entends.
22:46Alors,
22:47surtout que...
22:48Oui.
22:49Et je vous écoutais
22:51très attentivement.
22:54Si je dois revenir
22:55sur mon adolescence,
22:57moi, c'était
22:57très, très, très différent.
22:59Même mon enfance
23:00et adolescence
23:00s'est vécu
23:01dans le silence.
23:04Puisque j'ai vécu
23:05donc avec mon père,
23:07mais qui était,
23:08du coup,
23:09très, très, très silencieux.
23:10donc j'ai jamais
23:12vraiment su
23:14où il pouvait
23:15se positionner
23:16dans sa propre vie,
23:17même par rapport
23:18à moi,
23:19par rapport
23:21à ma mère,
23:22dont il était
23:22séparé
23:23dès mon plus jeune âge,
23:2611 mois.
23:29Donc,
23:29j'ai vécu,
23:30moi,
23:30mon adolescence,
23:32très, très, très
23:34bizarrement.
23:35Là où...
23:35Moi, j'étais pas
23:37du tout
23:38dans la révolte.
23:39J'étais vraiment
23:39dans le silence.
23:42C'est vu après
23:43la révolte, en fait,
23:44c'est ça ?
23:45Pas vraiment.
23:46Pas vraiment.
23:46Je pense que...
23:48Et c'est pour ça
23:49que je dis
23:49merci à la musique
23:50parce que ça m'a permis
23:52de m'offrir
23:54une voix
23:55que je n'avais
23:55peut-être pas
23:56en étant enfant
23:57et adolescent.
24:01Donc,
24:02je disais que oui,
24:04en effet,
24:04moi,
24:04j'ai pas du tout
24:05pas de révolte.
24:08Moi, c'était silencieux.
24:09C'était le moins
24:10où on me voyait,
24:11le mieux je me portais.
24:12Maintenant,
24:12on vous le voit bien.
24:14On me voit bien.
24:15Mais des fois,
24:16des fois,
24:16je suis un peu gêné.
24:17Ah bon ?
24:18Oui, ça m'arrive.
24:19Je vois pas du tout
24:19ce que vous voulez dire.
24:20Vous êtes bien sur Sud Radio.
24:22C'est un bon choix.
24:23C'est excellent.
24:23On est avec le chanteur
24:24Sly Johnson,
24:25l'auteur Gilles Paré.
24:26Surtout,
24:26vous restez avec nous.
24:27A tout de suite.
24:29Sud Radio,
24:30c'est excellent.
24:31Judith Belair.
24:32Bonsoir à toutes et à tous.
24:33Sur Sud Radio,
24:34le dimanche à 19h,
24:35on s'offre le luxe
24:36de l'excellence
24:36car c'est excellent.
24:38Je suis en compagnie
24:38de Sly Johnson,
24:39chanteur,
24:39compositeur
24:40et roi du beatbox.
24:41J'ai découvert ça
24:42vraiment profondément
24:43avec son tout nouveau single
24:45Nalinguio,
24:46extrait de l'album
24:47Mister Johnson
24:48à sortir le 27 mars.
24:49Et puis Gilles Paré,
24:50professionnel du livre
24:50et surtout auteur
24:51pour son dernier roman
24:52La Trapmos
24:52et publié
24:53chez Héloïse Dormeson.
24:54Alors moi,
24:55je vous propose
24:55de nous faire
24:56deux minutes à fond
24:57de Sly Johnson.
24:58C'est parti.
25:04Sous-titrage Société Radio-Canada
25:09Sous-titrage Société Radio-Canada
25:39Sly Johnson
26:09Sly Johnson
26:39On écoute un peu
26:44le Moutang Clan
26:45quand même,
26:45il faut le dire
26:46sur Sud Radio.
26:47Il ne faut aller pas coutume
26:48avec Sly Johnson.
26:50Sly Johnson
26:51de Mike Bouddha
26:52à la base,
26:52c'est ça ?
26:53Oui,
26:53c'était mon surnom
26:55quand j'étais rappeur.
26:58Pourquoi vous n'êtes plus rappeur,
26:59Sly ?
27:00Non.
27:01Vous rappez un peu
27:02quand même,
27:02un peu,
27:03un petit peu.
27:03Alors ce que je dis,
27:04vous se lamez ?
27:05J'ai trouvé ma définition.
27:07Allez-y.
27:07Je ne suis pas un rappeur,
27:08mais je suis un gars
27:10qui s'est très bien rappé.
27:11D'accord.
27:12Ok,
27:13ça va.
27:13Ça me va.
27:15Il y a un peu de rap
27:15dans tout ça quand même.
27:16Il y en a.
27:17Il y a deux,
27:18trois titres
27:18dont on va parler quand même.
27:19Bon,
27:20il y a Trust Me
27:20qu'on a entendu en premier.
27:21Je l'ai mis
27:21parce que c'est l'album 55.4,
27:23c'est vraiment un morceau de maturité.
27:26Vous affirmez sans forcer,
27:27vous commencez à venir vers vous-même
27:29à ce que vous êtes là maintenant.
27:30Tout à fait.
27:30C'est l'album Pivo.
27:32Après,
27:33il y a le Freestyle Célébration 1
27:34sur le Science Soupa Célébration.
27:38C'est avec Sir Samuel Specta Vislo.
27:41Alors ce n'est pas un simple concert,
27:42c'est un rituel.
27:42C'est une célébration
27:43de la philosophie du crew.
27:44Je voudrais savoir
27:45ce que c'est en trois mots,
27:46la philosophie du Science Soupa crew.
27:47La philosophie du Science Soupa crew.
27:50Si je devais dire la philosophie...
27:52Oh là là là là là là là là là.
27:57La flicite pas trop.
27:58Il n'y a aucune barrière.
28:00Aucune barrière n'existe.
28:03Aucune limite n'existe.
28:05Il n'y a que la liberté d'être
28:07ce que l'on est.
28:11Et il n'y a que la musique
28:12qui reste en finalité.
28:14Ça me va.
28:15Ça vous va je l'ai parlé ?
28:16Ça me va très bien.
28:18Il y a aussi The Mike Buddha.
28:19Alors ça c'est avec Oxmo Puccino
28:21qui est un frère de plume et de conscience.
28:23Oui, c'est le grand frère.
28:25Il m'avait invité...
28:27C'est un album manifeste.
28:28C'est un album manifeste.
28:29Et voilà j'ai renvoyé l'invitation
28:33et très heureux de l'avoir eu.
28:35Et puis il y a le beatbox quand même.
28:36Il y a le beatbox,
28:37il y a The Mike Buddha et la machine gâtée.
28:39C'est dans votre DVD Hold Up Tour.
28:41J'adore.
28:43Vous êtes une machine organique.
28:45Vous êtes au courant ou pas ?
28:46C'est ce qui se dit.
28:47Mais c'est très impressionnant.
28:48Ça vous est venu comment ?
28:52Ça vous travaillait devant le miroir à 5 ans ?
28:54C'est quoi l'histoire ?
28:55Ça vient comment de savoir faire du beatbox comme ça ?
28:57Alors ça remonte à mon plus jeune âge
29:00quand j'écoute de la musique avec mon père
29:03et quand il n'est pas là,
29:05je prends ses disques,
29:06ses 45 tours que j'écoute en 33 tours.
29:09Donc pour décortiquer et comprendre
29:11tout ce qui se passe dans la musique
29:14à tel point que ça va développer mon oreille
29:17et que je vais me mettre à imiter tout ce que j'entends.
29:20À reproduire les sons.
29:21Voilà.
29:22Les sons, le tout venant.
29:24Et un beau jour au collège,
29:27quand j'entends du beatbox pour la première fois,
29:29je me mets à en faire dans la seconde.
29:31Logiquement, j'ai envie de dire.
29:32Assez logiquement.
29:33Vous n'êtes même pas posé la question en fait.
29:34Je ne me suis pas posé la question.
29:36D'accord.
29:36C'est hyper impressionnant.
29:38Merci.
29:38Non, mais c'est vrai.
29:39C'est très, très impressionnant.
29:41C'est un art aujourd'hui très impressionnant.
29:43Ce qui se fait aujourd'hui en beatbox
29:44me dépasse complètement.
29:46Oui, enfin, c'est pas mal déjà quand même.
29:48Ah oui, oui, j'avais quand même mon niveau.
29:51Attention, j'ai toujours du niveau.
29:52Bon, et puis il y a quand même ce morceau
29:53sorti en 2008.
29:54Chers auditeurs, vous allez savoir mon âge.
29:56J'avais 28 ans précisément.
29:58C'est une chanson qui s'appelle
30:00Sian, c'est Reza.
30:02C'est une icône du Wu-Tang Clan
30:04qu'on écoutait tous dans les années 90.
30:06En boucle, il faut le dire quand même.
30:08C'est une référence hip-hop de notre génération
30:11puisqu'on est de la même génération, Sly.
30:14Tu es fou comme expérience, quoi.
30:16Enfin, de bosser avec un...
30:17Enfin, moi, ça me...
30:18Encore aujourd'hui, ça me met des frissons.
30:20C'était incroyable de se retrouver dans un studio avec Reza.
30:25Et je pense que le plus impressionnant,
30:27c'est quand nous nous sommes...
30:30On n'était pas loin de ce studio
30:32qui était en province.
30:34On était en voiture
30:35et on voit un mec qui jette des...
30:37des cailloux.
30:39On voit une prairie
30:41et puis on voit un mec
30:42qui lance des cailloux.
30:43On se dit, mais qui c'est ?
30:44Et c'est Reza.
30:45D'accord.
30:46Il regarde le ciel
30:46et puis il prend des bâtons,
30:48des cailloux,
30:48puis il le jette
30:49et il nous voit en loin.
30:50Et ben...
30:52Sian !
30:53Et on a halluciné.
30:55On s'est dit,
30:55c'est Reza dans la prairie française.
30:57C'est dingue.
30:58Qui jette des bouts de bâtons,
30:59des cailloux.
31:00Reza dans la prairie française.
31:02C'est magnifique.
31:03Parlons vrai sur Sud Radio.
31:06Voilà.
31:06Qu'est-ce que ça vous évoque tout ça, Gilles ?
31:08Quand vous écoutez...
31:10Finalement,
31:10Slice a fait...
31:11Donc c'est un artiste
31:12qu'on écoutait,
31:12vous aurez compris,
31:13dans ma génération,
31:14les années 90, etc.
31:16Qui a traversé des générations,
31:17finalement.
31:18Et qui a touché
31:19une génération adolescente,
31:21pour commencer.
31:22Oui, mais ce qui est magnifique,
31:23c'est la durée.
31:24Parce que c'est de ça
31:25dont il faut parler.
31:27On a tous connu des chanteurs
31:29dans les années 80, 90.
31:32qui ont disparu
31:33au fond d'un puits sans fond.
31:34C'est vrai.
31:35Et moi,
31:36ce que j'aime à l'entendre,
31:38c'est justement
31:39cette forme de durée,
31:42d'appréciation,
31:43le fait qu'il avait
31:46un père silencieux
31:47qui lui a appris
31:48à aimer la musique.
31:50Ça donne du recul aussi
31:51sur beaucoup de choses.
31:52Et comme il a ralenti
31:54les disques
31:55pour apprendre
31:57à mieux écouter
31:58tout ce qu'il y avait
31:59à l'intérieur des notes,
32:00quelque part,
32:00ou à l'intérieur des sons,
32:02c'est un chemin
32:05assez logique
32:06pour que ça dure.
32:07C'est joliment dit.
32:08Je ne dirais pas mieux.
32:09Sincèrement,
32:10ça a été...
32:10Gilles Paris,
32:12vous,
32:13j'ai découvert
32:14vos succès littéraires.
32:15Parce que je vais
32:16faire une petite confidence.
32:17Je vous connais
32:17en tant qu'attaché de presse,
32:19en fait.
32:19Vous m'envoyez toujours
32:21des très beaux livres.
32:22Vous vous occupez
32:23des auteurs.
32:23Je suis assez mordu aussi.
32:25Vous êtes assez mordu.
32:25J'appelle souvent,
32:26j'envoie beaucoup de textos.
32:27On sait que vous existez,
32:28ça c'est sûr,
32:29mais on vous aime beaucoup.
32:31Et alors,
32:32en fait,
32:32quand même,
32:32vous avez écrit déjà
32:33Autobiographie d'une courgette,
32:35c'est un destin rare,
32:36c'est un succès littéraire,
32:37une adaptation de cinéma
32:38multiprimée,
32:39le théâtre avec un Molière,
32:41bon,
32:41c'est une oeuf fondatrice.
32:42Il y a Le Pays des Kangourous
32:43qui est distingué
32:44par un des prix littéraires aussi.
32:46Mais ce que j'ai remarqué,
32:47c'est un,
32:48que la reconnaissance,
32:49ça ne vous éloigne pas
32:50de vos obsessions,
32:51ça c'est sûr.
32:52Et puis en plus,
32:53en fait,
32:54ça vous pousse à presque
32:56vous mettre plus en retrait
32:57ou à creuser davantage.
32:58À creuser davantage,
32:59en fait,
32:59et j'ai toujours aimé écrire
33:00d'aussi loin
33:01que remontent mes souvenirs.
33:03Je pense que
33:03quand j'avais 10 ans déjà,
33:05j'avais acheté des cahiers
33:07et en fait,
33:08toutes les réponses
33:09que je posais
33:09auxquelles on ne me donnait pas,
33:11enfin,
33:11toutes les questions
33:11que je posais à mes parents
33:12ou aux adultes
33:13qui ne me répondaient pas,
33:14je les notais dans le cahier
33:16pour être sûr
33:16de les reposer
33:17à quelqu'un d'autre
33:17à un moment donné.
33:19Et donc,
33:19ces cahiers étaient remplis
33:20de réponses
33:21que j'arrivais
33:22à obtenir
33:23à l'âge de 10 ans
33:24et je n'ai jamais arrêté
33:25d'écrire.
33:25J'ai écrit beaucoup de nouvelles,
33:26des poèmes
33:27et puis après,
33:27j'ai commencé des romans.
33:29J'ai réussi à en publier
33:31mon premier,
33:32j'avais 30 ans,
33:33ce qui est relativement tard
33:34même pour un écrivain.
33:36Et puis,
33:37j'ai continué à écrire
33:38et même encore aujourd'hui,
33:39même si j'ai beaucoup de travail,
33:40même si je m'occupe beaucoup
33:41en effet de mes écrivains.
33:43Comment vous arrivez à écrire
33:43avec tout le travail que vous avez ?
33:45C'est une question
33:45qu'on me se pose.
33:46J'ai une facilité incroyable
33:49à me mettre dans une bulle.
33:50C'est-à-dire que
33:51je peux avoir du bruit
33:54dans la maison,
33:54je peux avoir n'importe quoi,
33:56ça ne m'empêchera jamais d'écrire
33:57et je prends deux heures par-ci,
33:59deux heures par-là
33:59et il m'arrive évidemment
34:00de prendre même
34:01une semaine entière,
34:03seule,
34:04où je vais pouvoir écrire
34:05du matin au soir
34:07sans me gêner.
34:08J'ai toujours de l'avant,
34:09j'ai pratiquement
34:10sept manuscrits
34:12qui n'ont pas encore été publiés.
34:13Ah bah d'accord !
34:14Ah bah dis donc !
34:16Eh bah c'est bien !
34:17Il n'y en a pas beaucoup
34:18des comme ça.
34:20Il y en a qui sont très prolifiques.
34:21J'en ai su...
34:22On est quelques-uns.
34:23Il y a Amélie Nothomb
34:24notamment qui m'a dit
34:25qu'elle avait écrit...
34:26Elle écrit à peu près
34:27100 livres par an.
34:28Je ne vais pas me comparer évidemment
34:28à ces auteurs-là,
34:28mais Amélie Nothomb
34:29et même Mélissa D'Acosta
34:31aussi a quelques livres
34:32en avance.
34:33Que j'ai reçu il y a peu d'ailleurs.
34:34C'est un peu comme
34:34l'écureuil avec ses noix,
34:35c'est un peu rassurant.
34:37Voilà, donc...
34:38Et ça existe.
34:39Et votre parcours,
34:39il est indissociable
34:46les textes naîtres,
34:47circuler,
34:47parfois disparaître aussi.
34:49Vous avez une conscience
34:50aiguë du pouvoir des mots en fait.
34:52Oui, et en fait,
34:54il y a surtout un avant
34:54et un après 2006.
34:56C'est-à-dire avant 2006,
34:57je dirige plusieurs services
34:59de presse dans la maison d'édition,
35:01chez Plon,
35:01chez La Tesse.
35:02Et à partir de 2006,
35:04je deviens indépendant.
35:05Et c'est là où commence
35:06vraiment ma seconde vie
35:07d'une certaine manière
35:08parce que j'adore
35:09le métier que je fais.
35:10Je me réveille tous les matins
35:12en me disant
35:13Youpi, une nouvelle journée
35:14qui commence.
35:14Enfin, vraiment,
35:15je suis dans un état
35:16presque en lévitation
35:18par rapport à ça.
35:19Et j'aime profondément
35:21défendre les auteurs
35:23et m'occuper d'eux.
35:25J'adore cette idée
35:25de la page blanche,
35:26par exemple,
35:27où il n'y a rien.
35:28Et puis, au fur et à mesure
35:29qu'on ajoute des rendez-vous,
35:30des émissions de télé,
35:31de radio,
35:32de la presse écrite,
35:33des blogs,
35:33des podcasts,
35:34tout ce qu'on veut,
35:35ça se remplit comme un carnet.
35:37J'aime bien.
35:37J'aime bien cette idée.
35:39Donc, finalement,
35:39ce qui vous motive,
35:40c'est autant de vous occuper
35:42des autres que de...
35:43En fait, c'est ça
35:43qui vous touche surtout ?
35:44D'ailleurs,
35:45parce que vous parlez aussi...
35:45Vos personnages,
35:46c'est des personnages fragiles,
35:47en général.
35:48Je pense être plus doué
35:49pour m'occuper des autres
35:50que de m'occuper de moi-même,
35:51par exemple.
35:52Comme tous les gens qui doutent,
35:53même en tant qu'écrivain,
35:55je continue d'avoir des doutes.
35:57Il ne faut pas que les doutes
35:57vous paralysent.
35:58C'est-à-dire qu'il ne faut pas
35:59que ça devienne un frein.
36:01Mais le doute est bien
36:02pour rester à sa hauteur.
36:04C'est-à-dire quelqu'un
36:04de bienveillant,
36:06quelqu'un qui écoute
36:08encore les autres
36:09parce que ça se perd beaucoup.
36:10Mais c'est très important
36:12de passer du temps
36:13avec les écrivains
36:16avec lesquels je travaille
36:17pour les aider
36:18à grimper des marches.
36:19Bravo, bravo.
36:21Allez, c'est excellent,
36:21vous l'aurez compris.
36:22C'est le rendez-vous
36:23des gens excellents.
36:23Tout simplement,
36:24avec vous Sly Johnson,
36:25le chanteur qui fait de la musique
36:26avec sa bouche
36:27et puis Gilles Paré,
36:28l'auteur qui valorise
36:28les autres d'abord.
36:29Allez, à tout de suite.
36:32Sud Radio,
36:33c'est excellent,
36:33Judith Bélair.
36:34Chaque dimanche,
36:35c'est excellent sur Sud Radio.
36:36Vous êtes au bon endroit
36:37ce soir avec vous
36:38pour encore quelques instants.
36:39Sly Johnson,
36:39chanteur, compositeur
36:40et virtuose du beatbox
36:41et puis son tout nouveau single
36:42Nalinguio,
36:44c'est extrait de l'album
36:45Mister Johnson
36:46qui est attendu le 27 mars
36:47sans oublier le concert
36:49à la maroquinerie de Paris
36:50le 30
36:50et puis Gilles Paré
36:51qui est homme du livre
36:52et puis écrivain
36:53pour son tout dernier roman
36:54L'Attrape-Mos
36:54et paru aux éditions
36:56Héloïse Dormesson.
36:58Alors dans un instant,
36:58on se retrouve
36:59par la croix
36:59parlant de vous,
36:59la voix de Sal
37:00et ceux qui font bouger
37:01les lignes
37:01mais avant ça,
37:02place à mon moment favori
37:03les amis,
37:04le portrait chinois.
37:05Messieurs,
37:05est-ce que vous êtes prêts
37:06à jouer le jeu ?
37:07Il ne faut pas trop réfléchir
37:09avant de répondre,
37:09Sly.
37:11On est parti ?
37:12Sly Johnson,
37:13si vous étiez une note de musique ?
37:16Le Si.
37:18Pourquoi ?
37:19Pourquoi ?
37:23Parce que c'est en référence
37:25à Camille
37:26avec qui j'ai travaillé,
37:28une artiste incroyable
37:30et qui utilisait le Si
37:34comme bourdon.
37:34Le Si majeur.
37:35Si majeur, oui.
37:37Qui utilisait le Si majeur
37:39comme bourdon
37:39dans son album Le Fil.
37:42C'est quelque chose
37:42qui m'a marqué
37:43et que j'ai repris
37:45d'ailleurs pour la composition
37:48d'un des morceaux
37:48dans l'album.
37:49D'accord.
37:50On se rappelle quel ?
37:52One Wave.
37:53Ok,
37:54je vais bien écouter maintenant.
37:55Gilles Paris,
37:56si vous étiez une phrase ?
37:58La plus courte possible.
38:00J'adore.
38:02Vous êtes parfaits,
38:03ne changez rien.
38:05Sly Johnson,
38:05si vous étiez un moment de concert ?
38:09Un moment de concert,
38:11ce serait...
38:13Un moment de concert,
38:15c'est très difficile.
38:17Ce serait l'entrée.
38:17L'entrée,
38:18l'entrée de...
38:19L'entrée sur scène.
38:20L'entrée sur scène,
38:21oui.
38:21D'accord,
38:22parce que c'est le moment
38:22où l'adrénaline prend
38:23et où la puissance...
38:24Oui,
38:25où tout prend,
38:26où on rencontre le public.
38:28C'est un moment
38:30assez incroyable à vivre.
38:32Et en même temps,
38:33très court.
38:35Gilles Paris,
38:35si vous étiez un souvenir d'enfance ?
38:40Le théâtre des marionnettes
38:42de la marionnette du Luxembourg.
38:43Moi aussi,
38:44j'adore.
38:45On a fréquenté
38:46les mêmes endroits.
38:49Sly Johnson,
38:50si vous étiez une chanson
38:51qui vous ressemble ?
38:54Réfléchissez pas trop,
38:56la première qui vient.
38:57La première qui vient,
38:58ce serait...
39:00C'est un peu bateau,
39:02Billie Jean,
39:03Michael Jackson.
39:04Pourquoi ce bateau ?
39:05C'est bien.
39:05parce que ça revient souvent,
39:07ça revient souvent
39:08à Michael Jackson.
39:09Billie Jean,
39:10that's my queen.
39:12Allez-y, chantez.
39:14She was more like
39:16a beauty queen
39:17across the scene.
39:22La va de Sly Johnson.
39:24Je m'en rappelle plus des mots.
39:39Bravo,
39:40on adore.
39:42Bon,
39:44alors à vous,
39:44Gilles Paris,
39:45si vous étiez un personnage ?
39:49Le plus invisible possible.
39:51Ah bah alors !
39:52Sly Johnson,
39:56quand vous trouvez
39:56la bonne harmonie,
39:57vous la reconnaissez comment ?
39:59Je la reconnais
40:00à la vibration
40:01que j'ai dans le corps.
40:03Souvent,
40:04quand un son
40:05ou une harmonie
40:07me parle,
40:09ça vous vibre, quoi.
40:11Ça vibre,
40:12je gigote partout,
40:14je peux tomber par terre.
40:15Il se passe
40:16énormément de choses
40:17dans mon corps.
40:18Souvent,
40:19ça en est même douloureux.
40:20D'accord.
40:21Ouais,
40:21tellement ça vibre.
40:23Bon,
40:23Gilles Paris,
40:23on a commencé un peu
40:24à ouvrir ça tout à l'heure,
40:26mais je vais vous la poser la question.
40:27Quand vous écrivez,
40:27vous êtes plutôt nuit ou matin ?
40:29Ou soir ?
40:30Ou journée ?
40:31En fait,
40:32quand vous avez un job
40:34qui vous prend à plein temps,
40:35qui est celui d'attaché de presse,
40:37je dis souvent attaché de près,
40:38d'ailleurs,
40:38parce que je trouve ça plus...
40:39si je vous disais ce que je dis,
40:40moi.
40:41Mais,
40:41en fait,
40:43c'est quand j'ai un moment,
40:44donc ça peut être le matin,
40:46comme l'après-midi,
40:47comme le soir,
40:47comme le week-end.
40:49Je n'ai pas une préférence spécifique,
40:50en plus,
40:51je peux écrire n'importe où,
40:52chez moi,
40:53à la campagne,
40:55sur une île paradisiaque.
40:56Enfin,
40:56il y a vraiment,
40:57je n'ai pas de...
40:58Il me faut une table
40:59et un ordinateur,
41:00c'est tout, quoi.
41:01Merci, les amis.
41:02Il y avait d'autres questions,
41:03mais on est pris par le temps.
41:04C'est l'heure de Parlons de vous.
41:06Restez avec nous,
41:07parce qu'il reste encore un petit peu
41:08avec moi,
41:08Gilles et Sly,
41:09la chronique qui raconte
41:10les entreprises
41:11qui s'engagent,
41:13Sly Johnson et Gilles Paris.
41:14On se retrouve juste après
41:15pour la fin de l'émission.
41:16A tout de suite pour Parlons de vous.
41:23Parlons de vous,
41:23ce sont des parcours,
41:24des convictions,
41:25des actions
41:25et les visages
41:26de l'entreprise
41:27sur Sud Radio.
41:28Le changement climatique
41:29bouleverse déjà profondément
41:31dans le quotidien
41:31des agriculteurs.
41:32Mais l'agriculture
41:33ne fait pas que subir.
41:34Heureusement,
41:35elle s'adapte,
41:35elle innove.
41:36Alors, pour en parler,
41:37je reçois Edouard Lankriette.
41:39Edouard, bonjour.
41:40Bonjour.
41:41Vous êtes directeur
41:42de la stratégie
41:42chez AgroSolutions.
41:44Absolument.
41:45Alors, pour commencer,
41:46ce changement climatique
41:47dont on parle,
41:48il a déjà concrètement changé
41:50la façon de travailler
41:50des agriculteurs.
41:52Comment ça se passe
41:53sur le terrain ?
41:55Alors, sur le terrain,
41:56ce serait difficile de dire
41:57que les agriculteurs
41:57ont déjà trouvé
41:58toutes les solutions
41:59loin de là
41:59parce que les cycles
42:00de l'innovation
42:01dans l'agriculture
42:01sont très longs
42:03et les agriculteurs,
42:04ils ont surtout besoin
42:05qu'on leur apporte
42:06des solutions agronomiques
42:08mais aussi techniques
42:09et financières.
42:10Quand bien même
42:11on a des solutions
42:12à apporter,
42:12eux, ils ont des changements
42:13structurels à apporter
42:14dans leurs exploitations
42:15agricoles.
42:15C'est-à-dire qu'il faut
42:16qu'ils mettent en œuvre
42:17des changements de pratiques
42:18dans des exploitations agricoles
42:19qui sont des entreprises.
42:20Ils ont des adaptations
42:21à faire.
42:22Ils doivent faire des réglages
42:22en fonction de la manière
42:23dont ils cultivent le sol
42:24et ils ont un cycle
42:25de risques à traverser
42:28avant d'avoir complètement
42:29trouvé leur nouveau modèle.
42:31Donc, on est plutôt
42:31dans une phase
42:32où des essais,
42:34erreurs se font.
42:35Certains ont déjà trouvé,
42:37certains ont plus de facilité
42:38à innover que d'autres.
42:39Ce serait difficile
42:40en une phrase
42:41de synthétiser.
42:44Il s'agit surtout
42:45dans un nombre croissant
42:46de cas
42:47de trouver des nouvelles cultures
42:48qui vont être plus adaptées
42:49à des variations différentes
42:51de température,
42:53de pluviométrie
42:54et comment on les combine
42:55dans des rotations culturales.
42:56Et ce qui est la clé souvent,
42:58c'est d'avoir des filières
42:58adaptées à la valorisation
43:00de ces nouvelles cultures
43:01qu'on va venir introduire
43:01dans la rotation
43:02ou les changements
43:03de rotation culturelle
43:04que l'on va faire.
43:04Vous pouvez nous donner
43:05un exemple, par exemple,
43:05de type de changement ?
43:06Je pense, par exemple,
43:08à l'introduction croissante
43:09de cultures comme le lin,
43:10comme le chanvre, par exemple,
43:11qui sont des cultures...
43:12Le chanvre, en particulier,
43:13est une culture
43:14qui, déjà,
43:15qui capte énormément de carbone
43:16mais qui est très peu
43:17consommatrice d'intrants.
43:18Oui, c'est un peu
43:19une mauvaise herbe, en plus.
43:20Ça peut être considéré
43:21comme ça.
43:22Donc, du coup,
43:23ça pousse facilement,
43:24c'est ça que je veux dire.
43:24Tout à fait.
43:25Mais derrière,
43:26il faut des filières
43:26pour la valoriser.
43:28Et facilement,
43:29ça dépend...
43:29Ça peut pousser facilement,
43:31ça va dépendre du contexte.
43:32Il faut que ça pousse
43:33dans des conditions rentables
43:34et exploitables aussi
43:35pour que ça puisse être déployé.
43:37Alors, dans cette adaptation
43:39et dans ces changements,
43:40il y a les sols aussi
43:40qui reviennent souvent
43:41au cœur des débats.
43:43Pourquoi est-ce que
43:43cette santé des sols,
43:44c'est devenu
43:45un levier stratégique
43:46justement face
43:47à ces aléas climatiques ?
43:49Les sols,
43:49ils sont essentiels
43:50parce que le sol,
43:51déjà, c'est un écosystème vivant
43:53qui est résilient
43:54et il faut prendre en compte
43:55cette dimension du vivant
43:56parce que si on les gère
43:58correctement,
43:59ils sont capables
43:59d'apporter énormément
44:00en termes de fertilité naturelle
44:02mais aussi la résilience
44:03dont on parle,
44:04c'est à quel point
44:05cet écosystème sol
44:06va être capable
44:06d'absorber les chocs
44:07liés au changement climatique.
44:09Un accroissement soudain
44:10de la pluviométrie,
44:10par exemple,
44:11est-ce que le sol
44:12est suffisamment gorgé
44:13de matière organique
44:14pour se comporter
44:15comme une éponge
44:15qui va retenir l'eau
44:17le temps nécessaire
44:18au lieu de la laisser s'écouler
44:19et emportant avec elle
44:21de la matière organique,
44:22des micronutriments
44:23et les supports
44:24des plantes
44:25et de la fertilité naturelle.
44:26Donc les sols
44:26sont essentiels pour ça,
44:27ils sont aussi essentiels
44:28parce qu'ils sont
44:28à la racine
44:29des chaînes trophiques,
44:31de la biodiversité
44:32et que toute cette vie
44:33du sol,
44:34l'activité des micro-organismes
44:36du sol produit
44:37les éléments
44:37dont se nourrissent
44:38les plantes.
44:39Donc un sol
44:39qui vit bien,
44:40qui transforme bien
44:40la matière organique
44:41va naturellement produire
44:42les fertilisants
44:43dont ont besoin les plantes
44:44et il y aura moins besoin
44:45d'apporter des fertilisants
44:47synthétiques, chimiques
44:48ce qui va permettre
44:49de réduire la dépendance
44:50aux aléas climatiques
44:51mais aussi au contexte économique
44:52et géopolitique
44:53dans lequel on est
44:54où les intrants synthétiques
44:57coûtent de plus en plus cher.
44:59Alors qu'est-ce que c'est
44:59un sol de bonne qualité ?
45:01Comment on fait
45:01pour l'entretenir
45:02justement facilement ?
45:04Alors la réponse,
45:05je ne prétendrai pas
45:05avoir la réponse.
45:07Énormément de scientifiques
45:08du sol
45:09travaillent sur la question.
45:09Beaucoup d'agriculteurs
45:10sont très compétents.
45:11La réponse va beaucoup varier
45:12d'un sol,
45:13d'un contexte pédoclimatique
45:14à un autre.
45:15Donc un contexte pédoclimatique
45:16c'est le couple
45:16entre le type de sol
45:18et le climat.
45:19Mais de manière générale
45:19ce qu'on peut dire
45:20c'est qu'il est urgent
45:21d'apporter plus
45:22de matière organique
45:23au sol
45:24donc soit du fumier,
45:26des composts
45:26mais aussi de cultiver
45:27les plantes
45:28de manière à laisser plus...
45:28Puis les barrières végétales
45:29aussi on entend beaucoup
45:30parler de ça
45:31entre les champs
45:32de recommencer à planter
45:33en fait des choses
45:34qui restent là.
45:35Tout à fait.
45:35Oui, la biomasse permanente.
45:37Vous allez me dire mieux que moi.
45:38Oui, tout à fait.
45:39Alors elle,
45:39elle peut gérer
45:40des effets de...
45:42Le mot ne me vient plus
45:43mais d'érosion.
45:44Elle peut limiter
45:44les phénomènes d'érosion
45:45aider à fixer les sols
45:47mais il est surtout important
45:48de travailler les sols
45:49et les cultures de matière
45:50à laisser plus
45:50de substituts végétaux
45:53comme un mulch
45:54comme un espèce de...
45:55De temps de repos
45:55avec des végétaux
45:57dessus en fait
45:58que l'on approvisionne
46:00organiquement en fait
46:01les sols
46:02qui permettent
46:02de mieux replanter
46:03ensuite.
46:04et de laisser une forme
46:06de paillis au sol
46:07donc il y a différentes
46:08formes d'agriculture
46:09de conservation des sols
46:10qui vont chercher
46:12à travailler
46:12le moins possible le sol
46:13à moins le déstructurer
46:14à laisser un paillis végétal
46:16dessus
46:17une couche de végétaux mort
46:18qui va servir
46:19à plusieurs choses
46:20à nourrir le sol
46:21mais aussi à le protéger
46:22structurellement
46:22et à le protéger
46:23de l'intensité
46:24des variations climatiques
46:26pluviométriques
46:27et...
46:28Comme quoi il y a
46:28des trucs à faire.
46:29Il y a beaucoup
46:29de choses à faire.
46:30On parle beaucoup
46:31d'agriculture de précision
46:32en ce moment
46:33pour l'adaptation
46:34et la réduction des risques
46:35en fait c'est une bonne solution
46:36pour les agriculteurs.
46:38Absolument.
46:38Comme j'ai indiqué
46:39si on arrive à mettre en oeuvre
46:40les bons changements de pratique
46:41ça permet de réduire
46:42les risques liés
46:43au changement climatique
46:44mais ça permet aussi
46:46de réduire les risques
46:47économiques
46:47et géopolitiques.
46:48Il faut vraiment
46:49prendre conscience
46:50que les agriculteurs
46:51sont dans ce triple défi
46:53bouleversement du climat
46:56de l'économie
46:56et de la géopolitique
46:57et donc ils doivent changer
46:58des pratiques
46:59mais dans un monde
46:59où les intrants
47:00coûtent plus cher
47:00et où il est de plus en plus
47:02difficile de valoriser
47:03les débouchés
47:03donc ça rend
47:04la prise de risque
47:05compliquée.
47:06Quel message clé
47:07pour terminer cet échange
47:08avez-vous envie
47:09de passer
47:10à nos agriculteurs ?
47:11Aux agriculteurs
47:13tenez bon
47:14et je ne prétendrai pas
47:17leur dire
47:17ce qu'il faut faire
47:18mais plutôt à la société
47:19c'est plutôt la société
47:19qui a une grande responsabilité
47:21de prendre conscience
47:21de tous les défis
47:23que les agriculteurs
47:24doivent réaliser
47:25et qu'on doit
47:25collectivement les aider
47:26à trouver des solutions
47:27des solutions agronomiques
47:28mais aussi
47:29travailler sur des débouchés
47:30et valoriser ce qu'ils font
47:31au-delà de la simple
47:32production alimentaire
47:33Donner du sens quoi
47:34Donner du sens
47:35et des débouchés
47:35Merci Edouard Lancriette
47:37je rappelle que vous êtes
47:38directeur stratégie
47:39chez AgroSolutions
47:40merci d'être venu partager
47:41On se quitte
47:42c'est la fin de cet excellent
47:43sur Sud Radio
47:45avec Reza
47:45featuring les Science
47:46Soupacru
47:47et Sly Johnson
47:48que vous entendez en fond
47:49Sly Johnson
47:50le nouveau single
47:52Nalinguio
47:53est à trouver
47:53sur toutes les plateformes
47:54c'est ça ?
47:54Oui tout à fait
47:55Merci beaucoup d'être venu partager
47:56Merci à vous
47:57On attend votre album
47:58Mister Johnson
47:58ça sort le 27 mars
48:00Le 27 mars partout
48:01Et si vous me permettez
48:02je serai là au concert
48:02le 30 mars
48:03à la marocainerie
48:04Belle nouvelle
48:05Voilà
48:05Gilles Paris
48:06votre dernier roman
48:08La Trappemau
48:08je le recommande
48:09vraiment
48:09Merci
48:09Il est sorti
48:10aux éditions
48:11Héloïse Dormesson
48:12et il est dans
48:13toutes les bonnes librairies
48:14C'est ça ?
48:15C'est excellent
48:16C'est l'émission
48:17qui crée le lien
48:18sur Sud Radio
48:18tous les dimanches
48:19à 19h
48:19On se retrouve
48:20dès la semaine prochaine
48:21sans oublier
48:21tous les samedis
48:22à 13h30
48:23pour Parlons Femmes
48:24Merci à Anthony
48:24à la réalisation
48:25Moi je vous embrasse
48:26C'était excellent
48:26et on se quitte en musique
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