- il y a 2 jours
Chères lectrices, chers lecteurs,
Jeudi 19 mars, nous avons eu le plaisir de recevoir Nelly Quemener, qui signe aux éditions de l'INA un nouvel essai dédié à l'émission culte Au théâtre ce soir (intégralement disponible sur
madelen.ina.fr
)
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
La Quatrième : Diffusée de 1966 à 1986, Au théâtre ce soir séduit 20 millions de téléspectateurs en popularisant le théâtre de boulevard et ses stars. Sous couvert de divertissement, l'émission dénonce l'hypocrisie bourgeoise : adultère, mensonges et désirs refoulés. L'autrice analyse, à l'aide des archives de l'INA, les stéréotypes de genre et la notion de placard ainsi que la dimension caustique de l’émission.
Jeudi 19 mars, nous avons eu le plaisir de recevoir Nelly Quemener, qui signe aux éditions de l'INA un nouvel essai dédié à l'émission culte Au théâtre ce soir (intégralement disponible sur
madelen.ina.fr
)
Vous souhaitant de belles lectures,
L'écume 🌊
La Quatrième : Diffusée de 1966 à 1986, Au théâtre ce soir séduit 20 millions de téléspectateurs en popularisant le théâtre de boulevard et ses stars. Sous couvert de divertissement, l'émission dénonce l'hypocrisie bourgeoise : adultère, mensonges et désirs refoulés. L'autrice analyse, à l'aide des archives de l'INA, les stéréotypes de genre et la notion de placard ainsi que la dimension caustique de l’émission.
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00:00Voilà, donc j'ai trois petites questions à te poser avant d'ouvrir la discussion.
00:08Et la première, c'est que je voudrais simplement que tu nous racontes l'histoire de ce programme atypique et
00:17majeur du patrimoine français au théâtre ce soir.
00:20Oui, alors c'est vrai que s'intéresser au théâtre ce soir, ce n'est pas commun.
00:29Mais ce qui était intéressant, c'est que Lina, au départ, avait remis certaines des émissions d'au théâtre ce
00:33soir sur sa chaîne YouTube.
00:35C'est comme ça que j'ai redécouvert aussi cette émission.
00:38Et en venant, on va dire, du travail sur l'humour, évidemment, il y a un lien avec tout ce
00:44qu'a pu faire Jacqueline Maillan.
00:45Et parmi les premières pièces qui étaient rediffusées sur YouTube à ce moment-là, c'était effectivement la pièce La
00:50Facture, par exemple, de Jacqueline Maillan.
00:51Je me souviens de finir mon HDR et de me dire, tiens, et de regarder La Facture en boucle et
00:56de me dire, oh, parce que c'est bien.
00:58Et du coup, ça permet de redonner ou en tout cas de retourner vers cette émission.
01:02Au théâtre ce soir, c'est en fait la première émission de théâtre filmé des années 60,
01:09donc qui est produite ou réalisée à l'époque par Pierre Sabat, qui venait du journal télévisé,
01:14à une époque où la télévision française, en fait, est en pleine reconfiguration, en plein développement,
01:21avec des tentatives d'innovation à la fois de format et avec des transformations technologiques
01:26qui sont aussi très importantes derrière.
01:30Et quelque part, au théâtre ce soir, s'inscrit dans la droite ligne des émissions des années 50
01:35et du début des années 60, parce qu'elle poursuit l'attention portée par la télévision au théâtre,
01:42avec une visée néanmoins assez différente des émissions de théâtre classiques,
01:46qui est une visée plutôt de divertissement,
01:48sachant que, je dirais, le service public de l'audiovisuel à l'époque
01:52avait pour mission avant tout d'être éducative,
01:55avec toute une série de pièces canoniques ou même de littérature plutôt classique,
02:00mise en dramatique, c'était une sorte de feuilleton d'époque,
02:07ou alors simplement filmée pour la télévision, mais sans public.
02:11Et la grande innovation d'au théâtre ce soir,
02:13c'est de proposer un format spécifiquement filmé pour la télévision,
02:18avec vraiment l'idée d'un dispositif que l'on crée pour que ça devienne une émission de télévision.
02:24Donc, il y a tout un processus de production qu'il y a derrière,
02:28c'est-à-dire Pierre Sabat qui, en fait, s'accorde avec le Théâtre Marigny
02:32et les personnes qui travaillent au Théâtre Marigny
02:35pour décider des pièces et du répertoire qui va être celui de l'émission.
02:39Et ensuite, ils ont adapté finalement la scène du Théâtre Marigny
02:42en mettant des lumières, travaillant les sons, etc.
02:45Et puis, on voit qu'au fil de l'émission,
02:46ils ont gagné aussi en technicité et en qualité de prise de vue.
02:50Pas toujours de mise en scène, mais de prise de vue à mi-de-ma,
02:53parce qu'il y a des mises en scène très vieillissantes.
02:58Et en tout cas, ils ont produit vraiment l'émission
03:00en se disant qu'on va en faire une émission de théâtre film.
03:03Alors, le répertoire, il n'est pas si facile à dessiner, d'ailleurs,
03:06à l'intérieur de tout ça ou à positionner.
03:08Il y a à la fois des propositions propres à ces discussions
03:13au moment de la production.
03:16Des choix très proches aussi de Pierre Sabat.
03:19On lui a reproché à la fin de peu renouveler son répertoire.
03:22Et d'ailleurs, l'émission a été un peu arrêtée pour cette raison-là.
03:25Il y a même des pièces qui se sont jouées plusieurs fois
03:26pendant les 25 ans de l'émission.
03:29Donc, on a deux versions de Mademoiselle, la pièce Mademoiselle.
03:32Deux versions qui se recoupent, qui sont très intéressantes à comparer, d'ailleurs.
03:36Parce qu'il y a des choses qui se disent dans la deuxième version
03:38qui ne se disent pas dans la première.
03:40Donc, ça dit aussi une transformation des sphères d'autorisation
03:42de la parole, ici, théâtrale ou humoristique.
03:47Et ensuite, dans ce répertoire, il y a à la fois des pièces
03:50qui ont du succès sur les scènes parisiennes de l'époque.
03:53Des pièces qui sont produites spécifiquement et montées,
03:56on dirait, spécifiquement pour l'émission.
03:58Mais sans doute qu'il faudrait faire un travail encore plus long
04:01auprès des héritiers de cette émission
04:03pour savoir vraiment comment c'était constitué.
04:08Et des pièces qui ont du succès,
04:11ou en tout cas dont on trouve des traces.
04:13Ça s'inscrit dans une actualité, en tout cas,
04:16du théâtre de boulevard d'époque.
04:18Et il y a des choix vraiment incongrus.
04:20Il y a aussi des adaptations, parfois, de pièces inattendues.
04:23Il y a beaucoup de classiques du boulevard,
04:25du Fédo, du Labiche, du Barry Egrédie,
04:30alors vraiment avec des auteurs aussi d'époque,
04:32Françoise Dorin.
04:33On retrouve aussi du Wiverneuil,
04:35un auteur très, très important des années 30
04:38et qui produit à ce moment-là,
04:40enfin, qui est un des auteurs beaucoup joués dans l'émission.
04:43Et à côté de tout ça,
04:45il y a des auteurs incongrus.
04:46Il y a Shakespeare, je ne sais pas pourquoi,
04:48très boulevardisés.
04:49Mais en même temps, Shakespeare,
04:51c'est quasiment du boulevard,
04:52si on le fait comme tel.
04:53En tout cas, ça devient du Vaudville,
04:55mis en scène dans l'émission.
04:57Il y a du Molière,
04:59complètement boulevardisé,
05:00parce qu'ils prennent aussi des comédiens
05:02identifiés comme étant ceux de l'émission.
05:04Jean Le Poulin, qui fait le bourgeois gentilhomme,
05:06devient un bourgeois gentilhomme
05:08complètement grotesque
05:09et complètement vaudevillesque, évidemment.
05:12Il y a du Oscar Wilde,
05:14sans dévainer,
05:16comme ça, un mari idéal,
05:17une pièce comme ça,
05:19en parmi tant d'autres.
05:19Donc, il y a aussi des pièces assez incongrues
05:22qui se trouvent pris
05:23dans l'univers un peu du boulevard de l'émission,
05:27avec une attention particulière quand même
05:30à ce que cela devient du divertissement.
05:33C'est-à-dire, la mission que remplit
05:35au théâtre ce soir au début,
05:37c'est celle d'être une émission de divertissement.
05:39Et elle se distingue en cela
05:41vraiment du théâtre classique,
05:43qui est celui qui est par ailleurs
05:45en théâtre filmé,
05:46avec des modalités beaucoup moins,
05:49je dirais,
05:51avec beaucoup moins de rebondissements,
05:52avec un jeu beaucoup moins d'emphase.
05:55Donc, il y a vraiment une différenciation
05:57qui s'opère à ce moment-là.
05:58Ce qui sait qu'au théâtre ce soir
06:00devient l'émission de théâtre,
06:01de divertissement,
06:02à destination d'un large public.
06:04On pourrait dire d'un public populaire,
06:06mais encore faudrait-il
06:07qu'il y ait vraiment une étude très précise
06:10de la composition même des publics.
06:11En tout cas, un large public,
06:14ça renvoie à cette mythologie du grand public,
06:16n'est-ce pas Géraldine ?
06:18En tout cas, il y a cette idée-là
06:19qu'on essaye,
06:20c'est un moment où la télévision française
06:22aussi essaye de se constituer
06:24presque une doctrine
06:25de ce que serait l'adresse
06:26à un public large.
06:29Et c'est une émission
06:30qui va avoir un succès
06:31complètement inattendue.
06:33Quand elle est filmée au Théâtre Marigny,
06:36avec un public présent
06:37qui vient spécifiquement pour l'émission,
06:39et quand elle est diffusée,
06:40à peu près une fois par semaine,
06:42j'ai l'impression que des fois,
06:43ça a été plutôt une fois
06:44toutes les deux semaines,
06:46soit sur la première chaîne,
06:47ou principalement sur la première chaîne,
06:48mais elle a aussi fait des passages
06:49sur la deuxième chaîne
06:50pour lancer un peu aussi
06:52la deuxième chaîne à l'époque,
06:53en fait, elle est capable
06:54de faire 40 à 60 %
06:56de taux d'audience.
06:57Donc, c'est vraiment
06:59une capacité d'attraction
07:01et de fidélisation du public
07:02qui est extrêmement intéressante.
07:04Et pour ça,
07:05c'est très intéressant
07:06d'étudier l'émission aussi,
07:07parce que tout ce qui apparaît,
07:09c'est que ça constitue un monde.
07:11Enfin, l'émission
07:11est un monde à part entière.
07:13Il y a des auteurs récurrents,
07:15je ne dis pas autrices
07:17parce que si on en trouve une,
07:18Françoise Dorin,
07:19c'est déjà beaucoup,
07:20mais c'est plutôt des auteurs
07:21de boulevards
07:22qui sont mis en scène,
07:23qui sont très récurrents.
07:24Donc, il y a des univers,
07:25en fait, déjà,
07:27grammaturgiques
07:27qui se constituent
07:29et qui se répètent,
07:30ou en tout cas,
07:30dont on retrouve un peu les traces.
07:32Donc, il y a beaucoup de pièces
07:33de Fédot,
07:34mais ce n'est pas
07:35les plus importantes.
07:36Verneuil, vraiment,
07:37est très important,
07:38Marcel Achard,
07:40Salacrou aussi,
07:41des auteurs un peu marqués
07:43d'avant-guerre,
07:44entre deux guerres.
07:48Il y a André Roussin aussi,
07:51évidemment,
07:51Roussin qui est très important
07:52et qui occupe une place importante
07:54dans le corpus.
07:56Il y a des auteurs,
07:57effectivement,
07:58plus récents,
07:59plus contemporains
08:00de l'émission,
08:01mais surtout,
08:02il y a des metteurs en scène
08:03qui sont aussi souvent
08:04des comédiens.
08:06Donc, il y a des mondes,
08:07en fait,
08:07qu'on voit se constituer
08:08entre des auteurs,
08:10des comédiens,
08:11comédiennes
08:11et des metteurs en scène.
08:13Et tout cela,
08:14finalement,
08:14fait des micro-mondes
08:15à l'intérieur de l'émission.
08:16Donc, on va voir
08:17que les pièces de Louis Verneuil,
08:19c'est plutôt…
08:20On va retrouver
08:22Maria Pacome,
08:23par exemple,
08:24on va retrouver
08:24Pierre Arditi à la fin,
08:27on retrouve Michel Roux
08:28qui joue beaucoup
08:29dans les pièces
08:29de Louis Verneuil.
08:30Donc, on retrouve vraiment…
08:32Il y a des comédiens
08:33presque attitrés
08:34à certains auteurs
08:35et qui vont créer aussi,
08:37qui vont imposer
08:38leur persona,
08:39qui vont la faire circuler
08:40de pièce en pièce
08:42et qui vont quelque part
08:43se construire une notoriété
08:45à travers l'émission,
08:46mais créer aussi
08:47la couleur de l'émission
08:48avec quelque chose
08:48de très identifiable
08:50immédiatement.
08:51Et il y a des personnalités
08:52très grotesques
08:53ici qui s'imposent.
08:54Jacqueline Maillan en est une
08:56qui gagne en notoriété
08:57mais qui en avait déjà une
08:59très forte
08:59grâce à son succès
09:01au théâtre.
09:03Jean Le Poulain
09:03qui se fait une notoriété
09:05quasi inédite
09:06et l'histoire dit
09:08qu'il a été admis
09:09à la comédie française
09:10après au théâtre ce soir.
09:12Donc, il y a vraiment aussi
09:12cette propension
09:14à installer
09:15une persona scénique.
09:18Rosie Varte
09:19qu'on retrouve dans Maggie
09:20ensuite.
09:21Extraordinaire Maggie,
09:22qu'est-ce que c'est lui ?
09:22Je suis en train
09:23de revoir tout le YouTube
09:25de Maggie.
09:26Alors là, pour le coup,
09:27c'est du théâtre de boulevard.
09:28Pas très bien écrit
09:29mais on est vraiment
09:29sur le même type
09:30de scénario, on va dire.
09:32Mais en fait,
09:33on retrouve ce monde
09:34de comédiens et comédiennes
09:35avec une vraie fidélisation
09:36du public autour de ça
09:38et on voit bien
09:39que l'émission a fonctionné
09:41parce qu'elle créait
09:42un sentiment de familiarité
09:43et cette familiarité,
09:45elle s'accroche aussi
09:46à ces personas scéniques
09:47qui sont très puissantes,
09:48qui s'imposent,
09:49qui circulent
09:51et aussi qui dépendent.
09:54C'est un monde aussi
09:55de professionnels,
09:56c'est-à-dire que
09:58travailler pour au théâtre
09:59ce soir,
09:59on se rend bien compte
10:00que ça a pu faire
10:01des carrières en fait
10:02et des carrières
10:03parfois longues.
10:04Donc, il y a aussi
10:04des comédiens
10:05ou des comédiennes
10:06qui un peu vieillissent
10:08avec l'émission
10:10et qui par ailleurs
10:11ont circulé au cinéma
10:12ou dans les séries télévisées
10:13à côté.
10:14Donc, c'est une émission
10:14pour ça qui est passionnante
10:16parce que c'est
10:17une émission d'époque
10:18et parce qu'on se dit
10:19en fait quand on parle
10:20au théâtre ce soir
10:21à des personnes
10:22qui l'ont connue
10:23et c'est qu'au théâtre ce soir
10:24ça raconte une espèce
10:25de parfois
10:27c'est comme une Madeleine
10:29de Proust,
10:29on parle d'un souvenir
10:31d'enfance
10:31et donc d'une presse
10:33du sentiment
10:34d'affection
10:36pour l'émission.
10:37Alors précisément,
10:39tu as tout revisionné,
10:41on est en 2026,
10:43il y a eu
10:44beaucoup d'évolutions
10:48dans la société,
10:50notamment,
10:51je fais référence
10:52aux questions
10:53de représentation
10:55et on a fait le choix,
10:56toi et moi,
10:57le choix éditorial
10:58de sous-titrer ce livre
11:01« Revoir au théâtre ce soir aujourd'hui ».
11:03Oui, j'hésite toujours
11:04à être revisité.
11:06Qu'est-ce qu'on a voulu dire
11:12en soulignant
11:13l'idée qu'on revoyait
11:14au théâtre ce soir,
11:15aujourd'hui,
11:16ça veut dire
11:16avec les yeux d'aujourd'hui,
11:17avec le regard d'aujourd'hui,
11:20c'est-à-dire
11:20avec la pensée critique
11:21qui est la nôtre actuellement.
11:23Qu'est-ce que ça veut dire ?
11:25Ça veut dire surtout
11:27regarder l'émission
11:28avec un prisme
11:29un peu différent
11:30de celui par lequel
11:31on peut le garder,
11:33c'est classique,
11:33le chercheur
11:34ou la chercheuse
11:35n'a pas un regard
11:36de spectateur classique
11:38ou de spectatrice classique.
11:39On regarde des corpus
11:40et on voit une espèce
11:41de masse comme ça
11:42se dessiner,
11:42on se dit
11:43qu'est-ce qui se passe
11:44dans ce matériau-là
11:45et quelle histoire
11:46ce matériau me raconte ?
11:47Alors,
11:48ce n'est pas si simple
11:48au départ,
11:49ça n'a pas été simple
11:50de savoir
11:51qu'est-ce que l'émission
11:52me racontait.
11:54Il y a quelque chose
11:55qu'on peut dire
11:55assez classiquement
11:56sur le théâtre de Boulevard
11:57qui est de dire
11:58c'est un théâtre
11:59qui raconte finalement
12:01les travers
12:02des familles bourgeoises
12:03et des couples bourgeois,
12:05leur hypocrisie
12:07et leur incapacité
12:09à composer
12:10avec l'inattendu.
12:11Et composer
12:12avec l'inattendu,
12:13c'est leur incapacité
12:14à composer
12:14avec l'intensité
12:15des sentiments,
12:17avec les désirs amoureux,
12:19avec tout ce qui contrevient
12:21au cadre normatif
12:23ou conventionnel
12:24qu'est le mariage
12:25ou une certaine conception
12:26très traditionnelle
12:27du couple.
12:28Et en fait,
12:29la famille bourgeoise,
12:30elle est toujours montrée
12:31dans l'émission
12:33et dans le théâtre de Boulevard
12:34assez classiquement
12:35comme étant une famille
12:37qui tente absolument
12:38de garder la face,
12:40de garder une certaine image
12:41d'elle-même
12:42et de ce qu'elle pense
12:43être attendue
12:44de sa communauté de classe.
12:47et en même temps,
12:48elle tente contre vents et marées
12:50parce qu'il lui arrive
12:51plein de turbulences
12:52venues de l'intérieur
12:53ou de l'extérieur,
12:54la jeunesse qui se rebelle,
12:57des personnages très efféminés
12:59qui débarquent,
13:00la classe populaire
13:01qui déstabilise tout.
13:03Bref,
13:03il y a toute une série
13:04de corps,
13:04toute une série finalement
13:06de presque d'élan
13:08et presque de performance affective
13:11qui vient déstabiliser
13:12cet ordre moral
13:13et qui vient mettre en branle
13:15cette propension
13:18à vouloir garder la face.
13:20Et l'émission,
13:21elle est intéressante
13:21à analyser
13:22précisément pour ça.
13:23C'est que le théâtre de Boulevard,
13:25il est classiquement écrit
13:26plutôt par des auteurs
13:28issus de la bourgeoisie
13:29qui parlent de leur monde.
13:31Il a évolué aussi
13:33jusque dans les années 60-70
13:35en passant par les années 30,
13:36etc.
13:37Toujours sur cette même veine,
13:38on reste toujours
13:39sur la même trame
13:40et même les pièces contemporaines
13:42de l'émission
13:43gardent un peu ce schéma
13:45d'une mise en scène
13:47de la famille bourgeoise.
13:48Mais là où tout d'un coup
13:49on peut revisiter,
13:50c'est en sortant
13:51d'un prisme un peu classique
13:53qui est de dire
13:54« Ah, il y a des masculinités
13:56qui sont effectivement
13:58très stéréotypées,
13:59des figures d'autorité, certes,
14:01une bourgeoisie mise en scène, certes,
14:03des féminités. »
14:05Alors bon,
14:05les féminités,
14:06elles oscillent entre
14:06des femmes de pouvoir
14:08qui imposent leur énergie
14:10comme ça
14:10et qui ne se laissent pas faire.
14:12Et puis des prostituées
14:13ou en tout cas
14:14des grues.
14:15Il y a des grues.
14:16Alors il y a un vocabulaire
14:18extraordinaire
14:18dans le théâtre ce soir
14:20ou dans ces pièces de bouloir.
14:21Catin,
14:22grue,
14:22femme de joie,
14:24gourgandine.
14:25Alors on peut avoir
14:26un vocabulaire
14:26extrêmement large
14:27et alors on a tout le répertoire
14:29dans les pièces de bouloir.
14:30Donc ça dit bien quelque chose
14:31sur la représentation
14:32de la féminité.
14:33Mais à mon sens,
14:34ça ne suffit pas.
14:35Et ce qui est intéressant,
14:36c'est revisiter,
14:37c'est aussi de dire,
14:38s'appuyer sur le paradigme
14:39du placard,
14:40qui est celui
14:40qui m'a intéressée,
14:41de dire comment en fait
14:42ces émissions ne cessent,
14:44cette émission ne cesse
14:45d'être structurée
14:46par un mélange
14:47de révélation-dissimulation.
14:49Une sorte de jeu
14:50qui ne peut pas
14:51être dissocié.
14:52Les deux sont toujours là,
14:53façonnent toujours
14:54la trame narrative
14:55et la trame comique
14:56des pièces.
14:57Et quelque part,
14:58les pièces ne cessent
14:59de reposer
15:00sur une mise en scène
15:01parfois excessive
15:02du secret qui serait révélé
15:04et des tentatives
15:07pour le dissimuler.
15:09Donc, on donne à voir
15:10de manière très grossière
15:11ce qu'il y a
15:12derrière l'image sociale
15:14pour ensuite
15:15le recouvrir
15:16de bruits,
15:17d'élans,
15:18de mensonges.
15:20Et en fait,
15:21les pièces de Fédo
15:22sont très classiques
15:22par rapport à ça.
15:24Dans les pièces de Fédo,
15:25tout le monde s'agite
15:26pour cacher
15:27ce que tout le monde,
15:28ce que les spectateurs
15:29voient de manière
15:30extrêmement visible.
15:31Donc, ça fait
15:31beaucoup de bruit,
15:32il y a beaucoup
15:33de turbulences,
15:34il y a du mouvement,
15:35mais en fait,
15:36tout le monde sait
15:37ce qui se passe.
15:38Et ce que j'aime beaucoup
15:39dans le paradigme
15:40du placard,
15:40moi je l'appuie
15:41sur les travaux
15:42d'Evkozovski-Zedwick,
15:43c'est qu'il y a
15:45cette idée
15:48chez Zedwick
15:49que ce jeu
15:50de révélation-dissimulation
15:52qui est constitutif,
15:54il ne peut pas
15:54être dissocié,
15:55va se décliner
15:56sous plein de formes.
15:57Alors, elle,
15:57elle appuie
15:58son analyse
15:59sur de la littérature
16:00dont Lady,
16:01ça va se retrouver
16:02dans les binarismes
16:03hommes-femmes,
16:04privés-publics,
16:05dans les binarismes
16:07aussi morvis,
16:09par exemple,
16:10ces espèces de binarismes
16:12qui sont très
16:13constitutifs,
16:14des sortes d'oppositions,
16:16et dans
16:16homo-hétéro aussi.
16:18Et elle,
16:18elle dit,
16:18le placard
16:19raconte avant tout
16:21une crise définitionnelle,
16:23une crise définitionnelle
16:25de la sexualité.
16:26c'est l'incapacité
16:28finalement
16:28à savoir
16:29comment on définirait
16:31effectivement
16:31la frontière
16:32entre homo
16:34et hétérosexualité.
16:35Finalement,
16:36la littérature
16:37qu'elle analyse,
16:38celle de Proust,
16:39celle de Wilde,
16:40ne cesse de raconter
16:41des espèces
16:42de tergiversations,
16:43des agencements
16:44différenciés
16:45de ce que serait
16:46cette frontière
16:47entre homo
16:48et hétérosexualité,
16:49voire des fois
16:52quelque part
16:53une dissémination
16:56même
16:57de ce que pourrait
16:57être cette frontière
16:58ou en tout cas
16:59une sorte de dépenchement,
17:00on ne sait plus
17:01où est-ce qu'elle se joue.
17:02Et quelque part,
17:03en repartant de là,
17:04pour ma part,
17:04je pense que cette question
17:05de la sexualité,
17:06elle est à la fois
17:08structurante,
17:08elle s'articule évidemment
17:09à des questions de genre,
17:11dans les pièces de boulevard
17:11c'est évident,
17:12le cadre familial
17:14c'est celui
17:14d'une hétérosexualité,
17:15c'est un ordre sexuel
17:16qui s'appuie
17:17sur un ordre genré,
17:19mais c'est aussi
17:20un ordre qui est façonné
17:21par la classe sociale,
17:22ce que ne raconte pas Zedwig.
17:23Zedwig parle
17:25effectivement de la classe
17:26mais pas de manière,
17:27elle s'appuie beaucoup
17:28sur la question de la sexualité.
17:29Et ce que j'ai trouvé intéressant
17:30c'est aussi de tirer ce fil
17:32et de me dire
17:32ces pièces de boulevard
17:33en fait,
17:34elles nous racontent justement
17:36cette bourgeoisie blanche
17:37qui tente de composer
17:39avec tous ses interdits
17:41et ses intensités
17:43qui la dépassent
17:44et c'est la manière
17:45par laquelle
17:45cette bourgeoisie blanche
17:47peut maintenir
17:48l'image qu'elle a d'elle-même.
17:49et donc ramener l'ordre.
17:51Et c'est cette mécanique-là
17:52que les pièces de boulevard
17:53ne cessent de mettre en scène.
17:56Et de façon intéressante,
17:57une fois qu'on considère ça
17:59comme étant un peu
18:00le paradigme constitutif
18:02des pièces de boulevard,
18:03on voit en fait
18:05un ordre
18:06qui est en permanence
18:09déstabilisé
18:09parce que les pièces de boulevard
18:11ne cessent de raconter
18:12ses intensités.
18:13c'est la cage au folle.
18:14La cage au folle
18:15qui ne fait pas partie
18:15du corpus
18:16parce qu'en fait
18:17elle n'est pas diffusée
18:18dans le détrace ce soir
18:19mais la cage au folle
18:20c'est presque le point
18:22un peu
18:23Goldwyn de ce truc-là.
18:25C'est-à-dire la cage au folle,
18:26ils ont renversé
18:26la trame classique du boulevard
18:28pour dire
18:28on va s'intéresser
18:29à ce qui se passe
18:30dans le placard
18:31pour en fait
18:32se moquer
18:33de cette bourgeoisie.
18:33Ce qui pénètre
18:34le monde des folles
18:35c'est le bourgeois
18:37la famille bourgeoise
18:39étriquée, conventionnelle
18:41catho
18:41qui ne s'est pas composée
18:43avec ce monde-là.
18:44Et en fait
18:45c'est un renversement classique
18:46qui là
18:47semble ouvrir le placard
18:48pour le refermer énormément
18:49bien entendu
18:50la cage au folle
18:51reste très binaire
18:53quelque part
18:53mais
18:54d'une certaine façon
18:56dans les pièces de boulevard
18:56c'est ce qui se passe
18:57en permanence.
18:58Il y a des intrusions
18:59il y a des intrusions
19:00des classes populaires
19:01il y a une marée carrière
19:02qui débarque
19:03avec son corps
19:04et sa gouaille
19:05alors une gouaille
19:05complètement caricaturale
19:07ça reste une gouaille
19:08de boulevard
19:09mais qui tout d'un coup
19:11vient déstabiliser
19:12la famille de la concesse
19:14qui attend pourtant
19:15ce grand cardinal
19:16où tout doit être
19:17bien en ordre
19:18et elle débarque
19:18et elle met son grain de sel
19:20et puis finalement
19:21elle devient un vecteur
19:23de plaisir
19:24charnel, culinaire
19:25voilà
19:26elle fait bouffer
19:27le cardinal
19:28elle revient de la pêche
19:29elle lui fait bouffer
19:30du pain
19:31à 6h du matin
19:33et elle sort le pinard
19:35et le cardinal
19:36est bien content
19:36donc en fait
19:37c'est toutes ces rencontres
19:39incongrues
19:39et tout ça
19:40on voit décliner
19:41de plein de manières
19:41différentes
19:42il y a
19:43cette jeunesse
19:44innombtable
19:45la jeunesse
19:46comme étant
19:46un motif qu'on voit
19:48dans les années 60
19:49beaucoup émerger
19:50au début de l'émission
19:51et qui en fait
19:52est présenté
19:53comme étant le ressort
19:55de déstabilisation
19:56de la bourgeoisie
19:57et donc des figures
19:58de père et mère
19:59qui se trouvent
19:59complètement dépassées
20:00par cette jeunesse
20:01qui va dans les caves
20:02de jazz
20:02et mon dieu
20:03que va-t-on faire d'eux
20:04et qui n'ont pas eu
20:05leur bac
20:06bon c'est des familles
20:06bourgeoises
20:07où il y a toujours
20:08un mauvais élève
20:09quelque part
20:11mais voilà
20:12et qui fait beaucoup
20:13de bruit
20:14qui claque des portes
20:15donc il y a une pièce
20:15qui s'appelle
20:16les portes claques
20:17qui a été adaptée
20:17d'ailleurs en film
20:18ensuite
20:18et en fait
20:19c'est le récit
20:20d'une jeunesse
20:21qui déstabilise
20:22la génération
20:23des parents
20:23donc ça dit
20:24quelque chose
20:25d'une époque
20:25qui est une époque
20:26où on est prêt
20:27mai 68
20:28et on voit bien
20:29qu'il y a une tension
20:30autour de la question
20:31de la jeunesse
20:31et de ce cadre conventionnel
20:33mais en même temps
20:34ça nous raconte toujours
20:36ce même
20:36cette même tension
20:38c'est la tentative
20:40de maintenir un ordre
20:42cette mise en scène
20:43des incongruités
20:44de tous ces éléments
20:46extérieurs
20:47ou intérieurs
20:48qui viennent déstabiliser
20:49cet ordre
20:49et là
20:52finalement
20:52la mécanique
20:53par laquelle
20:54cette famille bourgeoise
20:56va réussir
20:57quelque part
20:58va être
20:59un espace
21:00très libre
21:02d'avènement
21:02de toutes ces incongruités
21:04et de toutes ces intensités
21:05et en même temps
21:06à la fin
21:07toujours
21:08remettre de l'ordre
21:10alors
21:10j'aime
21:11j'aime beaucoup
21:12Louis Verneuil
21:12j'aime beaucoup
21:13Fédo
21:14et à la fin
21:15de Fédo
21:15ou Verneuil
21:16on se dit toujours
21:16comment ils vont réussir
21:17mais
21:19Fédo
21:19on ne sait même pas
21:20qu'ils couchent avec qui
21:20ils sont tous dans des nits
21:22ils se rencontrent
21:23alors dans les rencontres
21:24incongrues
21:24Fédo
21:25si vous regardez
21:26le dindo
21:26M. Chasse
21:27il se retrouve dans des nits
21:28c'est deux mecs
21:29qui se retrouvent ensemble
21:30une vieille dame
21:31et un jeune homme
21:32en fait
21:32si on pense
21:33en termes de couple
21:34c'est super incongru
21:35mais
21:36et donc
21:37à la fin
21:37on ne sait plus
21:39on ne sait même plus
21:40quel est l'enjeu de départ
21:41mais
21:42tout revient dans l'ordre
21:43finalement
21:44on ne sait pas comment
21:45donc c'est vraiment
21:47ce récit là
21:48et ce qui est intéressant
21:49c'est que dans les incongruités
21:50quand même
21:51à un moment donné
21:51je me suis dit
21:52mais
21:52ce qui est intéressant
21:53dans les intensités
21:54et les incongruités
21:55c'est que par ailleurs
21:56le fait que ça soit
21:57des récits
21:58finalement
21:59qui sont marqués
22:02par l'enjeu
22:03de la respectabilité
22:04bourgeoise
22:04c'est aussi
22:05ces récits là
22:06qui peuvent se permettre
22:08le plus
22:08de choses inattendues
22:10parce que précisément
22:12en fait
22:12la famille bourgeoise
22:13est celle
22:14qui peut se permettre
22:15aussi
22:16par son statut
22:17de classe
22:18de
22:19non pas
22:20de se défaire
22:20de ses privilèges
22:21mais
22:21elle a une position
22:23qui lui permet
22:24d'absorber
22:26ses incongruités
22:26donc c'est vraiment
22:28un récit de classe
22:29jusqu'au bout
22:30en fait
22:30c'est quelque part
22:33ça nous dit
22:34quelque chose
22:35des cultures contemporaines
22:36parce qu'on se dit
22:37mais dans quel type
22:38de récits
22:39adviennent
22:40les endroits
22:41inattendus
22:41où apparaissent
22:43les personnages
22:44dissonants
22:45où apparaissent
22:46les intensités
22:46et en fait
22:47même nos cultures
22:49contemporaines
22:50continuent
22:50à être façonnées
22:51par ça
22:51c'est-à-dire
22:52on pense
22:53même en garde
22:53le cinéma français
22:54c'est beaucoup
22:55des trames bourgeoises
22:56en fait
22:56qui n'ont pas
22:57la force comique
22:58du théâtre de boulevard
23:00mais il y a
23:01véritablement
23:01une bourgeoisie
23:02qui se regarde
23:03une bourgeoisie
23:03souvent blanche
23:04et en fait
23:05qui met souvent en scène
23:06une intrusion étrangère
23:08qui vient
23:09déstabiliser
23:09ou quelque chose
23:11qui advient
23:11des sentiments
23:12des désirs
23:12qui vient déstabiliser
23:13cette famille bourgeoise
23:14et quelque part
23:15le fait que ça soit
23:16un regard bourgeois
23:18sur une trame
23:19plutôt bourgeoise
23:20est aussi
23:21la condition
23:22d'avènement
23:23de trios amoureux
23:24de trouples
23:25combien de pièces
23:27de boulevard
23:27finissent en trouples
23:28c'est extraordinaire
23:30c'est un titre
23:31de chapitre
23:31ah ouais
23:32ouais
23:33exactement
23:34bah oui
23:34le dernier chapitre
23:35ça a été
23:35troubles et troubles
23:36je crois
23:37il fallait le faire
23:39celui-là
23:42alors souvent
23:43deux hommes
23:43et une femme
23:43mais bon
23:44il y a quelques pièces
23:45c'est un peu
23:46il y a quelques pièces
23:47qui tournent un petit peu
23:48autour même
23:48de deux femmes
23:49et un homme
23:49qui te
23:50pourraient aller vers ça
23:52donc beaucoup
23:53d'expressions
23:53d'affection
23:55voire de sentiments
23:56amoureux
23:56entre hommes
23:56se déforment
23:57alors souvent
23:58médiés par l'alcool
23:59qu'est-ce que l'alcool
24:00fait dire
24:00de sentiments amoureux
24:01aux hommes
24:01c'est extraordinaire
24:04ça se déchire
24:05comme ça
24:06mais je t'aime
24:06je t'aime
24:07je comprends pas
24:08on se dit
24:08bon
24:09on est en 72
24:10tout ça
24:11est tout à fait normal
24:12et ça posait pas de question
24:14en plus à l'époque
24:15c'est ça
24:15revoir
24:16c'est que
24:17justement
24:17l'émission commence en 66
24:19bah ouais
24:19quelle est la réception
24:21comment les téléspectateurs
24:23reçoivent
24:23est-ce que
24:24est-ce que tu comprends
24:25aujourd'hui
24:25est-ce que tu expliques
24:26merveilleusement bien
24:28et dans le livre
24:29et ce soir
24:29est-ce que les françaises
24:32et les françaises
24:32que les téléspectateurs
24:33le voient sous-être
24:34et bah ça
24:34c'est ce que j'aimerais
24:35découvrir maintenant
24:37je veux que les gens
24:38me racontent leur rapport
24:39à l'émission
24:39parce qu'il y a vraiment
24:40tout un truc à faire
24:41sur
24:42alors sur la nostalgie
24:44que provoque l'émission
24:44chez des auteurs
24:45enfin chez des spectateurs
24:47spectatrices
24:47ou voilà
24:48lecteurs-lectrices
24:49contemporains-contemporaines
24:50mais ensuite
24:52pour moi
24:52c'est un peu l'éléphant
24:53au milieu de la pièce
24:54donc ça m'arrive
24:55d'en parler en conférence
24:56en colloque
24:56et d'avoir
24:57des collègues spécialistes
24:58de cinéma
24:59et d'études queer
25:00qui me disent
25:01bah c'est évident
25:01ce que tu racontes
25:02parce qu'ils ont connu
25:03l'émission à l'époque
25:04et pour eux
25:05c'était un peu
25:05s'ils avaient une sensibilité
25:08aux questions de sexualité
25:09c'était un peu
25:10une évidence
25:11donc il est possible
25:12qu'il y ait eu
25:12une réception
25:14plutôt queer
25:15en fait
25:15de l'émission
25:16mais c'est pas
25:18complètement
25:18alors on peut
25:19l'imaginer aussi
25:20parce qu'il y a eu
25:21la cage au folle
25:22et que dans l'histoire
25:23quand même des représentations
25:25LGBT
25:25on va dire
25:26la cage au folle
25:26quand même marque un moment
25:27certes pas écrit
25:29par deux hommes
25:30qui se revendiquaient pas
25:31étant eux-mêmes gays
25:32voilà
25:33a priori
25:34c'était plutôt des hétéros
25:35d'ailleurs ça a fait
25:36beaucoup controverse
25:36à l'époque
25:37mais néanmoins
25:38le fait d'être à ce point
25:39alors ça dit quelque chose
25:40de ce monde là
25:41du boulevard
25:41le fait que Céreau
25:42à ce point
25:43et Poiré aussi
25:45rentre dans ce personnage
25:46qui joue
25:47d'une effémination excessive
25:49nous dit quelque chose
25:50de ce monde du boulevard
25:51c'est-à-dire que le jeu
25:52sur la question du genre
25:53la mascarade de genre
25:55est quelque chose
25:56de très constitutif
25:58des personnalités scéniques
26:01en fait
26:01et que ça ne pose pas question
26:03ça ne pose pas de problème
26:04donc il y a beaucoup
26:05de masculinité
26:06de féminité
26:07masculinité très précieuse
26:08celle de Jean de Poulain
26:09bon Jean de Poulain
26:10c'est vraiment
26:12c'est vraiment
26:14c'est très kemp
26:15c'est très théâtral
26:17c'est grotesque
26:19à souhait
26:20et c'est une masculinité
26:24c'est même pas efféminé
26:25mais il y a quelque chose
26:26qui renvoie à une sorte
26:28à l'image de la grande folle
26:30mais pas au sens classique
26:32du terme
26:32c'est vraiment
26:33cette masculinité carnavalesque
26:35voilà
26:36et qui porte cette ambiguïté
26:38en termes de sexualité
26:39mais Michel Roux par exemple
26:41ou Alain Fedot
26:42ce sont deux comédiens
26:44qui ont des masculinités
26:44très précieuses
26:45et qui trimballent
26:46cette masculinité
26:47de pièce en pièce
26:48et je pense que ça n'a pas
26:50grand chose à voir
26:51peut-être avec leur propre
26:52orientation sexuelle
26:53c'est même pas long au jeu
26:55mais ce qui est intéressant
26:56c'est que ça advient
26:56ça fait partie de cette culture-là
27:00donc ça
27:00il y a tout ce
27:03moi ce que je trouve intéressant
27:04c'est le fait que ça se diffuse
27:05et dans les féminités
27:06Jacqueline Maillan
27:08Anne-Marie Carrière
27:09sont des féminités
27:10ou même Maria Pacome
27:12qui a une féminité
27:13un peu plus classique
27:14mais en même temps
27:14elles ont une telle indocilité
27:17scénique
27:17elles en imposent tellement
27:20quitte à presque
27:21un peu écraser
27:22ou être en capacité
27:23d'affronter justement
27:24des comédiens très puissants
27:25Maria Pacome
27:27qui dans Le Noir te va si bien
27:28fait face à Jean Le Poulain
27:30elle est peut-être
27:30un peu écrasée
27:31par Jean Le Poulain
27:32mais quand même
27:32elle répond bien
27:33et puis elle est super élégante
27:35elle arrive
27:37voilà
27:38ou le don d'Adèle
27:39alors là
27:39en plus
27:40elle a des costumes magnifiques
27:41elle est tout de rouge vêtue
27:43elle fait des grands gestes
27:44en fait
27:44elle tient la pièce
27:45en grande partie
27:47et après
27:48elle a fait une carrière géniale
27:49elle a écrit
27:49ses propres pièces
27:50enfin c'est aussi
27:51des personnalités
27:52qu'on lui déclare
27:53et du coup
27:54je ne sais pas
27:54si c'était vu
27:55tant que ça
27:56mais ce qui est intéressant
27:57c'est que même
27:58si ce n'est pas vu
27:59c'était installé
28:01établi
28:02comme étant quelque chose
28:03d'acceptable
28:04et d'autorisé
28:06et c'est ça
28:06qui est super intéressant
28:07et tu irais jusqu'à dire
28:08que ça a contribué
28:09à l'évolution
28:10des regards
28:12en tout cas
28:13je pense que
28:14alors contribuer
28:15il y a quand même
28:16un truc important
28:17dont je me suis rendu compte
28:18à la fin
28:19dans une période
28:20pré-Sida
28:21quand même
28:21ce qui joue énormément
28:22dans la propension
28:24aussi de ce matériau-là
28:25à raconter une histoire
28:27c'est né avant
28:28en tout cas
28:29les formes
28:30les plus visibles
28:31de l'épidémie de Sida
28:32et du coup
28:33il y a peut-être
28:34une histoire
28:34à faire
28:35de ce moment charnière
28:37et donc c'est une culture
28:38de ces années-là
28:40des années 60-70
28:41où des représentations
28:44des figures de folles
28:46notamment
28:46commencent à advenir
28:47de manière plus énoncée
28:48elles ne sont pas
28:49si nombreuses
28:50mais elles sont présentes
28:51elles participent
28:52elles sont presque
28:53comme un truc
28:54qui vient
28:55dans la continuité
28:56des ambiguïtés
28:57que mettent en scène
28:58les pièces
28:59et le gros du corpus
29:00parce que le gros du corpus
29:01ne tourne pas
29:02autour des figures
29:03de personnages
29:04de folles
29:05mais par contre
29:07effectivement
29:08le fait que
29:09cet espace-là
29:10soit tellement
29:10un lieu
29:11d'exposition
29:13d'imposition
29:14de masculinité
29:15avec toutes
29:15ces ambiguïtés
29:17effectivement
29:18ça dit quelque chose
29:19quand même
29:19de l'imaginaire
29:20même en termes
29:21de genre
29:21qui se dessinait
29:23ou quel horizon
29:24de subjectivation
29:25pouvait se dessiner
29:26et ça pour moi
29:27c'est pas une contribution
29:29au sens classique
29:30aux représentations
29:32des minorités
29:33mais en tout cas
29:33je pense que c'est pas
29:35inintéressant
29:35de revenir à ce type
29:37aussi de matériaux
29:38parce que ça nous dit
29:40la puissance d'agir
29:41du placard
29:42c'est le placard
29:43le non-dit
29:44est aussi
29:46presque
29:46l'élément
29:49qui autorise
29:51qui permet
29:51à ce type
29:53de personnalité
29:55ou de masculinité
29:56de féminité
29:56d'advenir
29:57et ça c'est super intéressant
29:59aussi
29:59parce qu'on est souvent
30:01à se dire
30:02à penser
30:02le prisme des sexualités
30:04du genre
30:04par le biais
30:05de la question minoritaire
30:06la représentation
30:07des minorités
30:08mais en fait
30:09les formes parfois
30:10les plus productives
30:12c'est ce que disait
30:13Dwick
30:13elle dit
30:14les plus productives
30:15et les plus mortelles
30:16ce sont ces incongruités-là
30:17en termes de genre
30:18et de sexualité
30:19c'est de se dire
30:20mais en fait
30:20le placard
30:21est aussi
30:22une modalité
30:23de représentation
30:28d'expression
30:29d'avènement
30:30de ces enjeux
30:32de genre
30:32et de sexualité
30:35on va jamais
30:36vers un thème
30:38de recherche
30:38ou vers un sujet
30:40de livre
30:40complètement par hasard
30:42est-ce que tu te souviens
30:44dans ta vie
30:45dans ton parcours
30:46la première fois
30:47que tu es tombée
30:47sur un épisode
30:49de théâtre ce soir
30:50une pièce de boulevard
30:51sur ce sujet
30:51parce qu'il t'a donné
30:52en fait
30:52l'envie d'étudier tout ça
30:54et bien je pense
30:54que c'était très tardif
30:55parce que les archives
30:57n'étaient pas si facilement
30:58accessibles
30:58ou en tout cas
31:01disons que
31:01quand j'avais travaillé
31:02sur l'humour
31:03avec vraiment
31:03des corpus
31:05de sketch
31:06d'humoristes
31:08avec les archives
31:08de Lina
31:09c'était pas ce sur quoi
31:10j'étais tombée
31:11sans doute par un biais
31:12méthodologique
31:13qui m'avait un peu
31:14fermée à ça
31:14et en fait
31:15c'était une culture
31:16du théâtre
31:16que je connaissais
31:17assez mal
31:18et c'est effectivement
31:20cette rencontre
31:20avec ces archives-là
31:23par le biais
31:24de Lina
31:24par le biais
31:25de Madeleine
31:25ensuite
31:26la collection
31:26qui est mise en ligne
31:27au fur et à mesure
31:28alors là
31:28il suffit de mettre
31:29le pied dedans
31:30et quand on a
31:31commencé à avoir
31:31quand on a
31:32un caractère obsessionnel
31:34et une passion
31:36une passion
31:36théâtre de bouloir
31:37on commence à le regarder
31:39de manière un peu
31:40compulsif
31:41comme ça
31:42donc en fait
31:42c'est une rencontre
31:43très tardive
31:44alors par le biais
31:44de figures
31:45c'est que moi
31:45mon point d'entrée
31:46c'est Jacqueline Maillant
31:47c'est Maria Pacome
31:49ce sont des comédiens
31:50et des comédiennes
31:50qui me plaisent
31:51et avec qui il y a
31:51quelque chose
31:52d'accrocheur
31:52Jacqueline Maillant
31:53ça faisait longtemps
31:54quand même
31:54que pour le coup
31:55je connaissais un peu
31:56ses pièces
31:57et que je tournais autour
31:58donc je pense que
32:00c'est aussi venu par ça
32:01mais en fait
32:03ça a été
32:03une découverte
32:04une rencontre
32:05très tardive
32:06et en même temps
32:07une rencontre
32:08qui a du sens
32:10quand on s'intéresse
32:11à l'humour
32:12aller voir
32:13aussi des formes
32:14d'humour
32:14beaucoup plus collectifs
32:16revenir à des trames
32:18qui sont du théâtre
32:18du théâtre joué
32:20les mises en scène
32:21ne sont pas toutes bonnes
32:22parce que ça reste
32:23une émission
32:24sans qu'il y a du bricolage
32:25il y a des trucs
32:26faits rapidement
32:26il y a des trucs
32:27super vieillissants
32:28mais en même temps
32:29il y a des comédiens
32:30et comédiennes
32:31justement
32:31qui impriment des pattes
32:32et donc moi
32:33ça m'attire
32:35je regarde aussi
32:35des pièces pour des comédiens
32:36et des comédiennes
32:37avant tout
32:37presque
32:38et des auteurs aussi
32:40mais
32:41il y a cette espèce
32:42de
32:43de retour
32:44on va dire
32:45quand on a
32:46beaucoup
32:46consommé de stand-up
32:48comme moi
32:48ou de seul en scène
32:49comme j'ai pu le faire
32:50dans mon travail précédent
32:51se retrouver avec
32:54une dramaturgie
32:54et voir tout ce que ça permet
32:56aussi en termes
32:57de logique narrative
32:59de logique comique
33:01ça a été aussi
33:02cette bouffée d'air
33:02de retourner vers
33:04des pièces qui moi
33:05me font vraiment rire
33:06mais alors
33:08il y a une histoire
33:09de rythme
33:10même si c'est très désuet
33:12il y a quelque chose
33:12du plaisir aussi
33:13de ce théâtre là
33:14et je pense que
33:16c'est le plaisir aussi
33:16qu'ont pu avoir
33:17les spectateurs
33:18pour l'époque
33:18et un plaisir aussi
33:20qui est ce plaisir
33:21d'une culture populaire
33:22qui brasse
33:23toutes ces
33:24ces choses
33:25un peu inattendues
33:26qu'on n'a pas l'habitude
33:27de vouloir
33:28de voir
33:29de regarder
33:30d'exhumer
33:31etc
33:31et se dire
33:32ah oui
33:33il y a tout ça
33:34ça c'est
33:36je pense que c'est
33:37une affection
33:37assez profonde
33:38pour ce que c'est
33:39qu'une culture populaire
33:40d'époque
33:42qui est encore un peu
33:43qui est évidemment
33:44dans une logique
33:45commerciale
33:45etc
33:45mais qui est quand même
33:46une culture populaire
33:48qui a été façonnée
33:48avant tout
33:49avec un côté
33:49service public
33:50c'est con
33:51mais c'est
33:52et puis
33:54et en fait
33:54c'est quand même
33:56de se dire
33:59non mais en plus
34:00c'est de se dire
34:01qu'il y a
34:03moi je trouve ça
34:03ce que je trouve fascinant
34:04c'est de me dire
34:05il y avait vraiment
34:06un répertoire
34:07c'est qu'on ressort
34:08du visionnage
34:09de l'émission
34:09avec une connaissance
34:11presque d'un répertoire
34:12de théâtre
34:13auquel j'aurais jamais accédé
34:14dans la vie quotidienne
34:16si je ne regardais pas
34:17l'émission
34:17en fait
34:18et de voir des auteurs
34:19complètement oubliés
34:21alors ça
34:22c'est
34:22et qui ont été
34:23très présents
34:24dans les années 50 et 60
34:26ça aussi
34:26c'est comme une curiosité
34:29d'une génération
34:30voilà
34:31d'aujourd'hui
34:31mais en même temps
34:32c'est une curiosité
34:33de se dire
34:35bah presque
34:36quel dommage
34:36qu'on ait un peu perdu
34:37cette propension
34:38à produire
34:39des répertoires
34:40aussi un peu communs
34:41enfin il y a quelque chose
34:42d'un plaisir aussi
34:43de ce répertoire là
34:44je cultivais
34:45presque
34:46est-ce que vous avez
34:49des questions
34:49pour Nelly
34:50moi j'ai une question
34:51ah oui
34:52rien
34:56alors
34:56alors
35:00je ne sais pas trop en fait
35:26j'ai presque envie
35:28de me tourner vers Géraldine
35:28parce que tu sauras
35:29presque plus
35:30s'il y a
35:30c'est pas évident
35:32c'est pas évident
35:36c'est pas évident
35:39c'est évident
35:39mais en effet
35:40à l'intérieur
35:41de la télévision
35:42la bourgeoisie
35:43de l'innové
35:43général
35:44des deux
35:44dans la télévision
35:45et là
35:45en plus
35:46comme on a fait
35:47une notion
35:47de divertissement
35:48c'est évident
35:50que c'est plus
35:51moins dans les métiers
35:52que j'ai vu
35:52c'est vrai
35:54qu'on était
35:55très très
35:55très très
35:56très bien
35:56c'est vraiment
35:58voilà
35:58mais à part
36:00avec la vie
36:01des conseils
36:05si si si
36:06mais
36:10non
36:11c'était
36:12selon la presse
36:14la presse
36:15c'est pour le refaire
36:15d'un certain public
36:16mais c'est
36:18mais partout
36:18dans les
36:19on a
36:20des écrits
36:20des électricateurs
36:21qui disent
36:22que c'est une pub
36:23très appréciée
36:24parce que c'était
36:25la partie de théâtre
36:26c'est un autre
36:27donc c'est pas
36:27touché
36:29c'est pour le refaire
36:29que les électricateurs
36:30qui m'ont
36:30la crise
36:31elles m'ont quand même
36:31une affine
36:31mais ils n'ont pas
36:32à dire
36:34ce que je trouve
36:35formidable
36:36mais un truc
36:36aussi c'est que
36:37de prendre le sérieux
36:38du film
36:41sans se limiter
36:42à dire
36:43c'est le filard
36:44parce que c'est du filard
36:45c'est le directeur
36:45du filard
36:46mais ça marche
36:46et en fait
36:47si ça marche
36:48c'est forcément
36:49que ça se passe
36:49quelque chose
36:50d'incorporation
36:51d'abord
36:52d'être très riche
36:52de faire le travail
36:54d'aller chercher
36:55pourquoi à un moment
36:56ça parle
36:57et d'accord
36:58avec toi
36:58c'est pas
37:00on sait part
37:01si les gens
37:01les visent comme ça
37:03oui
37:03mais en fait
37:05tout en tout là
37:06tu as peur
37:06qu'une grille
37:07de l'écrire
37:08qui permet quand même
37:09de comprendre
37:11que c'était très riche
37:12et que nécessairement
37:13et ça un peu
37:15ce qui nous permet
37:16c'est le catalogue
37:18de la revue
37:18maintenant quand on dit
37:20les gens
37:21qui regardaient
37:22un peu les gens
37:22sous vêtements
37:24nous on dit
37:24la revue c'est du évident
37:25c'est évident
37:26mais c'est un peu
37:26de l'évident quand même
37:27tout à fait
37:28là je pense que c'est un peu
37:28l'éléphant au milieu
37:31de la pièce pour moi
37:32c'est à dire
37:33de dire tout d'un coup
37:34ah mais si on regarde
37:35en fait
37:36et c'est là où
37:37travailler avec le paradigme
37:39du placard de Zedwick
37:40qui a été
37:41assez
37:42c'était pas facile
37:43pour moi
37:44Zedwick c'est un bouquin
37:45que j'ai lu
37:45pendant 15 ans
37:46et je n'ai jamais réussi
37:47à savoir quoi en faire
37:48c'est une sorte de paradigme
37:50qui échappe
37:50qui résiste
37:52à l'appropriation
37:53qu'on peut en faire
37:54et en fait
37:55c'est dans la rencontre
37:56entre
37:57regarder
37:58entre ce corpus
37:59que je regardais
38:00de manière expansive
38:00en essayant de comprendre
38:02en essayant de refaire
38:03des liens
38:04etc
38:04et cette lecture
38:06qui revenait
38:06sur le devant
38:07et tout d'un coup
38:08je me dis
38:08ah là je vois
38:09ce qu'elle veut dire
38:10c'est tout d'un coup
38:11j'ai compris
38:12ce que Zedwick disait
38:13quand elle disait
38:14que le placard
38:15quelque part
38:16était presque
38:17constitutif
38:18de nos cultures modernes
38:19et ensuite
38:20j'ai vu
38:20comment ça pouvait
38:21éclairer
38:22effectivement
38:24ce qu'est
38:24la comédie française
38:25aujourd'hui
38:26la comédie cinématographique
38:27qu'est-ce qu'on a fait
38:29au bon dieu
38:30en fait
38:31toute une série
38:32les comédies
38:33dites populaires
38:33en fait
38:34s'appuient complètement
38:35sur une trame de boulevard
38:36et c'est des comédies
38:37comment ?
38:38Pédale douce
38:38il y a tout ça
38:40alors j'en avais cité
38:42un gazon maudit
38:43un indien dans la ville
38:44en fait
38:45on peut
38:45tous les déclinés
38:46en fait
38:47on se rend compte
38:47le dîner de cons
38:48le dîner de cons
38:49c'est le cons
38:50qui débarque
38:50chez les bourgeois
38:51en fait
38:51et à chaque fois
38:52on retrouve
38:54finalement
38:54ce même motif
38:56enfin c'est pas un motif
38:57là pour le coup
38:58c'est ce même ressort
39:01et ce ressort
39:02il nous dit
39:03toujours la même chose
39:04en fait
39:04c'est cette bourgeoisie
39:06qui ne veut pas
39:06qui est en incapacité
39:08d'ailleurs la bourgeoisie
39:09dans les pièces de boulevard
39:10elle est toujours présentée
39:11comme froide
39:12incapable de sentiments
39:15quasiment
39:16un peu glacial
39:17il y a quelque chose
39:18qui est
39:20complètement engoncée
39:21dans ses normes
39:22et donc
39:23elle est
39:24elle est toxique
39:25cette bourgeoisie
39:26d'une certaine façon
39:27il y a quelque chose
39:28d'assez
39:28il y a même des pièces
39:29qui donnent à voir
39:31il y a des pièces
39:31qui sont assez dures
39:32il y a des pièces
39:33par exemple
39:33plus policières
39:34aussi dans l'émission
39:35qui donnent à voir
39:37parfois
39:37la bourgeoisie
39:38sous un air
39:38sous un jour
39:39très sombre
39:40avec une trame
39:41policière
39:42implicite
39:43et ça fait aussi
39:43d'ailleurs
39:44presque les séries
39:45où c'est dans la continuité
39:46des séries policières
39:47qui se déploient ensuite
39:48et donc en fait
39:49à chaque fois
39:50on voit que
39:51ce qui est mis
39:52en perspective
39:53c'est
39:54une classe bourgeoise
39:55engoncée
39:57incapable
39:57de faire face
39:58à ces intensités-là
40:01sentimentales
40:01affectives
40:02etc
40:02et qui doit
40:04donc
40:04déployer
40:05plein d'efforts
40:07et donc
40:07il devient
40:08excessif
40:09parce qu'il y a
40:10plein d'efforts
40:10à déployer
40:11pour composer
40:12avec ces intensités
40:13qui débarquent
40:14et ça
40:14une fois qu'on le montre
40:15on comprend
40:17plein de choses
40:18de nos cultures
40:18contemporaines
40:19et effectivement
40:20ce paradigme du placard
40:21qui me résistait tant
40:22tout d'un coup
40:23il est devenu évident
40:24et il est devenu évident
40:25plus simplement
40:26sous la seule question
40:27des sexualités
40:28même si je pense
40:29qu'elle est
40:29complètement structurante
40:31mais sur la question raciale
40:33sur la question
40:34de la classe
40:35sur la question
40:35du genre
40:36sur la question raciale
40:37un exemple
40:38parce que ça
40:38c'est quand même
40:38très marquant
40:40c'est quasiment
40:41un corpus
40:42qui est à 99% blanc
40:45en tout cas
40:45les comédiens
40:46et comédiennes
40:46sont tous blancs
40:47et blancs
40:47mais il y a
40:48quelques pièces
40:49qui font advenir
40:50des personnages racisés
40:51alors il y en a
40:51quelques
40:52il y en a une
40:53où le personnage racisé
40:54c'est juste
40:55c'est juste
40:56un personnage sauvage
40:57donc il est en torse nu
40:58avec un pagne
40:59et il fait des cris
41:00l'amant de Borneo
41:02avec Michel Roux
41:04j'ai oublié
41:05le nom de la corétienne
41:06et donc
41:07c'est une pièce
41:10très compliquée
41:11quand même
41:11très très compliquée
41:12mais
41:13pour résumer
41:13ces pièces
41:14c'est difficile
41:15il y a tellement
41:16d'intrigues
41:17de sous-intrigues
41:18dans le livre
41:19des extraits
41:20qu'on a trouvé
41:20très savoureux
41:21mais c'est vrai
41:21que parfois
41:22c'est quand même
41:22c'est juste des extraits
41:24parce que sinon
41:24raconter une pièce
41:25c'est très compliqué
41:25alors dans l'amant de Borneo
41:27c'est l'histoire
41:28d'un homme petit bourgeois
41:29qui veut séduire
41:30une très belle comédienne
41:32et qui lui fait croire
41:33qu'il est un grand aventurier
41:34qui a découvert
41:36l'île de Borneo
41:38donc dans tout cela
41:39intéressant
41:40parce que ça dit
41:41d'autres motifs
41:43d'autres trames
41:44et ça dit
41:45la position
41:46des personnages racisés
41:47c'est qu'en fait
41:48dans ce contexte-là
41:50comme dans d'autres pièces
41:51en fait
41:52l'île de Borneo
41:53incarne un univers exotique
41:55qui valorise
41:57la masculinité
41:59ici
41:59qui devient un ressort
42:00une sorte d'horizon
42:01et un échappatoire
42:03à une petite bourgeoisie
42:06un peu ennuyeuse
42:07comme il a peu de choses
42:08à proposer
42:09et qu'il est très amoureux
42:10de cette belle comédienne
42:11et bien
42:12il s'invente une vie
42:13donc il reconstitue
42:14dans son appartement
42:15un univers exotique
42:17avec des lions
42:18avec ce serveur en pagne
42:21avec des fléchettes
42:23tout est fait dans le décor
42:25pour faire croire
42:26et il lui raconte
42:27des rituels amoureux
42:28de l'île de Borneo
42:29évidemment complètement inventés
42:31donc tout ça
42:32est une fiction
42:32mais cette fiction
42:34on le retrouve
42:34dans plusieurs pièces
42:35une pièce chérie
42:37qui était une pièce
42:38qui avait beaucoup de succès
42:39où il y a un personnage
42:40le personnage féminin
42:41qui s'appelle chérie
42:42dedans
42:44donc
42:45bon ça fait plein de jeux de mots
42:46avec chérie
42:47enfin bref
42:48donc chérie
42:49non la pièce s'appelle
42:51chérie noire
42:51et le personnage
42:52s'appelle chérie
42:52c'est un personnage
42:53en fait métisse
42:54donc c'est vraiment
42:55pour le coup
42:55c'est un personnage
42:56qui a un rôle à part entière
42:59et qui se fait passer
43:01pour une bonne
43:02et qui pénètre
43:04un couple bourgeois
43:05lui est petite bourgeoisie
43:07lui est complètement
43:09désargenté
43:10on lui demande
43:10un nouveau manuscrit
43:11il n'arrive pas à le finir
43:12il a manque d'inspiration
43:13il est avec une espèce
43:14de mégère
43:15comme ça
43:16qui ne comprend rien
43:16de rien
43:17joué par Marthe Mercadier
43:19je crois
43:19et débarque cette jeune femme
43:23qui a un accent
43:25entier
43:27je ne comprends pas
43:29d'où elle vient
43:29qui vient d'un pays
43:31imaginaire
43:32et qui
43:33lui accorde tout
43:35lui accorde tout
43:36elle devient sa bonne
43:37elle devient son amante
43:38et puis alors
43:40vraiment
43:41elle est très disposée
43:42à se mettre en bikini
43:44tout passe
43:45crème
43:46mais alors
43:46super crème
43:47et qu'est-ce qui se passe ?
43:48c'est que la mégère
43:49s'en va
43:50la mégère blanche
43:52la bonne
43:53noire
43:54reste
43:54et que
43:56l'homme blanc
43:57retrouve l'inspiration
43:59évidemment
44:00donc il écrit
44:01un grand succès
44:02évidemment
44:03et à la fin
44:04de quoi se rend-on compte
44:07c'est qu'en fait
44:08cette bonne
44:08c'est une princesse
44:10qui est très très riche
44:12donc en fait
44:13c'était elle
44:13qui était en train
44:14de redécorer tout l'appart
44:15qui se demandait
44:16d'où venaient
44:16tous ces éléments nouveaux
44:17dans sa vie
44:18mais en fait
44:18elle le soutenait financièrement
44:20donc inversion
44:20des rôles genrés
44:21truc très bizarre
44:22et puis à la fin
44:23elle repart dans son pays
44:24parce qu'il ne faut pas
44:25charrier quand même
44:27et du coup
44:29là on retrouve à nouveau
44:30cette histoire
44:31de personnage racisé
44:32ou en tout cas
44:33de personnage métisse
44:35qui devient
44:36une espèce
44:37d'horizon
44:38pour revaloriser
44:39une masculinité
44:40ennuyeuse
44:41petite bourgeoise
44:42et ça
44:42ça dit quelque chose aussi
44:44c'est-à-dire que
44:45ces outsiders
44:46que ce soit
44:47les classes pop
44:47que ce soit
44:50les folles
44:50qui sont des médiations
44:52de plein de types
44:52de relations
44:53les personnages
44:55efféminés
44:55qui rendent
44:56en fait les personnages
44:57efféminés
44:58c'est génial
44:58parce que
44:58quand ils sont là
44:59ils permettent
45:00les trios amoureux
45:01parce que
45:01comme ils incarnent
45:02l'homosexualité
45:02sans le dire
45:03évidemment
45:04les trios amoureux
45:04peuvent advenir
45:05sans ambiguïté
45:06puisqu'ils sont
45:07par comparaison
45:08nécessairement
45:09du côté de l'hétérosexualité
45:10donc c'est parfait
45:12deux hommes ensemble
45:12et une femme
45:13ça colle
45:14sans qu'il y ait
45:14d'ambiguïté
45:14entre les deux personnages
45:15masculins
45:16à partir du moment
45:17où il y a une amie folle
45:18ou un ami folle
45:19qui est là
45:20médiation
45:20et à chaque fois
45:22on se rend compte
45:22que les outsiders
45:24d'une certaine façon
45:25qui débarquent
45:26deviennent
45:27quelque part
45:28tout ce que
45:30ces masculinités
45:31fémininités bourgeoises
45:32n'arrivent pas
45:32à s'accorder
45:34deviennent
45:34ces horizons
45:35ces extériorités
45:36donc c'est quelque chose
45:38de très ambivalent
45:39finalement
45:39ça devient
45:41des exotismes
45:41un peu exutoires
45:42et en même temps
45:44évidemment
45:45ces exutoires
45:47qui sont très
45:47stéréotypés
45:48très réducteurs
45:49très marqués
45:50par toute une série
45:51d'imaginaires
45:52disqualifiants
45:53mais en même temps
45:54ce sont des exutoires
45:55qui ont une fonction
45:56par rapport
45:57à la masculinité
45:59féminité
46:00bourgeoise blanche
46:01c'est ça que ça réinstalle
46:03ça ne parle pas
46:04de cet extérieur
46:04ça ne cesse de parler
46:06des troubles
46:06de la bourgeoisie
46:08et de cette tension
46:09dans laquelle
46:10la bourgeoisie
46:10ou avec laquelle
46:11elle n'arrive pas
46:12à composer
46:12ou qu'elle se doit
46:13de résoudre
46:14donc c'est là
46:14la crise définitionnelle
46:16dont parle Zedwig
46:16c'est que c'est une mise
46:18en crise finalement
46:19permanente
46:19de l'ordre bourgeois
46:21mais aussi
46:22c'est presque
46:24son éclatement
46:25la monstration
46:26de sa crise
46:27et en même temps
46:28sa réinstauration
46:29quand Zedwig
46:30parle du placard
46:31elle dit
46:31c'est aussi
46:32on referme aussi vite
46:33les portes du placard
46:34qu'on est là ou là
46:36une dernière question
46:45j'ai l'impression
46:47que sur ces
46:48sur ces programmes
46:50assez peu
46:50parce que c'était vu
46:51vraiment comme du divertissement
46:53donc je pense que
46:54il n'y avait pas
46:55nécessairement
46:58alors après
46:58quand je disais
46:59il y a des pièces
47:00qui ont été refaites
47:01qui ont été jouées
47:02plusieurs fois
47:03il y en a qui sont
47:04très intéressantes
47:05parce qu'il y en a
47:06qui
47:07alors je pense à une
47:09il y en avait une
47:09j'avais comparé
47:11il y a la pièce
47:12Mademoiselle
47:13celle-là
47:14c'est une pièce
47:15très ambiguë
47:16parce que pour moi
47:16il y a une scène
47:17le personnage de Mademoiselle
47:18est un personnage
47:19crypto-lesbien
47:19si je le dis
47:20de manière un peu grossière
47:21c'est un personnage
47:22qui est très aride
47:23à chaque fois
47:24joué de manière
47:25complètement fermée
47:26donc c'est une gouvernante
47:27qui débarque
47:28dans une famille bourgeoise
47:29et qui s'occupe
47:30d'une jeune femme
47:30de 17 ans
47:31dont elle se rend compte
47:32qu'elle est enceinte
47:32donc c'est toute la trame
47:34autour des jeunes femmes
47:36enceintes
47:36qui viennent déstabiliser
47:38voilà l'idée
47:39d'une certaine
47:40respectabilité
47:41et que va-t-on faire
47:42d'elle
47:43et en fait
47:44cette gouvernante
47:44aide cette jeune fille
47:46à
47:50non pas
47:51à avorter
47:51elle aide
47:52à disparaître
47:54pour qu'elle accouche
47:55loin de Paris
47:57et en fait
47:58on se rend compte
47:58que la gouvernante
47:59aide
48:00cette jeune femme
48:02parce que
48:04elle
48:06elle-même
48:06n'a jamais eu d'enfant
48:08et veut pouvoir
48:09récupérer l'enfant
48:10alors des échanges
48:11d'enfants
48:12dans les pièces de boulevard
48:12il y en a beaucoup
48:13la PMA
48:14existait bien avant l'heure
48:16il faut arrêter
48:16avec cette idée
48:17que ça serait un truc nouveau
48:18c'est extraordinaire
48:20mais l'accaparement
48:21de l'enfant
48:23alors il y a une autre pièce
48:24qui parle de ça
48:25le fils d'Achille
48:26c'est quand même
48:27une femme bourgeoise
48:28qui décide de s'écaparer
48:30l'enfant
48:30de la compagne
48:32de son neveu
48:33enfin c'est carrément ça
48:35elle nous propose tout
48:36l'hologie tout ça
48:36puis ensuite elle décide
48:37parce qu'elle même
48:38ne peut pas avoir d'enfant
48:39vraiment la PMA
48:40existait avant
48:41mais du coup
48:42dans Mademoiselle
48:44il y a
48:45c'est une pièce
48:46qui a été jouée deux fois
48:48et il y a une scène
48:49qui n'existe pas vraiment
48:50dans la première version
48:51la plus ancienne
48:52de 68 je crois
48:54et qui existe
48:55dans la version
48:56de 78
48:57ou 79
48:58ou même peut-être 80
48:59qui est cette scène
49:00où
49:01en fait
49:01la jeune fille
49:03demande à la gouvernante
49:04à Mademoiselle
49:05pourquoi
49:06elle s'est emparée
49:07de l'enfant
49:08et le personnage
49:11de Mademoiselle
49:12lui explique
49:13qu'elle n'a jamais
49:16pu avoir d'enfant
49:17qu'elle veut cet enfant
49:18elle a des gants noirs
49:19comme ça
49:19elle s'approche
49:20du ventre
49:21de la jeune femme
49:22elle lui dit
49:22mais parce que cet enfant
49:23je veux qu'il m'appartienne
49:25etc
49:26ce petit être
49:28etc
49:28donc un truc
49:29en plus joué
49:29avec une intensité
49:30dramatique
49:34moyennement
49:34de qualité
49:35mais tout de même
49:37et là
49:38la jeune femme
49:39lui dit
49:40mais pourquoi
49:41vous n'avez pas pu
49:42avoir d'enfant
49:42et tout ça
49:43et là elle lui dit
49:44je hais les hommes
49:45je hais les hommes
49:47et en fait
49:48en lui disant cela
49:50elle lui fait presque
49:51un aveu
49:52et elle lui dit même
49:54si un homme
49:55s'approche de moi
49:55je le tue
49:56ou quelque chose
49:57comme ça
49:57je ne sais plus
49:58la ligne précise
49:59mais une phrase
49:59qui est d'une
50:02d'une violence
50:04et voilà
50:05très marquée
50:06en fait
50:07et ensuite
50:08la scène se poursuit
50:09la jeune femme
50:11finalement
50:11lui dit
50:12mais est-ce que
50:13je peux vous embrasser
50:14et elle lui dit
50:15mais pas d'enfantillage
50:16et là elle l'embrasse
50:17sur la joue
50:18et ensuite
50:19mademoiselle
50:20avec son gant noir
50:21fait ça
50:22et là
50:23on se dit
50:24bizarre quand même
50:25sachant que ce personnage
50:27de mademoiselle
50:27c'est un personnage gênant
50:29parce que justement
50:29il est froid
50:31aride
50:32sans affect
50:32donc en fait
50:33il porte tout
50:34l'idée d'une féminité
50:36qui ne colle pas
50:37avec une féminité
50:38séduisante hétérosexuelle
50:41oui exactement
50:41voilà
50:42il y a quelque chose
50:43de la vente
50:45alors l'auteur de cette pièce
50:47il faut que je te retrouve
50:50alors je vais retrouver
50:52parce que c'est un des auteurs
50:53qu'on retrouve beaucoup
50:55je me demande
50:56si c'est pas Jacques Deval
50:57mais j'ai un petit doute
50:59je revérifierai
51:00est-ce que j'ai un tout petit doute
51:06par contre
51:07ça ça existe
51:07dans la deuxième pièce
51:08mais ça n'existe pas
51:09dans la première
51:10tu vois
51:11donc c'est possible
51:12je pense que
51:13ce qu'on peut faire
51:14dans la comparaison
51:16c'est quand même
51:16alors il n'y en a pas beaucoup
51:17qui ont été jouées
51:18plusieurs fois
51:18mais les comparaisons
51:19nous permettent
51:20de penser
51:21qu'il y a
51:21en tout cas
51:22des sortes d'aménagements
51:23des textes
51:25qui ont pu s'opérer
51:29alors je donne
51:30un autre exemple
51:30qui est la pièce
51:33c'est une pièce
51:34de Louis Verneuil
51:35qui est jouée
51:36dans au théâtre
51:37ce soir
51:40comment elle s'appelle
51:41cette pièce
51:42pardon
51:42j'ai un trou de mémoire
51:43c'est évidemment ça
51:45c'est le nom des pièces
51:46qui m'échappent
51:47c'est une scène
51:49avec Alain Fédeau
51:51et Michel Roux
51:53dans une des pièces
51:54de Louis Verneuil
51:55une des nombreuses pièces
51:56de Louis Verneuil
51:58c'est pas l'amant
51:59de Madame Vidal
52:02non c'est pas
52:03Maître Goldbeck
52:03et son mari
52:04oh mince
52:04j'ai oublié
52:07le nom de la pièce
52:08bon ça va me revenir
52:09et toujours est-il
52:10qu'il y a une scène
52:10cette pièce là
52:11elle est jouée
52:12sans public
52:13dans les années
52:14fin des années 50
52:15donc il y a une version
52:15sans public
52:16qui est donc pas
52:17dans le cadre
52:18d'au théâtre ce soir
52:19et il y a une scène
52:20assez incongrue
52:21entre Michel Roux
52:23le personnage de Michel Roux
52:24qui joue un mari
52:25qui est persuadé
52:26que sa femme le trompe
52:27et le personnage
52:28d'Alain Fédeau
52:29qui débarque chez lui
52:30Michel Roux
52:31est quelqu'un
52:32qui aide les gens
52:33à payer moins d'impôts
52:35et en fait
52:36il découvre cet homme
52:38qui se présente
52:38comme un écrivain
52:39donc c'est une scène
52:40avec deux masculinités
52:41très précieuses
52:42et en fait
52:43il commence à se douter
52:45donc l'écrivain
52:45commence à lui raconter
52:46l'ouvrage
52:47qu'il est en train
52:48d'écrire
52:48et il dit
52:49c'est l'histoire
52:50de deux femmes
52:52d'une femme
52:53qui aime les autres femmes
52:54et il commence
52:54à lui raconter
52:55cette rame
52:56de son ouvrage
52:57qui est clairement
52:57l'histoire
52:58d'une histoire
52:59saffique
53:00et donc il explique
53:02le jeu
53:03avec la masculinité
53:04etc.
53:04on s'est montré
53:05comme un auteur
53:07plein d'emphase
53:08qui commence à s'émerveiller
53:10de son propre roman
53:12qu'il est en train d'écrire
53:13et dans lequel
53:13il raconte une histoire
53:14d'amour les mains
53:15et en fait
53:16dans la version
53:17des années 50
53:18la scène n'existe pas du tout
53:20pas du tout
53:22jusqu'à
53:23et là je me suis dit
53:24est-ce que
53:25alors comme je ne suis pas
53:26allée voir les pièces originales
53:27mais quelqu'un en littérature
53:29ou en théâtre
53:29pourrait le faire
53:31est-ce que c'était
53:31dans la pièce
53:32est-ce que ça a été rajouté
53:33est-ce que c'est
53:34un ajout des comédiens
53:35des comédiens
53:38oui
53:39pour Louis Verneuil
53:43pour sûr
53:44non ça l'était pas
53:44parce que Verneuil
53:46il était
53:48oui
53:50alors
53:50Bahier et Grédi
53:52oui il pouvait
53:53Bahier et Grédi
53:54de toute façon
53:55c'est très Kemp
53:56les pièces
53:57Bahier et Grédi
53:58c'est
54:01Jacqueline Maillan
54:02quoi
54:02au milieu de la pièce
54:03non
54:04ah oui
54:06sur mes yeux
54:09c'est l'heure
54:09des éducaces
54:10ouais
54:13merci à vous
54:14merci à vous
54:15merci à vous
54:15merci à vous
54:16merci à vous
54:17merci à vous
54:17merci à vous
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