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  • il y a 34 minutes
Chères lectrices, chers lecteurs,

Jeudi 9 avril, nous avons eu le plaisir d'accueillir Bettina Ferdman pour une soirée autour de son nouvel ouvrage paru aux éditions de L'observatoire : Le dernier choix.

🎙️ Discussion animée par Catherine Siguret.

Vous souhaitant de belles lectures,

L'écume 🌊

-

📖 La Quatrième : Dans ce témoignage poignant et nécessaire, l'auteure brise le silence qui entoure trop souvent le suicide assisté pour donner la parole à ceux qui restent.

Que reste-t-il aux proches lorsque la mort est choisie ? En Suisse, où cette pratique est autorisée, l'auteure a vécu deux expériences radicalement opposées : celle de son père, qui n'a prévenu personne avant son geste, et celle de sa mère, qui a annoncé son intention pendant dix-sept ans avant de finalement renoncer et mourir naturellement.
À travers ces deux destins, l'auteure révèle une vérité dérangeante : être prévenu ne signifie pas être préparé. L'expérience avec sa mère le lui a prouvé. Anticiper une mort qui n'arrive peut-être jamais génère une angoisse permanente, sans pour autant préparer à l'absence définitive.
Ce récit intime et universel explore les zones d'ombre du droit à mourir dans la dignité. L'auteur ne remet pas en question ce droit fondamental, mais interroge ses répercussions sur l'entourage. Elle montre comment le choix de mourir se propage par cercles concentriques, touchant tous ceux qui aiment le décisionnaire. Elle témoigne aussi de la force de l'instinct de vie : décider du suicide assisté n'est jamais spontané, même face à une maladie terrifiante.
Loin des débats théoriques, ce livre donne un visage humain à une question de société majeure. Il rappelle que la mort, programmée ou non, cueille toujours les proches par surprise et que chaque façon de mourir demande du courage. Un texte fort, nécessaire, qui aidera les familles confrontées à ces choix déchirants et contribuera au débat public sur la fin de vie.
Transcription
00:00Petit rappel, c'est qu'en France, la loi peine à arriver et la chose qui est intéressante, c'est
00:07que Bettina, déjà à part son histoire personnelle, a ce statut particulier d'être suisse et que tout le monde
00:14pense qu'en Suisse, il y a une loi qui est passée il y a très longtemps, parce que la
00:19Suisse est très permissive et pas du tout, car en Suisse, il n'y a pas de loi qui autorise
00:23le suicide assisté.
00:24Donc Bettina, est-ce que tu peux en parler de, justement, quelle est la législation, on va dire, comment c
00:30'est encadré, comment le suicide assisté est encadré à partir du moment où aucune loi n'est jamais passée ?
00:36En fait, il y a eu une loi qui a passé pendant la guerre, la Deuxième Guerre mondiale, qui était
00:43pour aider les personnes qui s'étaient plus ou moins comportées pendant la guerre et on pouvait les aider à
00:53se suicider.
00:54Et donc ça, c'est la base, en fait.
00:57De façon privée.
00:57De façon totalement privée.
00:59Et puis, par la suite, il y a des individus qui se sont dit, ah, mais dans le cas d
01:06'une maladie, d'une situation très particulière, on pourrait utiliser cette loi.
01:13Et finalement, c'est comme ça que ça a donné un cadre, on va dire, légal au suicide assisté.
01:22Et ce qui est important à exprimer, c'est qu'en Suisse, un médecin ne peut pas faire.
01:31Donc l'euthanasie, ce qui est légal en Belgique, par exemple, et ce qui est préconisé dans votre loi de
01:40fin de vie ici en France, c'est que le médecin peut le faire.
01:44En Suisse, il ne peut pas le faire. C'est la personne, l'individu, le patient qui, lui, doit faire
01:54le geste.
01:56Avec deux sortes de façons de procéder. Il faut être en état de mettre fin à ses jours, en réalité,
02:04avec une aide d'une association qui apporte le produit qui est prescrit par un médecin.
02:10Mais donc, c'est hors cadre médical.
02:12Voilà, c'est vraiment une responsabilité individuelle de décider, pour des raisons qui concernent l'individu en tant que tel,
02:23de décider de le faire ou pas.
02:25Mais c'est un médecin qui prescrit un produit et la personne va, elle, ou la boire.
02:33Ou, si elle n'est pas en capacité de le faire, pouvoir le faire en intraveineuse, mais en faisant elle
02:39-même le geste.
02:41Voilà.
02:41Là, tu es rentrée vraiment dans le sujet directement.
02:46Et oui, avec ce...
02:48Non, je dis ça parce que je sais qu'il y a beaucoup de réticence en France.
02:51Et en fait, il y a aussi cette assurance que l'association prend en arrivant.
02:56C'est-à-dire que le patient appelle quelqu'un, l'association arrive et elle n'agit pas.
03:02Elle dit, savez-vous pourquoi je suis là ?
03:04Pour s'assurer, en fait, que les gens sont pleinement conscients, pleinement volontaires, pleinement lucides et qu'ils n'ont
03:11pas changé d'avis.
03:12Et donc, alors, c'est le fait que ce soit possible en Suisse qui fait que, donc, toi, tu as
03:19eu l'expérience avec tes deux parents.
03:22Ce qui est rare au sens où tes deux parents ont demandé l'aide à mourir et dans des circonstances
03:28totalement différentes.
03:31Donc là, je voudrais juste qu'on parle de l'état physique de ton père, d'un côté, et de
03:37l'état physique de ta mère.
03:39Parce que ça contredit un petit peu tout ce qu'on croit.
03:42C'est-à-dire qu'on croit qu'il y a des maladies.
03:44Ah oui, alors dans ce cas-là, c'est bien de le faire.
03:46Et puis d'autres où non, il ne faut pas que ça rentre dans le cadre, etc.
03:51Et en fait, on s'aperçoit que le ressenti du patient, il n'a rien à voir avec la maladie.
03:55C'est-à-dire que, donc, raconte ton père et ta mère les deux configurations qui ont fait qu'ils
04:00ont écrit à l'association pour demander le...
04:02Alors déjà, c'était à 17 ans d'écart.
04:07Mon père en 2007.
04:09Ma mère en 2025.
04:14Mon père, donc, avait des problèmes cardio depuis plus de 25 ans.
04:22Donc, et il était finalement...
04:26Voilà.
04:27Il était, on va dire, vers une fin programmée dans le sens où il avait décidé qu'il ne voulait
04:34pas être réanimé,
04:35s'il avait un arrêt cardiaque, etc.
04:39Mais voilà, il avait besoin d'une assistance respiratoire.
04:47Il était valide et il allait au restaurant.
04:48Mais il allait au restaurant.
04:50Il est allé la veille de sa mort.
04:54Ma mère a été diagnostiquée en mars 2024 avec la maladie de Charcot,
05:00qui est une des maladies considérées par l'Organisation mondiale de la santé comme une des pires et incurables aujourd
05:09'hui,
05:09où vous êtes enfermé dans votre corps.
05:12Et en fonction du type de la maladie de Charcot que vous avez,
05:16vous n'êtes plus en capacité, c'était le cas de ma mère,
05:20de parler, de manger, de déglutir.
05:24Et donc, c'est une fin de vie extrêmement compliquée.
05:28Si on devait...
05:29On ne peut pas comparer, mais je pense que ta question est par rapport à ça.
05:34Si on devait comparer les deux maladies ou les deux situations dans lesquelles mon père et ma mère se trouvaient,
05:41mon père était un jeune homme à côté de ma mère au moment de son choix.
05:48Voilà.
05:48Et donc, le choix, on va quand même un petit peu dévoiler,
05:51c'est que, contrairement à ce qu'on imagine,
05:56ton père, lui, est allé au bout du processus,
05:59c'est-à-dire a été fermement décidé,
06:02et ta mère a cru le vouloir,
06:06et finalement, ne l'a pas voulu.
06:07Enfin, il y a une dichotomie entre les deux.
06:11qui a été incroyable, quoi,
06:12avec le délai de...
06:15Il faudrait que tu racontes les deux façons dont tes parents t'en ont parlé.
06:22Alors, mon...
06:24C'est important aussi de dire, c'est que je suis phionique.
06:27C'est important dans le contexte.
06:33Et mon père m'a appelée un vendredi matin,
06:36j'étais au bureau,
06:37et m'a dit, qu'est-ce que tu fais à midi ?
06:38J'ai un truc à te dire.
06:41Et il avait une voix, ça avait l'air assez important.
06:45Et je lui ai dit, OK, je viens déjeuner.
06:47Et je vais déjeuner chez mes parents.
06:50Et mon père me demande ce que je fais lundi.
06:53Et je lui ai dit, écoute, je ne sais pas, moi, je bosse, un truc normal.
06:56Et il me dit, parce que lundi, je fais Exit.
06:59Et Exit, c'est l'association d'aide à mourir.
07:03Il y a deux associations en Suisse, Dignitas, que les étrangers connaissent en général.
07:10Et puis Exit, qui accepte que les Suisses, mais voilà, ils dénent à mourir.
07:15Et donc, il dit ça, un déjeuner entre ma mère et moi, entre la poire et le fromage.
07:23Et il ajoute, j'aimerais que vous soyez là.
07:28Et donc, on est un vendredi midi pour un lundi matin.
07:31Et tu ne t'y attendais pas du tout.
07:33Et je ne m'y attendais pas du tout.
07:35Il n'en a jamais parlé, ni à moi, ni à ma mère, avant.
07:41Et donc, voilà, ça c'est comment mon père, finalement, nous annonce la chose à ma mère et moi.
07:51Et puis, il ne va pas le faire le lundi.
07:56Il va changer d'avis, puis il va le faire une semaine plus tard.
07:59Mais il va le faire.
08:00Mais il va le faire.
08:02Et il n'en a jamais parlé avant.
08:06Et ma mère, c'est aux antipodes.
08:08Et ma mère a trouvé, que mon père nous avait épargnés.
08:15Et elle a, dès le départ, trouvé le geste de mon père extraordinaire, d'un amour extraordinaire.
08:23Et moi, j'avais toujours considéré que la façon dont il, pas qu'il le fasse,
08:30mais que la façon dont il l'avait fait, était quand même assez violente.
08:34Et ma mère, pendant 17 ans, m'a dit, je ferai comme ton père.
08:39Si je suis dans une situation, je ferai comme ton père.
08:43Et est-ce que toi, tu seras là ?
08:45Et je lui ai toujours dit, si j'ai le temps de me préparer, bien sûr, maman, je serai là.
08:52Et quand il y a eu le diagnostic de Charcot,
08:57donc c'est quand même la pire mort qu'on puisse,
09:01une des pires morts qu'on puisse imaginer en termes médicals aujourd'hui.
09:06En fait, la question ne se pose même pas,
09:08parce que ça fait 17 ans que c'est un sujet, je le ferai si j'ai besoin de le
09:12faire.
09:13Et moi qui lui dis, si tu ne me le dis pas un vendredi pour un lundi,
09:16bien évidemment, je serai là.
09:19Donc, en fait, EXCIT s'impose dès le diagnostic de la maladie.
09:32Et en fait, ce n'est pas une question pour ma mère,
09:35ce n'est pas une question pour moi.
09:37et en fait, elle ne l'a pas fait.
09:41Voilà.
09:43Parce qu'en fait, en gros,
09:46qu'est-ce que ça t'a appris sur la décision
09:52et sur le fait qu'on n'est pas capable, en fait,
09:54de dire qui on sera quand on sera malade ?
09:58C'est-à-dire que moi, c'est ça qui m'a surpris.
10:00En fait, ta mère s'est dit, c'est une mort insoutenable,
10:03c'est une maladie affreuse.
10:05Et finalement, elle s'est retrouvée beaucoup plus courageuse
10:08que ce qu'elle aurait cru, quoi.
10:11Mon père, il a été courageux aussi, puisqu'il l'a fait.
10:14Et voilà, je pense qu'on est...
10:16Oui, c'est ce que tu dis, c'est qu'il y a deux sortes de courage,
10:19de continuer et d'abriger.
10:22Oui.
10:25Ce que je pense avoir compris,
10:29c'est que ma mère était dans un fantasme
10:32de faire ce que mon père avait fait.
10:35mais qu'elle n'avait sans doute pas fait le chemin intérieur
10:40pour aller jusqu'au bout,
10:44même si je pense qu'elle y a cru,
10:46puisqu'elle avait donné une date,
10:50elle avait demandé...
10:53Elle voulait partir une fois qu'elle pouvait dire au revoir
10:56à sa petite-fille,
10:57qui travaillait en Grèce à l'époque.
11:00Donc, il y a eu toute une cérémonie d'adieu.
11:05Et voilà.
11:06Et puis, elle ne l'a pas fait.
11:08Et je pense qu'elle ne l'a pas fait
11:10parce que son chemin intérieur n'était pas fait.
11:13Et qu'une fois qu'elle avait quelque part
11:15dit au revoir à sa petite-fille,
11:17et que voilà, c'était là,
11:20tout d'un coup,
11:21ce n'était plus le sujet.
11:24Alors que mon père faisait des choses un peu étonnantes
11:28la dernière année de sa vie.
11:32Il était parti dans un Modestère
11:35faire une retraite silencieuse
11:39alors qu'il était juif pratiquant.
11:41Il est parti en bus
11:45voir des tulipes en Hollande
11:47alors qu'il prenait le Concorde
11:49pour faire le tour de la Terre à l'époque.
11:52Et puis nous, on ne s'est pas forcément rendu compte.
11:56Et c'est par la suite qu'on s'est dit
11:58« Ah, ben voilà, lui, il a fait un chemin,
12:01je pense, spirituel
12:02qu'il a amené
12:04et il a voulu nous protéger.
12:06Ça, j'en suis intimement convaincue
12:10aujourd'hui,
12:11mais je ne l'ai pas été
12:13pendant une grosse décennie. »
12:17Mais du coup, est-ce que,
12:18parce que tu expliques aussi
12:20que tu as beaucoup souffert
12:22de ces deux façons de procéder.
12:24Une qui était finalement de prévenir trop tard,
12:26c'est-à-dire,
12:28ou toi, tu n'avais pas le temps de te préparer
12:31et ta mère,
12:32ou au contraire,
12:33tu étais trop préparée
12:34puisque finalement,
12:35ça n'aurait jamais lieu.
12:39Je pense que quand on est proche
12:42et qu'on fait face à une situation comme ça,
12:48moi, j'ai toujours,
12:50enfin, j'ai pensé pendant
12:52plus de 16 ans quand même,
12:54c'est long, hein, 16 ans,
12:56que si mon père
12:58m'avait prévenu
13:00pas 48 heures avant,
13:04j'aurais eu le temps de me préparer
13:08et j'aurais été présente.
13:13parce que, bon,
13:13j'avais quand même en 48 heures
13:15réussi à avoir un psy,
13:16réussi à avoir un rabbin,
13:18mais bon,
13:18personne ne vous donne la clé
13:20de « êtes-vous là,
13:22pas là, etc. »
13:23Mais donc, quand même,
13:24pendant 16 ans,
13:25je me suis dit
13:26« si nous avions préparé,
13:29ça aurait pu être différent. »
13:32Et ma mère,
13:33qu'en a parlé pendant 17 ans,
13:35mais sans vraiment en parler,
13:37je pense,
13:40et je me suis beaucoup préparée
13:42les derniers mois,
13:44finalement, on ne l'a pas fait
13:46et ne me souhaitait pas
13:47à côté d'elle non plus.
13:51Et donc, je crois qu'il y a,
13:54quand vous lirez le livre,
13:56j'espère que vous le lirez,
13:58il y a un tic-tac, en fait,
14:00pour le proche.
14:01Il y a un tic-tac qui,
14:03et là, en vous parlant,
14:04j'ai la chair de poule,
14:05parce que rien que de dire tic-tac,
14:07je sais ce que c'est.
14:09C'est 48 heures de tic-tac,
14:11c'est des mois de tic-tac,
14:14parce que c'est une mort
14:15qui est programmée
14:19et en fait,
14:20on n'est jamais préparé
14:22à la mort de ceux qu'on aime,
14:25même si la mort est programmée.
14:27Et moi, je peux témoigner
14:28que même quand elle est programmée,
14:30elle reste totalement imprévisible.
14:33parce que mon père nous a dit
14:34je vais le faire lundi.
14:36Finalement, il a changé d'avis,
14:37il l'a fait une semaine après.
14:39Ma mère m'a dit
14:40pendant 17 ans,
14:40je vais le faire.
14:41Elle a mis une date,
14:42puis finalement,
14:42elle ne l'a jamais fait.
14:47Mais en fait,
14:49tu expliques qu'en gros,
14:51en France,
14:52souvent dans le débat,
14:53parce qu'on n'a pas le recul,
14:55évidemment, des Suisses,
14:57dans le débat,
14:58on entend souvent répéter
15:00c'est une décision personnelle,
15:02avec des proches qui disent
15:04c'est formidable,
15:05c'est sa décision personnelle.
15:07On ne se rend jamais compte
15:08en fait de la déchirure des proches.
15:10Et toi,
15:10tu t'es aperçu quand même
15:11qu'il y avait une souffrance
15:15ou une implication totale,
15:17notamment par exemple pour ta mère
15:18qui se fait accompagner
15:19dans les démarches.
15:20Il y a des passages du livre
15:22où tu racontes
15:22quand elle reçoit l'association
15:24qui dit
15:25vous préférez l'injection
15:26ou la boisson.
15:27On est quand même dans du...
15:30C'est très douloureux.
15:32Disons que le suicide assisté,
15:34c'est quelque chose
15:35de très pragmatique.
15:37Qui implique tout le monde.
15:38Qui implique...
15:39Enfin, tout le monde,
15:40tout l'entourage.
15:41En tout cas,
15:42qui a un impact
15:43sur l'entourage
15:45qui est important.
15:48Et ma motivation de départ
15:50d'écrire ce livre,
15:54c'était de pouvoir partager
15:56une expérience de proche
15:59pour des proches
16:01ou des personnes
16:01qui réfléchissent peut-être
16:03à le faire
16:06en étant...
16:07en ayant à la fois
16:08une double histoire
16:11et en n'étant pas forcément
16:14dans tout le monde s'aime,
16:17c'est magnifique
16:19et tout le monde
16:20est autour du lit
16:21et ça se passe
16:22comme une lettre
16:22à la poste.
16:23Et c'est pas une question
16:24d'amour
16:25parce que l'amour
16:26il est inconditionnel.
16:27J'avais un amour
16:27inconditionnel pour mon père,
16:29un amour inconditionnel
16:30pour ma mère
16:31même si les relations
16:32étaient très différentes
16:47entre mon...
16:48pour permettre,
16:50faciliter à quelqu'un
16:51qui souffre
16:52et qui a fait un choix
16:57responsable.
16:58Mais l'impact
16:58sur les proches
17:00il est important.
17:04Et ce livre,
17:05je l'ai écrit justement
17:07pour...
17:08tu dis pour qu'on pense
17:10pas que c'est un conte
17:10de fées
17:11parce que c'est vrai
17:11que quand on voit les...
17:12comme en France
17:13on est encore dans le combat
17:14pour que la loi passe,
17:17on voit pas des gens
17:18qui sont éprouvés,
17:19on voit des gens
17:19qui sont pour
17:21et qui sont empêchés.
17:22donc...
17:23Alors j'ai toujours été
17:26pour le droit de mourir
17:27dans la dignité,
17:28je n'ai jamais changé d'avis.
17:31En revanche,
17:32je pense que c'est important
17:33de se rendre compte
17:35de l'impact
17:36que ça a
17:37et de...
17:39sur l'entourage
17:40et qu'il y ait
17:41une parole des proches
17:42qui puisse être...
17:46voilà...
17:47communiquée.
17:47Et peut-être
17:48une gravité aussi
17:50à avoir
17:51quand on en parle,
17:52c'est-à-dire
17:52de ne pas en parler,
17:53je dirais à tort
17:54et à travers,
17:55en sorte de torturer
17:56les autres
17:57et que finalement
17:58ça ne se passe pas
17:58parce que c'est
17:59une douleur chaque fois.
18:02Disons,
18:03je pense que c'est
18:03un petit peu différent
18:05la France
18:06et la Suisse
18:06aujourd'hui
18:07dans le sens que
18:08en Suisse
18:09c'est quelque chose
18:11qui est un cadre légal,
18:12on connaît Exit,
18:14on connaît Dignitas,
18:16on sait qu'on peut le faire
18:17si on en a envie.
18:19Pour autant,
18:19est-ce que c'est facile
18:20ou pas ?
18:21Je ne pense pas.
18:22En France,
18:24la loi
18:25sur la fin de vie,
18:27voilà,
18:28vous allez...
18:28elle va être...
18:30j'espère
18:31pour vous,
18:33voter
18:35prochainement
18:35mais encore une fois,
18:37ce n'est pas parce
18:38qu'elle va être votée
18:39et que vous aurez
18:40la possibilité
18:41de le faire
18:41que c'est forcément
18:44facile,
18:45simple
18:45et que ça
18:46n'impacte pas
18:48et la personne
18:49qui le décide
18:50et ses proches
18:53qui l'aiment.
18:54Est-ce que ça a changé
18:56quelque chose
18:56par rapport
18:57à tes choix,
18:59à toi,
19:00est-ce que tu y as pensé ?
19:02Parce que tu es en longue vie,
19:04il est tout de même
19:04jusqu'à 120 ans,
19:06mais...
19:06alors je...
19:10bien sûr,
19:11parce que...
19:17dans ma conclusion,
19:19c'est qu'on est quand même
19:20dans une société
19:23où très souvent,
19:25la mort est mise à distance
19:26ou aseptisée
19:28où on n'en parle pas forcément
19:31où c'est tabou
19:33et donc,
19:35oui,
19:35pour moi,
19:36à titre personnel,
19:40j'ai commencé
19:41à réfléchir
19:42à ma propre mort.
19:45J'ai décidé
19:46d'avoir un dialogue
19:49sur ça aussi
19:50avec ma fille,
19:53mes proches,
19:55mes belles petites filles,
19:56justement,
19:57pour que ce ne soit pas
20:00quelque chose
20:01de tabou
20:02et voilà,
20:05quelque chose
20:05de naturel,
20:08programmé ou non.
20:09Et qu'est-ce que tu as envie
20:10de donner au lecteur
20:12et tu penses que
20:16ça va répondre à quoi ?
20:17Ça va répondre
20:18à quelles questions ?
20:19Ou ça va répondre
20:20aux gens
20:20qui se posent
20:21quelles questions ?
20:23Plus aux gens
20:25qui pensent
20:25pour eux-mêmes,
20:26aux proches ?
20:31Encore une fois,
20:32la motivation première,
20:33c'était
20:35d'un proche
20:36pour un proche.
20:39parce qu'il n'y a pas
20:42un SOS
20:43excite.
20:44Le jour où on vous dit
20:46je vais le faire lundi,
20:47vous appelez qui ?
20:49Vous faites quoi ?
20:50C'est quand même
20:51une bombe.
20:54donc je me dis
20:56des proches
20:58où l'ont vécu
20:59et ça a été compliqué
21:00où il y a une discussion
21:02dans la famille
21:03et voilà,
21:05ça peut peut-être
21:06donner des clés
21:07ou pas.
21:09peut-être
21:10peut-être
21:10que les gens
21:11qui y pensent
21:14c'est un choix
21:18conscient,
21:19responsable
21:20mais qui va
21:20avec responsabilité
21:21va avec devoir
21:22ou peut-être
21:23ça peut éclairer
21:24aussi sur ce qui
21:25peut arriver
21:26à ses proches.
21:28Ça a été
21:29voilà
21:30et ça a été
21:31aussi thérapeutique
21:32et je ne m'y attendais pas
21:33mais voilà,
21:34on l'a écrit ensemble
21:38pendant,
21:39avant
21:39et puis pendant
21:41et ça,
21:42je ne pourrais jamais
21:43te remercier
21:44de ce que tu as
21:46permis de faire.
21:48Là,
21:49ça va être dur.
21:51parce que voilà,
21:52on l'a écrit
21:54au long cours
21:56ce récit
21:56donc ça a été
21:58thérapeutique
21:58et puis
21:59puis à la fin,
22:01je me suis dit
22:01mais en fait,
22:02c'est un livre
22:03de transmission
22:04donc je l'ai écrit
22:05pour ma fille,
22:06Manon
22:08et ce matin,
22:09je me suis réveillée
22:11et je me suis dit
22:12je l'ai écrit
22:13pour mon père
22:13et ma mère.
22:14Donc si vous m'appelez
22:16dans 15 jours,
22:17peut-être j'aurai
22:17encore une autre.
22:18j'aurai peut-être
22:19encore une autre
22:21interprétation
22:21mais voilà,
22:22ce matin,
22:25je me suis dit
22:26je l'ai écrit
22:27pour eux
22:29et voilà.
22:31On peut peut-être
22:31laisser de la place
22:32aux questions
22:32parce qu'il est le temps
22:33de faire des budicaces
22:34qui comme ça
22:34tout se prend
22:35un mouchoir.
22:36Est-ce que vous avez
22:37des questions
22:40pour Béthina ?
22:42Allez.
22:53Oui,
22:53elle soulève même
22:55des questions
22:55que je n'avais pas.
22:57C'est-à-dire que
22:58je trouve qu'effectivement,
23:00savoir comment
23:01on en parle aux proches,
23:02on se dit
23:02quand on sera gravataire
23:04horrible
23:04avec une maladie incurable
23:06et une mort prochaine,
23:07on le dira,
23:08mais tout ira bien.
23:09les gens diront
23:09super.
23:10Et en fait,
23:10il ne se passe pas
23:11du tout comme ça.
23:12Enfin,
23:12je veux dire,
23:12c'est atroce quoi.
23:14Ouais,
23:15ouais.
23:1750 ans.
23:18Ouais.
23:19Alors,
23:19c'est ça qui est fou
23:20quand même
23:20parce qu'elle est
23:21le témoin
23:22des deux histoires
23:25et elle me dit
23:26j'apprends encore des choses.
23:27c'est quand même un peu,
23:28je me dis
23:29c'est quand même bizarre.
23:31Parce que voilà.
23:33Dans cette assistance,
23:35elle est la personne
23:36qui connaît
23:36toute l'histoire.
23:47Juste une question
23:48parce que
23:48comme vous le dites
23:49moi,
23:49c'est plus sur le rapport
23:50à la mort,
23:51pas forcément
23:52sur l'environnement.
23:54Votre mère,
23:55donc,
23:55elle est malade,
23:58c'est une affaire
23:58très très dure,
23:59charcut.
24:01En fait,
24:01ça ne peut être vu
24:02que comme une libération.
24:04Qu'est-ce qui fait
24:04qu'elle n'a pas fait ?
24:06C'est parce qu'on parle
24:08de l'amant,
24:09on a du mal
24:09à mettre de mots dessus.
24:12En fait,
24:13pour votre mère,
24:14c'était l'internative
24:17qui semble la plus positive.
24:18Donc,
24:18qu'est-ce qui fait
24:19qu'elle est reprisée ?
24:20Et d'autant qu'à la fin,
24:21on ne voit pas
24:22ce qui lui reste
24:23comme plaisir.
24:23Il n'y a quasiment plus rien.
24:25Il n'y a plus rien.
24:26Elle ne peut plus parler,
24:28elle ne peut plus manger,
24:29elle ne peut plus déglutir,
24:31etc.
24:33Il n'y a qu'elle
24:34qui peut répondre
24:35et au moment où
24:39elle ne pouvait plus répondre,
24:41elle ne pouvait plus écrire,
24:42elle ne pouvait plus répondre.
24:45Moi,
24:46ce que j'ai pu observer,
24:49et elle n'était pas croyante,
24:51parce qu'il y a eu
24:52beaucoup de...
24:54Moi,
24:55je me disais aussi peut-être
24:56pour quelqu'un
24:59que j'ai beaucoup aimé
25:00et qui, lui,
25:01a attendu
25:01qu'on vienne le chercher,
25:03je me disais,
25:04lui,
25:04je comprends,
25:05il est très croyant,
25:07il attend qu'on vienne le chercher.
25:09Ma mère,
25:09elle n'était pas croyante
25:11et je pense vraiment
25:13qu'il y a un instinct animal
25:15et c'est comme ça
25:16que moi,
25:16je le pressens,
25:19c'est qu'elle ne voulait pas partir,
25:21ma mère.
25:23Trois heures avant,
25:25son décès,
25:27elle me montrait la porte
25:28et la fenêtre,
25:29elle était dans un hôpital
25:33en palliatif
25:35et elle,
25:36clairement,
25:37elle avait envie
25:38de se tirer
25:39et ça,
25:39c'était trois heures avant.
25:41donc,
25:43il y avait un instinct
25:44qui fait que...
25:46C'était quelqu'un
25:47dur aussi,
25:49d'héroïque,
25:50un peu de solide,
25:51enfin,
25:51qui aimait le combat.
25:52Il y a peut-être aussi cette...
25:54Oui,
25:55elle avait aussi lutté
25:57contre des cancers.
26:00Elle était...
26:00C'était une femme...
26:03C'était une battante.
26:07Oui,
26:07c'était une battante
26:08et plus particulièrement
26:11par rapport à cette maladie
26:14qui est vraiment
26:18très complexe.
26:20Elle s'étouffait,
26:22mais elle ne souffrait pas.
26:24C'est-à-dire qu'elle,
26:25clairement,
26:26une fois qu'elle s'étouffait,
26:29même si c'était 40 fois par jour,
26:31après,
26:31ça passait.
26:34Et donc,
26:35je pense qu'elle s'est aussi
26:37habituée à ça.
26:38Et donc,
26:38en tant que proche,
26:39on ne peut pas s'habituer
26:41à avoir sa mère s'étouffée.
26:43Mais par contre,
26:44je pense qu'elle s'est habituée
26:45à ça.
26:47Et elle avait toute sa tête.
26:48Donc,
26:48quand elle me montrait
26:49la fenêtre et la porte,
26:52elle me montrait vraiment
26:53la porte et la fenêtre.
26:54Elle ne voulait pas rester
26:55où elle était.
26:57Voilà.
26:58Mais il y a quelqu'un
26:59qui pourrait vous répondre.
27:02Je ne sais pas
27:03si elle était plus lourde.
27:06Est-ce que ta vision
27:08de la relation
27:09qu'a eu avec tes parents
27:10a changé
27:12ou a évolué
27:14avec l'idée
27:15d'une heure programmée
27:16et proche ?
27:25Mon père,
27:28ça n'a rien changé
27:29à notre relation,
27:30si ce n'est que j'ai pu
27:32être en colère
27:33au début
27:35parce que je l'ai jugé
27:38en disant
27:39mais en plus,
27:40on était très proche
27:41et on se parlait beaucoup.
27:43Donc,
27:43en disant
27:44mais comment il a pu
27:45comme ça
27:47décider du jour au lendemain
27:48et ne pas nous laisser le temps.
27:51Voilà.
27:52donc ça n'a pas changé
27:55ni la relation
27:55ni mon amour
27:56mais ça a pris du temps
27:58pour moi
27:58de faire le deuil.
28:01Pour ma mère,
28:02la relation était
28:03plus complexe
28:08et je pense aussi
28:10que quand on parle
28:11de suicide assisté,
28:13c'est aussi une question
28:14de la relation
28:15et aussi de la maladie
28:17parce que la maladie
28:18était difficile
28:18et comme je l'ai dit
28:20ben voilà
28:20de l'avoir s'étouffer
28:23tout le temps,
28:25des fois je lui en voulais
28:26un peu
28:26en me disant
28:27mais
28:27ce n'est pas possible
28:29elle serait mieux
28:30pas là
28:31et puis en même temps
28:32ben
28:32ce n'était pas son choix
28:34donc ça
28:36comment dirais-je
28:37ça
28:39je ne dirais pas
28:40que ça en tâche
28:40mais
28:42ça crée des tensions
28:43parce qu'on voit
28:44l'autre souffrir
28:45et
28:46c'est difficile
28:49je ne sais pas
28:50si j'ai répondu
28:50à ta question
28:54peut-être
28:55peut-être
29:00le dernier message
29:01que j'aimerais
29:02partager
29:04avec vous
29:05ce soir
29:06dans tout ce débat
29:10en fait
29:10on parle
29:12de
29:12mourir
29:13avec dignité
29:15et
29:18et je pense
29:20que ce serait
29:21faux
29:23de dire
29:24que
29:27mourir
29:27dignement
29:28c'est
29:29mourir
29:32propre
29:33sans maladie
29:34ou sans dégradation
29:35je pense
29:36que
29:36mon père
29:37est mort
29:38digne
29:38en décidant
29:39et en le faisant
29:41et je pense
29:43que
29:43ma mère
29:44qui était
29:45une très belle femme
29:47et qui a été
29:49très dégradée
29:50à la fin
29:51est morte
29:51digne aussi
29:53parce qu'elle a aussi
29:54enduré
29:55et
29:55donc
29:56les deux
29:57avaient du courage
29:57et les deux
29:59étaient dignes
30:00et que
30:02voilà
30:03et que je pense
30:04que la
30:04la notion
30:05de mourir
30:06en dignité
30:07elle n'est pas
30:08forcément liée
30:09à l'aspect
30:11physique
30:12de la personne
30:14oui
30:14ressenti
30:15de l'extérieur
30:15ressenti
30:16de l'extérieur
30:17je pense que
30:18mes deux parents
30:18étaient
30:19et courageux
30:20et dignes
30:21dans
30:22dans leur
30:23dernier choix
30:26dans le discours
30:27environ
30:29mourir
30:30dans la dignité
30:31c'est toujours
30:31attaché
30:32au suicide
30:33assisté
30:33comme si
30:35les autres
30:36ne mouraient pas
30:37dans la dignité
30:38c'est dommage
30:42et qu'ils se sont
30:43appropriés
30:44ce langage
30:45et c'est pour ça
30:46que je disais ça
30:47et tu le dis mieux
30:48que moi
30:49mais c'est pour ça
30:50que je pense
30:50que c'est vraiment
30:51important
30:53je pense que ma mère
30:54est morte digne
30:55en endurant un truc
30:56qui n'était pas simple
30:58mais qu'elle est morte digne
30:59mon père est aussi
31:00mort digne
31:01et pourtant
31:02c'est
31:04très différent
31:07bon
31:08tu vas peut-être
31:08passer aux signatures
31:09et je vais passer
31:10aux signatures
31:12et j'aimerais
31:13j'aimerais remercier
31:16Catherine
31:16parce que
31:18voilà
31:18sans elle
31:19nous ne serions pas là
31:20et j'aimerais
31:21remercier
31:23Dominique
31:24qui m'a fait rencontrer
31:26Catherine
31:27et donc
31:28sans elle
31:29nous ne serions pas là
31:32non plus
31:32voilà
31:35ah il y a encore une
31:36je peux poser
31:37une dernière question
31:39comme tu as vécu
31:40la surprise
31:41et tu as vécu
31:44je ne sais pas
31:45comment tu dis
31:46on te l'a dit
31:46pendant des années
31:48qu'est-ce que
31:49toi
31:50tu préconiserais
31:51oui
31:54parce que
31:55tu as vécu
31:55les deux
31:57on a vécu
31:57une partie ensemble
31:58et j'aimerais savoir
32:00quand on a commencé
32:01à discuter
32:03pour voir
32:04ce que tu penses
32:06pour toi
32:06parce que
32:07je pense que
32:07pour tout le monde
32:08c'est différent
32:09d'être juste
32:10et donc
32:10ce qu'on veut
32:11mais pour toi
32:11qu'est-ce que c'est juste
32:12qui est très juste
32:13et qui est très juste
32:13avec toi
32:16alors je pense que
32:17je pense que si quelqu'un
32:18c'est ma fille
32:22je pense que
32:24si quelqu'un
32:24venait vers moi
32:25et peut-être que
32:26dans le cadre
32:27de l'apparition
32:27du dernier choix
32:29ça va m'arriver
32:30régulièrement
32:30qu'on me dise
32:31et alors
32:32qu'est-ce que
32:32vous préconisez
32:34ben justement
32:35avec deux histoires
32:36aussi diamétralement
32:38opposées
32:39et singulières
32:40ça serait difficile
32:42pour moi
32:42de donner
32:43c'est ni trop tôt
32:45ni trop tard
32:45quand même
32:46il y a un côté
32:46ni trop tôt
32:47ni trop tard
32:48mais le ni trop tôt
32:50ou le ni trop tard
32:51en fonction
32:52de la relation
32:53et de la maladie
32:55n'est pas forcément
32:57le même
33:01et peut-être
33:02encore un complément
33:05d'information
33:06dans le cadre
33:07d'une maladie
33:08comme Charcot
33:09et je l'explique
33:10il y a une fenêtre
33:11de tir aussi
33:12qui est complexe
33:13parce que
33:14à quel moment
33:15la personne
33:16peut ou ne peut plus
33:18le faire
33:18par elle-même
33:20puisqu'on parle
33:20de suicide assisté
33:22et non d'euthanasie
33:24donc il y a ça
33:26qui est complexe
33:32je pense que
33:33je pourrais
33:34partager mon expérience
33:36et que ce livre
33:37est là pour ça
33:38mais donner un conseil
33:40ces deux expériences
33:42m'ont montré
33:42que c'est très difficile
33:43de donner
33:45un conseil
33:46et pour avoir vu
33:48un psy
33:48à l'époque
33:49de mon père
33:49et un rabbin
33:52enfin un homme spirituel
33:53ils n'avaient pas
33:55de réponse
33:55non plus
33:56et voilà
33:59en revanche
34:00en ce qui me concerne
34:01le dialogue
34:02est ouvert
34:03ma fille
34:06voilà
34:07on va essayer
34:07de parler d'autres choses
34:08après
34:12merci à vous
34:13d'être venus
34:14de m'avoir écouté
34:15c'était une première
34:16pour moi
34:17il y aura
34:18un vernissage privé
34:20à Genève
34:21le 23 avril
34:22et je vous souhaite
34:24une bonne lecture
34:24merci
34:26merci
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