- il y a 9 heures
Le harcèlement scolaire pèse sur les épaules de nombreux enfants ou adolescents. Ce fléau fait parfois l’actualité, à tel point que l’on souvent entend parler des cas les plus tragiques. Par exemple, celui d’Evaëlle, 11 ans. En juin dernier, la jeune fille s’est suicidée chez elle, à Herblay dans le Val d’Oise. Elle ne supportait plus les humiliations qu’elle subissait dans son collège. Des hommes et des femmes se battent pour sensibiliser les élèves à cette question. Dans le Val d’Oise, au centre social d’Ermont-Eaubonne, Clawdia Prolongeau a assisté à un spectacle suivi d’une prise de parole. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Stéphane Geneste et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian.
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00:00Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:15Le harcèlement scolaire pèse sur les épaules de nombreux enfants ou adolescents.
00:19Ce fléau fait parfois l'actualité.
00:21On entend parler des cas les plus tragiques, celui par exemple d'Evael, 11 ans.
00:26En juin dernier, la fillette s'est suicidée chez elle à Herblay dans le Val-d'Oise.
00:30Elle ne supportait plus les humiliations qu'elle subissait dans son collège.
00:34Des hommes et des femmes se battent pour sensibiliser les élèves à cette question.
00:38Dans le Val-d'Oise, Claudia Prolongeau a assisté à un spectacle sur ce sujet, suivi d'une prise de
00:43parole.
00:50Ce soir-là, j'ai rendez-vous au centre social d'Hermont-aux-Bonne, où je dois retrouver Cléo Dengouin.
00:55C'est une autrice de théâtre de 27 ans qui a créé, il y a deux ans, une pièce sur
00:59le harcèlement scolaire,
01:00destinée au jeune public et inspirée de sa propre expérience.
01:05J'étais une vraie intello.
01:08J'aimais beaucoup l'école, j'aimais beaucoup lire, j'aimais beaucoup être avec des personnes plus âgées que moi,
01:14perfectionnistes et qui détestent l'échec, petites.
01:17Donc le fait que ça ne marche pas avec les autres, c'était d'autant plus frustrant,
01:19parce que j'avais désespérément envie qu'on m'aime et de réussir partout.
01:24Et quand ça échouait, c'était d'autant plus douloureux.
01:28Après, j'étais une petite fille très bavarde, très rigolote, je crois, hyper expansive.
01:34J'avais confiance en moi plutôt, dans l'ensemble.
01:36Et puis mise en confiance par mon entourage, parce que chez nous, on discute assez librement,
01:43on n'a pas de mal avec le fait de raconter ce qui se passe.
01:46Vers le CM1, j'ai senti que parfois j'étais plus à l'aise pendant l'école que pendant les
01:51récrés.
01:51Ça a été un peu le premier moment déclencheur, c'est que je n'étais jamais aussi tranquille
01:54que quand j'étais face à mon truc à faire.
01:56Et quand je me suis rendue compte que j'étais quand même plus à l'aise face à un papier
01:59que face aux autres de mon âge, là, ça a posé un peu souci.
02:02Je n'ai jamais été toute seule, toute seule.
02:04J'ai toujours eu des copains autour de moi, mais par contre, je me sentais de plus en plus isolée
02:09au fur et à mesure.
02:10J'avais des lunettes, j'avais des bonnes notes, je parlais dans un langage un peu
02:14châtié.
02:14Donc voilà, il y avait un côté un peu décalé.
02:16Je suis passé beaucoup de temps au CDI entre midi et deux parce que j'adore lire, évidemment,
02:19ce qui est très populaire quand on est en cinquième.
02:21Et je n'étais pas très jolie.
02:23Comment ça a empiré, si je puis dire ?
02:25C'est assez flou.
02:26J'ai oublié beaucoup de choses.
02:28Ça a été de plus en plus perte de confiance au niveau du physique parce que l'adolescence,
02:33c'est en ce qu'elle est.
02:34À 11 ans, on ne ressemble jamais à ce qu'on voudrait.
02:38J'étais copine avec des gens que je trouvais forcément plus jolis, forcément mieux.
02:42À partir du moment où on rentre au collège et que du coup, on commence à être jugé
02:46sur le physique, où les garçons commencent à regarder les filles inversement, où les
02:51filles commencent à avoir leur forme aussi, ça a été un peu déterminant parce que
02:54j'étais avec des filles parfois qui étaient déjà très développées physiquement et tu
02:58sens bien que les garçons leur parlent différemment.
03:01Donc en face, j'essaye d'en faire plus et ça ne marche pas du tout.
03:03C'est comme ça que ça s'est un peu décalé.
03:06Et après, ça, c'est vraiment aggravé justement quand les surnoms commencent à coller
03:10à la peau, quand après ça se généralise un petit peu.
03:13Et puis quand on se rend compte, malgré tout, qu'on traîne avec les gens pas populaires.
03:17À part l'intello qui était plutôt le gentil, il y a eu la moche et le ton, c'était
03:20mes deux trucs.
03:22J'ai que deux, trois scènes où je m'en rappelle qu'on m'a appelé comme ça, mais
03:24je sais qu'on m'a appelé comme ça.
03:25Je m'en rappelle du jour où on a fait je ne sais plus quelle civilisation en cours d'histoire
03:30et que l'empereur avait le malheur de s'appeler Auton premier et éclatement de rire général
03:36dans la classe.
03:37La prof n'a pas du tout compris.
03:39Je pense même que j'y ris avec.
03:43Le spectacle va commencer.
03:45Dans la salle, les adultes ont un peu de mal à faire asseoir les enfants.
03:49On va voir le spectacle.
03:51Et on va voir la violence de l'école.
03:57Oui, on va aussi voir les harcèlements.
04:00C'est quand des gens nous embêtent.
04:05Et quand on nous dit des méchancetés.
04:09Et ça vous est déjà arrivé ?
04:10Oui, une fois à moi.
04:12Moi non.
04:13Je n'ai pas trop aimé.
04:15On m'a dit des méchancetés.
04:17On s'est allé en temps quand même.
04:19On s'est aimé.
04:20Mais encore, il y a un garçon de ma classe qui me dit des méchancetés.
04:25C'est qui ?
04:26Amen.
04:36En cinquième, ça a été particulièrement difficile.
04:39Parce que c'est là qu'effectivement, ça devenait généralisé.
04:41Les surnoms, ça a été à ce moment-là.
04:44Les fameuses lettres, effectivement, ça a été là.
04:46C'est-à-dire que j'ai reçu, je crois, en main propre.
04:49Mais je ne suis plus sûre.
04:50C'est pareil, c'est des choses qui sont hyper floues.
04:52On m'a donné une lettre qui était juste des trucs vraiment pas sympas sur moi.
04:57Avec une petite photo de Hulk avec marqué « ça, c'est toi », mais en mieux, bien sûr.
05:03Et puis deux, trois autres comme ça.
05:04Je n'ai rien trouvé de mieux que répondre parce que j'avais envie de répondre.
05:07Mais évidemment, c'est l'engrenage.
05:08On répond toujours à côté.
05:10On ne répond jamais ce qu'il faut.
05:11Et je savais plus ou moins qui était à l'origine de ça.
05:14Parce que j'avais reconnu l'écriture.
05:15Parce que j'avais vu un peu...
05:17Je savais bien qui c'était.
05:19Mais bon, peu de preuves.
05:21Et puis, pas très envie d'en parler à tout le monde non plus, quoi.
05:24C'était là aussi où on est allé voir le CPE avec ma mère.
05:28Qui nous a entendus qu'il était quelqu'un d'hyper bienveillant.
05:30Je ne veux pas du tout qu'on croie qu'il n'a pas fait son boulot.
05:33Je pense qu'il était conscient.
05:34Mais simplement, c'était difficile d'agir.
05:37C'était un collège pas spécialement difficile dans un quartier pas spécialement difficile.
05:41Avec peu de moyens là-dessus.
05:42Mais peu de moyens parce que ce n'était pas un sujet, quoi.
05:44Donc il était conscient qu'il y avait des problèmes.
05:46Mais comme tout le monde.
05:47Donc c'est des moments comme ça dont je me rappelle.
05:50Mais c'est très...
05:51Il y a très peu de choses dont je me rappelle, en fait.
05:52Je veux pas, je veux pas, je veux pas.
05:54Je veux pas.
05:55J'ai mal au ventre.
05:56Écoute.
05:57Je sais pas quoi te dire.
05:59J'essaie de trouver, mais je sais pas quoi te dire.
06:02Tu pourrais me raconter ?
06:03Je veux pas.
06:05Me raconter ?
06:06Oui.
06:06La pièce écrite par Cléo s'appelle la traversée.
06:10Cette traversée, c'est celle de l'adolescence et des couloirs de l'école.
06:14C'est ce que les enfants voient tous les jours, ces petits coups qu'ils prennent ou se donnent quotidiennement.
06:18Alors va à l'école.
06:20Tu y vas et je viens te chercher après.
06:23Tu viens ?
06:24Oui, promis, je viens te chercher après.
06:26Ma mère m'a toujours dit que j'étais belle.
06:28Elle m'a toujours dit que j'aurais des seins un jour.
06:30Elle m'a toujours dit que moi aussi ça m'arriverait et que ça irait mieux.
06:34J'étais assez sûre que ça allait s'arranger, donc j'ai pris mon mal en patience en me disant
06:38c'est pas la vraie vie, ça c'est l'école.
06:40L'école c'est pas la vraie vie et voilà.
06:42Maintenant c'est plus douloureux.
06:43Après je réfléchis à la jeune fille que j'étais et je me dis que c'est pas mal de
06:48penser ça maintenant
06:49parce que c'est pas gagné, ça aurait pu me coller bien plus à la peau je pense.
06:53Et vous, vous en dites parfois des méchancetés ?
06:55Non.
06:57Jamais ?
06:58Non.
07:00Bon, des poids quand même.
07:02Moi aussi.
07:04Des fois quand ils m'embêtent et à la maison quand je suis nardée.
07:09Et vous pensez qu'il faudrait arrêter d'en dire des méchancetés ?
07:11Oui.
07:13Mais vous n'arrivez pas à vous empêcher ?
07:15Non.
07:15Non.
07:17Ce qu'elle a subi, Cléo n'en a pas eu conscience tout de suite.
07:21Il a fallu du temps et le hasard de la programmation d'un journal télévisé
07:25pour poser les mots harcèlement scolaire sur son passé.
07:28Alors c'était, je ne me rappelle plus de l'année, mais c'était, je devais avoir 19 ans, 20
07:34ans, 21 ans, un truc comme ça, 22, je ne saurais pas dire.
07:36On a vu au hasard complètement un reportage au journal télévisé d'une fille qui allait dans les écoles faire
07:43des interventions.
07:45Elle avait vécu le harcèlement et c'était vraiment très douloureux pour elle et elle allait en parler avec les
07:50enfants.
07:51Au moment où elle a raconté un peu ce qu'elle avait vécu, on s'est regardé avec ma mère
07:55et on s'est dit, mais c'est ça en fait.
07:57Elle m'a dit, mais alors moi je ne me suis pas du tout rendu compte, je me suis dit,
08:00mais t'inquiète, moi non plus en fait.
08:02C'est là que je me suis rendu compte que c'était ça, je devais avoir 20 ans parce qu
08:04'après j'en ai un petit peu parlé avec des copains avec qui je montais des spectacles.
08:09Et c'est là aussi qu'est venu le moment où j'ai arrêté de dire qu'il ne m
08:13'était jamais rien arrivé dans la vie.
08:16Chose que j'ai utilisée dans le spectacle, c'est qu'avant je disais qu'il ne m'était jamais
08:19rien arrivé, que j'avais une vie plutôt simple.
08:22Et c'est à partir de ce moment-là que j'ai commencé à y penser vraiment.
08:25Après est venue l'idée quand j'ai voulu écrire un nouveau spectacle, mais cette fois-ci un spectacle qui
08:31est vraiment du poids pour les gens.
08:33Et j'ai choisi ce sujet-là parce que je me suis dit, il y a peut-être moyen de
08:36faire quelque chose avec ce que j'ai vécu.
08:37Donc voilà, c'est ce truc-là qui a été charnière un peu, ce moment.
08:41J'en ai marre. J'en ai marre, marre, marre, marre. J'en ai marre, marre de tout.
08:50Le spectacle, je l'ai écrit pendant longtemps. Je voulais que ça parte de moi et de mon imaginaire.
08:55Je ne voulais pas égrener tous les harcèlements possibles, ce n'était pas le but.
08:58Je ne voulais pas parler de choses trop graves non plus, de tentatives de suicide, ce genre de choses.
09:02Je ne voulais pas parce que c'est parfois pour les collégiens notamment, ils savent très bien qu'il y
09:06a des gens qui se suicident.
09:07Ils savent beaucoup moins que ça peut être juste un petit surnom, que ça peut être des choses beaucoup plus
09:11insidieuses, beaucoup plus invisibles.
09:13Et moi, c'est là-dessus que je veux sensibiliser. C'est sur les petites humiliations du quotidien en fait,
09:18plutôt que sur les cas les plus graves.
09:20Parce que c'est de ces humiliations du quotidien que ça se termine en cas graves.
09:24Mais c'est fatigant parce qu'il faut replonger dans des trucs.
09:28Il y a un peu une notion de culpabilité aussi qui rentre au fur et à mesure, comme l'impression
09:32de remuer des choses qui n'ont plus besoin d'être remuées.
09:35L'impression de parler de choses qui n'étaient pas si graves, de comparer avec ce que vivent les autres
09:39en se disant oui mais moi c'était moins pire.
09:41Et puis comme si le fait de s'en être sorti, ça décrédibiliserait ma démarche un petit peu.
09:47La représentation se termine et Cléo lance le débat avec les spectateurs.
09:51Chacun y va de ses remarques et de ses questions, jusqu'au moment où une jeune fille de troisième, venue
09:56spécialement pour voir le spectacle, se lève et prenne la parole.
10:00L'année dernière, je me faisais harceler. La personne était dans la même classe que moi et cette personne m
10:07'a donné des surnoms.
10:08Et à chaque fois, je me rapprochais de quelqu'un et me disais non fais attention à côté de toi,
10:12il y a cette personne.
10:13Et je me sentais directement visible parce que je savais que c'était moi.
10:17Et cette personne-là, elle n'arrêtait pas, elle n'arrêtait pas.
10:20Je suis partie voir la CP, je lui ai expliqué.
10:23Et la CP, elle m'a dit de me le repasser la prochaine fois.
10:26Si ça continue, ça continue encore et je suis partie lui parler.
10:31Et elle a convoqué cette personne.
10:34Depuis, ça s'est arrêté.
10:35Maintenant, je vois que j'ai confiance en moi.
10:38L'année dernière, j'étais une personne, franchement, je me laissais faire.
10:42Je ne parlais pas, mais cette année, je me suis dit, je ne veux pas que ça recommence.
10:47Ça m'a fait tellement de mal.
10:49Et cette personne, avant, on était tellement ensemble.
10:53On se parlait tout le temps.
10:55On était des meilleurs amis.
10:57Et là, je vois que du jour au lendemain, elle devient mon harceleuse.
11:01Et donc, ça me fait du mal.
11:04Pourquoi est-ce que tu as voulu intervenir devant tout le monde et raconter ça devant tout le monde ?
11:08Bah, pour leur dire, il y a toutes sortes de personnes qui se peuvent se faire harceler.
11:13Que tu sois grand ou que tu sois petit, bah, tu peux te faire harceler.
11:17En fait, le spectacle, il m'a montré que je devais avoir confiance en moi.
11:23Je ne devais pas écouter les autres.
11:25Ça me soulage.
11:28Quand elle se rassoit, les applaudissements s'élèvent à nouveau.
11:31Moi, je me dis que, en fait, le travail, il est fait.
11:33Elle a réussi à le dire dans un micro, avec beaucoup d'émotion, mais elle l'a dit.
11:38Donc, à partir de là, ça va s'arranger pour elle, parce que ça va la rendre bien plus forte.
11:42Et elle saura le reconnaître, et elle saura aider d'autres.
11:46Et pour moi, c'est gagné, en fait.
11:48Elle, elle ne le sait pas encore, mais moi, je le sais.
11:49Et quand vous voyez qu'il y a une petite fille, Evaëlle, qui a mis fin à ses jours en
11:53juin dernier, à l'âge de 11 ans, parce qu'elle était victime de harcèlement, qu'est-ce que vous
11:57pensez ?
11:59Je sais, j'ai du mal à définir ce que je ressens.
12:02Je suis effarée, je pense que c'est la meilleure mot.
12:04Je suis atterrée.
12:06Parce que c'est très compliqué à entendre qu'à 11 ans, on puisse vouloir ça.
12:11De se dire que ça traverse l'esprit d'un enfant, c'est hyper douloureux.
12:15Donc, moi, ça m'atterre, et puis ça me fait beaucoup de mal pour les témoins autour, que ce soit
12:20les proches ou les moins proches.
12:22Tous les gens de sa classe et tous ceux qui vont devoir vivre avec ça.
12:26Les parents se battent en ce moment pour qu'on reconnaisse la culpabilité, la responsabilité d'une des profs.
12:32Et il y a un vrai travail à faire là-dessus, parce que c'est historique qu'une prof soit
12:35mise en examen, enfin, en tout cas, était en garde à vue.
12:37Pour ça, c'est historique, et en même temps, où s'arrête la culpabilité et où commence l'absence de
12:42formation ?
12:43C'est-à-dire que moi, je me pose encore la question de savoir, est-ce que les profs sont
12:46suffisamment formés pour qu'on puisse leur reprocher après ?
12:49Aujourd'hui, c'est encore assez balbutiement, donc c'est très compliqué de savoir ça.
12:53C'est vrai que c'est de l'ordre de la science-fiction, en fait, de se dire que ça
12:57arrive jusque-là, c'est incroyable.
12:59Moi, je ne me rendais pas compte non plus.
13:01Moi, je suis surprise que ça arrive.
13:05Un des conseils qu'on donne aux parents pendant le débat, et qui est un conseil qu'on entend peu,
13:09en fait,
13:10c'est de dire aux enfants et aux ados que l'école n'est pas le lieu de tout,
13:14et qu'il y a une vie en dehors de l'école et il y a une vie après l
13:17'école.
13:17C'est-à-dire qu'il y a un moment où on choisit les gens avec qui on a envie
13:20d'être,
13:20et ça, c'est quelque chose qu'il faut leur dire.
13:23Il faut leur dire que ça passe très vite, en fait, une fois qu'on a fini l'école,
13:26on se rend compte que ça paraît très vite, très loin.
13:28Que ça nous marque, bien sûr, ça nous marque.
13:31Il n'est pas question de dire aux enfants qu'ils vont oublier,
13:34et que tout ça va s'effacer magiquement.
13:37Moi, ça ne s'est jamais effacé complètement.
13:39Mais par contre, tous les enfants ont des talents, tous les enfants ont des gens qui les aiment,
13:42et tous les enfants, ils ont une vie à eux, à part entière.
13:45Et l'école n'est pas cette vie.
13:47L'école est une grosse partie de la vie.
13:49De 3 à 18 ans, c'est long, si on va jusqu'au bac, en tout cas.
13:53Oui, c'est long, mais ce n'est pas tout.
13:55Je suis la dernière génération, un peu, j'ai l'impression à qui on a dit que c'était normal.
13:59J'ai l'impression que depuis, quand même, on parle de harcèlement comme d'un truc, un vrai problème.
14:03Avant, il y avait un côté, il y a des souffres douleurs, il y a des têtes de turcs,
14:07il y a des gens sur qui ça tombe.
14:08Enfin, ça ne peut pas être facile pour tout le monde.
14:13Claudia, on a entendu la réaction d'une collégienne dans ton reportage,
14:16mais il y a aussi des parents qui étaient présents.
14:18Comment est-ce qu'ils ont réagi ?
14:19Alors, les parents, c'est assez différent, effectivement,
14:22puisque les enfants ne réagissent pas toujours de manière très émotionnelle.
14:26En revanche, pour les parents, ça fait appel à beaucoup de choses.
14:29Ils se demandent s'ils interprètent bien les difficultés de leurs enfants à l'école.
14:34Ce n'est pas toujours évident de savoir quand est-ce qu'on est victime de harcèlement,
14:37quand est-ce qu'on ne l'est pas, et Cléo donne justement des conseils
14:40pour expliquer aux parents comment gérer ces situations.
14:43Est-ce qu'on a une idée de l'ampleur de ce phénomène, de ce fléau ?
14:47Qu'est-ce que ça représente, le harcèlement scolaire en France ?
14:49En France, le harcèlement scolaire, selon l'éducation nationale,
14:52ça touche 700 000 enfants.
14:54Pas forcément au même degré de gravité,
14:57mais on considère quand même que sur ces 700 000,
14:59il y a la moitié pour qui c'est des faits vraiment graves.
15:02Depuis quelques années, il s'est ajouté le cyberharcèlement,
15:05qui lui concerne un élève sur cinq,
15:07et le terme de harcèlement scolaire,
15:10qui existe en fait depuis les années 90,
15:12quand les études sur ce sujet-là ont commencé,
15:14il est vraiment utilisé que depuis les années 2010,
15:18et ce n'est que depuis 2015 qu'il y a une journée qui y est consacrée.
15:21Elle a lieu en novembre, c'est la journée non au harcèlement,
15:24et c'est l'occasion d'évoquer à l'école et en dehors de l'école,
15:27ce sujet-là, et de faire prendre conscience à tout le monde
15:29que ça existe et que ça peut être très grave.
15:32Merci Claudia Prolongeau.
15:39Épisode produit par Stéphane Jeuneste et Clara Garnier-Amourou,
15:42réalisation Alexandre Ferreira.
15:45Code Source est le podcast d'actualité du Parisien,
15:47disponible chaque soir du lundi au vendredi à 18h.
15:51Vous pouvez nous écouter sur toutes les applications de podcast,
15:54mais aussi Deezer et Spotify,
15:56et n'hésitez pas à nous écrire directement
15:58codesource at leparisien.fr
16:01Sous-titrage Société Radio-Canada
16:08www.stéphane.fr
16:12www.stéphane.fr
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