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  • il y a 7 mois
Christophe Sallès, président fondateur du groupe Vabel, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce vendredi 9 janvier. Ils sont revenus sur Vabel qui mise sur ses marques propres et l'évolution du marché chinois de la beauté, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 7h45 sur BFM Business et sur AMC Life. Notre invité ce matin c'est Christophe Salès. Bonjour, vous êtes le président fondateur du groupe Vabelle.
00:07On va parler parfum et cosmétique avec vous. Un groupe de 2000 salariés. Vous avez 7 unités de production, 600 francs, 300 millions d'euros de chiffre d'affaires.
00:15Vous avez des marques comme Corinne de Farm, Cottage, Giacomo, Pierre Cardin Fragrance. On va parler de tout ça ensemble.
00:22Mais avant, j'en parlais en vous lançant il y a quelques instants. Bank of America parle d'une fragrance fatigue pour l'année 2025.
00:30Alors les parfums ont très bien fonctionné les années d'avant. Il semble pour certains brokers et analystes de marché qu'on soit passé dans une période de normalisation ou de marché qui ralentit.
00:39C'est quoi votre sentiment à vous ?
00:41Alors tout le monde a cru que le parfum était l'Eldorado, à la fois en France, en Europe et dans le monde.
00:45Tout le monde a cru que nos amis chinois allaient, je dirais, se recentrer, outre le skincare mais sur le parfum également.
00:56Ce n'est pas le cas. Les prévisions n'ont pas été à la hauteur de ce qui se passait.
00:59Premièrement. Deuxièmement, il y a la crise quand même internationale qui est venue s'ajouter à cela.
01:05La perte de pouvoir d'achat sur l'ensemble, je dirais, de la zone Asie et de la zone US.
01:10Énormément de fragrances sortent chaque année.
01:14Deuxièmement de fragrances sont sorties en 2025.
01:16Nouvelles ?
01:17Nouvelles.
01:18Donc effectivement, ça sature complètement le marché.
01:20Et il faut être très innovant et très différenciant pour pouvoir, je dirais, arriver à pénétrer et rentrer dans ce marché.
01:28Avec des prix qui sont allés trop loin ou pas ? Parce qu'il y a eu des augmentations de prix colossales.
01:31Alors il y a des prix qui sont allés trop loin.
01:33Aujourd'hui, des prix continuent à monter.
01:35C'est-à-dire que l'ultra luxe continue à bien fonctionner.
01:36Et il faut arriver à trouver un positionnement sur, effectivement, des marchés qui sont adaptés, en tout cas, aux prix et aux consommateurs.
01:48Quand vous parlez d'innovation dans le parfum et la cosmétique, c'est quoi ?
01:52L'innovation, c'est d'abord des parfums qui correspondent au pays où on va, aux régions où on va.
01:59Si on est sur le Moyen-Orient, il y a des fragrances qui sont un peu plus, je dirais, prononcées.
02:06Si on va sur la Chine, il y a des fragrances qui sont beaucoup plus douces.
02:09On s'oriente maintenant sur les parfums sans alcool également.
02:12Donc voilà, il y a beaucoup d'innovations qui sont à mettre en œuvre sur les parfums. Beaucoup, beaucoup.
02:16Ce que vous arrivez à faire dans un temps assez court dans vos six usines en France ?
02:21On arrive à le temps à faire dans un temps assez court parce que la taille de l'entreprise est très agile.
02:26On a une flexibilité, une agilité qui est totalement différente des grands groupes, je dirais, cosmétiques qui rayonnent en France et dans le monde.
02:34Et nous, on est très agile, beaucoup plus rapide dans la recherche et développement.
02:37Mais c'est quoi votre positionnement de marché ? Vous vous direz, c'est moyenne gamme, c'est uniquement de la licence ? Vous vous qualifiez comment ?
02:45Eh bien, écoutez, on est sur plusieurs canaux. Justement, on est sur l'access price avec des marques comme Corim de Farm, Cottage,
02:52qui sont en grande et moyenne surface en France et en Europe.
02:56On est sur des marques de pharmacie comme Mrs. Potters, Institut Phyto, qui, elles, sont effectivement à des gammes un peu plus intéressantes.
03:06Ensuite, on est sur le marché du luxe avec la renaissance d'un parfum qui était top 10 mondial dans les années 70,
03:13qui s'appelle Giacomo. Et on est en train de faire renaître la maison Giacomo.
03:17Donc, on est effectivement multi-canaux, multi-secteurs.
03:20Avec des licences, notamment comme Disney ou Harry Potter ?
03:22Avec des licences comme Disney, Harry Potter, Pokémon.
03:24Des gels douches avec des goûts et des senteurs différentes en fonction des maisons ?
03:29Exactement. Pour Harry Potter, il a fallu être très différenciant, faire des mousses très onctueuses, faire des gelées,
03:36faire des produits très onctueux avec des senteurs très particuliers.
03:40Pour Serpentard, ça ne doit pas être très onctueux.
03:41Bon, là, je parle aux spécialistes.
03:43Vous parliez de la concurrence du marché chinois.
03:46Justement, avant, on avait beaucoup la concurrence coréenne.
03:48Aujourd'hui, on voit les Chinois arriver sur le marché.
03:50Comment vous les voyez en termes de concurrents ?
03:52Vous disiez, ils ne sont pas forcément à la hauteur de ce qu'on pouvait attendre.
03:56Alors, les Chinois, d'abord, ils apprennent très vite.
03:58On le voit dans le secteur de l'automobile, premièrement.
04:01Deuxièmement, c'est un marché qui est très ouvert.
04:03Maintenant, c'est un marché qui devient exigeant.
04:05Donc, il faut, effectivement, exigeant en termes de qualité, en termes de produits.
04:13Et il faut répondre à ces nouvelles exigences qu'il n'y avait pas auparavant.
04:18Voilà.
04:19Auparavant, c'était un marché qui était totalement ouvert.
04:21Maintenant, c'est un marché qui est différenciant.
04:22Et il faut être différenciant pour pouvoir rentrer dans ces marches.
04:24Et vous les voyez arriver directement, concurrencer vos produits en Europe ou pas ?
04:28Pas encore trop les produits chinois, quand ça commence.
04:30Mais les produits coréens, oui, bien sûr.
04:32Qui sont très forts en skin care, notamment.
04:35Et qui fonctionnent bien auprès de la clientèle européenne.
04:3820% de votre activité est à l'export, dont une partie aux États-Unis.
04:42Est-ce que vous êtes inquiet de la situation américaine ?
04:44Est-ce que vous subissez directement les droits de douane ?
04:47Alors, bien sûr qu'on les subit.
04:48Mais ce n'est pas l'inquiétude des droits de douane qui peut, je dirais, être anxiogène.
04:53C'est de l'instabilité.
04:54Ça change tout le temps.
04:55Ça change tous les trois mois, tous les six mois.
04:56Nous, chez l'entreprise d'ETI, on a besoin d'une stabilité et de savoir où on va.
05:01C'est tout.
05:01Et les droits de douane, après, on s'en adapte.
05:06Mais en tout cas, on a besoin de stabilité.
05:09Vraiment, c'est la chose la plus importante pour nous.
05:10Mais vous n'êtes pas inquiet d'un montant ?
05:12On parle d'une chute du marché qui pourrait baisser de 21% à cause, justement, des droits de douane américains.
05:18Ça, ça ne vous inquiète pas ?
05:20Ce n'est pas que ce n'est pas inquiétant.
05:21C'est qu'il faut être différenciant.
05:22Il faut innover.
05:23C'est toujours la même chose.
05:23Il faut s'adapter au marché, s'adapter aux consommateurs américains.
05:27Et si on a le bon produit au bon moment et au bon endroit, on y arrivera.
05:31Vous parlez d'être différenciant.
05:32Vous allez investir 35 millions d'euros.
05:35Vous avez commencé à investir 35 millions d'euros dans votre outil de production.
05:39On a parlé beaucoup cette semaine de sondages d'opinions de patrons
05:43qui sont plutôt inquiets pour la France et pas par l'export.
05:47Vous qui n'avez que 20% à l'export, c'est-à-dire que vous avez une activité franco-européenne très forte.
05:52Comment vous voyez le marché aujourd'hui ?
05:54Vous faites partie des optimistes ou des pessimistes ?
05:55Je fais partie des optimistes toujours, autrement je ne serai pas à ma place.
05:58Donc, je suis toujours très optimiste dans la vision des choses.
06:02On travaille sur des plans à trois ans, en permanence.
06:05Et on fait vraiment des différenciations par les personnes.
06:11Aujourd'hui, c'est l'humain qui travaille.
06:13Et il faut être au contact de l'humain, au contact de nos salariés qui sont, je dirais, particulièrement innovants.
06:21Il faut leur laisser la place.
06:22Et au contact des marchés et des personnes qui sont sur les marchés.
06:25Donc, si on est au contact du terrain, en permanence, on y arrive.
06:29– Mais vous n'êtes pas inquiet par un contexte budgéto-politique morose ?
06:35– Le contexte budgéto-politique français ou international, ça dépend où on se place, c'est toujours la même chose.
06:42On a besoin de stabilité.
06:43Et nous, quand on investit, on amortit, que ce soit des personnes, c'est pour longtemps, dans le droit français.
06:49Et que ce soit du matériel, du investissement, comme vous venez de le dire, c'est pour sept ans ou dix ans.
06:54Donc, on a besoin de stabilité fiscale, de stabilité des taxes.
07:00Voilà, c'est ça le plus important pour nous.
07:01Si on n'a pas de vision stable, c'est compliqué pour nous de gérer.
07:04– Mais là, on n'en a pas.
07:05– Mais non, mais c'est compliqué.
07:06– Donc, du coup, c'est compliqué. Mais vous restez optimiste.
07:08– Mais je reste optimiste. Il faut rester optimiste parce que la taille de notre groupe est l'agilité.
07:12Et il faut qu'on reste agile.
07:14– Vous avez travaillé sur la réduction de votre empreinte environnementale.
07:17Vous l'avez fait parce que le consommateur vous le demande
07:20et qu'aujourd'hui, ça l'intéresse dans le parfum.
07:22Ou vous l'avez fait pour des questions de coût chez vous,
07:24directement dans vos comptes, de manière sonnante et trébuchante ?
07:27– Non, ni l'un ni l'autre.
07:28On l'a fait parce qu'aujourd'hui, nos entreprises doivent être éco-responsables.
07:33On doit aujourd'hui tous veiller à la planète.
07:38Quand on dit qu'il faut faire attention à la planète, c'est pas vrai.
07:40Il faut faire attention à soi-même.
07:41C'est l'humanité qu'on va, je dirais, protéger.
07:46Et c'est pas la planète.
07:47Il faut se protéger nous-mêmes.
07:48Donc oui, effectivement, on travaille sur le bilan carbone.
07:51– Votre sujet, c'est l'eau, à vous ?
07:52La réduction de l'eau ?
07:53– Oui, c'est l'eau et l'énergie en général, oui, bien sûr.
07:56– Mais comment on réduit l'eau dans un parfum ?
07:57Parce qu'on en a besoin.
07:58– Alors, comment on réduit l'eau dans un parfum ?
08:00Écoutez, ce sont des formules qui sont un peu plus complexes,
08:05un peu différentes.
08:05Mais effectivement, il est sujet sur lesquels on ne peut pas franchement partout réduire l'eau.
08:09– Sur Giacomo, vous nous dites que c'est la belle endormie que vous rallumez.
08:13C'est quoi le plan ?
08:14– Le plan, c'est de relancer d'anciennes fragrances, de renouveler d'anciennes fragrances,
08:20de les mettre au bout du jour, de refaire un plan média, un plan média France et international.
08:26Et il y a une place pour ce parfum qui est une véritable histoire.
08:30C'est un parfum qui a été créé dans les années 70,
08:33à la fois par deux confondateurs, un à New York et un à Paris.
08:37Et il y a toute une histoire de cette marque qui est intéressante.
08:40Et on s'accroche à cette histoire pour relancer cette très belle marque.
08:44– Merci beaucoup d'être venu ce matin.
08:46Christophe Sales pour nous parler de Vabelle.
08:48– Sous-titrage Société Radio-Canada
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