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  • il y a 2 jours
François Mitterrand est mort il y a 30 ans, le 8 janvier 1996. Premier président socialiste de la Ve République, il est celui qui a occupé cette fonction le plus longtemps, pendant 14 ans. Jean-Luc Mélenchon, sénateur socialiste à partir de 1986 a fait partie des soutiens et des interlocuteurs du président. Il nous raconte ses souvenirs avec François Mitterrand.

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Transcription
00:00Moi, j'ai été très sensible à la force de sa présence.
00:05C'est quelque chose qui est difficile à communiquer,
00:07parce que c'était un homme de taille moyenne, très moyenne.
00:11François Mitterrand, il entrait dans les salles.
00:14Ce n'était pas la pompe qu'il y a eu après,
00:17vous savez, on met la musique et le leader art et tout à l'heure.
00:19Je l'ai vu faire une fois.
00:21Le reste du temps, tout d'un coup, il était là.
00:23Et vous saviez qu'il était là.
00:25Je ne sais pas vous dire comment on le savait,
00:26mais on savait qu'il était là.
00:30Si vous tenez compte d'où je viens, moi,
00:39du milieu social d'où je viens,
00:41pour moi, déjà, le point de départ,
00:43ce n'était pas rien de rencontrer le président de mon pays.
00:45Il y a des gens, ils naissent avec une cuillère d'argent dans la bouche,
00:48ils pensent que tout leur est dû, mais moi, non.
00:50Je trouvais très impressionnant de fréquenter le président de mon pays.
00:54Le président déclenchait une affection telle que des années et des années après,
00:58tous ceux qui ont été de cette sorte de mitterrandistes
01:02ont toujours un mot aimable les uns pour les autres.
01:05Même si on fait des choses qui n'ont rien à voir,
01:07et même si politiquement, on n'arrive plus aux mêmes conclusions.
01:11Mais il reste toujours quelque chose de cet attachement,
01:15de ce lien qu'il a été entre nous.
01:18Et surtout, c'était un chef.
01:20De tout, il faisait une matière politique.
01:22Ce n'était pas, vous savez, ces personnages qui ne font que de la com'.
01:25On savait que si on lui passait un message, il en ferait quelque chose.
01:34Ce qui va rester, c'est l'audace de nationaliser le tiers de l'industrie,
01:39et surtout toutes les banques, vous savez, c'était une chose incroyable.
01:43Giscard, face à Mitterrand, en train de lui dire,
01:46« Dites, monsieur Bitterrand, que vous allez nationaliser plus longtemps pas bien
01:49s'il dit « là où les banques » ayant gros silence à la radio,
01:55et tout d'un coup, la voix du vieux qui dit « oui, toutes ».
01:58Imaginez-vous aujourd'hui, c'est moi qui fasse ça, ou quelqu'un d'autre,
02:03« mais monsieur, vous allez collectiviser » et la réponse est « oui, tout ».
02:06Et il l'a fait en plus.
02:08Mais ce qui va rester après, à part cette audace-là,
02:11la dépénalisation de l'homosexualité.
02:14Évidemment, l'abolition de la peine de mort.
02:16Parce que c'est un fait de civilisation.
02:18L'essentiel d'une politique est dans des choses
02:21qui ne sont pas toujours seulement économiques,
02:23mais qui ont à voir avec la morale, l'idée qu'on se fait de l'existence.
02:27Alors, qu'est-ce que je peux vous dire de plus à son sujet ?
02:30Une chose simple, il me manque.
02:33Ça, c'est l'explicable.
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