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  • il y a 9 minutes
Alain Bauer, professeur émérite de criminologie au CNAM, était l'invité d'Apolline de Malherbe dans le "Face à Face" sur BFMTV et RMC, ce lundi 2 mars 2026. L'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran s'est poursuivie dans la nuit de dimanche à lundi avec des frappes de Tsahal contre Téhéran et Beyrouth où "de hauts responsables" du Hezbollah ont été visés.

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Transcription
00:00Et on suit évidemment minute par minute les événements en temps réel et on vous informe à chaque instant de
00:06chaque nouveau développement.
00:07Parallèlement, je voudrais qu'on prenne le temps de comprendre avec vous Alain Boer, bonjour,
00:12ce qui s'est déjà passé, les premières conséquences et les scénarios des prochaines heures.
00:18Une attaque considérable et ambitieuse qui pourrait durer 4 à 5 semaines, voilà les mots de Donald Trump cette nuit.
00:25Au moment où l'on se parle et depuis un quart d'heure maintenant, une réunion de crise a lieu
00:29au ministère des Affaires étrangères à Paris
00:31pour parler notamment de la sécurité de nos ressortissants sur la zone du conflit.
00:37Cet après-midi, Emmanuel Macron prononcera un discours très attendu sur l'île longue, sur la dissuasion nucléaire.
00:44Et vous allez nous dire dans un instant quelles sont les orientations que pourrait prendre Emmanuel Macron.
00:49Mais d'abord, au moment où l'on se parle et depuis quelques heures maintenant, il y a à nouveau
00:53des explosions qui ont été entendues en Israël.
00:55À Dubaï, à Doha, à Bahreïn, au Liban. Est-ce qu'on peut dire ce matin que le conflit s
01:00'est très largement étendu ?
01:01Oui, il s'est étendu comme il devait s'étendre. C'était d'ailleurs l'essentiel du débat qui existait
01:06entre les monarchies du Golfe et le président Trump
01:08sur il ne faut pas attaquer l'Iran car toute attaque contre l'Iran ne se limitera pas à une
01:14opération en Iran.
01:15Ce n'est pas le Venezuela. Ça ne sera pas l'élimination de la tête qui amènerait non pas un
01:20effondrement du régime,
01:21mais une modification de la politique du régime. Il y aura une réplique structurelle, centrale.
01:28Les gardiens de la révolution, ce ne sont pas les bolivaristes dégénérés et corrompus, prêts à être achetés ou vendus
01:35aux plus offrants.
01:36Et il n'y a pas de vice-présidente vénézuélienne prête à jouer le rôle de vice-présidente iranienne.
01:41On va revenir évidemment sur la question d'ailleurs de qui pour diriger l'Iran.
01:46Parlons un instant de cette image qui a été diffusée cette nuit par la télévision iranienne,
01:51d'un conseil de direction intérimaire avec trois personnages.
01:55Le président Massoud Pézekian, le chef du pouvoir judiciaire, ainsi qu'Ali Reza Arafi.
02:03Ces trois personnages-là, quel est leur pouvoir réel ?
02:06Aucun. Le seul qui compte, c'est celui qui les a nommés, Ali Larijani, le successeur désigné par le guide
02:13lui-même
02:13après la mort de l'ancien président iranien dans un accident d'hélicoptère.
02:18Et celui qui est apparu en disant désormais, il y aura un conseil intérimaire qui sera composé d'eux.
02:24En fait, il a désigné son propre conseil électoral.
02:26Il a dit voilà, ceux qui vont m'élire sont ceux-là.
02:29Ils vont eux-mêmes référer au conseil des gardiens, au conseil des experts,
02:33qui sont les deux outils des ayatollahs.
02:36Les ayatollahs ont trois candidats dans leur tête.
02:39Le fils du guide, qui est considéré comme tellement incompétent
02:42que la création d'une sorte de dynastie locale aurait de mauvais éléments.
02:49Un troisième qui n'est pas identifié, qui serait un ayatollah en tant que tel.
02:52Et Ali Larijani, qui ne l'est pas, qui serait pour la première fois un guide entre guillemets laïque.
02:56Et qui est l'homme qui comptait le plus, à tel point même d'ailleurs,
03:00que les Américains avaient exigé, lors des négociations d'Oman,
03:03qu'ils viennent dire que ces négociations étaient de vraies négociations,
03:07alors même que le guide Ali Ramenaï expliquait qu'il n'y avait pas de négociations.
03:11Donc c'est l'homme le plus important.
03:12C'est celui qui est allé voir Vladimir Poutine à Moscou.
03:14Et c'est celui qui est en contact avec le président américain.
03:18Quand le président américain appelle vos confrères de The Atlantic en pleine nuit,
03:22pour dire non, non, si, si, je parle avec les Iraniens.
03:24On est en contact, on continue à négocier, c'est avec lui.
03:27Il est le seul représentant légitime du pouvoir, survivant actuellement.
03:33Les trois autres ne sont que des représentations des îles.
03:36Ali Larijani, président du Conseil suprême de sécurité de la République islamique d'Iran.
03:43Avec évidemment une question qui est que Donald Trump a évoqué également dans la nuit
03:47la possibilité de reprendre des négociations.
03:50Avec qui ? Des négociations sur quoi ?
03:54Et est-ce qu'il y a un préalable pour la reprise de ce dialogue ?
03:58Le préalable, la reprise du dialogue est le même que le préalable qui existait
04:01pour finir le dialogue qui avait lieu à Oman et qui a échoué pour des raisons diverses.
04:07Un, parce que vous avez d'un côté un spécialiste du poker menteur, Donald Trump.
04:12Ce que je raconte d'ailleurs dans le livre sur Trump.
04:16Trump, le pouvoir des mots.
04:17Voilà. Et un autre qui sont des échecs menteurs.
04:21C'est-à-dire une stratégie à plusieurs coups, avec des mouvements dans tous les sens.
04:25Mais on a un objectif final.
04:26Chez Donald Trump, on a un objectif initial.
04:28Faire un coup et ensuite obtenir un deal.
04:31Il l'a redit d'ailleurs la nuit dernière en disant, mais à la fin je veux un deal.
04:35Et chez les Iraniens, il y a un objectif qui est de ne rien lâcher.
04:38Mais en faisant durer le plus longtemps possible pour qu'à la fin on ne sache plus très bien où
04:42on va.
04:42Et effectivement, voici les mots des uns et des autres.
04:44Cette nuit, le ministre des Affaires étrangères iranien dit, si leur objectif c'est de changer le régime,
04:50alors je le leur dis, c'est mission impossible.
04:52Et du côté de Donald Trump, on a donné un calendrier.
04:554 à 5 semaines, il a d'abord dit 4 semaines.
04:58Puis à mes confrères du New York Times, il a évoqué 4 à 5 semaines.
05:02Est-ce que c'est réaliste ?
05:04Le débat qui existait entre les Américains 2 semaines et les Israéliens 3 semaines
05:08pour finir ce que la guerre des 12 jours n'avait pas réussi à finaliser
05:14puisque les Américains l'avaient arrêté en cours de route
05:17pour entamer le processus de négociation
05:19pensant que les 12 jours suffiraient par la destruction des capacités de production nucléaire
05:26de 3 sites sur 4, pas le quatrième qui n'a toujours pas été attaqué
05:29et de l'éventualité de la dilution des 400 kg d'uranium fortement enrichi
05:37restent sur la table.
05:38Et c'est ce que les Iraniens ne peuvent pas accepter
05:41parce que c'est leur garantie de survie.
05:43Pourquoi est-ce que l'Iran se défend ?
05:45Parce qu'ils ont le choix entre mourir ou se battre.
05:49Or le corps des gardiens de la révolution est tellement imbriqué dans l'économie iranienne,
05:53tellement haï par la population iranienne,
05:55tellement sûr de finir comme Saddam Hussein et ses amis ou Kadhafi et les siens
06:00qu'ils ne peuvent pas négocier
06:03sauf si on trouvait quelqu'un capable d'opérer une sorte de blanchiment du régime
06:09d'une manière sorte.
06:10Cette personne existe ?
06:11Ali Larijani.
06:12Mais les 30 000 morts, 5 000, 10 000, 20 000, 30 000, on ne sait toujours pas d'ailleurs,
06:17de la répression précédente amènent une telle vague de haine contre le régime
06:21qu'il s'est lui-même enfermé dans une impossibilité à une démocratisation stable.
06:27Par ailleurs, aucune des monarchies du Golfe ne veut jouer le risque du chaos.
06:31Et on a pour l'instant le chaos K.O et le chaos C.A.O.S.
06:35et les deux options sont toutes mauvaises du point de vue des voisins de l'Iran.
06:39La question du rôle des autres monarchies, des voisins, on va y revenir,
06:44la question aussi de l'extension du conflit plus largement,
06:47la question de ce qui s'est passé aussi cette nuit à l'Irak,
06:49au moment où on se parle, les autres pays autour sont en état d'alerte maximale.
06:55On va y revenir, mais je voudrais aussi que l'on essaye de comprendre
06:57quelle est la stratégie des Européens.
06:59Berlin, Paris et Londres se sont dit hier soir,
07:02prêts, je cite, à des actions défensives nécessaires et proportionnées
07:06pour détruire la capacité militaire de l'Iran à tirer des missiles et des drones à leur source.
07:11J'imagine que chaque mot dans cette déclaration compte.
07:13D'abord, un, elle est faite conjointement par Berlin, Paris et Londres.
07:17Qu'est-ce que ça dit aussi de cette alliance-là ?
07:20Et quels sont les buts ?
07:21Est-ce que ça veut dire que d'une certaine manière, on rentre nous aussi dans la guerre ?
07:25Vous avez bien compris la contradiction, parce que du défensif-offensif,
07:28il faut juste choisir entre les deux.
07:29La communication générale dans cette affaire entre eux,
07:32j'ai pas été prévenu et je suis pas associé.
07:35Donc je suis pas là.
07:36Communication du président de la République.
07:37Qui a d'abord dit, nous n'avons pas été associés presque.
07:40Qu'est-ce que ça veut dire ?
07:41Ça veut dire que ça ne nous concerne pas ?
07:44Non, non, non, c'était une déception.
07:46C'était de la rancœur ?
07:46Oui.
07:47Une puissance mondiale présente dans le Golfe,
07:50ayant des accords militaires,
07:52dont un très contraignant avec les Émirats arabes,
07:54ni en tout cas Abu Dhabi.
07:55Sur le thème, on n'est pas au courant de ça.
07:57Les Italiens, pas plus que leur ministre de la Défense,
07:59était lui-même bloqué à Dubaï,
08:01où il était allé en vacances familiales.
08:02Et les Italiens n'ont pas été plus prévenus que les autres,
08:05ni par les uns, les Israéliens, et encore moins...
08:08C'est-à-dire que le ministre des Affaires étrangères italien,
08:10de la Défense, n'avait même pas en tête
08:12que potentiellement,
08:13c'était peut-être pas le moment d'aller à Dubaï.
08:14Non, mais c'est intéressant.
08:16Ça veut dire que le reproche qu'on fait aussi,
08:18ici en France,
08:18un certain nombre d'influenceurs,
08:20ou qui...
08:21Vous voulez dire, celle qui crie au secours
08:23après avoir dit le plus grand mal de la France.
08:25Qui pleure, effectivement,
08:27ou les unes ou les autres.
08:27Au fond, vous nous dites que le ministre de la Défense italien
08:30lui-même était parti en vacances là-bas.
08:31Voilà, récupérer sa famille.
08:32Donc, la question qui est posée aujourd'hui,
08:34c'est qu'est-ce que la France peut faire ?
08:36D'abord, un,
08:37elle a des enjeux de défense avec les Émirats.
08:39Si les Émirats font jouer l'accord de défense,
08:42la France doit répondre à l'accord de défense des Émirats
08:45et protéger, protéger les Émirats.
08:47La France a été directement touchée
08:49dans une base commune,
08:50pas seulement où elle n'est pas seule,
08:53mais cette base a été touchée
08:54et elle peut répliquer.
08:56C'est légitime.
08:56On entre dans le droit de la guerre,
08:58ou en tout cas de ce qu'il en reste.
09:00Troisièmement,
09:01toucher des batteries de missiles iraniens à la source,
09:05ça, c'est une opération offensive.
09:08C'est effectivement dans la même phrase,
09:09et c'est pour ça qu'effectivement chaque mot compte.
09:11Dans la même phrase,
09:12il y a le mot action défensive,
09:14mais il y a aussi
09:18empêcher l'Iran de tirer des missiles et des drones à leur source.
09:21Ça veut dire bombarder la source des missiles.
09:24Alors que nous interceptons depuis longtemps,
09:25y compris dans la guerre des deux jours,
09:26des missiles iraniens,
09:27dès lors qu'ils passent au-dessus de pays amis
09:30ou qui font appel à nous.
09:32Ce que les Anglais viennent de faire avec leur tornado
09:35sur un missile qui passait au-dessus de l'Irak ou de Chypre,
09:39je ne sais plus.
09:40Ce que les Anglais peuvent faire,
09:42parce que leur propre base a été attaquée cette nuit à Chypre,
09:46et vous savez que ce sont des bases de territoire britannique,
09:48ce ne sont pas des bases chypriotes où il y a des Britanniques,
09:51mais des bases britanniques,
09:52c'est très particulier.
09:53C'est-à-dire ce que Donald Trump voulait obtenir au Groenland,
09:55comme statut spécifique.
09:57Et donc là, il y a des opérations attaquées à la source l'Iran
10:00et autre chose.
10:01Et je ne suis pas sûr que tout le monde ait bien compris
10:04ce que cette phrase voulait dire,
10:05ni ce que ça sous-estimait en termes de risque.
10:08Alors là, particulier pour devenir une cible directe
10:11et pas seulement une cible indirecte.
10:12Quant à l'Allemagne,
10:13je pense qu'elle a besoin d'exister,
10:15que son réarmement est réel,
10:17mais qu'elle n'a aucun intérêt
10:18ou quasiment aucun intérêt dans la région.
10:20Alors pourquoi le fait-elle ?
10:21Pour pouvoir montrer aux Anglais et aux Français
10:23qu'elle est avec eux ?
10:24Pour pouvoir montrer qu'elle a un statut international
10:25de niveau global,
10:26de type, moi aussi,
10:27je pourrais être au Conseil de sécurité des Nations Unies.
10:29Il y a toujours une arrière-pensée quelque part
10:30chez le chancelier Mertz,
10:32comme chez tous les autres chefs d'État.
10:34La question du Liban,
10:35la question de Dubaï, Doha, Bahreïn,
10:38mais également ce qui va se jouer cet après-midi.
10:41Le discours d'Emmanuel Macron a été prévu.
10:44Un discours sur la question de la dissuasion,
10:46la stratégie française de la dissuasion
10:48nucléaire.
10:49Il était prévu, mais évidemment,
10:50au regard de ce qui se passe depuis 48 heures,
10:52il prend un relief tout particulier.
10:54Il va parler de notre dissuasion nucléaire
10:56et de la question du partage
10:57ou non de cette protection.
10:59Vous avez des informations
11:00sur les orientations
11:01que pourrait annoncer Emmanuel Macron
11:03cet après-midi ?
11:03Alors, vous me permettrez là
11:04de faire précis,
11:06comme on fait ça souvent chez vous,
11:07mais là, je préfère le lire.
11:08D'abord, on modifie un élément central
11:11qui est la stricte suffisance
11:13de notre parc nucléaire,
11:14un peu moins de 300 têtes,
11:15à une nouvelle formulation
11:16au plus au juste niveau.
11:18Ça veut dire qu'il y aura une augmentation
11:19du nombre d'ogives ?
11:21On en avait environ 300.
11:23Les Chinois sont en train
11:25de tripler leur parc nucléaire.
11:27Les Américains relancent
11:28des essais nucléaires.
11:29On a un effet de modernisation
11:30très engagé,
11:31sur lequel nous ne sommes pas
11:32du tout en retard,
11:34notamment de nos missiles
11:35issus de sous-marins.
11:36Mais la même question va se poser
11:37pour la force aérienne stratégique.
11:40Le président de la République
11:40avait déjà ouvert la voie
11:41à Luxeuil il y a quelques semaines.
11:44Là, on entre clairement
11:45dans une modification de la posture
11:47qui est, eh bien non,
11:48on arrête de réduire
11:50la surface nucléaire,
11:51on n'est plus au minimum,
11:52on revient à un niveau acceptable,
11:55donc augmentation.
11:56Il y a un deuxième enjeu
11:57qui n'est pas clarifié pour l'instant,
11:59on est dans le flou,
11:59le brouillard stratégique,
12:01qui est, est-ce qu'on remet en œuvre
12:02des armes nucléaires tactiques,
12:04dites de théâtre,
12:05ou seulement des armes nucléaires stratégiques ?
12:06Quelle est la différence ?
12:08C'est celle dont on ne se sert pas.
12:09C'est-à-dire,
12:09nous avons une dissuasion
12:11et si vraiment nous sommes attaqués,
12:13alors c'est la fin du monde.
12:14Et il n'y a rien entre ça
12:15et la fin du monde.
12:16Nous avions un petit élément intermédiaire
12:18qui était l'action préemptive.
12:20On est au bord d'une attaque majeure,
12:23on lance quand même un petit missile,
12:25tout seul, pour dire,
12:26attention les gars,
12:27on est au bord de la fin du monde.
12:27Ça nécessite d'avoir une sorte de gradation ?
12:29De gradation.
12:30C'est-à-dire des bombes qui détruisent tout
12:31et des bombes intermédiaires ?
12:33Non, non, alors ça,
12:34ce n'est pas un niveau de kilotonnage,
12:36c'est un niveau de j'en lance 50 ou 30
12:38ou 20 ou une,
12:40comme ultime avertissement.
12:43Cette petite modification de la stratégie
12:45avait eu lieu
12:45quand on a commencé à éliminer
12:47nos armes nucléaires tactiques
12:48Pluton et Hadès
12:49à l'époque de François Mitterrand
12:50pour de bonnes raisons,
12:51c'est qu'on ne nucléarisait
12:52avec nos voisins, les Allemands,
12:53à cause d'un problème de portée.
12:55Aujourd'hui, on peut avoir
12:55des portées plus longues
12:56pour des armes nucléaires tactiques.
12:57Les Américains sont eux-mêmes
12:59en train de moderniser
13:00leur parc nucléaire en Europe
13:01et ils viennent d'envoyer
13:03en juillet dernier
13:03les premiers éléments
13:05de la modernisation
13:06d'armes nucléaires tactiques en Europe.
13:08C'est important.
13:08Ce que vous nous dites,
13:09c'est que cet après-midi,
13:09Emmanuel Macron devrait,
13:11un, dire qu'on va probablement
13:13augmenter le nombre
13:14de notre stock nucléaire
13:19et, deux, changer la stratégie
13:21pour ouvrir la possibilité
13:23d'une sorte de dernier...
13:27Ça, ça existe déjà.
13:28La question, c'est
13:29ira-t-il un peu plus loin
13:30au vu d'événements
13:31qui sont en train de se produire ?
13:33Là-dessus.
13:34Troisième élément,
13:35la dissuasion était historiquement
13:38un élément extrêmement précis
13:40sur l'ultime
13:42quand les valeurs essentielles...
13:44Là, c'est la dissuasion
13:45égage d'une liberté d'appréciation
13:46de parole et d'action
13:47pour la France.
13:48C'est-à-dire que ça devient
13:49un élément de diplomatie
13:50et pas seulement
13:51un élément de défense.
13:52Et la dissuasion interdit
13:53à tout adversaire étatique
13:54de miser sur le succès
13:56de l'escalade,
13:56de l'intimidation
13:57ou d'un chantage
13:58qui cherchera à nous paradiser.
13:59On n'est plus dans...
14:00Nous sommes attaqués
14:01par une autre arme nucléaire
14:02ou par une arme conventionnelle.
14:04Ça intègre désormais
14:05tout ce qui va
14:06de la manipulation,
14:07la cyberattaque
14:08et le reste.
14:09Cet élément avait déjà été avancé...
14:11L'attaque pourrait avoir réponse nucléaire.
14:12Oui.
14:13Alors, ça avait déjà été avancé
14:14et par les Russes
14:15et par les Chinois
14:16et par les Américains
14:17lors d'une réunion à Paris
14:18à l'école militaire
14:19il y a 4 ou 5 ans.
14:20Mais c'est la première fois
14:21que ça entre dans la doctrine
14:23officielle
14:23ou dans la supposée doctrine
14:26officielle
14:26de la France.
14:28Et enfin, évidemment,
14:29la dissuasion est défensive
14:31mais elle s'octroie
14:31le droit de frapper en premier
14:32avec une arme nucléaire
14:33en appliquant une stratégie
14:34d'avertissement nucléaire
14:36ce qui est...
14:37Le fait de frapper
14:37les premiers
14:39et ce sera donc prononcé
14:41par Emmanuel Macron
14:42cet après-midi.
14:43Enfin, sur le continent européen
14:44nous revenons à la politique
14:45voulue par le général de Gaulle
14:47qui dès le début
14:48du commencement
14:49de notre système d'issuasion
14:51a toujours indiqué
14:52qu'elle n'était pas limitée
14:53aux frontières de la France
14:54qu'elle devait intégrer
14:55ses voisins immédiats
14:57alors à l'époque
14:58c'était la Belgique
14:58les Pays-Bas
14:59et quelques autres
15:00et là on est dans une logique
15:02où la France
15:02pourrait devenir
15:03le garant européen
15:05de sécurité nucléaire
15:07de l'Union européenne
15:09au sens large
15:10sachant qu'il faut faire attention
15:12quelques pays de l'Union
15:13ont signé le traité
15:14de non-prolifération
15:15et donc sont dans
15:16une situation
15:16un peu plus compliquée
15:17que les autres
15:18qui sont prêts
15:19à avoir une arme nucléaire
15:20à profiter du parapluie
15:21de manière ouverte
15:23donc il y a des petits ajustements
15:24qui devront être faits
15:26mais la France
15:26là deviendrait
15:27le parent de cela
15:28alors même que
15:29d'autres pays
15:30dont l'Allemagne
15:30se demandent
15:31si elle ne devrait pas disposer
15:32de leur propre
15:33armement nucléaire
15:35considérant qu'en termes
15:36de souveraineté
15:36la France ne partagera
15:37jamais la décision
15:39ce qui serait
15:39effectivement un bouleversement
15:40ce dont vous parlez là
15:42évidemment
15:42c'est d'élargir
15:43la protection
15:44mais non pas la décision
15:46c'est-à-dire de ne pas
15:46partager le fait
15:47d'appuyer sur le bouton
15:48Alain Boer
15:49question aussi
15:51sur la capacité
15:53des Américains
15:54des Israéliens
15:56de l'Iran
15:56à tenir
15:57lorsque Donald Trump
15:59dit cette nuit
16:004 à 5 semaines
16:02lorsque l'on voit
16:03qu'il y a déjà
16:04effectivement
16:059 victimes
16:06en Israël
16:07qu'au moment où
16:07l'on se parle
16:08les sirènes
16:09ont encore retenti
16:10depuis l'eau
16:127h à 7h38
16:13est-ce que Israël
16:15dispose de suffisamment
16:16de missiles
16:18anti-missiles
16:19est-ce que le fameux
16:20dôme de fer
16:20est encore suffisamment
16:21efficace
16:22et est-ce qu'il peut tenir
16:224 à 5 semaines ?
16:23Alors pour l'instant
16:24la réponse est oui
16:25d'autant que
16:26l'outil qui avait percé
16:28le dôme de fer
16:29la dernière fois
16:29par avec 9 missiles
16:31qui étaient des
16:31Koramshar 3
16:33améliorés
16:34semble avoir été
16:35l'équipement
16:38semble avoir été
16:39détruit
16:39par le raid
16:40de B2
16:40dont on se demandait
16:41ce qu'ils avaient
16:41bien voulu bombarder
16:42puisqu'ils n'ont pas
16:43attaqué le 4ème site
16:44nucléaire iranien
16:45il semble que ça soit
16:46l'usine qui fabriquait
16:47le Koramshar 4
16:48dont les Iraniens
16:49ont eu la gentillesse
16:49d'en faire la démonstration
16:50le 7 février dernier
16:51en donnant quasiment
16:52la localisation
16:53donc il semble que
16:55l'élément le plus puissant
16:56qui avait permis
16:57y compris d'approcher
16:58la base de F-35
16:59israélien
16:59de Dimona
17:00et la base nucléaire
17:03de Dimona
17:03ne soit plus opérationnelle
17:04j'ai dit ça
17:05sous toute réserve
17:05parce que tout le monde
17:06est très étonné
17:07qu'ils ne soient pas
17:08encore sortis
17:08mais il reste
17:09beaucoup de missiles
17:10de moins en moins
17:11de lanceurs de missiles
17:12ce qui réduit
17:13la capacité
17:14à les envoyer
17:15et il reste quand même
17:16beaucoup de chahides
17:16c'est-à-dire des drones
17:17dont l'usage a été
17:19quasiment parcimonieux
17:20par les Iraniens
17:22enfin l'efficacité
17:23du double système
17:25américain
17:25glaive
17:26avec le
17:27le Lincoln
17:29et pardon
17:30oui glaive
17:31avec le Lincoln
17:32bouclier
17:32avec le
17:34Gérald Ford
17:35a permis quand même
17:36d'éliminer
17:36plus de 90%
17:38des drones
17:39beaucoup des explosions
17:40qu'on entend
17:40sont des explosions
17:41parce que les drones
17:42et les missiles
17:42sont détruits
17:43en plein vol
17:43et qu'il y a des débris
17:44qui tombent ici ou là
17:45il y a eu un seul
17:46désastre en Israël
17:48là où il y a eu
17:49les 9 morts
17:50mais pour l'instant
17:51le reste est plutôt
17:53particulièrement efficace
17:54en termes de défense
17:55antimissiles
17:55la vraie question
17:56qui nous reste
17:57c'est ce que vont faire
17:58les Chinois
17:58dont personne ne parle
17:59c'est un des sujets
18:00comme vous le savez
18:01que j'aborde beaucoup
18:03dans un autre sujet
18:05qui est le retour
18:06de la Chine
18:06comme superpuissance
18:07et il se trouve
18:08que les Chinois
18:09ont envoyé
18:09un groupe aéronaval
18:10un groupe naval
18:11pardon
18:11dans le Golfe
18:12à proximité
18:13avec un bâtiment
18:14de renseignement
18:15qu'ils ont fourni
18:162000 tonnes
18:16de chlorate
18:18de potassium
18:18pour fournir
18:19les moyens
18:19de lancer
18:20des missiles
18:20qu'ils ont envoyé
18:21des équipements
18:21antimissiles
18:22et des équipements
18:23de radar
18:24en Iran
18:25et qu'ils sont
18:25très fortement engagés
18:27y compris à un point
18:28dont on se demandait
18:29jusqu'où il irait
18:30et cette question
18:30n'est pas encore résolue
18:31car il y a une fenêtre
18:32d'opportunité chinoise
18:34sur Taïwan
18:34qui est en train
18:35de s'ouvrir
18:36car si les Américains
18:37ont de quoi tenir
18:384 semaines
18:39en munitions
18:39et en équipements
18:40contrairement à ce que
18:41beaucoup de mes collègues
18:42disent
18:42parce qu'ils s'y sont préparés
18:43qu'ils ont doublé
18:44les chaînes de production
18:45et qu'ils sont un citoyen
18:46ils disent eux-mêmes
18:47qu'ils ne sont pas capables
18:48de gérer deux
18:49théâtres d'opération
18:50en même temps
18:51et c'est évidemment
18:51la question
18:52si d'autres voulaient
18:53en profiter
18:54merci Alain Bauer
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