00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 7h10, Maxime Liedot.
00:06Il est 7h44 sur Sud Radio et un point exceptionnel avant le Sud Radio vous explique sur la situation de Marseille et naturellement le narcotrafic,
00:14parce que précisément on va s'interroger sur ce qui se passe et une interview du Président de la République dans le quotidien, dans l'hebdomadaire, pardonnez-moi la tribune du dimanche,
00:24qui affirme que l'État vaincra à Marseille. Bonjour Bruno Bartoschetti.
00:28Oui, bonjour.
00:30Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. Vous êtes, on va dire, le secrétaire national Unité Zone Sud et le chef de l'État l'affirme ce matin à Marseille.
00:40L'État gagnera la bataille. Vous y croyez, vous, sur le terrain ?
00:44Vous savez, le combat, on peut lutter, on peut avoir des résultats, on fera tomber si on se donne les moyens.
00:54Il faut se donner les moyens de cette ambition et pour l'instant on ne les a pas les moyens.
00:57Eh bien, on pourra faire considérablement baisser, bien sûr, le trafic de stupes parce que nous en avons la volonté.
01:04Gagner, c'est un autre sujet. Le trafic de stupes sera toujours sur notre territoire national.
01:09Il ne faut pas croire qu'on arrivera à gagner comme ça, de manière complète.
01:14En revanche, si on veut affaiblir les réseaux, il faut qu'on s'en donne les moyens.
01:17Pour l'instant, il y a eu beaucoup de promesses, il y a eu quelques efforts de faits, mais ils sont largement insuffisants.
01:24Puis surtout, nous sommes très en retard parce que les narcotrafiquants, eux, se donnent les moyens de prendre le dessus.
01:34Ils ont, bien sûr et bien souvent, une longueur d'avance. C'est ça la grande difficulté qu'on rencontre à Marseille.
01:40Mais Bruno Bartochetti, justement, vous posez cette question des moyens.
01:43Pourtant, le président de la République le dit, plus de 500 caméras de vidéosurveillance qui maillent désormais la ville de Marseille,
01:48une prison des bonnettes dotée de 740 places supplémentaires, 250 postes de policiers, 30 de magistrats ont également été créés.
01:55Et sur le terrain, vous vous dites, ça ne suffit pas encore ?
01:59Non, ça ne suffit pas. Lorsqu'on parle de renforts, tiens, je prends l'exemple des renforts de 250 policiers.
02:04Ils ont été affectés à Marseille entre 2022 et 2024.
02:12Mais lorsqu'on fait un retour en arrière, sur 10 ans par exemple, nous en avons beaucoup plus qui sont partis en mutation ou en retraite.
02:21Et lorsqu'on dit Marseille en grand, effectivement, Marseille c'est très grand, c'est très vaste, c'est très étendu, c'est 5 fois Lyon en matière de superficie.
02:29Donc on ne couvre pas Marseille comme on couvre Lyon ou comme on couvre Bordeaux avec les effectifs que nous avons.
02:35Ça c'est un point important.
02:37Et lorsqu'on parle de 500 caméras, j'insiste sur le fait que Marseille est beaucoup plus grand que la ville de Nîmes ou la ville de Nice en matière de superficie.
02:48Donc Marseille en grand, ça doit aller beaucoup plus loin, on doit faire beaucoup plus fort en matière de renforts et de moyens.
02:55Vous savez, ce n'est pas parce qu'il y a moins de règlements de comptes, parce que les records nous les avons eus en 2023, qu'il n'y a pas de trafic de stupéfiants.
03:04Il y a beaucoup de mobilité.
03:06On ne peut plus parler des points de stupes comme on en parlait par le passé ou comme on en parlait il y a une dizaine d'années.
03:11Aujourd'hui, le consommateur ne se déplace pas forcément sur un point de stupes.
03:16Il se donne rendez-vous avec un deal.
03:19Une application ou directement à domicile ?
03:21Il y a une application. Et là, on n'a pas les moyens juridiques pour remonter les filières.
03:27Donc ça veut dire qu'on a du retard. Et c'est là-dessus qu'il faut travailler.
03:31Bruno Partochetti, vous êtes vous qui êtes secrétaire nationale, unité Zone Sud.
03:35En dessous de l'interview d'Emmanuel Macron, sa parole est d'une certaine manière mise en perspective
03:39avec l'interview du militant écologiste Amin Kessassi qui a perdu deux de ses frères
03:44dans la lutte contre le narcotrafic, dû au narcotrafic, lui a toujours assumé.
03:48Il évoque, puisque vous évoquez les moyens juridiques à l'instant,
03:52il parle de cette loi contre le narcotrafic qui dit, en réalité, il affirme qu'elle n'est pas suffisante,
03:57qu'elle ne va pas assez loin, qu'elle ne s'inspire pas suffisamment de la loi italienne,
04:02notamment sur la mafia, où on ne se penche pas suffisamment, par exemple, sur la saisie des biens,
04:06sur la fiscalité, sur le fait d'aller directement, nous, en tant qu'État de France,
04:11récupérer les narcotraficants, par exemple, qui sont planqués à Dubaï ou en Thaïlande.
04:14Vous seriez, vous, justement, pour que cette loi aille un peu plus loin ?
04:18Oui, je suis entièrement d'accord avec lui.
04:21Ça a été abordé, mais on n'a pas franchi le cap qu'on doit franchir.
04:26Je prends l'exemple du repenti.
04:27Est-ce qu'aujourd'hui, le statut du repenti a le même statut que celui qui se trouve en Italie ?
04:34Que le repenti en Italie ?
04:37Non, il faut le protéger, il faut protéger sa famille, mais d'une manière beaucoup plus large,
04:43et c'est très compliqué.
04:46Lorsqu'on parle de saisie de biens, il n'y a pas de timidité à voir, j'emploie le terme de timidité.
04:52À partir du moment où vous ne pouvez pas justifier des revenus, de hauts revenus, on vous saisit les biens.
04:57Point final, c'est trop long, les saisies de véhicules, ce n'est pas toujours appliqué ou très difficilement applicable.
05:08Vous voyez, c'est une bonne réflexion.
05:10Il ne faut pas tout rejeter dans cette nouvelle loi, mais elle est encore trop timide.
05:15Vraiment, on est encore trop réservé dans nos actions.
05:18Trop timide, le mot était bien employé.
05:21Bruno Bartochetti, encore un mot sur la visite du chef de l'État mardi.
05:26Est-ce que vous attendez quelque chose de particulier quand on voit ce qui s'est passé à Marseille,
05:30et même encore cette nuit, par exemple, l'étendue du narcotrafic sur le territoire,
05:33avec à Dijon un collège visiblement incendié en lien avec le narcotrafic,
05:39où la responsabilité serait cherchée du côté du narcotrafic ?
05:43Qu'est-ce que vous attendez de la visite du président de la République ?
05:47Tout ce qui va développer, si c'est audible, et si on considère que c'est une belle annonce,
05:53une bonne annonce devra être appliquée dans l'année 2026.
05:58Immédiatement et très rapidement.
06:01Exactement, ce n'est pas la première fois qu'il vient à Marseille.
06:03Il faut frapper fort, très rapidement, et il faut que ça résonne d'une manière cohérente
06:09entre les propos et l'application des lois.
06:12De la simplicité et de la cohérence.
06:14Merci beaucoup Bruno Bartochetti d'avoir été avec nous, secrétaire national d'Unité.
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